23 mai 1430 Jeanne d’Arc est capturée à Compiègne et jugée et brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431

23 mai 1430

Jeanne d’Arc est capturée à Compiègne

——===ooOoo===————===ooOoo===——

Le 23 mai 1430, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons en tentant de secourir avec sa troupe les habitants de Compiègne, au nord de Paris.

Les Anglais vont alors se la faire livrer, en vue de la faire condamner… par un tribunal ecclésiastique. Ils espèrent de la sorte mettre au jour sa nature de sorcière et dévaluer le sacre de leur ennemi Charles VII

Jeanne d'Arc faite prisonnière à Compiègne (Jules Eugène Lenepveu, 1886, Panthéon, Paris)
Vaines impatiences

En délivrant Orléans et faisant sacrer le roi Charles VII à Reims, Jeanne d’Arc a accompli la mission que lui ont confiée, selon ses dires, des voix célestes. D’ailleurs, après le sacre, elle admet ne plus entendre ses voix…

Mais emportée par son succès et la faveur des foules, elle veut en finir au plus vite avec les Anglais. Elle part avec Charles VII à la reconquête du Bassin Parisien. L’armée royale entre sans coup férir à Soissons, Château-Thierry, Provins, Crépy-en-Valois et les villes de l’Oise.

Encouragé par Jeanne, le «beau duc» Jean d’Alençon, gendre de Charles VII et chef de l’armée royale, mène celle-ci à Saint-Denis, aux portes de Paris. Mais les Français de la capitale, satisfaits de leur sort, n’ont nul désir de revoir la redoutable faction des Armagnacs qui entoure le roi.

Quant à l’entourage du roi, conduit par sa belle-mère Yolande d’Aragon, il préfère négocier une trêve avec le cousin ennemi de Bourgogne, le  «Grand-Duc d’Occident»Philippe le Bon. Par la trêve, conclue le 28 août, ils promettent au duc de recouvrer les villes perdues de l’Oise.

De leur côté, Jeanne et d’Alençon ne se résignent pas et lancent une attaque sur la capitale le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge ! Beaucoup s’indignent que la Pucelle engage le combat ce jour-là. Elle-même est blessée d’une flèche à la cuisse et l’assaut tourne court.

À nouveau tenté par le repli, Charles VII  ramène l’armée à Gien, sur la Loire, et la licencie le 21 septembre 1429. Dans le même temps, il commence à tenir l’héroïne à l’écart tout en lui faisant miroiter les délices de la vie de cour. En témoignage de reconnaissance, il l’anoblit ainsi que sa famille le 24 décembre 1429 (son nom, Darc, devient dès lors d’Arc). Il confie la prévôté de Vaucouleurs à son frère Pierre, qui a combattu à ses côtés, et dispense cette châtellenie de l’impôt.

Comme Jeanne ne se laisse pas adoucir par les faveurs, il lui confie le soin de combattre un brigand mais celui-ci lui inflige un échec humiliant à la Charité-sur-Loire où il s’est réfugié.

À la cour, le grand chambellan La Trémoille et l’archevêque de Reims Regnault de Chartres, chancelier de France, qui privilégient la négociation avec les Bourguignons, manigancent sa perte. Ils suscitent une prophétesse rivale, Catherine de La Rochelle, que Jeanne rencontre et renvoie en lui conseillant d’aller «faire son ménage et soigner ses enfants».

De l’échec au drame

De leur côté, les Anglais sont très affaiblis et quelque peu démoralisés par leurs échecs successifs depuis la levée du siège d’Orléans. Leur régent, le duc de Bedford, se voit contraint d’appeler à l’aide le cardinal de Winchester, son oncle, qui a déjà mis sous sa coupe l’Angleterre et son régent, le duc de Gloucester. Le cardinal détourne vers la France une armée qu’il avait recrutée pour combattre les hérétiques hussites dans la lointaine Bohème. Lui-même et ses soldats rencontrent à Paris le duc de Bourgogne le 30 septembre 1429.

Leurs alliés bourguignons se sentent pousser des ailes. Fringant étalon, le duc Philippe le Bon célèbre avec Isabelle de Portugal son troisième mariage le 10 janvier 1430 et par la même occasion crée le fameux Ordre de la Toison d’Or. Là-dessus, en avril, à la fin de l’hiver, il décide délibérément de rompre la trêve et se lance à la reconquête de Compiègne, un verrou sur l’Oise, au nord de Paris, qui l’empêche de lier ses possessions à celles des Anglais.

Le 15 avril 1430,  il entame le siège de la ville avec son lieutenant Jean II de Luxembourg-Ligny, comte de Guise. Les habitants appellent Jeanne à l’aide. Celle-ci lève avec ses propres deniers une troupe de 400 mercenaires et se précipite à leur secours sans en référer au roi. Elle entre dans la ville à la faveur de la nuit. Mais le lendemain, le 23 mai 1430, en tentant une sortie, elle est encerclée par les Bourguignons et capturée par un archer picard qui la livre à son seigneur Jean de Luxembourg.

Jeanne n’a pas l’espoir que le seigneur bourguignon demande une rançon au roi Charles VII en échange de sa libération car elle-même, quelque temps plus tôt, a refusé de libérer contre rançon un routier bourguignon, Franquet d’Arras, et l’a au contraire livré à la justice royale pour qu’il soit exécuté en vertu de ses crimes innombrables.

La Pucelle est donc dans un premier temps enfermée au château de Beaulieu-en-Vermandois, d’où elle tente de s’échapper. Le mois suivant, elle est transférée au château de Beaurevoir, au nord de la Picardie. Elle tente une deuxième fois de s’évader en se laissant descendre le long d’une corde confectionnée avec ses draps. Mais la corde rompt et elle fait une chute douloureuse.

Très vite, son geôlier est harcelé par Henri Beaufort, cardinal de Winchester, qui, à Londres, a repris en main les affaires du Continent. Celui-ci veut à tout prix que la captive soit jugée et condamnée pour sorcellerie et hérésie afin de couper court à sa popularité et ruiner le crédit de Charles VII… Que vaudrait en effet un sacre acquis grâce à une sorcière ?

L’Anglais multiplie les pressions, entame le blocus des ports flamands et finalement rachète Jeanne pour dix mille livres tournois, soit un montant équivalent à une rançon royale ! La prisonnière est conduite à Arras, puis au Crotoy, à Dieppe et enfin à Rouen où elle doit être jugée. Son procès va pouvoir commencer…

Ingratitude

Le roi Charles VII, peu conscient de l’enjeu, n’esquisse aucun geste en sa faveur. Son grand chambellan Georges de la Trémoille, retors et corrompu, hostile à la Pucelle, le dissuade de la racheter.

Toutefois, sous le choc, les troupes royales semblent se réveiller de leur torpeur. Le 25 octobre 1430, Xaintrailles et La Hire obligent Jean de Luxembourg à lever le siège de Compiègne. Le duc de Bourgogne détourne son attention vers le Brabant. C’en est fini de la menace d’une jonction des domaines anglais et bourguignons. Les troupes de Charles VII ont repris l’initiative. Jeanne captive a gagné.

——===ooOoo===————===ooOoo===——

30 mai 1431

Jeanne d’Arc est brûlée vive à Rouen

Le 30 mai 1431, Jeanne d’Arc est brûlée vive à Rouen, sur la place du Vieux-Marché, après un procès inique. Elle est victime de ce que les Anglais voulaient à tout prix la convaincre d’hérésie (et accessoirement de sorcellerie) pour abaisser ainsi le roi Charles VII qu’elle avait diligemment servi.

Son procès, dont on a conservé et publié les minutes, témoignent d’une personnalité d’exception, avec un esprit acéré et une conscience pure.

Jeanne d'Arc au bûcher, miniature(Les Vigiles de Charles VII, manuscrit réalisé par Martial d'Auvergne en 1477-1483, BNF)
La Pucelle jugée par l’Église

Capturée au siège de Compiègne, le 23 mai 1430, Jeanne d’Arc est vendue par les Bourguignons aux Anglais, lesquels n’ont qu’une hâte : la faire condamner par un tribunal ecclésiastique afin de déconsidérer le roi Charles VII et rendre le moral à leurs troupes. Celles-ci, il est vrai, ne se montrent plus guère offensives depuis le siège d’Orléans.

Après un passage à la forteresse du Crotoy, au bord de la Manche, Jeanne arrive à Rouen la veille de Noël 1430. Elle est enfermée au château du Bouvreuil, la forteresse de la ville, qui accueille ordinairement des prisonniers hommes. Pour l’occasion, une tour lui est réservée. Elle est placée sous la garde du gouverneur de la ville, Richard de Beauchamp, comte de Warwick.

Pas moins de quatre ou cinq rustres veillent sur elle nuit et jour. Ont-ils pu tenter de la violer? La chose est peu probable car les gardes, superstitieux, devaient être rebutés à l’idée de toucher une prétendue sorcière.

Le tribunal d’Église qui doit la juger est présidé par Pierre Cauchon, l’évêque de Beauvais, dont dépend Compiègne, le lieu de sa capture.  Cauchon est un théologien respecté de l’Université de Paris, d’environ 60 ans. Il est entré au service du duc de Bourgogne, ce qui lui a valu l’évêché de Beauvais. Désireux de se faire bien voir des Anglais, il arrange le procès en hérésie et pour cela s’adjoint le concours du frère dominicain Jean Le Maître, vicaire de l’inquisiteur en France.

Jeanne devant ses juges (lettrine d'un manuscrit du XVe siècle, BNF)Le procès s’ouvre le 9 février 1431 avec les deux juges et quelques dizaines d’assesseurs. Il est fréquemment suspendu et à plusieurs reprises, le très puissant cardinal de Winchester vient remplacer Cauchon à la tête du tribunal.

Ces ecclésiastiques admettent difficilement que Dieu ait pu s’adresser par-dessus leurs têtes à une fille du peuple. Ils dépêchent des enquêteurs à Domrémy mais les témoignages des habitants sont si favorables à l’accusée qu’ils doivent détruire leur rapport. Ils reprochent à Jeanne d’avoir revêtu des habits d’homme (sic), en contradiction avec un précepte du Deutéronome, d’avoir essayé de se suicider à Beaurevoir (il s’agissait en fait d’une tentative d’évasion) et bien sûr d’avoir eu de fausses visions.

Interrogée par Jean Beaupère, l’un des juges, sur son état de grâce, elle répond : «Si je n’y suis, Dieu m’y mette, si j’y suis, Dieu m’y tienne !»

Les actes du procès témoignent de l’extraordinaire force de caractère de l’inculpée.Ainsi à propos de l’assassinat de Jean sans Peur : «Croyez-vous que votre roi a bien fait de tuer ou faire tuer monseigneur de Bourgogne ? — Ce fut grand dommage pour le royaume de France. Mais quelque chose qu’il y eût entre eux, Dieu m’a envoyée au secours du roi de France.»

Incapable de faire fléchir la jeune fille et pressé d’en finir par le cardinal de Winchester, qui se dispose à quitter Rouen, l’évêque Cauchon précipite la procédure. Il soumet à Jeanne un réquisitoire de douze articles qu’elle récuse en bloc. Il décide alors de lui faire peur.

Le 24 mai 1431 au soir, Jeanne est traînée au cimetière de l’abbatiale de Saint-Ouen où a été préparé un bûcher. Sur une estrade se tient le cardinal de Winchester. Le bourreau est prêt à l’ouvrage. On la menace de torture et on lui montre les instruments. Puis l’évêque Cauchon list l’acte d’accusation par lequel il la livre au bras séculier afin qu’elle soit brûlée (l’Église s’interdit de procéder elle-même à une exécution). Mais il lui fait savoir aussi que, si elle se rétracte et renonce à ses habits d’homme, elle sera confiée à l’Église et échappera à la mort.

Le prédicateur Guillaume Evrard a la maladresse de s’en prendre au roi : «Ton roi est hérétique et schismatique ! — J’ose bien vous dire et vous jurer sur ma vie que c’est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, ceui qui aime le mieux la foi et l’Église. Il n’est pas tel que vous le dites», bondit la malheureuse.

Jeanne, épuisée, signe un document par lequel elle accepte de se soumettre à l’Église et de reprendre ses habits de femme. La sentence de mort est commuée en un emprisonnement à vie.

Le procès de Jeanne d'Arc, miniature du XVe siècle, BNF
Le bûcher

Jeanne d’Arc revient dans sa cellule au grand mécontentement des Anglais qui auraient voulu une exécution rapide. Les soldats menacent même de s’en prendre aux juges et à l’évêque… Mais quelques jours plus tard, s’étant fait dérober ses vêtements et craignant à juste titre pour sa vertu, elle reprend des habits d’homme, ce qui lui vaut d’être cette fois condamnée au bûcher comme relapse (se dit de quelqu’un qui retombe dans l’hérésie).

Vêtue d’une robe soufrée destinée à la faire brûler plus vite et coiffée d’une mitre sur laquelle sont écrits des mots infâmants, la jeune fille est conduite sur le lieu de son supplice. Détail sordide : le bûcher étant trop élevé, le bourreau Geoffroy Thérage se trouve dans l’impossibilité d’étrangler sa victime avant que les flammes ne l’atteignent, ce qui vaut à Jeanne de périr vive dans de grandes souffrances.

Comme Winchester souhaite un ultime aveu, l’évêque Cauchon s’approche des flammes mais c’est pour s’entendre dire : «Évêque, je meurs par vous ! ». Et dans un dernier défi, elle murmure: «Que j’aie bien fait, que j’aie mal fait, mon Roi n’y est pour rien !…» Un des juges, pris de remords, confiera : «Je voudrais que mon âme fût où je crois qu’est l’âme de cette fille ! »

Après le supplice, le bourreau se voit chargé de jeter les cendres dans la Seine afin d’éviter qu’elles ne deviennent objet de ferveur.

En dépit de cette fin tragique, qui apparaît dans l’instant comme un échec, la détermination de Jeanne d’Arc, soutenue par sa foi, a changé le cours de l’Histoire. Sa foi et sa fougue ont sauvé la dynastie des Valois. Fallait-il voir en elle une sainte catholique ? C’est une autre affaire.

——===ooOoo===————===ooOoo===——

sources hérodote.net

André Larané

écrites de l’époque ..

Le procès de Jeanne d’Arc

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/jeanne/

Le procès de Jeanne d’Arc

http://www.clerus.org/clerus/dati/2001-10/23-13/JeanneArc.html

Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc : raconté et traduit, …

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k551683

Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc : raconté et traduit, …

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/jeanne/

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1895_num_56_1_462831

http://www.stejeannedarc.net/rehabilitation/enquete_1450.php

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s