Citoyen …le mot !!!

Le mot « citoyen » dans les dictionnaires du XVIe au XXe siècle

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S’il est un mot que, depuis une quinzaine d’années, on utilise largement, peut-être même excessivement, c’est le mot Citoyen. On l’a vu revenir sur le devant de la scène pour évoquer les droits du Citoyen, un peu moins les devoirs du Citoyen… Tout connaître de l’histoire du mot et de sa présence dans les dictionnaires, depuis que ceux-ci existent, c’est le travail mené par Frédéric Treffel qui a publié, dans la collection « Champion les Mots », chez l’éditeur Honoré Champion, un livre tout à fait complet sur l’histoire du mot Citoyen. Frédéric Treffel est professeur associé en sciences politiques et communication à l’Université Cergy Pontoise, auteur de plusieurs ouvrages, dont « La confiance en question » et « Le retour du politique ».

après avoir rappelé l’origine du mot Dictionnaire, -définition bien utile- aborde celle du mot citoyen et des mots de la même famille. C’est ainsi que le mot apparaît pour la première fois dans Le Dictionnaire françois-latin de Robert Estienne en 1539. Bien sûr, il faut repérer dans le mot citoyen, le mot « cité », car le citoyen n’est rien d’autre que celui qui prend part à la cité, et aux affaires de la cité. Les deux mots sont néanmoins traités de manière séparée, comme c’est le cas dans Le Dictionnaire de l’Académie française, dans son édition de 1694.

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Revue une grande partie des dictionnaires au fil de siècles 


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Aux XVIe et aux XVII e : dans le « Thrésor de la langue française » de Jean Nicot (1606) on remarque qu’est ajouté le mot « citadin », qui habite un bourg, alors que le « citoyen » habite une ville… « La citoyenneté a besoin d’urbanité » le mot apparait également dans le « Dictionnaire of the french and englis tongues » de Randle Cotgrave en 1611. On le trouve également dans « Les Epithètes » de Maurice De La Porte (1571). Dans le Dictionnaire françois contenant les mots et les choses, de Pierre Richelet, de 1680, premier dictionnaire monolingue français, le citoyen est celui qui jouit du droit de bourgeoisie, héritage des grecs et des romains qui sont à l’origine de l’idée de citoyenneté. Quant au Dictionnaire général et curieux contenant les pricipaux mots et les plus usités en langue française, de César de Rochefort, de 1685, il insiste, en juriste qu’il est, sur l’accès aux fonctions publiques.

Enfin, vint Furetière et son Dictionnaire universel contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes et les termes de toutes les sciences et des arts (1690), en trois volumes. Il prend soin d’offrir nombre de renseignements sur l’usage du mot, son origine, son histoire et sa signification. Bien que travaillant au Dictionnaire de l’Académie française, Furetière a préféré rédiger le sien propre qui est paru quatre ans avant celui de l’Académie.

Ce Dictionnaire de l’Académie française (1694), l’un des trois grands du siècle, est « le premier dictionnaire en langue française déterminé à offrir une norme et fixant l’usage en décrivant le meilleur ».

Toute l’Europe le consultait, preuve qu’il constituait la référence la plus précieuse. Les mots y sont regroupés par familles et le mot « citoyen » apparaît donc dans la famille de « cité », aux côtés de « citadin », « concitoyen », « citadelle », « civil ».

 

Le mot dans les dictionnaires du XVIIIe siècle.
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On découvre bien sûr la manière dont il est traité dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1751), et aussi que, déjà, Rousseau se plaignait : « Nous avons des physiciens… des musiciens, des peintres ; nous n’avons plus de citoyens ! » (Discours sur les sciences et les arts, 1751). Une dizaine d’années plus tard, en 1762, l’Académie française fait paraître la quatrième édition de son Dictionnaire, dans lequel on note l’enregistrement du mot « patrie ». Le citoyen devient donc « un homme zélé pour sa patrie »…

 

Et durant la période révolutionnaire ?
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« la généralisation de l’usage du nom de citoyen sous la Révolution est attestée dans le « Supplément » avec un glissement significatif de l’Etat vers la nation »(l’Académie supprimée sous la Terreur n’a pu publier qu’un supplément à sa cinquième édition).
Puis avec le XIXe siècle, ses trois grands dictionnaires « engagés » que sont Littré, Lachâtre et Larousse, qui réactualisent l’adjectif citoyen et insistent sur les droits du citoyen.

Et la citoyenne ?
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Au passage, la définition du mot citoyen-soldat, preuve que de nom, le mot glisse vers l’adjectif et nous apprend qu’au féminin, la citoyenne n’est qu’une qualification : « Le fait que le terme citoyenne ne soit qu’une qualification rappelle que la généralisation française constitue, contrairement au titre massculin, un véritable néologisme et qu’il n’apparaîtra que dans les années 1792-1794, lorsque le problème du vote des femmes sera explicitation posé et résolu mais de manière négative… ».

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En résumé, le mot citoyen a largement évolué. Il s’est étendu mais il a perdu de la profondeur dans sa signification. Tel est du moins la conclusion de notre invité. Cette émission nous permet de mieux éclairer un terme qui, au départ, ne désignait que le membre d’une cité et qui s’est élargi jusqu’à définir aujourd’hui un sentiment d’appartenance. Avec ce mot, nous sommes en pleine actualité !

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Patrick

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Sources :
Canal Académie
livre , intitulé « le Citoyen » de Frédéric Treffel.

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