Ces Juifs dont l’Amérique ne voulait pas

Ces Juifs dont l’Amérique ne voulait pas

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On évoque souvent la non-assistance américaine au peuple juif au cours de la Deuxième Guerre mondiale, une question où l’animosité et le parti-pris supplantent trop souvent, me semble-t-il, la connaissance historique.

L’ouvrage de Françoise Ouzan est le vecteur du présent article (en deux parties) qui en reprend le titre.

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C’est André Kaspi qui a préfacé cette belle étude de Françoise Ouzan.

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Nous nous permettons à ce propos de citer des extraits de cette préface qui définit parfaitement le cadre et la tonalité du travail de cette historienne :

‟La guerre n’a pas pris fin en Europe le 8 mai 1945. La tragédie des années noires fait encore des victimes bien après que les armes se sont tues. Et ces victimes ont pour nom les personnes déplacées.

L’expression reflète la pudeur, peut-être même la dissimulation (…)

Les DP juifs, suivant le sigle anglophone (Displaced Persons) qu’on utilise alors, ont tout particulièrement souffert.

Ils constituent l’infime poignée d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont survécu à ‟la solution finale” (…)

Ils n’ont aucune raison contraignante de retourner en Pologne, en Roumanie, en Hongrie ou en Union soviétique.

S’ils y sont nés, s’ils y ont vécu, ils ont là-bas traversé de dures épreuves et subi l’antisémitisme quotidien, incessant, violent (…)

Alors, les DP songent tout naturellement à une terre d’accueil. La Palestine sera sans doute la Terre Promise, mais les Britanniques n’ouvrent pas les portes.

Tout au contraire.

Pour éviter les conséquences d’une forte immigration juive, ils préfèrent arraisonner les navires qui transportent vers Haïfa les survivants de la Shoah.

Ce qu’ils avaient décidé en 1939, avant que les nazis ne réalisent leurs plans d’extermination, ils continuent de l’appliquer, six ou sept ans plus tard, alors que l’on sait tout ou presque des horreurs d’Auschwitz, de Treblinka ou de Maïdanek.

Reste l’Amérique. Un pays puissant, riche, mythique, mais inaccessible.

Car, depuis 1924, la loi des Quotas restreint l’immigration.

L’admission se fait au compte-gouttes.

Les États-Unis ont peur des pauvres de l’Europe, des esprits subversifs, des espions.

Leur politique n’a pas été élaborée pour écarter les Juifs.

Elle visait en même temps les catholiques, les Méditerranéens, les Européens de l’Est et du Centre, les immigrants jugés inassimilables, donc indésirables.

Elle ne contribue pas moins à aggraver la condition des persécutés. Au cours des années trente, malgré la nazification de l’Allemagne, de l’Autriche et d’une partie de l’Europe centrale, la loi ne change pas.

Pendant le conflit mondial non plus, et, aurait-elle subi des inflexions, qui pouvait sortir de l’enfer après 1941 et combien auraient eu les moyens d’en tirer parti ?

En revanche, la paix revenue, l’Amérique cessera, croit-on, de rejeter les malheureux de l’Ancien Monde.”

Bergen Belsen, avant d’émigrer en Palestine, mars 1947.

André Kaspi termine sa préface en signalant que chemin faisant le lecteur découvre que les DP ont été ‟la bête noire” de l’état-major allié, qu’ils ont suscité une formidable controverse au sein de l’armée et de la nation, qu’en attendant d’être fixés sur leur sort, ils ont été parqués, pis encore, internés dans des camps, comme si la guerre n’était pas achevée, qu’ils ont dû passer devant des ‟missions de sélection”, eux qui avaient échappé de peu aux ‟sélections” des centres de mise à mort ; et ce n’est qu’après toutes ces épreuves que l’Amérique a décidé d’entrouvrir ses portes.

Françoise Ouzan appartient comme André Kaspi à la famille de ces historiens qui allient non seulement rigueur et clarté mais aussi des qualités humaines et une émotion contenue, à mille lieues de l’émotion tonitruante qui sert généralement de paravent à l’incompétence, lorsqu’elle n’est pas tout bonnement au service de présupposés ou d’une propagande.

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 Un internement prolongé en Europe, 1945-1948.

La Libération et la mise en accusation des militaires.

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Après la fin de la guerre, Les DP sont de seize à dix-huit millions en Europe et ils constituent un groupe fort hétérogène.

La présente étude se limite aux ‟non rapatriables”, ceux qui posent problème aux armées alliées, soit un million de personnes.

Parmi eux, 20 % de Juifs.

Des rescapés juifs des KZ cherchent à regagner la Pologne mais les pogroms de 1946 (dont celui de Kielce) vont contraindre 200 000 d’entre eux à rejoindre les camps de DP dans la zone américaine, en Allemagne.

Les Juifs allemands et autrichiens réfugiés à Shanghai dans les années 1930 vont quant à eux se retrouver menacés par la guerre civile chinoise.

Eux aussi bénéficieront du statut de Displaced Persons.

L’hétérogénéité des DP conduira à des interprétations diverses de ce statut : la Directive Truman du 22 décembre 1945, la loi de 1948 et sa version amendée en 1950, une législation qui accorde le statut de DP aux réfugiés anticommunistes.

Sous la pression de l’UNRRA, une organisation internationale d’assistance, la question des DP préoccupe toujours plus.

Le président Truman demande à Earl G. Harrison une enquête sur les conditions de vie des DP en Europe.

Le 24 août 1945, ce rapport lui est remis ainsi qu’au général Eisenhower qui se rendra en Europe pour visiter des camps de DP afin de rédiger son propre rapport au président, un rapport qui répondra point par point à celui d’Earl G. Harrison.

Le rapport d’Earl G. Harrison publié le 10 juin 1945 produit à Washington l’effet d’une bombe.

Il décrit des conditions de vie révoltante et l’absence de tout effort pour regrouper les familles.

Earl G. Harrison écrit : ‟Bien qu’ils sachent qu’ils n’ont plus à redouter les chambres à gaz, la torture et d’autres formes de mort violente, ils (les DP juifs) ne constatent que peu de changements.”

Et l’auteur de ce rapport insiste sur la nécessité de reconnaître la spécificité du sort des Juifs.

A cet effet, il préconise leur regroupement et, pour leur plus grand bien, leur émigration vers la ‟Terre promise”.

Il recommande une modification du Livre Blanc de 1939 afin d’augmenter l’émigration juive vers la Palestine, et il cite le Dr Hugh Dalton.

Le général Eisenhower est alerté par un courrier du 4 août 1945 émanant du ministère de la Guerre et prend un certains nombre de mesures destinées à améliorer le statut et les conditions de vie des DP.

Il crée un bureau chargé de rechercher les survivants et d’aider à réunir les familles.

Il promet d’inspecter les camps de DP juifs.

A l’automne 1945, ses directives commencent à montrer leurs effets.

Des camps séparés sont aménagés, des Juifs sont logés dans des appartements et parfois des hôtels.

Eisenhower envoie un rapport au président Truman en signalant les immenses difficultés auxquelles l’armée des États-Unis a dû faire face et le ‟travail admirable et presque incroyable accompli.”

Il laisse entendre que le rapport de Earl G. Harrison est bien sévère et qu’il n’a pas pris en considération ces difficultés.

Eisenhower ne se satisfait pas pour autant de la situation et s’efforce de l’améliorer.

Les subalternes d’Eisenhower ne vont pas tous faire preuve de zèle ; ainsi le général Patton, un antisémite qui, à en croire son biographe Martin Blumenson, était un fervent lecteur des ‟Protocoles des Sages de Sion”.

Le colonel John Cunningham estime quant à lui que les DP juifs n’ont pas à bénéficier d’un traitement de faveur ou à vouloir émigrer en Palestine.

Truman a utilisé le rapport Harrison pour faire pression dans plusieurs directions, en particulier pour inciter les Anglais à autoriser l’émigration juive en Palestine, selon la promesse de la Déclaration Balfour.

La question des DP finit par passionner journalistes, chercheurs de l’UNESCO, psychiatres.

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La tragédie des personnes déplacées.

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Les camps présentent des caractéristiques communes : surpeuplement, promiscuité, mauvaises conditions sanitaires.

L’un des Mossad les plus documentés sur les camps de DP en Allemagne et en Autriche est celui d’Earl G. Harrison rédigé en décembre 1945 pour le ‟Survey Graphic” : dans le camp de Bergen-Belsen s’entassent 14 000 DP dont la moitié sont juifs.

Eisenhower fait une nette distinction entre ‟personnes déplacées ordinaires” et ‟persécutés religieux et politiques” mais de nombreux chefs de centres ne s’embarrassent pas de ce genre de distinction.

Le comportement de l’armée américaine diffère d’une zone à une autre.

Il est particulièrement mauvais dans la zone sud occupée par la Troisième Armée du général Patton.

Par ailleurs, de nombreux ex-collaborateurs des nazis sont signalés parmi les DP. Dudley Ward, de l’UNRRA, demande un screening (criblage) mais l’armée, déjà fort occupée, ne répond pas à cette demande qui est renouvelée par Herbert Lehman, directeur de l’UNRRA.

Parmi les DP soupçonnés d’avoir collaboré, les Baltes et les Ukrainiens.

La question de la collaboration est particulièrement complexe ; il n’en reste pas moins que les nazis ont trouvé parmi ces derniers de nombreux volontaires pour les aider dans leur entreprise d’extermination.

Le camp modèle juif de Zeilsheim (près de Frankfurt am Main) mériterait un long article.

Ci-joint, un riche lien où des photographies de ce camp peuvent être consultées

ici

Dans le Bergen-Belsen DP camp (le plus vaste camp de DP d’Allemagne) s’ébauchent les structures communautaires de l’État d’Israël.

Ci-joint, un lien sur ce camp mis en ligne par The United States Holocaust Memorial Museum, Washington, D.C. ici

Parmi les DP, des enfants : les rescapés des KZ, les membres de groupes de partisans, ceux qui ont été cachés sous une fausse identité, les déportés pour le travail forcé, ceux qui ont fui les pogroms de 1945 et 1946 en Pologne.

Nombre de ces enfants sont juifs.

Les chiffres sont effrayants.

Je n’en retiendrai que deux : à la fin de la guerre, en Pologne, plus de 400 000 enfants sont orphelins de père et de mère et, selon la Croix Rouge internationale, à cette même époque, pas moins de 13 000 000 d’enfants ont perdu leurs protecteurs naturels.

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Pas de Libération sans émigration.

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Dans son témoignage, le général Lucius D. Clay insiste sur la monotonie de la vie dans les camps de DP, sur le caractère sordide de certains de ces camps, sur l’angoisse qui s’installe alors que la permission d’émigrer tarde à venir. Par ailleurs, il prend note des capacités d’adaptation des DP juifs.

Le Dr. Murphy estime que la structure paternaliste du camp est nécessaire jusqu’à un certain point au-delà duquel elle devient un obstacle.

Le camp ne favorise pas le sens des responsabilités, à moins que ne s’y développe une structure comparable à celle du kibboutz, comme dans le camp de DP de Bergen-Belsen.

Le psychologue Edward Bakis note que la promesse d’émigration agit comme un remède.

Chercher à émigrer reste la principale préoccupation des DP.

Le témoignage de Simon Wiesenthal dans ‟Les assassins sont parmi nous” (coauteur Joseph Weschberg) corrobore les enquêtes menées dans les camps de DP.

Des émissaires juifs venus de Palestine organisent l’émigration depuis les camps de DP ; mais les Britanniques désireux de ménager les Arabes limitent l’immigration jusqu’en mai 1948 en appliquant la politique définie par le White Paper (1939).

Conseillé par Henry Morgenthau Junior, le président Truman envoie une lettre au Premier ministre britannique, Clement Attlee.

Il demande que 100 000 visas supplémentaires soient accordés aux Juifs désireux d’émigrer en Palestine.

Clement Attlee tergiverse, embarrassé.

Il finit par suggérer que deux camps en Afrique du Nord (Philippeville et Felada) servent à en accueillir une partie.

Harry S. Truman est outré par les mesures de sélection auxquelles sont soumis les DP Juifs candidats à l’émigration.

Au cours de ces sélections, les ‟non-productifs” sont systématiquement rejetés, parmi eux : les couples âgés, les parents à charge et les filles-mères.

Dès la venue d’Hitler au pouvoir en 1933, des Juifs avaient tenté de se réfugier en Palestine.

Mais les Britanniques veillaient impitoyablement et peu arrivaient à destination.

Des centaines périrent noyés.

Sous la direction de la Haganah, une organisation du nom de ‟Beriha” (la fuite) guidait les DP des camps vers des points d’embarquement.

Le Mossad prit le relai pour assurer les traversées ; il reçut l’appui de Grecs désireux de faire la nique aux Britanniques et qui mirent à sa disposition de nombreuses embarcations.

Grâce à Yehuda Arazi, agent du Mossad, l’épisode du ‟Fede” connaîtra une fin heureuse, contrairement à l’‟Exodus”, un drame qui incitera de nombreux Juifs modérés de Palestine à soutenir l’Irgoun.

En novembre 1947, lorsque la partition de la Palestine est adoptée par les Nations-Unies, les Britanniques annoncent qu’ils renonceront à leur mandat en mai 1948.

Fin 1947, les Britanniques ont déjà arrêté et interné 51 000 Juifs dans les camps d’Atlith (au sud de Haïfa) et de Chypre.

De 1945 à la création de l’État d’Israël, la Haganah et ses agents du Mossad ont affrété soixante-cinq bateaux dont la plupart ont été interceptés.

Malgré tout, cent quinze mille immigrants ont pu débarquer en Palestine.

Un petit DP pris en charge par l’UNRRA (United Nation

Relief and Rehabilitation Administration)

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Truman et la responsabilité américaine (1945-1948)

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Parmi les lourdes tâches incombant au successeur de Theodor F. Roosevelt, il y a celle de régler la question des réfugiés et des déplacés d’Europe. Le 22 décembre 1945, Harry Truman établit une directive qui porte son nom dans laquelle il indique que tout doit être fait au plus vite pour permettre aux DP l’émigration vers les États-Unis.

Et il s’empresse de rassurer le Congrès : sa démarche s’inscrit dans la politique d’immigration régie par la loi des Quotas de 1924.

Il aimerait faire plus mais il lui faut ménager un Congrès réticent. La loi des Quotas de 1921 limitait l’immigration d’Europe de l’Est et du Sud, en réaction à l’arrivée massive d’immigrants en provenance de ces zones.

La loi des Quotas de 1924 est plus sévère puisqu’elle limite le nombre d’immigrants ayant une nationalité donnée à 2% de la population de cette nationalité présente sur le territoire États-Unis en 1890, soit une diminution de 1 % par rapport à la loi de 1921 ; l’année de référence 1890 (et non plus 1910) est implicitement destinée à favoriser l’immigration anglo-saxonne.

Ce système est dénoncé par des journalistes à la fin des années 1940 comme étant en contradiction avec l’idéal démocratique. Considérant la catastrophe humanitaire en Europe et la rigidité du système des Quotas (qui, redisons-le, favorise l’immigration anglo-saxonne), une législation spéciale s’avère nécessaire.

Le 22 décembre 1945, Harry Truman établit donc la Directive by the President on Immigration to the United States of certain Displaced Persons and Refugees in Europe.

Harry Truman (1884-1972), trente-troisième président

des États-Unis (avril 1945 – janvier 1953)

La plupart des DP viennent d’Europe centrale et orientale ainsi que des Balkans. En se basant sur la loi des Quotas de 1924, 3 900 visas peuvent être accordés chaque mois aux immigrants originaires de ces pays.

Or, pendant les années de guerre, 10 % seulement de ces quotas ont été utilisés. C’est pourquoi Harry Truman demande au Congrès de faire appliquer plus efficacement la législation en vigueur.

Par ailleurs, il prend soin de rassurer le contribuable : les organismes humanitaires, et si possible les familles qui ont un lien avec les immigrants, devront subvenir aux besoins de ces derniers jusqu’à ce qu’ils soient indépendants.

Et pour ne pas heurter de front un Congrès plutôt hostile, la délivrance des visas se fera dans les consulats des zones américaines d’occupation, tant en Allemagne qu’en Autriche.

La directive du 22 décembre 1945 est précise et son ton est ferme. Elle s’adresse à toute la chaîne des responsables qui doivent choisir au mieux et au plus vite les candidats à l’immigration.

Cette directive tient compte des recommandations d’Earl Harrison. Harry Truman met sur pied un comité chargé de prendre des mesures concrètes. Quatre de ses membres se rendent en Europe. L’un d’eux, Ugo Carusi, note les difficultés de l’entreprise.

Il faut affronter l’impatience et l’irascibilité des DP ; et il n’existe pas de définition précise du DP. L’état-major allié n’a pas envisagé toute la complexité du problème.

Par exemple, faut-il accepter les réfugiés passés en zone américaine suite aux violences antisémites dans la Pologne de l’après-guerre ?

Faut-il accepter ceux qui fuient les territoires sous contrôle soviétique ? Le risque est grand de récupérer d’anciens collaborateurs des nazis ou des Volksdeutsche.

Précisons que le nombre de Juifs présents dans la zone américaine d’occupation s’élève alors à 40 000 dont 4 500 Juifs allemands.

La Directive by the President on Immigration to the United States of certain Displaced Persons and Refugees in Europe est placardée dans les quatre-vingt-dix-sept camps de la zone d’occupation américaine. A partir du 1er mars 1946, des consulats américains sont ouverts à Berlin, Frankfurt am Main, Müchen, Bremen, Hamburg et Stuttgart. Peuvent se considérer comme DP les personnes qui se trouvaient dans cette zone avant le 22 décembre 1945.

Dans la circulaire du 27 février 1946, la notion de DP s’est précisée avec les cinq catégories suivantes. Ont le statut de DP : les déportés du travail, ceux qui ont fui l’Allemagne nazie et les régimes apparentés, les déportés politiques, les déportés raciaux, les civils victimes de déplacements lors des mouvements de l’armée allemande et, enfin, tous ceux qui s’opposent au rapatriement vers leur pays d’origine.

Les proches des DP ainsi définis peuvent également bénéficier de la possibilité d’émigrer et l’on constate que cette circulaire favorise notablement cette possibilité.

Par ailleurs, Harry Truman donne toute latitude aux organisations humanitaires pour qu’elles délivrent des garanties financières globales (corporate affidavits). Ceux qui ont de la famille aux États-Unis peuvent quant à eux bénéficier de garants financiers individuels.

Précisons que parmi les DP accueillis, le nombre de Juifs est proportionnellement élevé en raison de la priorité accordée à ceux qui ont le plus souffert.

Le 1er juillet 1948, lorsque la délivrance des visas touche à sa fin, 35 515 visas ont été délivrés, dont 28 000 à des Juifs. Harry Truman espérait mieux, soit 39 000 visas par an.

A la veille de la Deuxième Guerre mondiale, Harry Truman est l’un des rares sénateurs américains à condamner le peu de cas fait de la déclaration de Lord Balfour par la puissance mandataire.

En avril 1943, comprenant ce que signifie ‟Solution finale”, il insiste pour qu’une terre d’asile soit accordée aux Juifs, la Palestine en l’occurrence. Lorsqu’il devient président des États-Unis, il prend la mesure de l’hostilité de Clement Attlee à toute implantation juive en Palestine.

Il doit par ailleurs compter avec la politique de compromis héritée de Franklin D. Roosevelt : chaque promesse faite aux sionistes doit être suivie d’un message rassurant adressé aux Arabes, les fournisseurs en pétrole… Dans une lettre du 31 août 1945, Harry Truman demande à Clement Attlee l’attribution rapide de 100 000 certificats d’immigration pour la Palestine.

Mais les Britanniques traînent des pieds. Bref, un an après la fin de la guerre en Europe, les camps de DP ne se sont toujours pas vidés.

Leur population a même augmenté avec les réfugiés qui fuient le communisme et les Juifs qui fuient les pogroms de Pologne. Avant toute négociation, Clement Attlee exige que les groupes armés en Palestine soient dissouts.

Le 22 juillet 1946, l’Irgoun provoque un attentat particulièrement meurtrier contre l’état-major britannique à l’hôtel ‟King David” de Jérusalem.

On connaît la suite.

L’attentat du 22 juillet 1946 conte l’hôtel « King David ». Bilan : 91 morts.

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Les débats au Congrès (1946-1948)

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En 1945, la Directive by the President on Immigration to the United States of certain Displaced Persons and Refugees in Europe s’adresse à des opinions peu préparées.

Mais au cours des quatre années suivantes, les mentalités vont évoluer et influer sur le Congrès. Sous la présidence de Harry Truman, la question des DP va faire partie intégrante de la politique étrangère américaine.

Des groupes de pression vont appuyer cette politique d’immigration, parmi lesquels le ‟Jewish Labor Committee”, le ‟American Federation of Labor” (AFL), le ‟Congress of Industrial Organization” (CIO) auxquels se joint le sénateur du Michigan, Arthur Vandenberg.

En décembre 1946 est créé le ‟Citizens Committee for Displaced Persons” (CCDP) présidé par Earl Harrison et soutenu par une impressionnante liste de personnalités parmi lesquelles Eleanor Roosevelt, la veuve du président, des groupes religieux de toutes confessions, des organisations ouvrières, etc.

Des groupes restent hostiles à cette politique d’immigration, entre autres ‟Daughters of the American Révolution”, ‟American Legion”, la plus importante organisation d’anciens combattants, ainsi que des membres du Congrès généralement originaires du Sud des États-Unis.

Le sénateur William Chapman Revercomb, de la majorité républicaine (installée au Congrès en janvier 1947, après la victoire républicaine aux élections de 1946), reconnaît que quelque chose doit être fait pour les DP mais exclusivement sur le sol européen.

Earl Harrison, président du CCDP, s’oppose à lui et déclare que dans le contexte de plein-emploi que connaît alors le pays, les DP ne risquent pas de prendre le travail des Américains et peuvent même contribuer à stimuler l’économie par la création d’emplois et l’augmentation de la consommation.

Le 1er avril 1947, William Stratton propose au Congrès l’admission de 100 000 DP par an sur une période de quatre ans, un chiffre qui représente moins de 50 % des quotas non utilisés pendant les années de guerre. L’opinion publique reste réticente.

Les groupes de pression en faveur d’une augmentation des quotas doivent se faire plus convaincants : ils dénoncent, par exemple, l’amalgame DP = Juif = communiste.

Ce préjugé remontait aux années 1880-1890 au cours desquelles les Juifs originaires d’Europe orientale avaient organisé des grèves pour dénoncer les conditions de travail dans les sweat shops, avaient été à l’origine de la création de puissants syndicats et avaient été nombreux parmi les fondateurs du Communist Party USA.

Pourtant, malgré ses réticences, l’opinion publique est en avance sur le Congrès où la question des DP est remuée par les adversaires et les partisans de la Stratton Bill. Je passe sur les arguments des uns et des autres, en particulier sur la diatribe du 2 juillet 1947 d’Ed Gosset, représentant du Texas.

Sur la question des DP, il faut compter avec l’opinion publique, avec le Congrès mais aussi avec Harry Truman. La divergence est profonde entre l’exécutif et le législatif.

Le Président sait qu’il ne pourra s’imposer qu’avec le soutien de l’opinion publique qui, grâce à l’action soutenue des groupes de pression et de la presse, se montre toujours plus sensible au sort des DP.

Dans le contexte de la guerre froide, cette question va se trouver placée sous un nouvel éclairage, notamment avec le rapport de George Kennan, chargé d’affaires à Moscou. Ce rapport va contribuer à la doctrine du containment, une politique qui tourne le dos à l’isolationnisme.

La doctrine Truman est suivie du Plan Marshall puis de l’adhésion des États-Unis à l’ONU.

Pour Harry Truman, une législation sur les DP pourrait être une arme supplémentaire dans la guerre froide : symbole de l’échec du communisme, les réfugiés qui fuient l’Union soviétique sont un atout idéologique pour les États-Unis. Les Juifs américains se sont organisés à l’initiative de l’‟American Council for Judaism” ; ils ont créé un lobby en faveur des DP, le ‟Citizen Committee for Displaced Persons”.

Mais en favorisant l’immigration juive aux États-Unis, ceux-ci mécontentent les sionistes désireux d’attirer en Palestine le plus de Juifs possible. Opposé à la création d’un État juif, Harry Truman reste sensible à cet idéal du retour vers la ‟Terre Promise”.

Il s’entoure de conseillers juifs, parmi lesquels David Niles, Max Lœwenthal et le fidèle Edward (Eddie) Jacobson.

Mais Harry Truman qui souhaite un assouplissement de la législation tant américaine qu’anglaise en faveur des DP juifs doit tenir compte d’un Congrès rétif et d’une opinion publique partagée.

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La loi de 1948 et ses clauses discriminatoires.

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Je ne m’attarderai pas sur la tortueuse controverse et les rectificatifs qui vont aboutir à la loi du 25 juin 1948, un texte de synthèse élaboré par les délégués du Sénat et de la Chambre des Représentants : le Displaced Persons Act.

Cette loi constitue dans l’histoire des États-Unis le premier programme législatif conçu pour venir en aide aux réfugiés victimes de la guerre. Bien qu’imparfaite, cette loi peut être considérée comme un pas décisif vers une politique d’immigration plus libérale.

La polémique se poursuit cependant : au Congrès, certains estiment que l’assistance doit se limiter à ceux qui ont été expulsés pour cause de guerre, tandis que d’autres estiment que ce programme devrait également inclure les réfugiés de l’après-guerre qui ont fui une Europe dominée par le communisme.

1948 est une année d’élection présidentielle ; la controverse sur la loi du 25 juin devient un thème de campagne électorale tant chez les Républicains que chez les Démocrates. Les uns et les autres préconisent l’amendement de cette loi. Le 27 juillet, désireux de se faire réélire, Harry Truman demande à la session extraordinaire du Congrès que soient éliminées la préférence balte et la clause sur les Volksdeutsche et, de plus, que 400 000 immigrants hors quota soient admis sur une période de quatre ans. Harry Truman est réélu, les démocrates ont une majorité confortable au Congrès et l’on espère que la loi du 25 juin 1948 sera révisée.

Au cours de l’année 1949, l’idée gagne du terrain que les États-Unis ont une obligation morale envers les réfugiés.

Le projet de loi Celler propose d’admettre 400 000 DP pratiquement sans restriction ; puis Emanuel Celler propose deux amendements à son projet de loi : donner le statut de DP aux 7 000 réfugiés européens de Shanghai et à 15 000 réfugiés qui fuient le communisme et se trouvent hors des zones occupées par les Alliés, en Allemagne, en Autriche et en Italie.

Au cours de l’année 1949, la loi Celler est méthodiquemen

t attaquée par le sénateur Patrick Anthony McCarran et la

libéralisation de cette loi est reportée à la

prochaine session du Congrès.

En 1950, la polémique reprend. Patrick Anthony McCarran continue d’attaquer la loi Celler et s’efforce de lui apporter des amendements, notamment en rétablissant les priorités baltes et agricoles et en incluant les Volksdeutsche parmi les DP, arguant qu’il fallait se garder de toute discrimination raciale.

Mais peu à peu, ce sénateur particulièrement coriace va être poussé de côté et, le 2 juin 1950, le projet de loi définitif est rédigé.

Les clauses discriminatoires de la loi de 1948 sont éliminées, la date de référence pour être admissible aux États-Unis est prorogée au 1er janvier 1949, les priorités accordées aux Baltes sont supprimées, la définition de DP telle qu’elle avait été établie par l’IRO est retenue.

Des groupes de DP exclus par la loi de 1948 vont enfin être admis grâce aux amendements : parmi eux, les DP grecs et les réfugiés européens de Chine. Ainsi passe-t-on de 247 377 à 415 744 individus.

La loi de 1950 retient la clause de l’hypothèse des quotas mais elle est en accord avec le principe de base de la politique d’immigration qui permet d’accepter les DP sans distinction de race, de religion ou d’origine nationale. La Chambre et le Sénat approuvent le rapport de la Commission et votent respectivement les 6 et 7 juin 1950.

Le 16 juin suivant, Harry Truman approuve le projet de loi qui devient ainsi loi. La controverse au sujet des DP prend fin après quatre années d’intenses débats.

 

 

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patrick

sources :

Livre de Françoise Ouzan historienne de la classe d’André Kaspi.

Haganah Irgoun Atalena Exodus Beriha Ben Gourion Eisenhower

Truman Roosevelt Patton Atlee ONU Mandat Britannique Palestine

Atlith Dekelia Yehuda Arazi Earl G. Harrisson Bergen-Belsen Antisémitisme

André Kaspi Françoise Ouzan UNRRA KZ DP Displaced Persons

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brève archéologie

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Arqueología Mexicana

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Dans le dernier hors-série de la revue de divulgation de l’INAH, on nous propose une petite visite de Xochimilco, dont les fondateurs furent l’un des 7 groupes issus d’Aztlan, selon les mythes mexicas. Divisé en cinq parties, ce numéro repose sur le caractère lacustre devenu unique dans la vallée de Mexico, notamment après l’assèchement volontaire successif des différents plans d’eau de cette région.

 
Carte représentant la vallée
de Mexico vers 1519.

Les quatre premières font référence à l’histoire de Xochimilco de l’époque préhispanique à nos jours.

La dernière est une liste des très nombreuses fêtes s’y déroulant tout au long de l’année.

L’ensemble est abondamment illustré de dessins, plans et photos. Une annexe contient un petit guide touristique pour préparer une balade.

Il convient de rappeler que bon nombre d’autres villes (Tenochtitlan, Chalco entre autres) tiraient leurs biens comestibles des chinampas, ces petits potagers édifiés à partir de la vase des lacs.

 
Chinampa, Xochimilco, Distrito Federal.

On y cultivait notamment pommes de terre, avocats, tomates, goyaves, amaranthes, piments. Mais le maïs et le haircot étaient les cultures dominantes. C’est également dans les eaux de Xochimilco qu’on trouve les tous derniers axolotes à l’état sauvage, ces petits amphibiens qui constituaient un mets de choix pour les Mexicas. Les canaux de Xochimilco sillonnent les restes du lac éponyme. Ils servent désormais à promener les touristes sur les trajineras, ces barques longues à fond plat qui servait originellement à transporter les fleurs et les produits maraîchers cultivés sur les chinampas.

Classée au Patrimoine mondiale de l’humanité, Xochimilco est jumelée avec Amiens en France. La capitale picarde dispose également de jardins flottants appelés hortillonnages.

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patrick

sources :

http://arqueomex.com/S9N4SumarEsp43.html

wikimedia.org

wikipédia

Charles Maurras

Charles-Marie-Photius Maurras

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MAURRAS 7.JPG
MAURRAS ACTE NAISSANCE.jpg
Acte de naissance de Charles,
Marie, Photius Maurras….

Charles-Marie-Photius Maurras, né le 20 avril 1868 à Martigues (Bouches-du-Rhône) et mort le 16 novembre 1952 à Saint-Symphorien-lès-Tours1,2 (Indre-et-Loire), est un journaliste, essayiste, homme politique et poète français, théoricien du nationalisme intégral.

Français : Maurras dans sa bibliothèque

Français : Maurras dans sa bibliothèque (Photo credit: Wikipedia)

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De lui, Jean Paulhan, esprit libre s’il en fut, disait, en 1921 : « Maurras ne nous laisse pas le droit en politique d’être médiocres ou simplement moyens ». Et, en 1932, qu’un jeune homme désireux de s’engager politiquement n’avait de véritable choix qu’entre Karl Marx et Charles Maurras.

Enfin, en 1945, alors que l’on venait de condamner Maurras pour « intelligences avec l’ennemi », il lui écrivit, lui le résistant de la première heure : « Je n’aurais jamais cru que vous nous fussiez si nécessaire »….

Comment évoquer celui qui, pour reprendre l’heureuse formule de Thibaudet, remise à l’honneur par Stéphane Giocanti, est à lui tout seul « un continent » ? Pierre Boutang (Maurras, la destinée et l’œuvre), Jacques Paugham (L’âge d’or du maurrassisme), Stéphane Giocanti lui-même (Maurras, le chaos et l’ordre), d’autres encore, ont eu besoin de gros bouquins, de plusieurs centaines de pages chacun, pour en parler, et l’on essaierait, dans de simples éphémérides, de faire le tour de la question ? Ce serait prétentieux.

Pourtant, on peut, et on doit, parler de Charles Maurras car – nous évoquions Paugham – il y a une jeunesse de Maurras – intellectuellement s’entend – un âge d’or, un printemps de Maurras qui ne passent pas, et qui nous le rendent étonnamment proche, et curieusement fort contemporain de ce qui est pour nous quelque chose d’immédiat et de malheureusement bien réel : l’Âge de fer dans lequel nous vivons.

Là est la source de la présence de Maurras parmi nous, de son actualité, de la permanence de ses intuitions, de sa jeunesse. Pour parler comme on le fait aujourd’hui, oui, Maurras a quelque chose à nous dire, et ce quelque chose est majeur, fondamental et, toujours pour parler comme aujourd’hui, incontournable.
De quoi s’agit-il ? De ceci, qui est énorme et qui fonde à soi seul, l’actualité de Maurras : il est le premier, et jusqu’à présent le seul, à avoir analysé dans son ensemble le processus qui, à partir du XVIIIème siècle et des Lumières, nous a amenés là où nous en sommes aujourd’hui ; il est le premier, et jusqu’à présent le seul, à avoir décortiqué pour ainsi dire, minutieusement et presque cliniquement, ce processus qui a abouti à la prise du pouvoir généralisé par les forces de l’Argent qui, depuis la grande Révolution de 89, et à partir d’elle, et grâce à elle, sont parties à la conquête du monde entier dans tous ses rouages, plus aucun pouvoir basé sur la Culture, la Religion, l’Histoire, les Sentiments ne s’opposant à elles.

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La prétention insensée des écrivains, penseurs et philosophes du XVIIIème siècle à sortir de leur rôle, et à s’ériger en organisateurs du monde réel, n’aura finalement eu comme conséquence finale que celle-là : asservir le monde, et eux-mêmes également, à ces forces matérielles qui nous oppriment maintenant, et nous font vivre dans un véritable Âge de fer. Cette magistrale démonstration, dont on ne peut évidemment faire l’économie si l’on prétend comprendre les faits les plus actuels, et, plus encore, si l’on veut en sortir, Maurras l’a faite en 1901, dans un immense petit livre, L’Avenir de l’Intelligence.
Cent ans qu’il a été écrit, et il nous parle d’aujourd’hui, de notre réalité quotidienne, nous expliquant d’où viennent nos maux et quelle en est la source. Maurras y est moderne parce qu’intemporel, un peu comme dans le XXIVème chapitre de Kiel et Tanger, dont Pompidou recommandait la lecture à ses étudiants, affirmant que, président de la République française, ce livre de Maurras ne quittait pas sa table de chevet.

Nous raconterons donc, rapidement, cet immense petit ouvrage, sans prétention autre que d’aiguiller le lecteur et l’inciter non seulement à ne pas se détourner, à ne pas désespérer de Maurras, mais, bien au contraire, à se tourner vers ce qui est l’essentiel de lui, après l’inévitable élagage opéré par le temps, pour Maurras comme pour tout écrivain, tout penseur et, plus prosaïquement, tout homme. Par quelle curieuse exception Maurras échapperait-il à la loi commune régissant toute personne ? Il n’est que trop clair qu’un Maurras a disparu, pour toujours. Mais les tragédies de Voltaire n’ont-elles pas disparu ? Et qui lit encore Sully Prudhomme, premier Prix Nobel de littérature ? Oui, il y a, bien évidemment, un Maurras qui a sombré corps et bien, car c’est tout simplement la loi de la nature.

Mais justement, lorsque le temps a fait son œuvre, on ne voit subsister et surnager du grand naufrage commun que l’essentiel, et ce qui ne meurt pas. Nous évoquions Kiel et Tanger et L’Avenir de l’Intelligence (cette liste n’est pas limitative !…). C’est vers ce Maurras-là, toujours vivant, toujours jeune, toujours fécond ; vers ce printemps qu’il continue de représenter que nous invitons à se tourner ; comme vers une boussole indispensable qui indique, imperturbablement, et quelles que soient les apparences présentes, la bonne direction…..
Au XVIIIème siècle, il s’est passé en Europe quelque chose qui tient du miracle. Les gens qui ont eu la chance de vivre à cette époque ont profité – bien involontairement- d’une chance extrême. L’Europe en général, l’Europe de l’Ouest surtout, et dans l’Europe de l’Ouest, la France encore plus particulièrement, était dans un état de développement et dans une dynamique de progrès telle que toutes les couches de la population se trouvaient, objectivement, dans une situation enviable ; et dans ce que l’on appellerait aujourd’hui le « peloton de tête ».

Le Jour ni l'Heure 2149 : tête de Charles Maur...

Le Jour ni l'Heure 2149 : tête de Charles Maurras, 1868-1952, dans son jardin de Martigues, 22, chemin du Paradis, Bouches-du-Rhône, Provence, mardi 3 mai 2011, 14:24:30 (Photo credit: Renaud Camus)

Certes, le progrès matériel était ce qu’il était, et l’on ne disposait bien sûr pas de tout ce qui adoucit aujourd’hui (mais avec les revers de la médaille….) notre quotidien. A bien des égards et sous bien des aspects, la vie que l’on menait alors était encore rude, surtout si on la compare avec nos standards d’aujourd’hui. Cependant, les choses étant ce qu’elles sont, et ramenées au contexte de l’époque, nos ancêtres ont eu de la chance de vivre à ce moment-là. Et tous nos ancêtres, y compris ceux qui faisaient partie de ce que l’on appelle familièrement « le peuple », ou « le petit peuple », « les petites gens ». Même pour les petites gens, en effet, la vie était infiniment plus douce – ou moins rude, comme l’on voudra – en France que partout ailleurs en Europe. Et en Europe plus que partout ailleurs dans le monde.

Objectivement, donc, et sans idéaliser cette époque-là – qui restait certes difficile, qui connaissait bien sûr maladies et épidémies, où l’on ne vivait généralement pas aussi longtemps qu’aujourd’hui… – on est bien obligé d’admettre qu’il s’est agi d’une époque faste. Pour l’Europe en général, et pour la France en particulier. Jacques Bainville n’enviait-il pas les penseurs de cette époque, ajoutant toutefois que l’on aimerait bien les voir aujourd’hui, dans l’univers de feu et de sang que les rêveries révolutionnaires ont amenées …..

Mais précisément, si cette époque fut une époque heureuse, il s’est passé quelque chose à ce moment-là qui mérite d’être bien pris en compte, et correctement analysé. Il s’est passé que les penseurs, les philosophes, les écrivains etc.. ont commis comme une sorte de péché d’orgueil. Ils se sont laissé saisir par le vertige. La douceur de leur époque a dû les persuader qu’il en serait toujours ainsi à l’avenir, que le progrès était un fait acquis, pour ainsi dire, pour toujours, et qu’il n’y avait plus qu’à penser le monde. Parce qu’ils vivaient bien ils ont dû croire que l’on vivrait toujours bien, surtout après que l’on ait appliqué les remèdes qu’ils allaient inventer pour arriver à la perfection. Et ils ont imaginé, et ils ont rêvé, et ils ont promis. Du genre « Le bonheur est une idée neuve en Europe… ». Ils ont cru qu’ils allaient organiser le monde rationnellement et, comme on le dit familièrement, que l’on allait voir ce que l’on allait voir…..

Le Jour ni l'Heure 2890 : tombe de Charles Mau...

Le Jour ni l'Heure 2890 : tombe de Charles Maurras, 1868-1952, au cimetière de Roquevaire, Bouches-du-Rhône, Provence, lundi 9 mai 2011, 13:02:58 (Photo credit: Renaud Camus)

Ont-ils entendu, eux aussi, le Serpent leur murmurer « Vous serez comme des Dieux… » ? Toujours est-ils qu’ils se sont pris pour des dieux, organisateurs et ré-organisateurs du monde. Des démiurges. Sans imaginer peut-être au début que ces dieux pour qui ils se prenaient allaient vite être cent fois, mille fois plus terribles et plus durs que le Dieu d’Amour dont ils n’allaient pas tarder à décréter la mort. Car à eux tout allait devoir obéir, et sur tout : c’est ainsi que parleraient la Convention, Hitler et Staline ; et sinon ce serait la mort…..

Ces orgueilleux, avec leur Foi absolue en la toute puissance, sans limite, de la Raison (leur idole, leur abstraction intellectuelle) auraient-ils pu avoir la prémonition que leur raison triomphante déboucherait sur le scientisme du XIXème siècle, et les totalitarismes du XXème ?

Et ils ont prétendu sortir de leur rôle légitime; ils ont prétendu s’accaparer – illégitimement bien sûr – un pouvoir sur la société, un pouvoir de diriger la société, ce qui n’est évidemment pas directement leur rôle. Leur rôle naturel et légitime est de penser, d’exprimer des idées, de les combattre, de les opposer entre elles pour nourrir et alimenter les débats, faire progresser la réflexion ; et c’est de cette manière que les élites intellectuelles sont faites -pour ainsi dire- pour éclairer l’opinion. Là elles sont pleinement dans leur rôle, légitime et fécond. Il n’en demeure pas moins que ce pouvoir légitime ne se double pas d’un pouvoir politique direct sur la société .

Or, en cette période heureuse de l’histoire de l’humanité, c’est précisément le rêve fou que les intellectuels ont fait ; la prétention qu’ils ont élevée. Ils ont voulu sortir de leur rôle traditionnel, ils ont voulu s’arroger un pouvoir nouveau, inédit, celui de dire souverainement et définitivement le vrai et le bien, et où étaient le vrai et le bien. Car qu’est-ce, au fond, que cette théorie, cette doctrine du despotisme éclairé ? Sinon le fait – pour eux, les philosophes – de prétendre que le Roi, le Souverain convient parfaitement, si et seulement si il applique et met en pratique les idées, les thèses que eux, auront définies. Les vérités que eux, auront affirmées, car eux connaissent le Vrai, le Beau et le Bien…..

N’est-ce pas là s’arroger, peu ou prou, un rôle totalement inédit dans l’Histoire, de direction, de gestion directe des affaires de la Cité, par despote éclairé interposé ? Celui-ci n’étant en somme plus que le truchement – comme aurait dit Molière, en s’en amusant – par lequel s’écoulait la sagesse, de ceux qui l’avaient – la caste d’en haut, les intellectuels, les élites…- vers ceux qui ne l’avaient pas – ceux d’en bas, le peuple, le vulgaire (1)-….. Il faut se souvenir de cette sorte de prophétie de Clémenceau « Nous nous acheminons, non sans heurts, vers la souveraineté de l’Intelligence ». Illusion de souveraineté et rêve de domination qui ne furent finalement qu’une fausse prophétie, qui devait être démentie par les faits et les malheurs arrivés à ceux qui les ont nourris, et aussi, hélas, aux autres !…..

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phrase  de Talleyrand : « Qui n’a pas

connu l’Ancien Régime ne sait pas

ce que c’est que la douceur de vivre… »

N’y a-t-il pas eu là une sorte de détournement de pouvoir ? D’abus de pouvoir ? Et, pourquoi ne pas le dire crûment : un péché d’orgueil ? Cette insurrection de ce que Maurras appellera plus tard l’Intelligence est quelque chose, vue deux siècles après, de réellement fascinant…..

Maurras, justement est le premier à avoir analysé cette prétention folle, insensée. Deux siècles environ après qu’elle ait été proclamée, il a écrit ce livre prophétique et brillant, L’Avenir de l’Intelligence, dans lequel il démonte avec lucidité ce mécanisme, et ce à quoi il a abouti ; c’est-à-dire, à leur grand étonnement s’ils revenaient aujourd’hui, au contraire de ce à quoi les intellectuels de l’époque avaient rêvé et aspiré !…..

Cette prétention folle de l’Intelligence à se libérer de tout, à s’émanciper de tout, et à se proclamer soi-même source de tout, à se définir soi-même comme le tout aura tout simplement abouti en fort peu de temps – deux siècles : qu’est-ce que deux siècles, en regard de l’histoire de notre civilisation ? …..- à l’inverse absolu du but qu’elle s’était fixé. Non seulement les philosophes, penseurs, écrivains etc.… n’auront pas pris le pouvoir, mais encore ils auront au final été asservis par le pouvoir, et par les formes les plus basses, les plus viles, les plus barbares et les plus misérables du pouvoir : les forces de l’argent, de la matière brute. On constate qu’au XXème siècle déjà, et plus encore au XXI° siècle, l’Intelligence est asservie comme Maurras le sent, le montre et l’analyse parfaitement dans son livre intemporel, et donc fondamental. Il est le premier à l’avoir dit, il est le seul à l’avoir analysé aussi clairement, aussi lucidement, aussi globalement. En ceci il est puissamment moderne. Il rend un service aujourd’hui indispensable. Et il est présent bien au-delà de ce que pensent certains. Il est tout simplement incontournable, comme on dit dans le jargon. Il est, lui, le penseur qui a proposé la première analyse d’ensemble, globale et cohérente, de cet immense ratage, sur deux siècles. Et cette lumineuse analyse reste pour l’instant la seule dont dispose par exemple un Finkielkraut –lui qui a écrit sur la défaite de la pensée…- qui constate l’effondrement du savoir, et que nous sommes la première génération dont les élites seront sans culture…..

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patrick

sources :

Encyclopédie de l’Agora
Wikipédia

Pause sourire

Le terroriste le plus bête du monde

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Un commandant taliban, visé par un avis de recherche de l’armée américaine, s’est rendu aux forces de l’ordre en espérant toucher la prime promise pour sa propre arrestation, rapporte le site du « Washington Post ».

La semaine dernière, Mohammad Assad, commandant des talibans pour la province de Paktita, s’est tout simplement présenté à un check-point de la police dans le district de Sar Howza avec une affiche détaillant son avis de recherche.

Espérant toucher la prime de 100 dollars promise pour toute information permettant sa capture, le cadre taliban a immédiatement été interpellé par des policiers afghans médusés. L’homme a ensuite été transféré aux forces américaines, toute aussi perplexes face à ce dangereux terroriste venu réclamer sa prime à ses ennemis jurés.

L'avis de recherche (DR)

L’avis de recherche

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« Oui oui, c’est moi! »

« Nous lui avons demandons : ‘Est-ce toi ?’ », en lui montrant l’avis de recherche, raconte un des soldats. Ce à quoi Mohammad Assad aurait répondu avec enthousiasme : « Oui, oui, c’est moi ! Je peux avoir ma récompense maintenant ? ». Il a finalement fallu avoir recours à un scanner biométrique pour convaincre les soldats américains qu’ils étaient bien en face de, sans doute, le terroriste le plus bête du monde.

Mohammad Assad, qui est désormais emprisonné, était recherché pour avoir participé à l’organisation de deux attaques contre les forces de sécurités afghanes

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patrick

sources :
nouvel obs.

brève Tibet

Des moines et nonnes mis à l’honneur pour

leur patriotisme et leur respect de la loi

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Tibet

Tibet (Photo credit: moniqca)

Cinquante-neuf monastères modèles et 6 773 moines et nonnes ont été mis à l’honneur jeudi par le gouvernement tibétain pour leur conduite modèle.

Le gouvernement a présenté à chacun des monastères modèles une plaque commémorative et 4 000 yuans pour chacun des membres de leur clergé respectueux de la loi.

En 2011, le gouvernement tibétain avait révélé un plan pour récompenser chaque année ses monastères et les membres de leur clergé faisant preuve de patriotisme et de bonne conduite en respectant la loi, dans le but d’encourager les moines à promouvoir le maintien d’un ordre religieux normal et d’améliorer la stabilité dans les monastères.

A men in lhassa

A men in lhassa (Photo credit: Wikipedia)

Cette mesure est considérée comme un bon moyen de mettre en oeuvre de façon globale les politiques religieuses du Parti communiste chinois (PCC) ainsi que les lois et règlements relatifs aux affaires religieuses, a affirmé Chen Quanguo, secrétaire du Comité du PCC pour le Tibet.

« Le monastère de Sera est un des premiers à recevoir cet honneur et nous en sommes très fiers », a indiqué Losang Chosphel qui y est moine. Il s’agit de l’un des trois plus importants monastères de Lhassa, la capitale du Tibet.

En 2011, le gouvernement tibétain a commencé à offrir des assurances retraite et médicale aux moines et nonnes de tous les monastères afin d’améliorer leurs conditions de vie.

Potala Palace, Lhasa

Potala Palace, Lhasa (Photo credit: ddanforth)

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patrick

brèves de Chine

image of File:Verne - Les Tribulations d’un Ch...

Les Tribulations d’un Chinois en Chine.djvu, pagina 74 (Photo credit: Wikipedia)

Marché chinois aux antiquités de Panjiayuan : source d’inspiration pour designers étrangers

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Si vous êtes intéressé par les objets anciens et les antiquités, vous avez certainement entendu parler du marché de Panjiayuan à Beijing. S’y mêlent avec bonheur habitants locaux, membres de diverses minorités ethniques des quatre coins de la Chine vêtus de costumes traditionnels, et nombre d’étrangers en quête de « trésors ». Certains parmi eux, viennent même sur ce marché coloré y puiser leur inspiration artistique.

Panjiayuan grouille d’animation durant le week-end. Avec ses allées étroites et ses stands devant lesquels les clients s’amassent, il faut souvent jouer des coudes pour se frayer un chemin à travers la foule. On bavarde à son gré, on se promène, on sert les clients avec le sourire, tout cela fait du marché de Panjiayuan un lieu à l’ambiance unique, aussi propice aux bonnes affaires qu’aux multiples rencontres.

 

Contrairement à la plupart des touristes étrangers, curieux de chinoiseries et jetant des coups d’oeil à droite et à gauche en parcourant les allées, Steve, un styliste américain pour le mobilier et la décoration, fait montre de sang froid et d’un oeil exercé vis-à-vis des nombreuses marchandises proposées.

Cet homme grand, vêtu d’un manteau gris foncé et chaussé de lunettes d’écaille, s’arrête de temps à autre devant les stands présentant des sculptures en bois pour apprécier boîtes et écrins. « J’adore leur conception graphique et leurs détails des plus subtils. Tous sont porteurs de la culture et du savoir-faire chinois », indique-t-il.

A son avis, les Etats-Unis forment encore un pays jeune, mais la Chine possède une histoire culturelle et artisanale riche et ancienne. « On trouve bien sûr des articles chinois aux Etats-Unis, tels que les porcelaines, mais ici, sur le marché, le choix est beaucoup plus grand et varié », remarque Steve.

Chaque année, lui et son équipe de 40 personnes doivent trouver des idées pour les nouvelles collections. « Nos stylistes travaillent dans différents domaines, tels que l’ameublement, les étoffes et la décoration. Je suis moi-même chargé de concrétiser une nouvelle idée dans chacun de ces domaines », confie-t-il.

Selon lui, de plus en plus de consommateurs américains préfèrent les antiquités et le style ancien provenant de cultures étrangères. Les éléments chinois sont une source d’inspiration importante dans le design. Contrairement au style moderne marqué par la production en masse, l’originalité et l’exotisme sont devenus synonymes de qualité et de goût.

chinese see dragons, as cannon's handles, Hôte...

anses de canon chinois, figurant des dragons marins, fin 19ème siècle, Hôtel des Invalides, Paris (Photo credit: Wikipedia)

 

A l’instar de Steve, beaucoup d’étrangers ne se contentent plus des produits seulement « made in China ». Ils sont à la recherche de qualité, d’originalité et apprécient le savoir-faire des artisans chinois. Dans ce marché aux antiquités, où la culture traditionnelle et les cultures des diverses minorités se côtoient, il est aisé de trouver articles d’artisanat ou d’occasion comblant les appétits de stylistes pointilleux.

« Qu’est-ce que c’est beau! » s’exclame Steve en déroulant une toile de lin sur fond bleu foncé pointillé de blanc tout en caressant la texture de l’étoffe. Puis, sortant de sa méditation, il en fait demander le prix par son assistante chinoise puis entamer les négociations entre elle et le vendeur. « Ces étoffes sont très, très belles. On peut utiliser celle-ci pour des coussins, par exemple, ou avec la soie », dit-il. Un moment après, on le retrouve devant un autre stand avec cette fois entre les mains une toile de lin à rayures, qui partage une certaine ressemblance avec son foulard. En un peu de temps, Steve sélectionne trois ou quatre nouvelles étoffes.

D’après Bonnie, l’assistante chinoise de Steve, l’idée n’est plus de présenter un style purement chinois. « Les stylistes d’aujourd’hui essaient d’intégrer les éléments chinois dans un design de plus en plus international », remarque-t-elle.

Il est vrai qu’avec l’intensité des échanges culturels avec les autres pays, la Chine a connu un grand succès dans la promotion de sa culture vers l’extérieur. Compte tenu d’une mondialisation irrépressible, comment préserver son savoir-faire artisanal et l’originalité de ses traditions ? Comment les intégrer dans une perspective plus internationale pour satisfaire les exigences des nouvelles tendances ? Autant de questions auxquelles les designers chinois s’ingénient à répondre.

Outre la Chine, Steve a également effectué des visites en Inde, en France et dans d’autres pays. Dès son arrivée dans les pays qu’il visite, il se rend sur les marchés aux antiquités. « Ça c’est pour moi, mais peut-être que cela deviendra également une source d’inspiration », dit-il à propos d’une porcelaine vert foncé achetée sur un autre stand.

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Education

Jules Ferry (1832–1893)

Jules Ferry (1832–1893) (Photo credit: Wikipedia)

Les jeunes maîtrisent de moins en moins la langue française

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Un faible niveau en orthographe est considéré comme handicapant pour mener à bien des études.
L’enseignement de l’orthographe à l’école serait-il négligé ? C’est en tout cas ce que pense le ministère de l’Education nationale qui va envoyer une circulaire aux professeurs pour les accompagner dans leur pédagogie. L’Etat tient à rappeler que la maîtrise de la langue française est en régression depuis vingt ans. Dans le cadre d’une étude, il a été demandé à des élèves de faire une dictée d’une dizaine de lignes. Le résultat est édifiant. En 1987, ils étaient 26% à faire plus de quinze fautes. En 2007, les écoliers étaient 46% dans ce cas.

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Un faible niveau en orthographe est considéré comme handicapant pour mener à bien des

études.
L’enseignement de l’orthographe à l’école serait-il négligé ? C’est en tout cas ce que pense le ministère de l’Education nationale qui va envoyer une circulaire aux professeurs pour les accompagner dans leur pédagogie. L’Etat tient à rappeler que la maîtrise de la langue française est en régression depuis vingt ans. Dans le cadre d’une étude, il a été demandé à des élèves de faire une dictée d’une dizaine de lignes. Le résultat est édifiant. En 1987, ils étaient 26% à faire plus de quinze fautes. En 2007, les écoliers étaient 46% dans ce cas.

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Des élèves de l’enseignement catholiques discriminés à l’entrée d’un musée scolaire laïciste


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Au coeur de Rennes, le Conservatoire de l’école publique propose de redécouvrir une classe d’antan de style Jules Ferry. Avec pupitres en bois, encriers et tableau noir. Ce Conservatoire est géré par les délégués départementaux de l’éducation nationale d’Ille-et-Vilaine (DDEN 35), souvent d’anciens instituteurs. Les DDEN sont rattachés au vigoureux Comité national d’action laïque (Cnal).

Français : Hôtel de ville de Rennes (Ille-et-V...

Hôtel de ville de Rennes (Ille-et-Vilaine), France (Photo credit: Wikipedia)

En avril 2011, une enseignante de CE1 de l’école Saint-Joseph de Chantepie, près de Rennes, veut que ses élèves visitent le Conservatoire : « J’ai téléphoné pour prendre rendez-vous. On m’a répondu que le Conservatoire ne recevait pas les groupes scolaires de l’enseignement privé ! »

L’enseignante, s’interroge : « Est-il concevable qu’en 2012 on puisse encore vivre un tel sectarisme ? »

le Conservatoire bénéficie de soutiens financiers publics : la mairie PS de Rennes prête les locaux, et le conseil général PS d’Ille-et-Vilaine subventionne cette initiative.

Président de la DDEN 35, Jean-Louis Robert se montre à la fois catégorique et nuancé. « Nous ne voulons pas que des élèves de l’enseignement catholique puissent accéder à notre Conservatoire. C’est dans nos statuts, et c’est comme ça !

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patrick