Comment la gauche a mené l’Education nationale à la dérive

Republican leader Jules Ferry, premier: 1880-8...

Republican leader Jules Ferry, premier: 1880-81, 1883-85. (Photo credit: Wikipedia)

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Comment la gauche a mené l’Education nationale à la dérive

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Il y a longtemps que la gauche tient l’éducation nationale, avec plus ou moins l’accord du reste de l’arc politique, pour sa chose.

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Plusieurs raisons à cela. D’abord l’héritage des Lumières. Faire progresser la société en diffusant les Lumières dans le peuple : quoi de plus conforme aux idéaux de la gauche ?

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Ensuite l’histoire, ou du moins la lecture qu’en a imposée l’idéologie socialiste : l’école, grand œuvre de Jules Ferry et des grands républicains de la génération de 1880 – ce qui occulte le fait que la Révolution avait désorganisé l’éducation populaire, que la loi Guizot (1833) avait déjà conduit à une scolarisation d’au moins 80 % des enfants, que Jules Ferry et les siens ne remettaient nullement en cause le monopole de la bourgeoisie dans l’enseignement secondaire et supérieur. La démocratisation de ce dernier doit en revanche beaucoup, c’est une justice à lui rendre, à un homme politique socialiste injustement décrié, Guy Mollet. Elle devait se réaliser en grand dans les années soixante.

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Troisième connivence : la couleur politique de la majorité des membres de l’institution, non seulement les enseignants, en majorité orientés à gauche (dans une proportion d’environ 2/3) et surtout l’appareil de la rue de Grenelle, de l’inspection générale aux grands syndicats dont le poids s’exerce lourdement sur les politiques menées par ce ministère, que le gouvernement soit de droite ou de gauche.

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Ces accointances historiques entre la gauche et la grande tache éducative ne devraient cependant pas occulter ce fait massif : si l’opinion ressent, à juste titre, une dégradation de la machine éducative française, que le classement Pisa de l’OCDE met en valeur[1], et qui se traduisent par un retour de l’illettrisme à un niveau qui n’est pas si éloigné de ce qu’il était sous la Monarchie de Juillet, c’est principalement à la gauche qu’on le doit.

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On retrouve, en ce domaine comme en d’autres, le traditionnel primat de l’idéologie sur les faits qui caractérise les politiques de la gauche, pas seulement marxiste.

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Dans le légitime et massif mouvement de démocratisation de l’enseignement lancé après la guerre, deux virus, d’abord anodins mais qui devaient se révéler avec le temps profondément destructeurs, se sont infiltrés, jusqu’à en annihiler une partie des effets.

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Le premier est celui du faux égalitarisme.

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François Guizot.

François Guizot. (Photo credit: Wikipedia)

Le plan Langevin Wallon élaboré en 1947 par des universitaires membres du parti communiste fixait l’objectif d’une filière unique (ou tronc commun) pour tous les élèves de l’enseignement primaire et du premier cycle du secondaire. On peut dire que ce plan est depuis 60 ans la charte de l’éducation nationale.

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Au départ, le tronc commun avait pour but de donner les mêmes chances aux enfants des différentes classes sociales et à cet égard, il était justifié. Jusqu’en 1965, le secondaire comprenait en effet trois filières : les uns restaient à l’école élémentaire jusqu’au certificat d’études, les autres allaient au collège d’enseignement général, puis à l’École supérieure, les autres au lycée. Les options étaient analogues dans l’enseignement privé. Une seule filière désormais : l’école élémentaire (11e-7e), puis le collège (6e-3e), puis le lycée (2e-Terminale). La démocratisation devant être aussi une promotion. L’âge limite de la scolarité obligatoire fut porté dès 1959 de 14 à 16 ans (en attendant 18 ou 20).

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Le système dériva dès lors qu’on considéra qu’il fallait mettre dans les mêmes classes, non seulement les élèves de différentes origines sociales mais encore de différents niveaux, vocations ou goûts. C’est ce qu’accomplit la réforme Haby (1975), du nom du ministre de l’éducation nationale de Giscard.

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À tout le moins restait-il des différences de rythme : les moins à l’aise pouvaient redoubler. La réforme Jospin de 1989 interdit pratiquement cette possibilité. Il fut acquis que tout le monde devait avancer sur le même chemin et du même pas, qu’il ait assimilé ou non ce qu’on lui avait enseigné.

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De même, les diplômes techniques furent-ils peu à peu alignés sur le modèle du baccalauréat : tout dernièrement le bac technique en quatre ans a été, dans un but d’uniformité, ramené à trois.

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La situation du lycée professionnel, déjà malade, s’est aggravée avec la suppression des écoles normales d’apprentissage (en 1991) et des classes technologiques des collèges : au lieu d’anciens ouvriers face à des élèves se sachant destinés à l’être, on voit désormais des professeurs à bac + 7 face à des paumés : confrontée à une telle situation, une enseignante s’est récemment suicidée par le feu à Béziers.

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Mettre dans le même moule et faire avancer au même rythme des élèves de niveaux et aptitudes très différents multiplie les effets pervers : ceux qui ne suivent pas n’ont aucun moyen de se raccrocher (malgré le développement récent de devoirs assistés, publics ou privés) ; les moins doués vivent l’école comme une source d’humiliation permanente, voire comme un bagne. Ils prennent l’habitude au fil des ans d’écouter sans comprendre, ce qui n’est pas la meilleure manière de former des citoyens.

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patrick

sources :

veille éducation 

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