Le maître du sfumato

Léonard de Vinci

Le maître du sfumato

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La Vierge à l'enfant avec Sainte Anne, par Léonard de Vinci (1452-1519), 1,68x1,30m, support : bois de peuplier (musée du Louvre)

Ce chef-d’oeuvre de tendresse familiale est l’oeuvre ultime de Léonard de Vinci (1452-1519). Ingénieur militaire et organisateur de fêtes, peintre à ses heures perdues, Léonard a laissé peu de peintures mais chacune d’elles a marqué la postérité. Celle-ci est l’une des plus connues avec la Joconde. Les deux peintures ont en commun d’avoir été réalisées sur un support modeste en simple bois de peuplier. Elles ont suivi le peintre jusque dans sa retraite du Clos-Lucé, à Amboise, et poursuivent leur vie au Louvre.

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Dans ce portrait de La Vierge à l’enfant avec Sainte Anne, on peut savourer le recours au sfumato, technique dans laquelle Léonard de Vinci est devenu un maître insurpassable.

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Il a repris et amélioré pour cela la peinture à l’huile mise au point par le Flamand Jan Van Eyck en superposant sur le support des couches de peinture très fines et qusi-transparentes, avec du pigment largement dilué dans l’huile. Ces couches fines ou «glacis» produisent un effet évanescent et vaporeux et donnent une douceur irréelle à l’oeuvre, par l’effacement des contours.

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La Vierge à l’enfant avec Sainte Anne résulte d’une commande du roi de France Louis XII en 1499, en vue d’honorer sa femme Anne de Bretagne. Notons que Sainte Anne, mère de la Vierge, est aussi la sainte patronne de Florence, la ville du peintre. Le modèle, qui réunit trois personnages du Nouveau Testament, la Vierge, son Fils et sa mère, est du type «trinitaire» (de trinité, trois) ; un modèle religieux prisé sous la Renaissance.

étude pour le manteau de la vierge (vers 1507, Louvre)

L’oeuvre a fait l’objet d’un très long travail préparatoire de la part de l’artiste comme l’attestent ses croquis, ses sanguines et ses cartons initiaux. Ainsi le peintre envisageait-il dans une première étape de représenter l’enfant Jésus et son cousin Jean Baptiste. La version finale montre la Vierge assise sur les genoux de sa mère Anne, à peine plus vieille qu’elle. L’une et l’autre resplendissent de tendresse. La Vierge se penche vers son enfant, lequel tient dans ses bras l’agneau du sacrifice, qui évoque la Passion et la mort du Christ.

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Perdue de vue après la mort de Léonard de Vinci, l’oeuvre est entrée au Louvre en 1797. Elle a été restaurée en 2011 afin de prévenir la dégradation des pigments. La restauration a consisté à enlever la plupart des vernis déposés au fil du temps ainsi que des retouches malencontreuses.

Sainte Anne, la Vierge et l'enfant Jésus bénissant Saint Jean Baptiste, carton préparatoire de Léonard de Vinci vers 1501 (National Gallery, Londres)

La restauratice a conclu son travail avec des retouches réversibles sur une couche de vernis «danmar» (en résine naturelle). Les couleurs et l’éclat de l’oeuvre s’en sont trouvés rehaussés. Les montagnes et le paysage d’arrière-plan apparaissent également d’une richesse auparavant insoupçonnée avec même des personnages et des maisons qui enracinent le groupe du premier plan dans l’humanité ordinaire.

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patrick

sources :

hérodote. net

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