Les labos de l’Ouest se payaient des cobayes humains à l’Est ! – Boulevard Voltaire

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En cause, les laboratoires Bayer, Schering, Hoechst, Boehringer, Pfizer et Sandoz qui ont testé leur chimie tous azimuts.

Pat Lec‘s insight:

Il n’y a plus guère que les benêts pour continuer à croire au paradis communiste. Des nostalgiques du monde en noir et blanc, des rêveurs accros au père Noël, persuadés à jamais que les goulags, purges et autres famines ne furent que des accidents de parcours sur la voie du bonheur socialiste. Dans le même temps, celui gris d’aujourd’hui, il faut vraiment être benêt pour croire encore au paradis tout court. Paradis terrestre, s’entend, car pour l’autre, chacun croit bien ce qu’il veut. En effet, le lot de nouvelles que les boîtes à médias nous déversent chaque matin met nos cœurs et nos estomacs à rude épreuve. Au menu quotidien : nausée et bleus à l’âme.

La dernière révélation nous vient de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. On y apprend que paradis communiste et enfer capitaliste ont abondamment copulé pour nous fabriquer des monstres sous la couette : celui d’aujourd’hui a la gueule grinçante du cynisme le plus poussé.

Certes, ce n’est pas une révélation et l’on sait bien que tout a servi à tout et réciproquement. Par exemple, et pour n’en citer qu’un parmi tant d’autres, qu’il n’y aurait jamais eu de conquête spatiale américaine si les États-Unis n’avaient accueilli à bras ouverts la fine fleur de l’aéronautique du Reich. Pas de lune sans les V2. Et pas de triomphe des laboratoires pharmaceutiques occidentaux sans les populations des pays de l’Est, ces paradis de la fraternité humaine transformés en parcs à bestiaux.

En l’occurrence, il s’agit plus précisément de l’Allemagne de l’Est et de son réservoir de cobayes pour tests pharmaceutiques. Les populations« captives » — physiquement ou moralement — présentant le double avantage d’être dociles et bon marché, les grands laboratoires de l’Ouest ont abondamment pioché dans la réserve pour pratiquer leurs tests. Il faut reconnaître que le citoyen communiste est moins cher que le singe, qu’il n’est pas une espèce protégée par le WWF et, surtout, rarement vindicatif. Ici, dans la plupart des cas, il n’était simplement pas informé de ce qu’on lui faisait subir.

Un peu comme ces populations du bout du monde qui regardaient, émerveillées, s’épanouir les champignons atomiques au-dessus des lagons… Encore peut-on feindre de croire qu’on ignorait, à l’époque, le sort à venir de nos ultramarins. En revanche, selon le Spiegel qui se fonde sur des documents inédits du ministère est-allemand de la Santé et de l’Institut allemand des médicaments, les essais des laboratoires se sont poursuivis en RDA jusqu’à la chute du Mur, en 1989. Pour le plus grand profit des autorités, bien sûr.

Ainsi, quelque 600 études auraient été menées dans plus de 50 cliniques, chaque étude rapportant en moyenne 400.000 euros à l’établissement. Le pompon reviendrait à l’hôpital berlinois de la Charité (sic) qui aurait touché jusqu’à 3 millions d’euros par an pour effectuer des tests sur ses patients. Plus de 50.000 personnes auraient servi de cobaye, et certaines en sont mortes.

En cause, les laboratoires Bayer, Schering, Hoechst, Boehringer, Pfizer et Sandoz qui ont testé leur chimie tous azimuts.

Croire que les uns ou les autres regrettent ce qui s’est passé là serait une erreur. Chacun est convaincu, ou feint de l’être, d’avoir agi au nom du bien commun et de la science. Le système s’était même institutionnalisé à partir de 1983 avec la création d’un département spécialisé au ministère. Après tout, nous dit-on, ces fonds servaient aux établissements à financer leurs équipements.

Mais pourquoi s’indigner ? On envoie bien des fûts de déchets toxiques au large de la Somalie, des ordinateurs pollueurs dans la campagne chinoise, des navires à désosser au Bangladesh. Tant que cela satisfait les potentats locaux qui s’engraissent sur la misère du peuple, pourquoi se gêner ?

Marie Delarue, le 14 mai 2013

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