Homélie du 11ème dimanche du temps ordinaire – 16 juin 2013

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Homélie du 11ème dimanche du temps ordinaire Abbé Jean Compazieu La miséricorde…

Pat Lec‘s insight:

Les lectures bibliques de ce dimanche nous parlent de la miséricorde « pour tous ». Elle est offerte à tous, même aux plus grands pécheurs.

 

En lisant ces textes, j’ai pensé au témoignage bouleversant de Maïti Girtaner. C’était une jeune pianiste de 18 ans qui était promise à une belle carrière. En 1940, elle fonde un réseau de résistance. Arrêtée en 1943, elle est torturée par un médecin de la Gestapo. Ce dernier lui détruit tout son système nerveux et la laisse pour toujours dans la douleur. Tout au long des années suivantes, elle a prié pour son tortionnaire et elle se demandait si elle arriverait à lui pardonner. Un jour de 1984, elle reçoit un coup de téléphone. C’était lui ; elle a tout de suite reconnu sa voix. Elle l’a accueilli chez elle. A la fin de l’entretien, il lui a demandé pardon. Se demandant ce qu’il pourrait faire pour pardonner, elle lui a recommandé de remplir sa vie d’amour. Il est mort de son cancer peu de temps après en ne pensant qu’à elle.

A travers ce témoignage, tout est dit sur la miséricorde. Il nous donne une image de ce qu’est la miséricorde de Dieu. Cette miséricorde nous est révélée tout au long des textes bibliques de ce dimanche. Nous avons tout d’abord les reproches du prophète Nathan au roi David. Ce dernier avait fait mettre un de ses soldats à l’endroit le plus exposé du combat pour qu’il y soit tué. Le prophète vient lui reprocher cette attitude criminelle. Avant l’arrivée de Nathan, David ne semble pas en avoir pris conscience. C’est aussi ce qui nous arrive parfois. Notre conscience morale peut devenir très élastique et nous devenons inconscients de la nature de nos fautes. David a compris qu’il a péché et il l’a reconnu devant Dieu. La parole du prophète a réveillé sa conscience.

Voilà un message important pour nous aujourd’hui. Nous n’aimons pas que nos procédés tortueux soient mis au grand jour. Mais si le Seigneur nous montre notre péché, ce n’est pas pour nous enfoncer mais pour nous montrer son amour. Notre pape François nous a rappelé que Dieu ne se lasse jamais de nous accorder son pardon chaque fois que nous revenons à lui de tout notre cœur.

L’évangile est aussi une annonce de la miséricorde de Jésus. Nous le voyons invité chez un pharisien. Arrive une femme qui a la réputation d’être de mauvaise vie. Elle est toute remplie de douleur car elle voit bien  que son existence est marquée par le péché. Mais elle ne reste pas enfermée dans sa douleur. Elle se tourne vers Jésus. Elle fait preuve d’un très grand amour envers lui. Elle est pleine de confiance en sa miséricorde. Tous les gestes affectueux qu’elle accomplit sont une manière de lui manifester son amour plein de reconnaissance.

Le pharisien ne voit pas ce qu’il y a de grand et de beau dans cette attitude. Il ne voit que la pècheresse et rien d’autre. Elle est définitivement enfoncée dans son péché et sa mauvaise réputation. Ce jugement ne lui laisse aucune chance. Mais ce n’est pas ainsi que Jésus voit les choses. Au lieu de dénoncer le péché, il commence par parler de sa générosité et de l’amour dont elle a fait preuve. S’adressant à elle, il lui dit : « Tes péchés sont pardonnés ». C’est sa foi au Christ miséricordieux qui l’a sauvée. Elle a cru qu’il était son Sauveur. C’est une provocation pour nous tous : les nombreux pardons que nous avons reçus sont un appel à rejeter les parole méprisantes et à mettre plus d’amour dans notre vie.

La lecture de la lettre aux Galates coïncide avec ce récit de l’évangile. Ce n’est pas en observant la loi que l’homme devient juste devant Dieu. Ce qui est premier c’est d’accueillir le Christ dans notre vie et de nous laisser transformer par son amour. A ce moment-là, nous pourrons dire comme Paul : « Ce n’est plus moi qui vis ; c’est le Christ qui vit en moi ». Paul sait de quoi il parle : lui qui persécutait les chrétiens a rencontré le Seigneur sur le chemin de Damas. Il a accueilli sa miséricorde puis il est devenu un grand témoin de la foi.

En ce dimanche, nous sommes invités à nous tourner vers celui qui veut nous faire miséricorde à tous. Un jour, un de mes amis me disait : « Je ne sais pas si Dieu voudra de moi car je suis un grand pécheur. » Je lui ai répondu par cette parole de Saint Paul : « Là où le péché a abondé, l’amour a surabondé ». Il faut le dire et le redire : Dieu nous veut tous avec lui car il nous aime tous.

En ce jour, nous te prions Seigneur, sois avec nous pour que toute notre vie soit vraiment ajustée à ton amour. Donne-nous d’en témoigner par nos paroles et nos actes auprès de tous ceux et celles que tu mets sur notre route.

Sources : « Même les bourreaux ont une âme » (Maïti Girtaner), revues Signes et Feu Nouveau, Pour la célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius), lectures bibliques de dimanches (A. Vanhoye)

Source http://dimancheprochain.org/

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