Divers textes et prières sur, et de, St François d »Assise !

Celui qui fera copier cet écrit pour qu’il soit mieux mis en pratique,
qu’il sache qu’il est béni du Seigneur

(Extrait d’une lettre de St François)

Saint François d’Assise

 

4 octobre, fête de saint François, modèle d’humble radicalité évangélique, sous le patronage duquel s’est placé le Pape au soir de son élection. Une puissance atomique pour irradier toute l’Église !

 

François d’Assise fait l’unanimité autour de lui. Le Poverello d’Assise, est habité par le Christ et il fait bouger l’Église par sa simplicité évangélique. Il fait écho au désir si cher de l’humble franciscain : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où est la haine, que je mette l’amour. »

Chevalier du Christ

La vie de François est un long poème où alternent joie et souffrance, désir de Dieu et amour de Jésus. Né à Assise vers 1182, d’un riche marchand drapier Pierre Bernardone et de Dame Pica, sa jeunesse est marquée par les plaisirs de la vie. Chevalier, il participe à la guerre entre Assise et Pérouse, où il est fait prisonnier pendant un an. Malade, il est libéré. Il recherche de plus en plus la solitude.

 En 1206, à 24 ans, un événement marquera sa vie. Il s’arrête pour prier à la petite église en ruine de Saint-Damien. En prière, face au crucifix, il entend le Christ en Croix : « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine. » Cet appel sera sa mission : relever l’Église. Il bâtit son identité en structurant son être sur Jésus crucifié reconnu comme le Christ ressuscité.
Face à un père déçu, François se dépouille de ses vêtements devant l’évêque et renonce à tous ses biens pour dame pauvreté. Ne s’inquiétant pas pour demain, il s’abandonne au Père du ciel qui veille sur chacun de nos cheveux, nous qui valons « bien plus que tous les moineaux du monde » (Mt 10, 31). Le Père le revêt de beauté, comme il le fait pour les champs : « Voyez les lis : ils ne filent pas, ils ne tissent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’eux » (Lc 12, 27).

Simplicité et joyeuse humilité

Cette simplicité évangélique, faite de fraîcheur et de confiance, lui attire ses premiers compagnons qui mèneront avec lui la joie parfaite au domaine de la Portioncule. Le pape Innocent III approuve en 1210 cette communauté naissante qui s’appellera les « Frères mineurs », c’est-à-dire les derniers de tous. Claire s’associe à François; c’est la première Clarisse. François fonde aussi pour les laïcs le tiers ordre franciscain. Homme œcuménique par excellence, il rencontre le Sultan en Égypte pour faire cesser la guerre entre chrétiens et musulmans. À son retour, il rédige la règle définitive des Frères mineurs. C’est de lui que nous vient la première crèche vivante de la Nativité.

En 1224, au cours d’une retraite sur l’Alverne, il reçoit les stigmates de la passion de Jésus. Fatigué et malade, il revient à Assise et se retire à Saint-Damien. Il continue à mettre le monde en état de louange. Fiévreux et seul dans une petite cabane, c’est presque aveugle qu’il fait monter un vibrant chant d’amour vers l’Auteur de la nature, le Père de la création. Il compose alors sa magnifique prière Cantique du frère soleil, appelée aussi Cantique des créatures. Il meurt dans la nuit du 3 au 4 octobre 1226 dans une cabane de la Portioncule, accueillant « notre sœur la mort corporelle ».

Grégoire IX le canonise deux ans plus tard. Pie XII le proclame patron de l’Italie en 1939. À noter que François n’était pas prêtre, mais diacre. Son corps repose dans la belle basilique à Assise que frère Élie, son successeur, lui fit construire. Dans cette petite ville médiévale, superbement étalée sur les pentes du mont Subasio qui surplombe la plaine de l’Ombrie, tout évoque la présence du troubadour du Christ.

Poète dans sa familiarité avec la nature, François propose une écologie de la vie en éveillant le désir de chanter la création. « Loué sois-tu Seigneur, dans toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil, par qui tu nous donnes le jour, la lumière; il est beau, rayonnant d’une grande splendeur, et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole. »

L’ami de la nature

François d’Assise rejoint l’être humain dans sa vérité la plus simple. Il réalise ce que nous désirons au plus profond de nous : la joie, la paix, la liberté et la fraternité. Humble et pauvre, il se passionne pour le Christ, les humains et la nature. Comme pour tout chrétien, sa quête d’identité apparaît comme un lent processus d’épuration du désir, de décentrement de soi vers l’autre, grâce à ce Très-Haut qui devient le Très-Bas, comme l’écrit Christian Bobin dans sa biographie initiatique sur François : « Rien ne peut être connu du Très-Haut sinon par le Très-Bas, par ce Dieu à hauteur d’enfance, par ce Dieu à ras de terre des premières chutes, le nez dans l’herbe » (Le Très-Bas).

François est l’homme du retour à l’Évangile qui a contesté la société et l’Église de son temps. Il structure la société non pas sur l’accumulation des biens, mais sur la tendresse et l’harmonie avec la nature, comme le montrent les scènes romancées des Fioretti où il apprivoise un loup et où il prêche aux oiseaux. Frère de tous, il se solidarise avec les plus pauvres, insistant sur l’être et non sur l’avoir, ouvrant une voie de communion et de prière. Il est un maître de libération intérieure. Jean-Paul II l’a nommé patron des écologistes en 1979.

 

Salutation à la Vierge Marie

Salut, Marie, Dame sainte, Reine, sainte Mère de Dieu, vous êtes la Vierge devenue Église : choisie par le très saint Père du ciel, consacrée par lui comme un temple avec son Fils bien aimé et l’Esprit Paraclet  ; vous en qui fut et demeure toute plénitude de grâce et Celui qui est tout bien.

Salut, Palais de Dieu ! Salut, Tabernacle de Dieu ! Salut, Maison de Dieu ! Salut, Vêtement de Dieu ! Salut, Servante de Dieu ! Salut, Mère de Dieu !

Et salut à vous toutes, saintes Vertus, qui, par la grâce et l’illumination de l’Esprit Saint, êtes versées dans le cœur des fidèles, vous qui, d’infidèles que nous sommes, nous rendez fidèles à Dieu !

Exhortation à la louange de Dieu

Craignez le Seigneur et rendez lui hommage.
Digne est le Seigneur de recevoir honneur et louange.
Vous tous qui craignez le Seigneur, louez le.
Salut, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.
Louez le, ciel et toute la terre.
Tous les fleuves, louez le Seigneur.
Fils de Dieu, bénissez le Seigneur.
Voici le jour que le Seigneur a fait,
Jour d’allégresse et jour de joie,
Alléluia, alléluia, alléluia, roi d’Israël.
Que tout esprit loue le Seigneur !

 

 

Louez le Seigneur, car il est bon  ;
Vous tous qui lisez ceci, bénissez le Seigneur.
Toutes les créatures, louez le Seigneur.
Tous les oiseaux du ciel, louez le Seigneur.
Tous les enfants, louez le Seigneur. Jeunes gens et jeunes filles, louez le Seigneur.
Digne est l’Agneau immolé
De recevoir honneur et gloire.
Bénie soit la sainte Trinité et l’indivise Unité.
Saint Michel archange, défends nous dans le combat.

Prière pour le temps de maladie

Je te rends grâces, Seigneur Dieu, pour toutes ces douleurs que j’éprouve ; je te demande, ô mon Seigneur, de m’en envoyer cent fois plus encore si tel est ton bon plaisir.
Car j’accepterais très volontiers que tu m’affliges sans m’épargner, puisque c’est pour moi une consolation surabondante que d’accomplir ta très sainte volonté.

Prière d’offrande totale

Seigneur, je t’en prie, que la force brûlante et douce de ton amour prenne possession de mon âme et l’arrache à tout ce qui est sous le ciel, afin que je meure par amour de ton amour, comme tu as daigné mourir par amour de mon amour.

 Cantique de frère Soleil ou des créatures

 

  1. Très haut, tout puissant et bon Seigneur,
    À toi louange, gloire, honneur,
    Et toute bénédiction ;
  2. à toi seul ils conviennent, ô Très Haut,
    Et nul homme n’est digne de te nommer.
  3. Loué sois tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
    spécialement messire frère Soleil,
    par qui tu nous donnes le jour, la lumière :
  4. il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
    et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.
  5. Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles :
    dans le ciel tu les as formées,
    claires, précieuses et belles.
  6. Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
    et pour l’air et pour les nuages,
    pour l’azur calme et tous les temps :
    grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.
  7. Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Eau qui est très utile
    et très humble précieuse et chaste.
  8. Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Feu
    par qui tu éclaires la nuit :
    il est beau et joyeux,
    indomptable et fort.
  9. Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,
    qui nous porte et nous nourrit,
    qui produit la diversité des fruits,
    avec les fleurs diaprées et les herbes.
  10. Loué sois tu, mon Seigneur, pour ceux
    qui pardonnent par amour pour toi  ;
    qui supportent épreuves et maladies :
  11. Heureux s’ils conservent la paix,
    car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés.
  12. Loué sois tu, mon Seigneur,
    pour notre sœur la Mort corporelle,
    à qui nul homme vivant ne peut échapper.
  13. Malheur à ceux qui meurent en péché mortel  ;
    heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
    car la seconde mort* ne pourra leur nuire
  14. Louez et bénissez mon Seigneur,
    rendez lui grâce et servez le
    en toute humilité !

 

 

 

 

Admonitions

 

 

1. le Corps du Seigneur

Le Seigneur Jésus dit à ses disciples : Je suis la voie, la vérité et la vie ; on ne va au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père ; mais bientôt vous le connaîtrez, et d’ailleurs vous l’avez déjà vu. Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui répondit : il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père. Le Père habite une lumière inaccessible ; Dieu est esprit ; personne n’a jamais vu Dieu. Puisque Dieu est esprit, on ne peut donc le voir que par l’Esprit, car c’est l’esprit qui fait vivre, la chair ne sert de rien.

Il en va de même pour le Fils : en tant qu’il est égal au Père, on ne peut le voir autrement que le Père, autrement que par l’Esprit.

Voilà pourquoi furent damnés tous ceux qui autrefois n’ont vu que l’homme dans le Seigneur Jésus Christ, sans voir ni croire, selon l’Esprit et selon Dieu, qu’il est vraiment le Fils de Dieu. Pareillement sont damnés tous ceux qui aujourd’hui leur ressemblent : ils voient bien, sous forme de pain et de vin, le sacrement du Corps du Christ, consacré sur l’autel par les mains du prêtre au moyen des paroles du Seigneur ; mais ils ne voient ni ne croient, selon l’Esprit et selon Dieu, que ce sont là réellement les très saints Corps et Sang de notre Seigneur Jésus Christ, au témoignage du Très Haut lui même qui affirme : Ceci est mon Corps, et le Sang de la Nouvelle Alliance, qui sera versé pour la multitude , et encore : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. ».

L’Esprit du Seigneur : il habite en ceux qui croient en lui ; c’est donc lui qui reçoit le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tous les autres, ceux qui n’ont point part à cet Esprit, s’ils ont l’audace de recevoir le Seigneur, mangent et boivent leur propre condamnation.

Race charnelle, combien de temps encore aurez vous le cœur si dur ? Pourquoi ne pas reconnaître la vérité ? Pourquoi ne pas croire au Fils de Dieu ? Voyez : chaque jour il s’abaisse, exactement comme à l’heure où, quittant son palais royal , il s’est incarné dans le sein de la Vierge ; chaque jour c’est lui même qui vient à nous, et sous les dehors les plus humbles ; chaque jour il descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre. Et de même qu’autrefois il se présentait aux saints apôtres dans une chair bien réelle, de même se montre-t-il à nos yeux maintenant dans du pain sacré. Les apôtres, lorsqu’ils le regardaient de leurs yeux de chair, ne voyaient que sa chair, mais ils le contemplaient avec les yeux de l’esprit, et croyaient qu’il était Dieu. Nous aussi, lorsque, de nos yeux de chair, nous voyons du pain et du vin, sachons voir et croire fermement que c’est là, réels et vivants, le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tel est en effet le moyen qu’il a choisi de rester toujours avec ceux qui croient en lui, comme il l’a dit lui même : Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde.

2.le péché de volonté propre

Le Seigneur dit à Adam : Tu peux manger des fruits de tous les arbres ; mais ne touche pas à l’arbre de la science du bien et du mal. Adam avait donc le droit de manger des fruits de tous les arbres du Paradis ; tant qu’il resta dans l’obéissance, il fut sans péché.

Manger les fruits de l’arbre de la science du bien signifie : s’approprier sa volonté, s’attribuer orgueilleusement le bien que l’on fait, alors qu’en réalité c’est le Seigneur en nous qui l’accomplit en paroles ou en actes. Mais on préfère écouter les insinuations du démon, on enfreint la défense ; alors le fruit de la science du bien se transforme en fruit de la science du mal, et il faut en subir le châtiment.

3. Obéissance parfaite et obéissance imparfaite

Le Seigneur dit dans l’Evangile : Celui qui n’abandonne pas tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple et encore : Qui veut sauver son âme doit la perdre. Comment faire pour abandonner tout ce que l’on possède ? Comment perdre son corps et son âme ? En se livrant tout entier à l’obéissance entre les mains de son supérieur. Tout ce que fait et tout ce que dit un sujet est acte d’obéissance véritable à deux conditions : d’une part qu’il s’agisse objectivement d’une bonne action ; d’autre part qu’on soit sûr de ne pas aller contre la volonté du supérieur.

Un sujet croit parfois sentir qu’une autre orientation serait meilleure et plus utile pour son âme que celle qui lui est imposée : qu’il fasse à Dieu le sacrifice de son projet, et qu’il se mette en devoir d’appliquer plutôt celui du supérieur. Voilà de la véritable obéissance, qui est aussi de l’amour : elle contente à la fois Dieu et le prochain.

Mais si le supérieur donnait un ordre contraire au salut de notre âme, il faudrait refuser de lui obéir, sans pour autant, rompre avec lui ou le quitter. Encourrait on les persécutions de certains à cause de cette attitude, on ne devrait que les en aimer davantage, pour l’amour de Dieu, car celui qui, bien loin de divorcer d’avec ses frères, préfère supporter leur hostilité, celui là reste dans l’obéissance parfaite : l’obéissance qui va jusqu’à donner sa vie pour ses frères.

Bien des religieux, malheureusement, s’imaginent découvrir qu’il y a mieux à faire que ce qu’ordonnent leurs supérieurs ; ils regardent en arrière et retournent à leur vomissement , c’est à dire à leur volonté propre. Ce sont des homicides, car leurs mauvais exemples sèment la mort dans beaucoup d’âmes.

4. ne pas s’approprier les charges

Ce n’est pas pour être servi que je suis venu, dit le Seigneur, mais pour servir.

Quand on a reçu autorité sur les autres, on ne doit pas plus en tirer gloire que si l’on était affecté à l’emploi de leur laver les pieds. Être plus désemparé de perdre un supériorat que de perdre l’emploi de laver les pieds, c’est amasser, comme Judas, un trésor frauduleux au péril de son âme ; et plus grand est le trouble, plus est coupable l’avarice.

5. Ne pas s’enorgueillir, mais placer sa fierté dans la Croix du Seigneur

Considère, ô homme, le degré de perfection auquel t’a élevé le Seigneur : il a créé et formé ton corps à l’image du corps de son Fils bien aimé, et ton esprit à la ressemblance de son esprit.

Et malgré cela, toutes les créatures qui sont sous le ciel servent leur créateur mieux que toi, elles le connaissent et lui obéissent mieux que toi, chacune selon sa nature. Bien pis, ce ne sont pas les démons qui l’ont crucifié : c’est toi qui, avec eux, l’as crucifié et le crucifies encore en prenant plaisir au vice et au péché. De quoi peux tu donc bien te glorifier ?

Même si tu avais tant de pénétration et tant de sagesse qu’aucune science n’aurait plus de secret pour toi ; même si tu savais interpréter toutes les langues et scruter les mystères divins avec une subtilité remarquable, de tout cela tu ne peux tirer aucune gloire. Le premier venu des démons a autrefois pénétré bien plus avant dans les mystères de Dieu, et connaît encore maintenant l’univers terrestre bien mieux que tous les hommes réunis (y compris celui qui reçut du Seigneur la grâce spéciale de la plus haute sagesse). De même, serais tu le plus beau et le plus riche des hommes, et ferais tu même des miracles au point de chasser les démons, tout cela peut se retourner contre toi, tu n’y es pour rien, et il n’y a rien là dont tu puisses tirer gloire. Mais ce dont nous pouvons tirer gloire, c’est de nos faiblesses. C’est de notre part quotidienne à la sainte Croix de notre Seigneur Jésus Christ.

6. L’imitation du Seigneur

Considérons frères, le bon Pasteur : pour sauver ses brebis, il a souffert la Passion et la Croix.

A sa suite, les brebis du Seigneur ont marché à travers les souffrances, les persécutions, les humiliations, la faim, les maladies, les tentations, et toutes sortes d’épreuves. En retour, elles ont reçu du Seigneur la vie éternelle.

Nous devrions avoir honte, nous, les serviteurs de Dieu. Car les saints ont agi : nous, nous racontons ce qu’ils ont fait, dans le but d’en retirer pour nous honneur et gloire.

7. Savoir, mais pour mieux agir

L’Apôtre dit : La lettre tue, mais l’esprit fait vivre.

La lettre tue ceux dont la curiosité s’arrête aux mots du texte ; ce qu’ils veulent, c’est paraître plus savants que les autres, et pouvoir acquérir ainsi de grandes richesses dont ils feront profiter leurs parents et amis, La lettre tue les religieux qui ne veulent pas approfondir l’esprit de la sainte Ecriture, mais qui préfèrent s’en tenir uniquement à la connaissance et au commentaire des mots.

L’esprit de la sainte Ecriture fait vivre ceux qui n’attribuent pas à leur valeur personnelle la science qu’ils possèdent ou désirent posséder, mais qui, par la parole et par l’exemple, en font hommage au Très haut Seigneur Dieu à qui appartient tout bien.

8. Éviter le péché d’envie

Sans le secours de l’Esprit Saint, dit l’Apôtre, nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ; sans le secours de l’Esprit Saint, nul, pas un seul homme, n’est capable de faire le bien.

C’est pourquoi celui qui est jaloux d’un de ses frères par l’intermédiaire duquel le Seigneur dit et fait du bien, celui là commet un véritable blasphème : c’est au Très Haut lui même que sa jalousie s’en prend, puisque c’est de Dieu seul que dérivent toute bonne parole et toute bonne action.

9. L’amour des ennemis

Aimez vos ennemis, dit le Seigneur.

Aimer vraiment son ennemi, c’est d’abord ne pas s’affliger des torts qu’on a subis soi même ; c’est ressentir douloureusement, mais comme une offense à l’amour de Dieu, le péché que l’autre a commis ; et c’est prouver à ce dernier, par des actes, qu’on l’aime toujours.

10. Réprimer les tendances égoïstes

A-t-on commis un péché ? C’est la faute au démon ! A-t-on subi une injustice ? C’est la faute au prochain ! Telle est l’attitude de beaucoup de chrétiens. Mais ce n’est pas sur autrui qu’il faut rejeter la faute : l’ennemi, chacun le tient à sa discrétion, l’ennemi c’est à dire l’égoïsme qui fait tomber dans le péché.

Heureux dès lors le serviteur qui gardera toujours enchaîné cet ennemi livré entre ses mains et saura sagement se prémunir contre lui : tant qu’il agira de la sorte, aucun autre ennemi, visible ou invisible, ne pourra lui nuire.

11. Ne pas se laisser ravager par le péché d’autrui

Un serviteur de Dieu ne doit éprouver de répulsion pour rien, si ce n’est pour le péché. Et même dans ce cas si grand que soit le péché commis, le serviteur de Dieu peut être atteint dans son amour pour Dieu offensé, mais jamais il ne doit perdre la paix de l’âme ni se mettre en colère : ce faisant, il s’attribuerait injustement un droit qui n’appartient qu’à Dieu : juger d’une faute.

Le serviteur de Dieu qui demeure inaccessible à la colère et au trouble dans ses rapports avec autrui, celui là mène une vie conforme à sa vocation, libre de tout attachement égoïste. Heureux celui qui ne s’arroge rien, qui rend à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

12. À quoi l’on reconnait l’Esprit du Seigneur

Voici comment reconnaître qu’un serviteur de Dieu possède l’Esprit du Seigneur : lorsque le Seigneur opère par lui quelque bien, la  » chair  » du serviteur de Dieu, alors, ne s’enorgueillit pas, cette chair toujours opposée à tout bien ; au contraire, il ne s’en méprise que davantage, et se juge plus indigne que tous les autres hommes.

Heureux les pacifiques : ils seront appelés fils de Dieu. Ce qu’un serviteur de Dieu possède de patience et d’humilité, on ne peut pas le savoir tant que tout va selon ses désirs. Mais vienne le temps où ceux qui devraient respecter ses volontés se mettent au contraire à les contester : ce qu’il manifeste alors de patience et d’humilité, voilà exactement ce qu’il en possède, et rien de plus.

13. L’Esprit de pauvreté

Heureux ceux qui ont l’esprit de pauvreté, car le royaume des cieux leur appartient. Il y en a beaucoup qui sont férus de prières et d’offices, et qui infligent à leur corps de fréquentes mortifications et abstinences. Mais pour un mot qui leur semble un affront ou une injustice envers leur cher  » moi « , ou bien pour tel ou tel objet qu’on leur enlève, les voilà aussitôt qui se scandalisent et perdent la paix de l’âme. Ceux là n’ont pas le véritable esprit de pauvreté : car celui qui a le véritable esprit de pauvreté se hait lui même, et chérit ceux qui le frappent sur la joue.

14. La paix de l’âme

Heureux les pacifiques : ils seront appelés fils de Dieu. Sont vraiment pacifiques ceux qui, malgré tout ce qu’ils ont à souffrir en ce monde, pour l’amour de notre Seigneur Jésus Christ, gardent la paix de l’âme et du corps.

15. La pureté du cœur

Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. Ont vraiment le cœur pur ceux qui méprisent les biens de la terre, cherchent ceux du ciel et ainsi purifiés de tout attachement de l’âme et du cœur, ne cessent jamais d’adorer et de voir rien d’autre que le Seigneur Dieu vivant et vrai.

16. Humilité du Serviteur de Dieu

Heureux le serviteur qui ne se glorifie pas plus du bien que le Seigneur dit et opère par lui, que du bien que le Seigneur dit et opère par un autre. On pèche quand on veut recevoir du prochain plus qu’on ne veut donner de soi au Seigneur Dieu.

17. Compassion pour le prochain

Heureux l’homme qui, dans les limites de sa propre faiblesse, soutient son prochain autant qu’il voudrait être soutenu par lui dans un cas analogue.

18. Rendre tout bien au Seigneur

Heureux le serviteur qui fait hommage de tout bien au Seigneur. Celui au contraire qui en revendique une part pour lui même, celui là cache au fond de lui même l’argent du Seigneur Dieu , et ce qu’il croyait posséder en propre lui sera enlevé.

19. Humilité malgré les louanges et les honneurs

Heureux le serviteur qui, lorsqu’on le félicite et qu’on l’honore, ne se tient pas pour meilleur que lorsqu’on le traite en homme de rien, simple et méprisable. Car tant vaut l’homme devant Dieu, tant vaut il en réalité, sans plus.

Malheur au religieux qui, appelé par ses frères à de hautes fonctions, refuse ensuite d’en descendre de son plein gré. Heureux le serviteur qui, appelé malgré lui à de hautes fonctions, n’a d’autre ambition que de servir les autres et de s’abaisser sous leurs pieds.

20. La vraie et la fausse joie

Heureux le religieux qui ne prend plaisir et joie que dans tout ce que le Seigneur a fait, et qui s’en sert pour porter les hommes à l’amour de Dieu en toute joie. Malheur au religieux qui se plaît aux histoires légères et frivoles, et qui s’en sert uniquement pour provoquer l’hilarité.

21. Légéreté et bavardage

Heureux le serviteur qui ne parle pas pour se faire valoir, qui ne fait pas étalage de sa valeur et qui n’est pas toujours avide de prendre la parole , mais qui s’exprime et répond avec sagesse et réflexion.

Malheur au religieux qui, au lieu de garder en son cœur les grâces dont le Seigneur le favorise, et au lieu d’en faire profiter les autres par ses actions, s’empresse en discours de les étaler aux yeux des hommes pour se faire valoir. Il en obtient la mesquine récompense qu’il convoitait, mais ceux qui l’écoutent n’en retirent que peu de fruit.

22. Acceptation des reproches

Heureux le serviteur qui supporte avec autant de patience que s’il se les infligeait lui même, les avertissements, accusations et réprimandes infligés par autrui.

Heureux le serviteur qui, lorsqu’il est repris, reconnaît facilement ses torts, cède volontiers, avoue humblement et répare de bon cœur.

Heureux le serviteur qui n’est pas prompt à s’excuser, et qui supporte humblement la honte d’être réprimandé pour une faute qu’il n’a pas commise.

23. La vraie humilité

Heureux celui que l’on trouve aussi humble au milieu de ses sujets que s’il était au milieu de ses supérieurs.

Heureux le serviteur qui reste toujours disposé à accueillir remarques et punitions.

Fidèle et prudent serviteur , celui qui, chaque fois qu’il en a offensé un autre, ne tarde pas à expier cet écart : intérieurement par le regret, extérieurement par l’aveu de sa faute et par des actes concrets de réparation.

24. L’amour fraternel

Heureux celui qui aimerait autant un frère malade et incapable de lui rendre service, qu’un frère bien portant qui peut lui être utile.

Heureux celui qui aimerait et respecterait autant son frère quand il est loin de lui que lorsqu’il est avec lui, et qui ne dirait pas derrière son frère ce qu’en toute charité il ne pourrait pas dire devant lui.

25. Honorer les clercs

Heureux le serviteur qui donne sa foi aux clercs qui vivent en accord avec l’enseignement et les institutions de la sainte Eglise romaine. Et malheur à ceux qui les méprisent : nul n’a le droit de juger les clercs, même pécheurs c’est le Seigneur qui se réserve de les juger lui même et lui seul.

En effet, ils sont les ministres des très saints Corps et Sang de notre Seigneur Jésus Christ ; c’est pourquoi, autant leur ministère surpasse les autres ministères, autant une faute contre eux surpasse en gravité une faute contre n’importe quel autre fidèle de ce monde.

26. Les vertus chassent les vices

Où règnent charité et sagesse,
Il n’y a ni crainte ni ignorance

Ou règnent patience et humilité,
Il n’y a ni colère ni trouble.

Ou règnent pauvreté et joie,
Il n’y a ni cupidité ni avarice.

Ou règnent paix intérieure et méditation,
Il n’y a ni désir de changement ni dissipation.

Où règne crainte du Seigneur pour garder la maison,
L’ennemi ne peut pratiquer nulle brèche pour y pénétrer.

Où règnent miséricorde et discernement,
Il n’y a ni luxe superflu ni dureté de cœur.

27. Discrétion sur les grâces de Dieu, de peur de les perdre

Heureux le serviteur qui amasse, mais dans le ciel, le trésor de grâces que le Seigneur lui offre et qui ne cherche pas, pour se faire valoir, à les manifester aux hommes ; car c’est le Très Haut lui même qui manifestera ses propres œuvres à qui il lui plaira. Heureux le serviteur qui conserve en son cœur les secrets du Seigneur.

Lettre à tous les fidèles
(Deuxième rédaction)

Adresse. But de la lettre

Au nom du Seigneur, Père, Fils et Saint Esprit. Amen.

A tous les chrétiens : religieux, clercs et laïcs, hommes et femmes, à tous les habitants du monde entier, le frère François, leur serviteur et leur sujet, hommage et respect, vraie paix du ciel et amour sincère dans le Seigneur.

Puisque je suis le serviteur de tous, je suis tenu de me mettre au service de tous, et de me faire pour vous tous le ministre des paroles toutes parfumées de mon Seigneur. Or je constate qu’il m’est impossible, à cause des maladies et de la faiblesse de mon corps, d’aller vous visiter tous et chacun ; c’est pourquoi j’ai eu l’idée de vous adresser la présente lettre et ce message, pour vous transmettre quand même les paroles de notre Seigneur Jésus Christ, qui est Parole du Père, et les paroles du Saint Esprit, qui sont Esprit et Vie.

I LE MYSTÈRE RÉDEMPTEUR

1. L’Incarnation

Ce Verbe du Père, si digne, si saint et si glorieux, le très haut Père du ciel annonça par son saint ange Gabriel qu’il viendrait dans le sein de la glorieuse Vierge Marie ; et de fait il reçut vraiment, dans son sein, la chair de notre fragile humanité. Lui qui était riche plus que tout, il a voulu, avec la bienheureuse Vierge sa mère, choisir la pauvreté.

2. L’Eucharistie

A l’approche de sa Passion, il célébra la Pâque avec ses disciples : prenant le pain, il rendit grâces, le bénit et le rompit, et déclara : Prenez et mangez : ceci est mon corps. Et prenant le calice il dit : Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle Alliance, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés.

3. L’offrande volontaire

Ensuite il pria son Père en disant : Père, si cela est possible, que ce calice s’éloigne de moi ! Et il lui vint une sueur comme de gouttes de sang tombant jusqu’à terre. Cependant, il mit sa volonté dans la volonté de son Père, en disant : Père, que ta volonté soit faite ; non pas comme je veux, mais comme toi tu veux.

4. La croix

Or, la volonté du Père fut que son Fils béni et glorieux, qu’il nous a donné et qui est né pour nous, s’offrît lui même par son propre sang, en sacrifice et en victime sur l’autel de la croix ; non pas pour lui même, par qui tout a été fait, mais pour nos péchés, nous laissant un exemple afin que nous suivions ses traces. Il veut que tous nous soyons sauvés par lui, et que nous le recevions dans un cœur pur et un corps chaste. Malheureusement, il en est peu qui aient la volonté de le recevoir et d’être sauvés par lui, bien que son joug soit doux et son fardeau léger.

II. LES EXIGENCES DE LA VIE CHRÉTIENNE

1. Amour et adoration de Dieu

Ceux qui ne veulent pas goûter combien le Seigneur est doux, qui préfèrent les ténèbres à la lumière, et qui refusent d’observer les commandements de Dieu, ceux là sont maudits ; c’est d’eux qu’il est dit par le Prophète : Maudits soient ceux qui s’écartent de tes commandements ! Mais, oh ! qu’ils sont heureux et bénis, au contraire, ceux qui aiment Dieu et qui pratiquent ce que le Seigneur lui même dit dans l’Evangile : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, et ton prochain comme toi même. Aimons donc Dieu et adorons le d’un cœur et d’un esprit purs, car c’est là ce qu’il requiert par-dessus tout quand il dit : Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tous ceux qui l’adorent doivent l’adorer dans l’Esprit de vérité. Adressons lui louanges et prières jour et nuit en disant :  » Notre Père qui es aux cieux !  » car il nous faut toujours prier et ne cesser jamais.

2. Vie sacramentelle

Nous avons aussi l’obligation de confesser au prêtre tous nos péchés, et de recevoir le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui ne mange pas sa chair et ne boit pas son sang ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Mais il faut manger et boire dignement, car celui qui le reçoit indignement, mange et boit sa propre condamnation, ne discernant pas le Corps du Seigneur, c’est à dire ne le distinguant pas des autres nourritures. Faisons, en outre, des actes concrets de pénitence.

3. Amour du prochain

Puis, aimons notre prochain comme nous mêmes. Et si quelqu’un ne veut pas ou ne peut pas aimer son prochain comme lui même, qu’au moins il n’aille pas lui faire de mal, mais qu’il lui fasse du bien.

 

 

Ceux qui ont été investis du pouvoir de juger autrui, qu’ils exercent leur charge de juge avec miséricorde, comme ils voudraient obtenir eux mêmes miséricorde du Seigneur. Car il sera jugé sans miséricorde, celui qui n’aura pas lui même exercé la miséricorde.

4. Aumône et jeûne

Ayons donc charité et humilité : faisons des aumônes, car elles lavent les âmes des souillures de leurs péchés. En effet, tout ce que les hommes doivent laisser en quittant ce monde est à jamais perdu pour eux, tandis qu’ils emportent avec eux le prix de leur charité et les aumônes qu’ils ont faites : ils en recevront de Dieu la récompense et une juste rémunération. Nous devons aussi jeûner, nous abstenir des vices et des péchés, de l’excès du manger et du boire ; et nous devons être catholiques.

5. Respect des églises et des prêtres

Nous devons aussi visiter fréquemment les églises, respecter et vénérer les clercs : non pas tellement à cause d’eux mêmes, car ils peuvent être pécheurs, mais à cause de leur charge, et parce qu’ils sont les ministres du Corps et du Sang très saints de notre Seigneur Jésus Christ, qu’ils sacrifient sur l’autel, qu’ils reçoivent eux mêmes, et qu’ils distribuent aux autres. Sachons bien, tous, que nul ne peut être sauvé que par les saintes paroles et par le Sang de notre Seigneur Jésus Christ, que les clercs prononcent, proclament et distribuent ; c’est à eux seuls qu’il revient de les distribuer, et non à d’autres.

6. Exigences particulières pour les religieux

Pour les religieux, qui ont renoncé au monde, il y a une obligation spéciale de faire plus et mieux, mais sans omettre le reste.

Nous devons avoir en haine nos corps, avec les vices et les péchés, parce que le Seigneur dit dans l’Evangile : Tous les vices et péchés sortent du cœur. Nous devons aimer nos ennemis et faire du bien à ceux qui nous haïssent. Nous devons observer, outre les préceptes, les conseils de notre Seigneur Jésus Christ.

 

De plus, nous devons nous renoncer nous mêmes et courber nos corps sous le joug de la servitude et de la sainte obéissance, comme chacun de nous l’a promis au Seigneur. Mais l’obéissance n’impose à personne d’obéir en matière de délit ou de péché.

Celui à qui a été confiée l’autorité, et qui est considéré comme plus grand que ses frères, qu’il soit comme le plus petit et le serviteur des autres frères ; il doit éprouver foncièrement et témoigner à chacun de ses frères autant de bonté qu’il voudrait s’en voir témoigner à lui même s’il était a leur place. Loin de s’irriter lorsqu’un frère aura commis une faute, en toute patience et humilité il saura donner un avertissement et l’aider avec une affectueuse douceur.

Nous ne devons être ni sages ni prudents selon la chair ; nous devons plutôt être simples, humbles et purs. Ne ménageons à nos corps ni les affronts ni le mépris, parce que tous, par notre faute, nous sommes misérables, pourris et fétides : des vers, comme dit le Seigneur par le Prophète : Je suis un ver et non un homme, le mépris des hommes et le rebut du peuple. Jamais nous ne devons désirer d’être au dessus des autres ; mais nous devons plutôt être les serviteurs et les sujets de toute créature humaine à cause de Dieu.

III. LES MERVEILLES DE LA VIE CHRÉTIENNE

Tous ceux et toutes celles qui agiront ainsi et qui persévéreront jusqu’à la fin, l’Esprit du Seigneur reposera sur eux et fera en eux son habitation et sa demeure, et ils seront les fils du Père céleste dont ils font les œuvres et ils sont époux frères et mères de notre Seigneur Jésus Christ. Ses époux lorsque, par l’Esprit Saint, l’âme fidèle est unie à Jésus Christ. Ses frères lorsque nous faisons la volonté de son Père qui est dans le ciel. Ses mères lorsque nous le portons dans notre cœur et dans notre corps par l’amour, par la loyauté et la pureté de notre conscience, et que nous l’enfantons par nos bonnes actions, qui doivent être pour autrui une lumière et un exemple.

 

 

Oh ! qu’il est glorieux et saint et grand d’avoir un Père dans les cieux ! Oh ! qu’il est saint et beau, magnifique et admirable, d’avoir dans les cieux un Epoux ! Oh ! que c’est chose sainte et chère, plaisante et humble, apaisante et douce, aimable et désirable plus que tout, d’avoir un tel frère et un tel fils, qui a donné sa vie pour ses brebis, et qui a prié son Père pour nous en disant :  » Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés. Père, tous ceux que tu m’as donnés en ce monde étaient à toi, et tu me les as donnés. Les paroles que tu m’as données, je les leur ai dites, et ils les ont reçues ; ils ont vraiment cru que je suis sorti de toi, et ils ont reconnu que c’est toi qui m’as envoyé. Je prie pour eux, non pour le monde : bénis les et sanctifie les. Pour eux, moi même, je me sanctifie, pour qu’ils soient sanctifiés tous ensemble, comme nous. Et je veux, Père, que là où je suis, eux aussi soient avec moi, pour qu’ils voient ma splendeur dans ton royaume. « 

Puisqu’il a tant souffert pour nous, puisqu’il nous a apporté et nous apportera encore tant de biens, que toute créature qui est dans le ciel et sur la terre, dans la mer et dans les abîmes, rende à Dieu louange, gloire, honneur et bénédiction, car c’est lui notre courage et notre force puisqu’il est le seul bon, le seul très haut, le seul tout puissant, admirable, glorieux et le seul saint, lui qu’il faut louer et bénir dans les siècles infinis des siècles. Amen.

 

 

 

IV. L’ESCLAVAGE DU PÉCHÉ

1. Les dupes du démon

Au contraire, tous ceux qui ne vivent pas dans la pénitence ; qui ne reçoivent pas le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ ; qui s’adonnent aux vices et aux péchés ; qui suivent leur pente vers le mal et leurs mauvais désirs ; qui n’observent pas ce qu’ils ont promis d’observer qui font de leur corps l’esclave du monde, des désirs charnels, des soucis et des agitations ambitieuses d’ici bas séduits par le diable dont ils sont les fils et dont ils accomplissent les œuvres, ce sont des aveugles, car ils ne voient pas la vraie lumière, notre Seigneur Jésus Christ. Ils ne possèdent pas la sagesse spirituelle, puisqu’ils n’ont pas en eux le Fils de Dieu, qui est la vraie Sagesse du Père. C’est d’eux qu’il est dit : Leur sagesse a été engloutie. Ils voient le mal, ils le reconnaissent comme tel, ils le font sciemment, et sciemment ils perdent leur âme.

 

 

Mais prenez garde, aveugles : vous vous êtes laissé séduire par vos ennemis, qui sont la chair, le monde et le diable, parce qu’il est bien agréable pour le corps de commettre le péché, et très amer de servir Dieu, parce que tous les vices et péchés sortent et procèdent du cœur de l’homme, comme dit le Seigneur dans l’Evangile. Vous n’avez rien à vous, ni en ce monde ni en l’autre. Vous croyez que vous allez conserver longtemps les biens de ce monde qui ne sont que vanité ; mais vous vous trompez car viennent le jour et l’heure auxquels vous ne pensez pas qui vous sont inconnus et que vous ignorez.

2. Illustration concrète : la mort du pécheur

Le corps s’affaiblit, la mort approche, parents et amis viennent dire :  » Prends tes dispositions ! « 

Et voilà sa femme et ses enfants, ses amis et ses proches qui font semblant de pleurer. Il regarde autour de lui, voit les siens en larmes et, se laissant aller à une émotion coupable, il pense en lui même et dit :  » Tant pis ! Mon âme, mon corps et tous mes biens, je les remets entre vos mains « . Vraiment cet homme est maudit, qui confie et remet son âme, son corps et tous ses biens en de telles mains. Aussi le Seigneur dit il par le Prophète : Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme.

Aussitôt on fait venir un prêtre qui lui dit :
– veux tu recevoir l’absolution de tous tes péchés ?
– Oui, répond il.
– Veux tu, dans la mesure où tu le peux, prendre sur ta fortune pour réparer tes fautes et restituer à ceux que tu as volés et trompés ?
– Non !
– Et pourquoi non ? dit le prêtre.
– Parce que j’ai tout remis entre les mains de mes parents et amis…
Et il commence à perdre la parole. Ainsi meurt il, le malheureux.

Or, que tous le sachent bien ; si un homme, – que ce soit ici ou là, aujourd’hui ou demain, de telle manière ou autrement, peu importe, – meurt en état de péché mortel, sans pénitence et sans réparation, alors qu’il avait la possibilité de réparer et qu’il ne l’a pas fait, le diable lui arrache l’âme du corps, lui causant tant d’angoisse et de tourment, que nul ne peut s’en faire une idée, sauf celui qui en est la victime. Talents, pouvoir et science, tout ce qu’il croyait avoir lui sera enlevé. Il le laisse à ses parents et amis qui emportent et se partagent ses biens, et qui disent ensuite : ; Maudite soit son âme ! Il aurait pu nous donner bien davantage, et amasser plus qu’il n’a amassé !  » Le corps est la proie des vers ; et ainsi perd il son âme et son corps en ce monde qui passe si vite, et il ira en enfer où il sera tourmenté sans fin.

 

 

CONCLUSION

Pratiquer et diffuser la parole de Dieu

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

Moi, frère François, votre petit serviteur, je vous prie et supplie, dans l’amour qu’est Dieu, et avec la volonté de vous baiser les pieds, d’accueillir comme vous le devez, avec humilité et charité, ces paroles toutes parfumées de notre Seigneur Jésus Christ, de les observer et de les mettre en pratique. Tous ceux et toutes celles qui accueilleront ces paroles avec bienveillance, qui les méditeront et en adresseront à d’autres des exemplaires, s’ils persévèrent jusqu’à la fin à en observer les enseignements, qu’ils soient bénis du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

 

Fête de S. François d’Assise 4 octobre

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L’esclavage en terre d’islam de 610 à Zanzibar (1873), plateforme arabe de la traite négrière

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622 au XXe siècle

L’esclavage en terre d’islam

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Après la mort du prophète Mahomet et la soumission de la péninsule arabe, les musulmans conquièrent les rives méridionales et orientales de la Méditerranée. Multipliant les prises de guerre, ils prolongent dans ces régions l’esclavage à la mode antique. Ils inaugurent aussi une longue et douloureuse traite négrière qui va saigner l’Afrique noire jusqu’à la fin du XIXe siècle.

L’esclavage en terre d’islam est hélas une réalité qui dure comme le montre l’anthropologue Malek Chebel.

Islam et esclavage

Le Coran, texte sacré de l’islam, entérine l’existence de l’esclavage (voir la sourate XVI, Les abeilles) tout comme d’ailleurs les textes bibliques. Notons que le premier muezzin désigné par le Prophète pour l’appel à la prière est un esclave noir du nom de Bilal originaire d’Éthiopie.

La loi islamique ou charia, qui s’appuie sur le Coran et les dits du prophète (hadiths), considère qu’en pays d’islam, seuls sont esclaves les enfants d’esclaves et les prisonniers de guerre. Elle autorise d’autre part la réduction en esclavage de quiconque provient d’un pays non musulman (si un esclave vient à se convertir, il n’est pas affranchi pour autant).

Très tôt, du fait de la rapidité même de leurs conquêtes, les Arabes se heurtent à une pénurie d’esclaves. Ils ne peuvent asservir les populations des pays soumis à leur loi et se voient donc dans l’obligation d’importer en nombre croissant des esclaves des pays tiers, qu’ils soient ou non en voie d’islamisation.

Comme les chrétiens du haut Moyen Âge, ils s’abstiennent de réduire en esclavage leurs coreligionnaires mais cette règle souffre de nombreuses transgressions et l’on ne rechigne pas à asservir des musulmans, notamment noirs, au prétexte que leur conversion est récente (*).

Une économie fondée sur l’esclavage

L’esclavage devient rapidement l’un des piliers de l’économie de l’empire abasside de Bagdad du fait de très nombreuses prises de guerre et de l’avènement d’une très riche bourgeoisie urbaine. Pour s’en convaincre, il n’est que de lire Les Mille et Une Nuits, un recueil de contes arabes censés se dérouler sous le règne du calife Haroun al-Rachid, contemporain de Charlemagne.

Les harems du calife et des notables de Bagdad se remplissent de Circassiennes. Il s’agit de femmes originaires du Caucase et réputées pour leur beauté ; ces belles esclaves ont continué jusqu’au XXe siècle d’alimenter les harems orientaux en concurrence avec les beautés noires originaires d’Éthiopie. Pour les tâches domestiques et les travaux des ateliers et des champs, les sujets du calife recourent à d’innombrables esclaves en provenance des pays slaves, de l’Europe méditerranéenne et surtout d’Afrique noire. Ces esclaves sont maltraités et souvent mutilés et castrés.

D’autres esclaves et eunuques sont employés comme soldats et chefs de guerre par les différentes dynasties musulmanes, du Maroc aux Indes. Ces esclaves-là accèdent parfois à des fonctions élevées et parfois au pouvoir suprême. Ainsi en est-il des fameux Mamelouks d’Égypte, que Bonaparte devra combattre en 1798.

Eunuques et castrats

Inventée et développée à grande échelle par la Chine impériale, exportée dans les pays musulmans et jusqu’en Italie (les castrats), l’exploitation des eunuques (hommes castrés) est l’une des formes d’esclavage les plus inhumaines qui soient.

Elle poursuit deux objectifs principaux : empêcher que les esclaves étrangers ne fassent souche ; éviter les relations sexuelles entre les femmes des harems et leurs serviteurs. Les castrats sont aussi recherchés par les mélomanes pour leur voix très aigüe.

La castration consiste en l’ablation des parties génitales, soit totale, soit limitée aux testicules (pour empêcher la reproduction). Elle est le plus souvent pratiquée à la pré-adolescence et se solde par une mortalité effroyable.

Les esclaves mâles originaires d’Afrique noire sont généralement castrés en Égypte par des moines coptes pour le compte des trafiquants musulmans. À l’époque carolingienne, les captifs slaves destinés aux marchés orientaux sont quant à eux castrés à Verdun, principal marché d’étape de ce trafic.

Esclaves blancs en terre d’islam

Dans les premiers temps de l’islam, les notables de Bagdad s’approvisionnent en esclaves blancs auprès des tribus guerrières du Caucase mais aussi auprès des marchands vénitiens qui leur vendent des prisonniers en provenance des pays slaves, encore païens.

À la fin du Moyen Âge, comme le vivier slave s’épuise du fait de la christianisation de l’Europe orientale, les musulmans se tournent vers les pirates qui écument la Méditerranée. Ces derniers effectuent des razzias sur les villages côtiers des rivages européens, y compris même dans l’océan Atlantique jusqu’aux limites du cercle polaire. En 1627, des barbaresques algérois lancent un raid sur l’Islande et en ramènent 400 captifs. Le souvenir des combats livrés par les habitants à ces pirates perdure dans… la tête de prisonnier maure qui sert d’emblème à la Corse.

On évalue à plus d’un million le nombre d’habitants enlevés en Europe occidentale entre le XVIe et le XVIIIe siècle, au temps de François 1er, Louis XIV et Louis XV. Ces esclaves, surtout des hommes, sont exploités de la pire des façons dans les orangeraies, les carrières de pierres, les galères ou encore les chantiers d’Afrique du nord (*). Des organisations chrétiennes déploient beaucoup d’énergie dans le rachat de ces malheureux, tel Miguel de Cervantès ou plus tard Saint Vincent de Paul.

En Europe orientale et dans les Balkans, pendant la même période, les Ottomans prélèvent environ trois millions d’esclaves.

Jusqu’au début du XIXe siècle, les princes de la côte nord-africaine tirent eux-mêmes de grands profits de la piraterie en imposant de lourds tributs aux armateurs occidentaux en échange de la garantie que leurs navires ne seraient pas attaqués par les pirates. En 1805, le président américain Thomas Jefferson lance une expédition navale contre le dey de Tripoli, en Libye, pour l’obliger à renoncer à ce rackett. Le dey d’Alger le poursuivra quant à lui jusqu’à la conquête française en 1830.

Esclaves noirs en terre d’islam

Si la traite des esclaves blancs a rapidement buté sur la résistance des Européens, il n’en a pas été de même du trafic d’esclaves noirs en provenance du continent africain.

La traite arabe commence en 652, vingt ans après la mort de Mahomet, lorsque le général arabe Abdallah ben Sayd impose aux chrétiens de Nubie (les habitants de la vallée supérieure du Nil) la livraison de 360 esclaves par an. La convention, très formelle, se traduit par un traité (bakht) entre l’émir et le roi de Nubie Khalidurat.

La traite ne va cesser dès lors de s’amplifier. Les spécialistes évaluent de douze à dix-huit millions d’individus le nombre d’Africains victimes de la traite arabe au cours du dernier millénaire, du VIIe au XXe siècle. C’est à peu près autant que la traite européenne à travers l’océan Atlantique, du XVIe siècle au XIXe siècle.

Le trafic suit d’abord les routes transsahariennes. Des caravanes vendent, à Tombouctou par exemple, des chevaux, du sel et des produits manufacturés. Elles en repartent l’année suivante avec de l’or, de l’ivoire, de l’ébène et… des esclaves pour gagner le Maroc, l’Algérie, l’Égypte et, au-delà, le Moyen-Orient. Au XIXe siècle se développe aussi la traite maritime entre le port de Zanzibar (aujourd’hui en Tanzanie) et les côtes de la mer Rouge et du Golfe persique.

Le sort de ces esclaves, razziés par les chefs noirs à la solde des marchands arabes, est dramatique. Après l’éprouvant voyage à travers le désert, les hommes et les garçons sont systématiquement castrés avant leur mise sur le marché, au prix d’une mortalité effrayante, ce qui fait dire à l’anthropologue et économiste Tidiane N’Diyae : «Le douloureux chapitre de la déportation des Africains en terre d’Islam est comparable à un génocide. Cette déportation ne s’est pas seulement limitée à la privation de liberté et au travail forcé. Elle fut aussi – et dans une large mesure- une véritable entreprise programmée de ce que l’on pourrait qualifier d' »extinction ethnique par castration »» (*).

Les contes des Mille et Une Nuits, écrits au temps du calife Haroun al-Rachid (et de Charlemagne), témoignent des mauvais traitements infligés aux esclaves noirs et du mépris à leur égard (bien qu’ils fussent musulmans comme leurs maîtres).

Ce mépris a perduré au fil des siècles. Ainsi peut-on lire sous la plume de l’historien arabe Ibn Khaldoun (1332-1406) : «Il est vrai que la plupart des nègres s’habituent facilement à la servitude ; mais cette disposition résulte, ainsi que nous l’avons dit ailleurs, d’une infériorité d’organisation qui les rapproche des animaux brutes. D’autres hommes ont pu consentir à entrer dans un état de servitude, mais cela a été avec l’espoir d’atteindre aux honneurs, aux richesses et à la puissance» (Les Prolégomènes, IV). Ces propos précèdent de deux siècles la traite atlantique des Occidentaux.

Esclavage et décadence

Les contingents très importants de main-d’oeuvre servile ont contribué à la stagnation économique et sociale du monde musulman. Ils ont causé aussi de nombreux troubles. C’est ainsi qu’à la fin du IXe siècle, la terrible révolte des Zendj (ou Zenj, d’un mot arabe qui désigne les esclaves noirs), dans les marais du sud de l’Irak, a entraîné l’empire de Bagdad sur la voie de la ruine et de la décadence.

«Comparé à la traite des Noirs organisée par les Européens, le trafic d’esclaves du monde musulman a démarré plus tôt, a duré plus longtemps et, ce qui est plus important, a touché un plus grand nombre d’esclaves», écrit en résumé l’économiste Paul Bairoch (*). Cet auteur, ainsi que Tidiane N’Diaye, rappelle qu’il ne reste plus guère de trace des esclaves noirs en terre d’islam en raison de la généralisation de la castration, des mauvais traitements et d’une très forte mortalité, alors que leurs descendants sont au nombre d’environ 70 millions sur le continent américain.

Notons le parallèle avec les États arabes du Golfe Persique qui recourent massivement à des travailleurs étrangers tout en empêchant ceux-ci de faire souche sur place.

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L’esclavage en terre d’islam

Le regard d’un anthropologue

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L’anthropologue Malek Chebel montre dans L’esclavage en terre d’islam (Fayard, septembre 2007, 496 pages, 24 euros) comment une culture esclavagiste s’est greffée sur l’islam. Il a justement sous-titré son ouvrage Un tabou bien gardé.

Il s’agit non d’un livre d’histoire mais d’un récit de voyage ethnographique émaillé de références littéraires.

L'esclavage en terre d'islam

Spécialiste du monde musulman, l’anthropologue Malek Chebel s’est penché sur un sujet rarement abordé : l’esclavage en terre d’islam, sans se limiter aux traites négrières.

Il évoque les anciens trafics d’esclaves blancs mais aussi les trafics humains qui perdurent dans maints pays sous des formes plus ou moins édulcorées.

Le livre fondateur de l’islam évoque l’esclavage dans pas moins de 25 versets sans le condamner formellement.

«Le Coran n’étant pas contraignant, l’abolition relève de la seule initiative personnelle du maître. Cette ambiguïté est constitutive de l’approche coranique : encourager ceux qui font le bien, mais ne pas alourdir la peine de ceux qui ne font rien, écrit Malek Chebel. Plusieurs versets entérinent au demeurant l’infériorité de l’esclave par rapport à son maître».

Inhumanité de l’esclavage

Le calife Omar (581-644) est à l’origine d’une législation qui interdit de mettre en servitude un musulman. Cette législation va être très vite détournée par l’usage, les élites n’ayant de cesse de multiplier les restrictions à l’affranchissement des esclaves convertis à l’islam. Elle va d’autre part pousser les musulmans à chercher des esclaves hors de leurs terres, c’est-à-dire en Afrique noire et en Europe orientale.

Rapidement, l’esclavage devient un fait central des sociétés musulmanes, comme il l’a été des sociétés grecque et romaine. «Nulle part on ne trouve contre lui d’opposition ou de réprobation», note l’auteur en rappelant que les plus grandes figures intellectuelles de l’islam ont été comme les autres de grands propriétaires d’esclaves.

Malek Chebel rapporte in extenso trois codes régissant l’esclavage en terre d’islam. À travers des références littéraires, en premier lieu les Mille et une Nuits, ainsi que de nombreux récits de voyageurs, il dépeint aussi le statut des esclaves, leur déshumanisation par la privation de nom et leur exploitation à des fins sexuelles, qu’il s’agisse des concubines destinées à assouvir les plaisirs de leur maître ou des eunuques chargés de les garder.

Toujours d’actualité

Le monde musulman n’étant pas un bloc homogène, l’auteur analyse région après région les traces laissées par l’esclavage et ce qu’il en reste.

Dans beaucoup de régions perdure l’esclavage «de traîne» : il affecte les descendants d’esclaves qui portent le fardeau de leur hérédité ; ainsi ne peuvent-ils par exemple épouser une femme de classe supérieure.

Sur la côte sud de l’Iran subsiste une communauté issue des anciens esclaves noirs qui parle arabe, pratique le sunnisme et entretient des coutumes d’origine africaine. En Arabie, malgré la répétition des édits abolitionnistes, l’esclavage perdure de fait, avec une relative discrétion. Il concerne des ressortissants africains, sans parler des travailleurs asiatiques dont le sort est proche de la servitude.

L’esclavage demeure présent aussi dans les régions sahariennes (Libye, Niger, Tchad, Mali…) sans qu’on puisse en chiffrer l’importance. Cédant à la pression des ONG, un chef targui du Niger, Amrissal Ag Amdague, a accepté le 10 mars 2005 de libérer 7.000 esclaves coutumiers contre espèces sonnantes et trébuchantes ! En Mauritanie, l’esclavage des Noirs (Harratine) par les Bédouins est une réalité prégnante dont l’auteur a lui-même pris la mesure lors de ses voyages…

Autant dire que la lutte contre l’esclavage demeure d’actualité et cet ouvrage permet de s’en convaincre. Malek Chebel le rappelle avec justesse : «l’esclavage est la pratique la mieux partagée de la planète, c’est un fait humain universel».

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extrait du coran,

Inégalités sociales et esclavage

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sourate XVI (Les abeilles) :

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71. Dieu a favorisé
certains d’entre vous, plus que d’autres,
dans la répartition de ses dons.
Que ceux qui ont été favorisés
ne reversent pas ce qui leur a été accordé
à leurs esclaves,
au point que ceux-ci deviennent leurs égaux.

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610 à 1492

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L’esclavage dans l’Europe médiévale

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L’esclavage était la règle dans l’Antiquité et l’est resté jusqu’à l’aube du XXe siècle en Afrique et au Moyen-Orient. En Europe occidentale, sa disparition a mis plusieurs siècles à entrer dans les faits malgré la montée en puissance de l’Église et la diffusion de la morale chrétienne.

Un fructueux commerce

A l’époque de Charlemagne et de ses successeurs, dans la première période du Moyen Âge, les guerriers francs mènent des combats sans relâche contre les tribus païennes installées sur l’Elbe ou au-delà. Après avoir soumis les Saxons de langue germanique, ils s’en prennent aux Slaves.

Les prisonniers slaves alimentent en grand nombre un commerce actif entre Venise et l’empire arabe du sud de la Méditerranée. Ils rejoignent en premier lieu la place de Verdun, en Champagne, où ils sont systématiquement émasculés (!). Un quart environ d’entre eux ne survivent pas à cette brutale mutilation. Les autres gagnent Venise puis, de là, sont embarqués vers les ports orientaux.

Les marchands vénitiens, bien que de religion chrétienne, ne voient pas d’objection à vendre des païens slaves aux musulmans. Venise conserve le souvenir de ce fructueux commerce dans le nom d’un quai célèbre à l’extrémité du Grand Canal : le quai des Esclavons (nom sous lequel étaient désignés à l’époque les Slaves). C’est l’époque où, dans les langues occidentales, le mot «esclave» ou «slave» se substitue au latin «servus» pour désigner les travailleurs privés de liberté.

Ce trafic très particulier se tarit vers l’an 1100 du fait de la christianisation des Slaves.

Une longue survivance

L’Europe médiévale n’est pas elle-même exempte d’esclavage, toute chrétienne qu’elle soit.

Aux premiers siècles du Moyen Âge, des esclaves sont employés dans les grandes propriétés agricoles, y compris dans les monastères. Ils sont le fruit de relations commerciales ou guerrières avec les régions périphériques de l’Europe (Slaves, musulmans…).

L’Église, qui fixe les codes moraux de la société, ne trouve rien à redire à cet esclavage qui se distingue assez peu du servage. Elle exige simplement que les esclaves soient bien traités et baptisés.

Les mœurs évoluent toutefois aux XIIe et XIIIe siècle du fait de la prospérité économique et de l’émancipation de la paysannerie. L’esclavage devient objet de scandale. Le roi de France Louis X le Hutin publie le 3 juillet 1315 un édit qui affirme que «selon le droit de nature, chacun doit naître franc». Officiellement, depuis cette date, «le sol de France affranchit l’esclave qui le touche».

Dans les faits, la prohibition de l’esclavage connaît de nombreuses entorses dans les régions méditerranéennes qui entretiennent des relations commerciales avec les pays musulmans.

Des esclaves s’activent dans les plantations spéculatives qui se développent au XVe siècle en Provence, au Portugal, en Espagne, en Italie ou encore à Chypre. Parmi eux, des milliers de Noirs achetés sur les marchés marocains et très prisés comme tout ce qui a un parfum d’exotisme. Certains de ces esclaves sont employés à des tâches domestiques. Ce sont généralement des femmes qui font office de servantes, de concubines et plus encore de nourrices.

On n’a plus de traces de cet esclavage au XVIe siècle, sous la Renaissance.

Le servage

Une autre forme de servitude est apparue en Occident au temps de Charlemagne et de ses successeurs : le servage.

En ces premiers siècles du Moyen Âge, sous l’effet de l’insécurité et de l’affaiblissement du pouvoir central, les paysans sacrifient leur liberté en échange d’un lopin de terre et de la protection du principal guerrier du lieu, le seigneur. Ils deviennent des serfs (une déformation du mot latin servus, esclave).

A la différence des esclaves traditionnels, les serfs de l’époque carolingienne ne peuvent être vendus comme des meubles. Ils ont une existence juridique faite de droits et de contraintes.

Les serfs sont attachés à leur lopin de terre, de père en fils, et n’ont pas le droit de le quitter ni de le vendre. De là le nom de «manants» qui leur est souvent donné (du latin manere, rester).

En échange de la terre, les serfs doivent verser à leur seigneur une redevance annuelle, généralement en nature (céréales…). Ils doivent aussi travailler une partie de l’année sur les terres qui appartiennent en propre à leur seigneur, la «réserve». Si leur fille se marie à l’extérieur de la seigneurie, les serfs doivent verser une taxe spéciale, dite de «formariage» pour compenser la perte de revenu qui s’ensuit pour le seigneur. Enfin, à leur décès, ils doivent aussi payer une taxe dite de «mainmorte» pour pouvoir léguer leurs biens meubles (outils…) à leurs héritiers légitimes.

Au fil des générations, les seigneurs en manque d’argent relâchent leur emprise sur les serfs. Ils leur cèdent la pleine propriété de leur terre, sans servitude d’aucune sorte, contre espèces sonnantes et trébuchantes, si bien qu’au XIIIe siècle, à l’époque du roi Saint Louis, le servage a déjà à peu près complètement disparu d’Europe occidentale.

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21 mai 1529

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Barberousse et les Turcs s’emparent d’Alger

Le 21 mai 1529, les janissaires turcs de Barberousse s’emparent de la puissante forteresse espagnole qui se dresse face à Alger, le Peñon. Le pirate fait exécuter le gouverneur de la forteresse. Il devient le maître tout-puissant de la ville d’Alger et de ses environs immédiats. Lui-même et ses successeurs vont dès lors écumer la Méditerranée jusqu’à la veille du débarquement français en Algérie.

Une famille de pirates

Les Barberousse sont au début quatre frères, nés d’un Albanais converti à l’islam. Leur nom vient de la barbe rousse que porte l’aîné, Aroudj (ou Arudj).

Corsaires dès leur plus jeune âge, ils reçoivent du sultan Sélim 1er, qui règne à Istamboul, la mission de combattre et soumettre les Maures d’Afrique du Nord. À la tête de 2000 janissaires (mercenaires turcs), ils s’acquittent de leur mission avec une brutalité remarquée en s’emparant d’abord de Tunis.

Dans le même temps, les Espagnols, qui ont abattu le dernier royaume musulman de la péninsule hispanique, commencent à manifester des envies de conquête sur le littoral nord-africain.

En 1512, le roi berbère de Bougie appelle à l’aide les frères Barberousse. Il veut récupérer la ville dont l’ont chassé les Espagnols. Quatre ans plus tard, c’est au tour du roi d’Alger d’appeler à l’aide les frères Barberousse. Il s’inquiète à juste titre de la menace que représente la forteresse espagnole du Peñon.

Peu au fait des lois de l’hospitalité, Aroudj exécute le roi d’Alger dans son bain et pourchasse ses fidèles. Ses janissaires tuent et violent à qui mieux mieux. Les corps des notables sont pendus aux remparts. Aroudj poursuit ses adversaires jusqu’à Tlemcen. Mais le roi berbère de cette ville est allié au gouverneur espagnol d’Oran qui surgit avec ses troupes, chasse Aroudj de Tlemcen et finit par le tuer.

La revanche du dernier Barberousse

Des quatre frères Barberousse ne survit plus que Kheir ed-Din. Celui-ci prend aussitôt la relève de son aîné. Il inflige une sévère défaite aux troupes de l’empereur Charles Quint sous les murs d’Alger et peut dès lors attaquer le Peñond’Alger.

Après l’éviction des Espagnols, Kheir ed-Din va librement écumer la Méditerranée avec ses galères, pillant les côtes et les navires de rencontre. L’objectif est la prise d’un maximum de butin. Il s’agit essentiellement de prisonniers, hommes, femmes et enfants, que l’on libère contre rançon s’ils sont riches ou que l’on vend comme esclaves sur les marchés d’Orient.

C’est par dizaines de milliers que se comptent les malheureux paysans, voyageurs ou marins enlevés à leur famille, condamnés à la mort lente et aux travaux forcés, au harem s’il s’agit de femmes.

Suivant les consignes du sultan auquel il a fait acte d’allégeance pour la ville d’Alger en 1520, Kheir ed-Din s’applique à ruiner les côtes italiennes en vue d’affaiblir la chrétienté en son coeur.

Au corsaire musulman s’oppose un autre corsaire, chrétien celui-là, mais non moins talentueux. Il s’agit d’Andrea Doria, issu d’une noble lignée de Gênes. Andrea Doria se met au service du roi de France François 1er puis de l’empereur Charles Quint, son rival.

En 1534, le bey arabe de Tunis, chassé de sa ville par Barberousse, appelle à son secours l’empereur lui-même. Charles Quint débarque en force près de Tunis avec Andrea Doria et libère la ville où il entre lui-même en triomphe le 6 août 1535. 20.000 esclaves chrétiens sont libérés et Tunis devient vassale de l’empereur germanique. Le bey ne peut faire moins que d’abolir l’esclavage.

Charles Quint a moins de chance en 1541 avec Alger. Après l’échec d’une tentative de débarquement, la ville reste aux mains des Barbaresques.

L’empereur doit aussi compter avec le roi de France. François 1er s’accroche à son rêve de conquérir l’Italie et veut pour cela abattre Charles Quint. Il négocie une alliance avec le sultan Soliman II le Magnifique puis fait appel aux services de Kheir ed-Din, livrant Toulon à celui-ci en 1543.

Tout cela pour rien. Kheir ed-Din, le dernier Barberousse, se désengage au prix fort et poursuit la guerre de course jusqu’à sa mort, à 70 ans, qui survient en 1546 dans son palais d’Istamboul.

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Saint Vincent de Paul (1581 – 1660)

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«Monsieur Vincent», un saint à la Cour

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Saint Vincent de PaulVincent de Paul meurt en odeur de sainteté à Paris le 27 septembre 1660, à 80 ans, au terme d’une vie prodigieuse toute orientée vers la charité et l’Évangile.

Ce prêtre charismatique est né en 1581 dans une famille pauvre du village de Pouy (ou Paul), près de Dax, dans les Landes. Le village s’appelle aujourd’hui Saint-Vincent-de-Paul et l’on y peut visiter l’humble chaumière familiale.

Après de bonnes études de théologie à Toulouse, il est ordonné prêtre en 1600. Ses débuts sont obscurs. Lors d’un voyage en Méditerranée, il est capturé par les pirates barbaresques et emmené en captivité à Tunis. Il est vendu comme esclave à un alchimiste qui le traite plutôt bien avant qu’il ne s’échappe en 1607 et gagne Rome.

Une vie au service des humbles

Avec une recommandation du Saint-Siège, il entre à la cour du roi Henri IV et devient l’aumônier de la reine Margot, autrement dit son «distributeur d’aumônes» (le mot aumônier n’a plus aujourd’hui la même signification).

Il suit avec ferveur les prêches du cardinal Pierre de Bérulle et devient l’ami de François de Sales. L’épouse du prince Philippe Emmanuel de Gondi, général des galères, qui appartient à l’une des plus riches familles de France, lui demande plus tard d’éduquer ses enfants.

En 1617, au chevet d’un mourant, le destin du prêtre bascule. Vincent découvre les vertus de la confession qu’il va dès lors s’appliquer à populariser. Il prend surtout conscience de la grande misère du peuple et du recul de la foi chrétienne dans les campagnes autant qu’à la cour, sous l’effet de la pensée rationaliste et «libertine». C’est l’époque où le philosophe René Descartes place la raison au-dessus de tout et, à son corps défendant, conduit les esprits cultivés à remettre en cause les fondements de la foi.

Vincent se fait nommer curé de Châtillon-les-Dombes, une pauvre paroisse en voie de déchristianisation située au nord-est de Lyon. Pour soulager l’immense misère paysanne, il fonde sa première confrérie de la Charité avec le concours des riches dames de la contrée.

Œuvres de charité

Deux ans plus tard, Vincent poursuit son apostolat sur les terres du comte de Gondi. Il est en même temps nommé aumônier général des galères. Tout cela sans renoncer à ses fonctions à la cour, qui lui permettent de recueillir des fonds pour ses œuvres mais lui valent aussi de se faire de nombreux ennemis.

Grâce à un don de Madame de Gondi, «Monsieur Vincent» (c’est ainsi que chacun le désigne eu égard à son infinie douceur et à sa bonhomie) crée la Société des Prêtres de la Mission en vue de la réévangélisation des campagnes. Ses membres sont connus sous le nom de lazaristes du fait que leur siège est un prieuré de Saint-Lazare.

L’infatigable prêtre fonde plusieurs confréries charitables, notamment, en 1633, les Filles de la Charité ou Soeurs de Saint Vincent-de-Paul, aussi appelées «soeurs grises». C’est la première congrégation féminine à échapper à la clôture et vivre dans le monde. L’institution se met au service des enfants trouvés, des malades et de tous les malheureux. Elle va connaître un essor considérable sous l’impulsion de Louise de Marillac.

Vincent de Paul distribue de la soupe aux enfants des rues, collecte des fonds pour la Lorraine endeuillée par la guerre, réconforte les galériens… Il assiste aussi le roi Louis XIII sur son lit de mort.

Nommé président du Conseil de conscience par la régente Anne d’Autriche, il se tient soigneusement à l’écart des troubles de la Fronde mais gère sans ménagement les affaires ecclésiastiques. C’est ainsi qu’il déplace les évêques déméritants et consacre toute son énergie à améliorer la formation du clergé.

Par son exemple et son charisme, saint Vincent de Paul participe au renouveau de la foi catholique en France au XVIIe siècle aux côtés de François de Sales et de Mère Angélique de Port-Royal.

Le prêtre a été canonisé sans difficulté en 1737. Sa dépouille repose dans la chapelle des lazaristes, au coeur de la capitale française.

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1er juillet 1890

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Zanzibar devient protectorat britannique

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Le 1er juillet 1890, par le traité d’Helgoland (ou Heligoland), les Britanniques cèdent cette île de la mer du Nord aux Allemands. En contrepartie, ceux-ci renoncent à faire obstacle aux visées de Londres sur l’Ouganda et le sultanat de Zanzibar, deux territoires d’Afrique orientale. L’Allemagne se voit reconnaître la possession du Tanganyika, sur les bords de l’Océan Indien.

Un sultan de Zanzibar ayant tenté de rejeter le protectorat britannique, la flotte britannique bombarde son palais le 27 août 1896. Le protectorat va dès lors se maintenir sans entrave jusqu’à l’indépendance.

Un sultanat très convoité

Le sultanat de Zanzibar devient indépendant le 10 décembre 1963 cependant que la colonie allemande du Tanganyika, devenue britannique à l’issue de la Première Guerre mondiale, acquiert quant à elle son indépendance le 9 décembre 1961. Les deux territoires s’unissent le 26 avril 1964 pour former l’actuelle République unie de Tanzanie.

Située à 30 kilomètres du littoral africain, Zanzibar couvre seulement 1200 km2 mais compte environ un million d’habitants (2010). L’île conserve de fait une très grande autonomie. Le Tanganyika s’étend quant à lui sur 945.000 km2 et compte environ 45 millions d’habitants. Le volcan éteint du Kilimandjaro, point culminant de l’Afrique (5892 mètres), et la savane qui l’entoure attirent beaucoup de touristes.

Zanzibar, fenêtre sur l’Océan Indien et la Chine

«La côte des Noirs». Telle est la signification en arabe du nom de Zanzibar. À partir des VIIe et VIIIe siècles de notre ère, les Arabes commencent en effet à étendre leur empire en direction des côtes orientales de l’Afrique. Au Xe siècle, des Persans venus de Chiraz s’installent à Mombassa, sur la côte africaine, et aux Comores. Ils s’emparent également de l’île de Zanzibar et de sa voisine, l’île de Pemba.

Jusqu’au XVe siècle, les Arabes règnent en maîtres tout au long du littoral est-africain. La côte orientale de l’Afrique commerce alors avec la péninsule arabique mais aussi avec la Chine. C’est l’époque où les empereurs Ming lancent de puissantes flottes à travers l’Océan Indien et jusqu’en Afrique.

Du Yémen au Mozambique s’étend un vaste réseau de relations culturelles et commerciales, au cœur duquel se trouve Zanzibar. En témoigne aujourd’hui encore la langue swahilie, parlée notamment au Kenya et en Tanzanie et qui mêle langues locales bantoues et arabe.

La prospérité des ports arabo-swahili s’appuie en partie sur le royaume du «Grand Zimbabwe», à l’intérieur des terres, et ses importantes mines d’or.

En 1503, les Portugais brouillent la donne. Ils s’emparent de Zanzibar et de quelques autres ports swahilis de la côte africaine pour consolider la route maritime qui leur permet de commercer avec les Indes, par le cap de Bonne Espérance. En 1698, les Arabes parviennent à leur reprendre l’île comme ils leur ont repris un peu plus tôt le détroit d’Ormuz, à l’entrée du Golfe Persique.

Zanzibar, plateforme arabe de la traite négrière

Exit les Portugais. Zanzibar tombe dans le giron de Mascate-et-Oman. En 1832, le sultan Seyyid Saïd transfère sa capitale sur l’île. Il développe le port et incite des commerçants indiens et européens à s’y installer. Il introduit également la culture du clou de girofle sur l’île. Comme celle-ci nécessite une main-d’œuvre nombreuse, il s’ensuit l’intensification de la traite d’esclaves.

Zanzibar devient le plus important marché d’esclaves du monde musulman et même du monde tout court, les Occidentaux ayant de leur côté renoncé à la traite.

Les esclaves sont transportés depuis le continent sur des boutres (voiliers arabes) où sont parqués jusqu’à 200 hommes accroupis. Certains arrivent de Madagascar, d’autres de la côte africaine au sud de Zanzibar ou de la région du Malawi actuel. Des métis arabo-africains servent d’intermédiaires aux marchands d’esclaves.

Entre 1830 et 1850, à l’apogée de la traite zanzibarite, 20.000 départs d’esclaves sont enregistrés chaque année, chiffre auquel il faut ajouter plus de 10.000 ventes clandestines. Ormuz et Aden figurent parmi les destinations des esclaves noirs.

En 1856, Zanzibar obtient son indépendance d’Oman, grâce à l’intercession pas tout à fait désintéressée de la Grande-Bretagne.

Pour détourner l’attention des Européens de passage du trafic d’esclaves, le nouveau sultan, Bargache, déplace sa capitale sur le continent, à l’intérieur des terres, à Dar-es-Salam (actuelle capitale de la Tanzanie).

Le trafic d’esclaves et d’ivoire à destination de la péninsule arabe prend une ampleur sans précédent, sous l’impulsion d’un célèbre trafiquant local, Tippou Tip (ou Tippu Tip). Le journaliste et explorateur Henry Morton Stanley, qui s’y connaît en matière de crapulerie, dresse de lui un portrait des plus flatteurs : «C’est l’homme le plus remarquable que j‘aie jamais rencontré parmi les Arabes, les Swahilis et les métis d’Afrique». À sa mort, en 1905, à 65 ans, le négrier aura les honneurs du Times (*).

Vers le protectorat

En 1873, enfin, Londres fait fermer le marché aux esclaves après avoir imposé un embargo à l’île.

Zanzibar sert de base de départ à des explorateurs britanniques tels Livingstone et Speke, qui se lancent dans l’exploration de la région des Grands Lacs et à la recherche des sources du Nil.

Comme avant eux les Perses, les Arabes et les Portugais, les Britanniques réalisent bientôt l’intérêt stratégique de l’île. Ils s’en emparent à la fin du XIXe siècle en vue de réaliser le rêve de Cecil Rhodes d’une domination anglaise du Caire au Cap. Cette domination se concrétise après la Première Guerre mondiale, avec l’annexion du Tanganyika, pendant quelques années seulement…

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sources : le net, hérodote.net, diverses …..

NOS AMIS LES JOURNALOPES, PARDON « LES JOURNALISTES »

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J’AI ENVIE DE VENIR VOUS « PARLER »,  PAR ÉCRIT, JE NE PEUX PLUS

« PARLER POUR PARLER » … QUE C’EST CON COMME EXPRESSION ..PFFFFF

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AUJOURD’HUI UN PETIT SURVOL D’UN MOMENT DE  CANAL BOBO+

QUI ME SEMBLE SIGNIFICATIF DE LA VISION QU’ONT LES

FRANÇAIS DEPUIS LEUR PROVINCE, DU MONDE

MEDIATICO POLITIQUE OU  MICROCOSME BOBOPARIGO !

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( VOUS SAVEZ CEUX QUE NOUS VOYONS PARTOUT SUR LES PLATEAUX TV OU

RADIO, ET QUI NOUS MENTENT ET NOUS PRENNENT POUR DES CONS … )

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Esclandre sur Canal Plus:

(MAIS SI, VOUS CONNAISSEZ

« tvbobosocialo », AVEC BARTHES,

ETC…LA GÉNÉRATION CANAL

QU’Y DISENT)

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Le moins que l’on puisse dire c’est que N. Dupont-Aignan n’a pas manqué de courage….

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Aucun de ces célèbres commentateurs n’a eu l’honnêteté de répondre.
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Cliquer sur le lien pour écouter;
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les journalistes et leurs grands avantages, c’est bien connu …

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et tout ce petit monde  a voté Hollande, bien entendu !

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Vive la moralité … 

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Dupont Aignan provoque un esclandre sur Canal Plus. La vidéo  très courte est à voir.

Les journalistes en prennent plein les dents et n’osent pas répondre à sa question, qui fait mouche.

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VOIR LA VIDÉO ICI :

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  http://www.francetvinfo.fr/economie/medias/dupont-aignan-provoque-un-esclandre-sur-canal_83611.html

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SANS COMMENTAIRE, JUGEZ VOUS MÊME …..

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David PUJADAS …………….. (environ)………240 000 €

Laurence FERRARI ………….(environ)………500 000 €

Michel APATHIE……………… (environ)………500 000 €

Alain DUHAMEL ………………(environ)………240 000 €

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Claire CHAZAL..Hors concours (environ)..900 000 €

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Sans oublier…Marie DRUCKER…..Laurent DELAHOUSE….et les autres…

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Tous ces journalistes se gardent bien de parler de leurs avantages fiscaux.

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Au-delà de 3 mois de présence les journalistes ont droit à la totalité de la rémunération mensuelle pendant 3 mois,

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ils ont demandé à François HOLLANDE de porter la durée à 6 mois.

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Les journalistes en service, victimes d’accidents du travail, de trajet ou atteints de maladie professionnelle contractée à l’occasion de leur travail, conservent pour tous les arrêts reconnus par la sécurité sociale comme directement liés à l’accident du travail ou à la maladie professionnelle, l’intégralité de leur rémunération dans la limite de 2 ans

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Ils ont demandé de pousser à 4 ans.( SI, SI !! )

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En cas d’incapacité permanente –partielle telle qu’elle est reconnue par la sécurité sociale, le journaliste a droit à une PRIORITÉ DE RECLASSEMENT

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dans une fonction compatible avec son état physique, avec maintien de tous ses droits – y compris la déduction fiscale -, notamment en matière de salaire.

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A compter de la date de leur engagement, les journalistes atteints d’une affection de longue durée reconnue par la sécurité sociale entraînant momentanément

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une incapacité totale d’exercer leur fonction, conservent pendant les trois premières années l’intégralité de leur salaire et les avantages fiscaux.

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Ils ont demandé à François HOLLANDE … de porter à 5 ans.

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Au cours de la dernière campagne présidentielle: les journalistes

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ont évidemment fait l’apologie de F.-Hollande.

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( vous vous rappelez, … »ZIZIRIDER »…. )

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En France tous les salariés sont exonérés d’impôt  sur 10 % de leurs revenus.

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En France tous les journalistes ont droit depuis 1934 à une exonération supplémentaire de 30 % (avec un plafond) qui s’additionne aux 10%.

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En 1996, un premier ministre a osé tirer un trait sur certaines niches !

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Une profession va particulièrement se plaindre«LES JOURNALISTES» .

Alain LAMBERT ex-rapporteur du budget au Sénat se souvient : « De la hargne de journalistes et de la trouille des politiques ».

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Le premier ministre de l’époque avait tenu bon, mais il avait accepté une première concession à la profession : la création d’un fonds budgétaire pour

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compenser la hausse d’impôt que subiront les journalistes.

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Parallèlement, les négociations étaient engagées avec les syndicats. Elles aboutiront sous JOSPIN :  Il fut décidé de rétablir l’avantage fiscal, sous forme

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un peu plus juste : au lieu de 30 % les journalistes pourront dorénavant retirer soit7 650 € (ou équivalent 50 000 francs de l’époque) de leurs revenus

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(mesure unique pour les journalistes–et les autres Français —RIEN—).

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Avant les primaires socialistes, les syndicats de journalistes ont demandé à François HOLLANDE de rétablir les 30% d’abattement :

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42.500 journalistes bénéficieront de cet avantage.

 

Quand on pense que le gouvernement a défiscalisé les heures supplémentaires pour les ouvriers et employés !…

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Savez-vous que des proches des journalistes, (qui ne sont pas journalistes) se déclarent journalistes sans carte de presse.

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Et maintenant des journalistes de l’audiovisuel ont demandé un abattement supplémentaire de 10 % pour des frais esthétiques !

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Mesdames, Messieurs les journalistes :

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Parlez aussi de vos privilèges au journal de 20 heures !

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Et il y a tant et tant d’exemples de la collusion évidente entre les élus ou non du

parti socialiste, et les journalopes, que ce passage ne fait qu’accentuer le sentiment des

français vis à vis des politiciens et de la presse !!!

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OOOOH, LES BLAIREAUX  !!! VOUS N’AVEZ PLUS A FAIRE A NOS ANCÊTRES

NON INFORMES, QUE VOUS MANIPULIEZ A LOISIRS … NOUS SOMMES

A L’AIRE D’INTERNET !!! ( FAUDRA VOUS Y FAIRE )

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nous ne croyons plus ces personnages qui manipulent l’information, qui ne donnent la

parole qu’aux « élus du système mafieux », oui mafieux, il n’y a pas d’autre mot pour

cette connivence manipulatrice qui détruit notre si beau pays !!!

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je vois tous ces pignoufs de la presse écrite et parlée qui nous cachent l’existence de

maitresse n°4, et posent la question de la vie privée du président ? ( je ne mettrai

pas de majuscule à ce président là !!! jamais ! )

mais cette maitresse n°4 nous coûte de l’argent à NOUS, (surveillance, etc…) …

contribuables sans avantages fiscaux,

  tout comme la n°3, qui n’a aucune existence légale et à qui nous donnons

vingt mille euros par mois !!!

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ou en est la procédure à ce sujet ??? vous savez ???

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ALORS, OUI, CELA NOUS REGARDE !!!!

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et ce pauvre homme de « Hollande Démission » qui est persécuté pour donner son opinion,

LUI PIQUER SA VOITURE ILLÉGALEMENT, DÉTRUIRE SES AFFAIRES ILLÉGALEMENT,

PRENDRE UN DIRIGEABLE POUR UNE QUENELLE, ET LE COLLER AU GNOUF…

RIEN QUE CELA, ET EN TOUTE ILLÉGALITÉ  AU PAYS DE ROUSSEAU, DE VOLTAIRE,

DE TOCQUEVILLE, ET TANT D’AUTRES QUI SE RETOURNENT DANS LEURS TOMBES!!!

je trouve que ce président ukrainien y va fort !!

hein ?

c’est en FRANCE !!!

LE PAYS DES DROITS DE L’HOMME ????

AU 21° SIÈCLE ??

et par des descendants de JAURES ??????

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alors moi, de Droite, Catholique, je suis plus tolérant que ces ministres dont

le Premier d’entre eux qui touche 180 00 euros de retraites (en aparté ) ????

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mais dans quel pays vivons nous ?

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AH OUI, ce pays où des journalistes ont tapé sur Nicolas SARKOZY, notre

seul vrai Président depuis le Général, qu’ils ont par leur veulerie d’étrons moyens,

voulu absolument rendre coupable de tous les maux de la terre !!!!

5  ANS D’ANTISARKOZYSME POLITIQUE MÉDIATIQUE SYNDICALISTE

ET TOUT CELA A CAUSE D’UNE PSEUDO PRESSE A LA SOLDE DE SOLFERINO !!!!

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A ce propos, Mmes, Mrs  les journalopes, Mr SARKOZY, SORTI BLANCHI de vos

mises en cause électorales sur tous les fronts !!!!

vous ne devez pas savoir, personne n’en a parlé alors le handicapé 

de service vous l’apprend …. à moins que …??

vous ne vouliez pas en parler !!! je comprends mieux ce silence ..

toutes mes excuses les blaireaux au crayon …

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HEUREUSEMENT QU’IL Y A INTERNET POUR S’INFORMER !!!!

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LES « JOURNALEUXBOBOSOCIALOS » N’ONT PAS LES MÊMES VALEURS QUE NOUS

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J’AI PLUS QUE MAL A MA FRANCE …. J’AI DES ENVIES DE …(CENSURÉ) … !!!

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JE NE PEUX PLUS TELLEMENT SUIVRE TWITTER DU FAIT DE MES

MALADIES QUI ME FONT HORRIBLEMENT SOUFFRIR, MAIS JE VIENDRAI

RÉGULIÈREMENT VOUS DIRE CE QUE JE PENSE DE CES BLAIREAUX ..

OUI, OUI, DES « BLAIREAUX » !!! JE MAINTIENS…. C’EST MIGNON CES BESTIOLES ..

ET QUOI ???

ILS VONT ME METTRE DANS UNE CELLULE DE GARDE A VUE AVEC MON LIT ???

ELLES NE SONT PAS ACCESSIBLES, CONFORMÉMENT AUX TEXTES EN VIGUEUR…

QU’ILS LE FASSENT ET JE GAGNERAI DE L’ARGENT ….

…. A LA PROCHAINE ÉDITION …. ( quand je peux)

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EXCUSEZ MOI; VITE, JE DOIS ARRÊTER,

JE VAIS VOMIR ….

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SOURCES … –LES FAITS EUX MÊMES, –LE SILENCE COUPABLE DES JOURNALOPES,

–CE QUE TOUS LES CITOYENS (SAUF LES BOBO-SOCIALOS ET JOURNALOPES)  VOIENT

CHAQUE JOUR, CAR ILS NOUS DISSIMULENT VOLONTAIREMENT LA VÉRITÉ !!!!

–DES AMIS POLICIERS, GENDARMES ET DOUANIERS AVEC QUI J’AI GARDE CONTACT….

INTERNET SOURCE PLUS FIABLE QUE LA PRESSE POUR D’INFORMER…HÉ OUI !!

patrick

Qu’est ce que la syringomyélie … ?

La syringomyélie … c’est QUOI  ?

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Avant de vous parler de cette maladie, je  vous donne la  liste de «  »mes » » maladies dans l’ordre de gravité …..sachant que chacune des 3 dernières  maladies me rapproche de « la fin »…!!!

– neurodystrophie  chronique, ( mon cerveau n’envoie plus le signal de guérison au corps …)
– arthrose généralisée à toutes les articulations et gagnant du terrain rapidement,
– staphylocoque doré osseux, (attrapé après ma troisième opération !!)
– disques et hernies sur 6 étages lombaires et sacrées, (inopérables)
– coxarthrose, (inopérables)
– maladie de Kienböck, ( maladie du semi lunaire, os du poignet qui se nécrose .. 3 opérations et retrait également du scaphoïde aux 2 poignets, qui sont maintenus par une plaque et des vis  … j’ai encore 2 os et 2 tendons arrachés  et ne peux plus être opéré … )

et les plus belles, rares, et graves  pour la fin !!

– sclérose en plaque, ( plus connue et une vraie calamité !! )

– rétention liquide céphalique due au syndrome du « bébé secoué » proche de la maladie d’Arnold-Chiari (Hé oui j’ai la chance de venir de la DDASS et je sais maintenant pourquoi …. maltraitances !!! ) qui est très douloureuse avec des blocages et douleurs immondes au niveau du cou de la tête et des douleurs ou paralysies dans la partie supérieure du corps !!!je n’ose même pas vous parler du ressenti psychologique lors de la découverte de ces faits !!!! …. pffffffffff

– syringomyélie … TELLEMENT RARE QUE JE VOUS EN FAIS UNE DESCRIPTION COMPLÈTE CI-DESSOUS…….. 

je cumule, mais ne suis pas payé plus,  bien au contraire des politiciens …!!! 

et …….  je ne souhaite à personne de subir ne serait ce que le quart des souffrances de ces

maladies…… !!!

JE NE PEUX QUASIMENT PLUS ÉCRIRE .. NI MARCHER .. NI PARLER …..ETC…TOTALEMENT DÉPENDANT ET ALITE 24H/24 H !!!

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EXTRAIT DE LA PAGE  CI-DESSOUS

http://www.apaiser.asso.fr/articles.php?lng=fr&pg=64

EXTRAITE DU SITE DE L’ASSOCIATION APAISER.FR

http://www.apaiser.asso.fr/index.php?lng=fr

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Au départ…

Une malformation congénitale…

Un traumatisme crânien et/ou vertébral…

Un virus…

Et un jour, vous vous retrouvez avec d’infernales fatigues, d’atroces douleurs,

des paralysies irréversibles.

Et cela sans possibilité de revenir à la case « Départ »

Au départ, plusieurs sentiments les fondateurs :

faire connaître cette terrible « maladie orpheline », la « dire » à nos conjoints,

médecins, amis… Afin qu’ils puissent entrer dans la compréhension de nos

souffrances et de nos douleurs

La plupart d’entre nous ont longtemps « ramé » à propos de leur maladie,

avant qu’elle ne soit définie.

Un grand allié, invention récente, je veux parler de l’Imagerie par Résonance

Magnétique Nucléaire…, appelée familièrement l’IRM, a permis de mettre en

évidence, respectivement, des déplacements, imperforations et cavités

dans le cervelet, la jonction médullaire et la moelle épinière.

Syringomyelia.jpg

Donc l’IRM a mis en évidence la syringomyélie.

Notre site à pour prétention de secouer le monde !

Principalement le monde médical, afin de faire connaître la syringo, que

nos douleurs soient sé-rieu-se-ment prisent en compte, que cesse la

mascarade des soignants.


Messieurs et Mesdames, il n’y a pas que les « cancéreux en phase Terminale » qui souffrent.!!!

Les antalgiques ont le don d’apaiser les douleurs… Mais… Mais nous sommes loin

du compte… Alors, on nous fait tester les neuro-stimulateurs, l’implantation de pompes

à morphine, des tri-thérapies et autres joyeusetés.( POUR MA PART JE PRENDS 2,40G DE

MORPHINE PAR JOUR PLUS NOMBRE XXX D’ANTI DOULEURS DIVERS ET AUTRES ANTI

DÉPRESSEURS, NEUROLEPTIQUES …. ETC….

CE TRAITEMENT ME STABILISE, MAIS NE PEUT EMPÊCHER LES MALAISES ET AUTRES

DÉSAGRÉMENTS LIÉS  A CETTE MALADIE, DONT J’AI RESSENTI QUASIMENT TOUS LES

MÉFAITS !!!

Un détail, en passant, je ne vous parlerai pas des effets pervers de toute la panoplie médicale.

Il y a également ceux que l’on dit « inopérables«  (J’EN SUIS). Il ne faut pas oublier

la complexité et la dangerosité à toucher cette partie noble de l’être humain.

Alors ? Quel est notre avenir… ?????

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AUCUNE RÉPONSE CAR LES LABOS NE VEULENT PAS

CHERCHER POUR SI PEU DE PERSONNES !!!!!

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La Carte des Syringos par département

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Carte des syringos par département en Mars 2013

SYMPTÔMES ET EFFETS

(ce que je ressens !!!)

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*  Mal au dos (brûlures) après moindre petit effort
* Transpiration importante dans le dos principalement
* Douleurs aiguës et momentanées sur tout le tronc   

                                            * montée extrême de fièvre inexpliquée (à surveiller de près)

* Mouvements incontrôlés des épaules
* Maux de tête
* Bourdonnement momentané de l’oreille  droite
* Problèmes de déglutition
* Perte d’équilibre
* Sensation «de brouillé»
* Grande fatigabilité et manque de force général
* Problème de vision à gauche (nystagmus)
* Sursauts violents aux moindres bruits
* Mouvements limités du bras gauche
* Sensibilité profonde diminuée
* Douleurs aiguës et  momentanées sur l’avant bras
* Fourmis dans la main accentuées lors de mouvement : brûlures
* Raideurs et crampes dans la main et le bras
* Extrémités froides
* Sensibilité désagréable dans la main & le bras
* Annulaire et auriculaire toujours repliés
* Sensibilité profonde diminuée
* Fourmis dans la main accentuées lors de mouvements : brûlures
* Raideurs & crampes dans la main et le bras
* Extrémités froides
* Sensibilité profonde diminuée à gauche
* Impatiences au repos
* Jambes droite et gauche engourdies
* Extrémités froides gauches et droites
* Douleurs aiguës et momentanées au bas ventre 
* paralysies

etc ..

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http://www.apaiser.asso.fr/articles.php?lng=fr&pg=144

S’IL VOUS PLAÎT ALLEZ VISITER CE SITE TRÈS COMPLET…

LA RÉFÉRENCE !!!!!

POUR CETTE MALADIE … ……………..MERCI !!!!

 APAISER (Association Pour Aider et Informer les Syringomyéliques Européens Réunis)

http://www.apaiser.asso.fr ou tel 02 99 94 38 35 ou 04 73 96 56 57

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AUTRES SITES INTERNET PRIS AU HASARD ET EN VOUS DISANT CE QUE J’EN PENSE …..

ET CE,  EN TOUTE FRANCHISE COMME D’HABITUDE ….

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WIKIPEDIA.

simple  et ne s’avancent pas dans des théories fumeuses …. l’essentiel mais un peu de références seraient bienvenues … mais pour celui qui n’est ps concerné ça suffit !!!

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LA SYRINGOMYÉLIE SELON WIKIPEDIA

Image d'un examen IRM
La syringomyélie est liée à la pénétration de liquide céphalo-rachidien dans la moelle épinière.

 Syringomyélie

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  La syringomyélie est une maladie de la moelle épinière liée au développement d’une cavité en son centre qui tend à comprimer et à détruire progressivement la substance grise puis la substance blanche.

Physiopathologie
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Les causes de l’apparition de la cavité intra-médullaire sont inconnues. Son évolution spontanée se fait vers un agrandissement avec altérations anatomiques de plus en plus importantes. Dans plus de 90 % des cas, la syringomyélie est associée à une malformation d’Arnold-Chiari : le bulbe et les tonsilles cérébelleuses  (deux structures du tronc cérébral normalement contenues dans la boîte crânienne) se trouvent en aval du foramen magnum (ce qui peut entrainer leur compression). Les signes et symptômes de la maladie sont donc causés par une compression et une destruction des structures de la moelle à partir d’une cavité qui grandit à ses dépens.

Histoire
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En 1882 Otto Kahler et Friedrich Schultze publient le tableau clinique de la maladie. En 1890 Jules Dejerine et Georges Guinon montrent l’unicité de la maladie avec le panaris analgésique de Morvan découvert en 1883.

Diagnostic
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L’apparition des signes est progressive, insidieuse, sur plusieurs années.

    -Syndrome lésionnel : il est responsable de douleurs et paresthésies (picotements, fourmillements) des membres supérieurs avec troubles moteurs (baisse de la force motrice), abolition des réflexes ostéo-tendineux, crampes, amyotrophie importante (fonte des masses musculaires). L’examen retrouve aussi une altération de la sensibilité dans le même territoire : anesthésie thermo-algésique (le patient ne ressent plus le chaud et froid, ni la douleur), sensation subjective de brulures. Les troubles trophiques sont fréquents (escarres, mal perforant).
    -Syndrome sous lésionnel (dans les stades avancés) : avec syndrome pyramidal et syndrome cordonal postérieur. Le syndrome pyramidal entraine des troubles de la marche, une hyperréflexie des membres inférieurs, un signe de Babinski. Le syndrome cordonal postérieur entraine une altération de la sensibilité profonde, aussi dite proprioceptive (celle qui permet de savoir, même les yeux fermés, dans quelle position se trouvent les membres).
    -En cas de malformation d’Arnold-Chiari, on peut retrouver (par compression du bulbe et des amygdales cérébelleuses) un nystagmus, des douleurs de la face (par atteinte du Ve nerf crânien ou de son noyau), une atrophie de la langue (atteinte du noyau du XII), une paralysie vélo-palato-pharyngo-laryngée (par atteinte des noyaux du X et du XI).

Évolution
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Elle est variable, mais le plus souvent très progressive, sur plusieurs années. Dans de rares cas, la maladie devient très invalidante en quelques mois en raison d’une croissance rapide de la cavité syringomyélique

Traitement
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Le seul traitement connu et efficace est celui de la malformation d’Arnold-Chiari, lorsqu’elle est associée à la syringomyélie : traitement chirurgical avec laminectomie étendue et plastie du trou occipital. Cette opération permet de faire régresser le syndrome sous-lésionnel, mais ne peut malheureusement pas améliorer le syndrome lésionnel (la cavité est toujours présente).

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SUR LE SITE DE «  » DOCTISSIMO «  »

simpliste au possible …..un exemple

Les causes sont nombreuses :

Syringomyélies primitives (sans cause connue) ;
    Syringomyélies associées à une malformation d’Arnold-Chiari.

ils donnent deux causes et une non connue ….alors on laisse tomber dès les premiers mots !!

http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa-1017-syringomyelie.htm

Syringomyélie
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Qu’est-ce que c’est ?

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La maladie est définie par l’existence d’une cavité à l’intérieur de la moelle épinière. Cette cavité peut être plus ou moins longue et contient du liquide céphalo-rachidien sous tension. La moelle cervicale est la plus touchée. La cavité peut néanmoins s’étendre dans le tronc cérébral au niveau du bulbe.

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Causes et facteurs de risque
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Les causes sont nombreuses :

    Syringomyélies primitives (sans cause connue) ;
    Syringomyélies associées à une malformation d’Arnold-Chiari.

Le syndrome d’Arnold-Chiari est une malformation du cervelet dont une partie est en position cervicale car engagée au travers du trou occipital lui-même malformé. Parfois silencieuse, cette anomalie peut expliquer une hypertension intra-crânienne ou certains troubles neurologiques.

    Syringomyélies secondaires à une paraplégie traumatique ou une méningite ;
    Syringomyélies révélant une malformation vasculaire ou une tumeur de la moelle.

Les signes de la maladie
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La maladie se développe vers 25 à 35 ans et évolue lentement.

Le début de l’affection passe souvent inaperçu.

Le tableau clinique complet comprend :

    Des troubles moteurs et sensitifs lésionnels au niveau correspondant à l’innervation des racines partant de la moelle en général cervicale ;
    Des troubles trophiques ;
    Un syndrome sous-lésionnel.

Les troubles moteurs comprennent une atteinte asymétrique des mains avec déficit moteur et amyotrophie (fonte musculaire) des petits muscles réalisant un aspect de main très particulier. Les réflexes ostéotendineux sont abolis aux membres supérieurs.

Les troubles sensitifs sont des dysesthésies, des douleurs qui sont fréquentes dans les formes algiques de la maladie.

Un symptôme très particulier est souvent noté : il s’agit d’une hypoesthésie puis d’une anesthésie thermo-analgésique suspendue : en d’autres termes, le trouble sensitif ne concerne que la sensibilité au chaud, au froid et à la douleur (piqûre). Par contre, le tact, la sensibilité profonde sont conservés, ce qui est expliqué par l’anatomie (les voies sensitives véhiculant les sensibilités thermiques et douloureuses croisent la ligne médiane à chaque étage alors que les fibres qui véhiculent le tact fin montent dans la moelle du côté de leur entrée et ne croisent la ligne médiane que dans le bulbe).

Le trouble sensitif lésionnel est suspendu, limité entre deux niveaux radiculaires.

Les brûlures anesthésiques sont typiques : le patient peut en effet se brûler en touchant les objets chauds sans ressentir de douleur. La sensation de toucher (tact) est conservée mais pas la sensation de douleur.

Les troubles trophiques sont nombreux, parfois révélateurs: arthropathies nerveuses touchant l’épaule, cyphoscoliose, aspect dit succulent des mains, panaris, maux perforants…

Le syndrome sous-lésionnel s’observe en dessous de la lésion médullaire : il se traduit par une discrète spasticité (raideur musculaire, hypertonie), une exagération des réflexes (ROT), une diminution progressive de la force des membres inférieurs (paraparésie spasmodique). Un signe de Babinski est possible.

Examens et analyses complémentaires
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Les radiographies du rachis cervical montrent parfois des images évocatrices. Une malformation de la charnière entre la colonne cervicale et la base du crâne est toujours recherchée.

La ponction lombaire est normale.

La tomodensitométrie et surtout l’imagerie par résonance magnétique permettent le diagnostic.

Evolution de la maladie
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L’évolution est imprévisible. Une syringomyélie peut présenter des périodes de stabilité prolongée mais aussi des périodes d’évolutivité avec risques d’aggravation rapide (troubles de la déglutition).

L’invalidité reste très longtemps modérée.

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Traitement
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Le traitement neurochirurgical s’impose dans les formes douloureuses, les formes évolutives et les formes associées à une malformation d’Arnold-Chiari.

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VULGARIS  medical.com

je ne sais pas pourquoi «  » vulgaris «  »??? car il faut avoir un BAC plus au moins une dizaine en plus pour comprendre !! tu m’étonnes qu’il y en a qui sont plus savants que leur médecin!!! pffff

http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/syringomyelie

Syringomyélie

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Définition
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La syringomyélie est une maladie relativement rare, se caractérisant par la présence dans la moelle épinière (plus particulièrement dans le segment cervical, correspondant à peu près au cou) d’une cavité se formant progressivement dans la substance grise, et contenant un liquide pathologique (jaunâtre). Ceci aboutit à la destruction progressive des fibres nerveuses spécialisées dans la sensibilité de la peau au chaud, au froid et à la douleur.

Généralités
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La syringomyélie est une maladie qui se caractérise par la présence, à l’intérieur de la moelle épinière, d’une cavité qui, généralement non présente à la naissance. La partie de la moelle épinière la plus souvent concernée est la moelle cervicale (correspondant au cou). Cette cavité a également pour caractéristique de descendre plus ou moins bas à l’intérieur de la moelle épinière de la colonne vertébrale dorsale.

Les lésions consécutives à la syringomyélie sont avant tout la destruction des fibres nerveuses qui transportent les sensations sensitives (pour les cornes postérieures de la moelle épinière avec perturbations de la sensibilité) et motrices  (pour les cornes antérieurs de la moelle épinière avec perturbations de la motricité).

Quand ce sont les cornes postérieures de la moelle épinière qui sont concernés le patient souffre d’anesthésie (disparition plus ou moins complète de la sensibilité superficielle ou profonde) plus ou moins importante à la température et à la douleur dans le territoire qui correspond aux fibres nerveuses concernées. Il peut s’agir du cou, des membres supérieurs ou de la partie supérieure du thorax.

Quand il s’agit des cornes antérieures de la moelle épinière, le patient va souffrir de perturbations de sa motricité avec apparition, selon les cas, d’une faiblesse, d’une atrophie musculaire (diminution du volume des muscles) ou d’une abolition des réflexes (tendineux).

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Classification
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La syringobulbie est une affection analogue à la syringomyélie. La syringomyélie est susceptible d’évoluer vers la syringobulbie correspondant à des complications au cours de laquelle la cavité malformative se localise au niveau du bulbe au lieu de la moelle épinière (comme dans la syringomyélie). Au cours de cette affection qui ne comporte pas de lésions des organes eux-mêmes (pharynx, larynx, muscles du visage, oreille interne, oeil etc.) se sont les nerfs crâniens qui sont concernés, entraînant des troubles concernant les fonctions de ces nerfs à savoir :

    Perturbation de la déglutition (le fait d’avaler).
    Paralysie facial.
    Perturbation de la phonation (le fait d’émettre des sons).
    Anesthésie dans le territoire du nerf trijumeau (un des nerfs du visage).
    Syndrome labyrinthique (intéressant l’oreille interne) et s’accompagnant de nystagmus. Le nystagmus sont des mouvements involontaires d’oscillation de faible amplitude et de rotation du globe oculaire.

L’évolution de cette affection est péjorative. En effet, il peut apparaître des perturbations de fonctionnement des centres nerveux situés dans le bulbe rachidien et permettant normalement (physiologiquement) la régulation de la respiration ce qui aboutit parfois à des syncopes et au décès du patient.

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Physiopathologie
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Les modifications ressenties par les patients c’est-à-dire les symptômes, sont le résultat d’une destruction du neurone périphérique en l’occurrence le neurone qui permet de transmettre les sensations provenant de la périphérie vers la moelle épinière, au niveau de la lésion. Les symptômes lésionnels intéressent les membres supérieurs et leurs racines.

 
Causes
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On distingue 2 mécanismes dans la syringomyélie :

    La syringomyélie dite hydrodynamique, due à un problème de circulation du liquide céphalorachidien entre les ventricules cérébraux (cavités situées au centre du cerveau) et le canal de l’épendyme (chenal situé à l’intérieur de la moelle épinière). Ce type de syringomyélie est dû à  :
        Une malformation congénitale du système nerveux central (malformation d’Arnold Chiarri).
        Une méningite.
        Une tumeur.
        Un traumatisme.

    La syringomyélie dite non hydrodynamique, lors de laquelle une lésion traumatique entraîne la formation de la cavité.

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Symptômes
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Ils dépendent de la localisation de l’atteinte des fibres nerveuses.

    Incapacité du patient à ressentir la sensation de chaud ou de brûlure sur les mains.
    Sensation de douleurs des mains.
    Troubles de la marche.
    Troubles de l’élocution avec paralysie de la langue.
    Troubles de la déglutition (difficulté à avaler).
    Paresthésies (sensations de picotements, de fourmillements) au niveau du visage.
    Atrophie musculaire pouvant commencer par les muscles de la main et entraîner ce que l’on appelle la main de singe ou la main de prédicateur.
    Atrophie (« rétrécissement ») de la peau accompagnée de plaies (panaris de Morvan).
    Troubles des réflexes.

Les symptômes que l’on appelle sous lésionnels concernent les membres inférieurs. Ce sont des paraplégies  (paralysies plus ou moins intenses) spasmodiques (s’accompagnant de contraction à type de spasmes) avec réflexes accentués et signe Babinski. Ces symptômes sont la traduction d’une atteinte du neurone moteur de la voie pyramidale. La voie pyramidale est une voie nerveuse principale appartenant au système nerveux central (encéphale et moelle épinière). Elle est constituée d’un groupement de fibres nerveuses possédant un trajet commun, et destinées à transporter les messages moteurs volontaires (influx nerveux permettant d’obtenir un mouvement, contrairement aux messages destinés à la perception des sensations). Elle relie les cellules nerveuses de forme pyramidale contenues dans l’écorce cérébrale (substance grise du cerveau) à d’autres cellules nerveuses contenues dans la moelle épinière.

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Consultation médecin
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Le patient atteint de syringomyelie présente, au début, une anesthésie thermoanalgésie c’est-à-dire qu’il ne ressent pas les différences de température et la douleur. Néanmoins il concerve la sensibilité tactile c’est-à-dire qu’il à la sensation de ce qu’il touche. La sensibilité profonde est également concervée. Il s’agit d’une dissociation qui est le résultat d’une lésion très spécifique de la moelle épinière que l’on appelle lésion paramédiane.

L’examen neurologique du patient met en évidence également une aréflexie tendineuse (abolition des réflexes).

Certains patients présentent des fibrillations, des fasciculation (petits mouvements musculaires à peine perceptibles par l’examinateur mais bien décrits par les patients eux-mêmes). Il s’agit d’une sorte de trémulations, de petit sautillements correspondant à de légères contractions désordonnées des muscles. Ils sont le résultat d’une dégénérescence nerveuse.

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Examen médical
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Le diagnostic de syringomyélie repose sur l’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) qui permet de visualiser la cavité et parfois la ou les malformations au niveau de la moelle épinière.

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Evolution de la maladie
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La stabilisation, au cours de la syringomyélie, survient parfois et spontanément, mais l’évolution est très lente.
L’évolution de cette affection neurologique est variable selon la cause. De façon générale le traitement n’est pas toujours efficient mais surtout variable selon les individus et, répétons-le, la cause de la survenue de la syringomyélie.

Complications de la maladie
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La maladie de Morvan appelée également panaris de Morvan (en anglais Morvan’s diseas ou eanalgesic panaris) a été étudié en 1883. Cette affection est le résultat soit d’une syringomyélie soit de la lèpre.

Le panaris de Morvan ou panaris analgésique est une affection se caractérisant par des troubles neurologiques concernant les membres et essentiellement les doigts.

Au cours de cette affection le patient présente :

    Des parésies (terme différent de paralysie indiquant une paralysie légère consistant en une diminution des possibilités de contraction des muscles).
    Une anesthésie (le patient ne ressent pas les sensations quelles qu’elles soient).
    Des névralgies (douleurs dues à des modifications de la structure nerveuse des nerfs périphériques).
    Des perturbations trophiques (modification de la peau) se traduisant par l’apparition de panaris analgésique (perte de la sensation douloureuse) concernant les dernières phalanges. Le terme trophicité désigne l’ensemble des phénomènes conditionnant la nutrition et le développement d’un tissu ou d’un organe.

L’évolution de la maladie de Morvan se fait le plus souvent vers l’apparition d’une nécrose associée parfois à des mutilations.

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Diagnostic différentiel
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La syringomyélie ne doit pas être confondue avec :

    La sclérose en plaques.
    La maladie d’Aran-Duchenne avec atrophie musculaire progressive (au cours de laquelle il n’y a pas de trouble de la sensibilité).
    La tumeur médullaire (le diagnostic est posé grâce à la tomodensitométrie ou à la résonance magnétique nucléaire et éventuellement à la myélographie).
    L’hématomyélie généralement de nature traumatique. Cette affection peut également être suivie d’une syringomyélie.
    La sclérose subaiguë combinée de la moelle.

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Traitement
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Le traitement de la cause passe par l’utilisation de psychotropes (médicaments du système nerveux central comme les somnifères, les anxiolytiques, les neuroleptiques).
Le traitement chirurgical, quand cela est possible, permet la décompression grâce à la pose d’un cathéter. Cette indication est surtout le fait d’une syringomyélie évoluant et devenant handicapante.

    La syringomyélie liée à une hernie des amygdales cérébelleuses (partie du cervelet) est traitée par décompression de la fosse postérieure (partie arrière du contenu du crâne) le plus souvent après une craniectomie (ouverture du crâne) sous-occipitale (en passant en arrière du crâne) et une laminectomie cervicale supérieure (intervention sur les vertèbres cervicales de la partie supérieure du rachis cervical) associée à une greffe de dure-mère (une des trois méninges, membranes, entourant et protégeant le système nerveux central).
    Quand il existe un obstacle à l’écoulement en dehors du quatrième ventricule cérébral il faut rétablir le flux de liquide céphalo-rachidien. Ceci s’obtient en élargissant l’ouverture.
    Quand la cavité due à la syringomyélie est relativement vaste, certains neurochirurgiens préfèrent tenter d’établir une décompression directe de la cavité liquidienne. Cette technique est au centre d’une polémique. En effet, son bénéfice selon certains neurochirurgiens semble lié à une certaine morbidité (en quelque sorte aggravation de la maladie) relativement élevée.
    En présence de malformation de Budd-Chiari on pratique une dérivation de l’hydrocéphalie (excès de liquide contenu dans le crâne) qui doit, en théorie, précéder toute tentative de réduction de la cavité due à la syringomyélie. Le traitement chirurgical est susceptible, en théorie, d’empêcher l’aggravation des symptômes liés à la syringomyélie. Certains patients sont même susceptibles de s’améliorer après l’intervention neurochirurgicale.
    La syringomyélie, due à un traumatisme ou à une infection, nécessite une technique de décompression et de drainage en utilisant de petites dérivations positionnées entre la cavité syringomyélique et l’espace situé en dessous de l’arachnoïde (une des trois méninges, membrane de protection, de recouvrement du système nerveux central).
    La syringomyélie, due à une tumeur (au sens large du terme) située à l’intérieur de la moelle épinière, nécessite une intervention neurochirurgicale dont le but est de retirer celle-ci quand ce geste est bien entendu possible. La décompression de la cavité kystique entraîne quelquefois une amélioration qui ne dure pas toujours dans le temps et qui s’associe quelquefois à des récidives.

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Syringomyélie

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 Le Centre de Référence – Syringomyélie

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SI… JE VOUS ASSURE IL EXISTE, MAIS POUR Y ALLER, MALGRÉ LE PLAN FOURNI… LA C.P.A.M.

NE VEUT PAS !!! C’EST BIEN PLUS SIMPLE …

UNE SEULE RÉFÉRENCE OFFICIELLE,  … ET ENCORE ILS REDIRIGENT VERS L’ASSOCIATION

APAISER, ET UNE LISTE EXISTE AVEC UN NEUROCHIRURGIEN RÉFÉRENT….

….ETC….

ET VOILA, JE T’AI MIS LES RÉFÉRENCES, DÉMERDE TOI  !!!!  

DE TOUTE FAÇON LA C.P.A.M. NE VOUS PREND PAS EN CHARGE CE N’EST PAS LE

NEUROCHIRURGIEN SPÉCIALISE  DANS CETTE MALADIE LE PLUS PROCHE DE VOTRE DOMICILE …

ILS EN ONT NOMME QUELQUES UNS, UN PAR CHU, ET ENCORE PAS TOUS,

ET TANT MIEUX POUR TOI SI TU TOMBES SUR LE BON !!!

COUP DE CHANCE JE SUIS TOMBE AU CHU DE CAEN SUR UNE JEUNE

NEUROCHIRURGIENNE DE QUALITÉ, MAIS

JE NE POURRAI JAMAIS LA REVOIR CAR GRÂCE A NOTRE EXCELLENT GOUVERNEMENT,

ELLE VA FAIRE CARRIÈRE A LOS ANGELES (USA)ET ELLE A RAISON  !!!! 

LA BAS ILS ONT LE DROIT DE RENTABILISER LEURS PLU DE 15 ANNÉES D’ÉTUDES !!!

LES DONNÉES

Centre de Référence Maladies Rares pour la prise en charge et le traitement des Syringomyélie de l’Adulte et de l’Enfant
CHU   94275-LE KREMLIN BICETRE 

http://www.syringomyelie.fr/spip.php?rubrique2

QUI NOUS DIT DE FACON FORT SYMPATHIQUE ….

« se référer à  l’association APAISER « 

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ET POUR FINIR ……….UN COMMENTAIRE SUR UN

SITE A «  »BLA,BLA …etc… » »daté de 2008, mis avec les fautes ..(gratuit)

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que j’ai jugé dans la bonne moyenne des sites de docteurs du net qui sont tous bien plus savants les uns que les autres et n’ont pas eu besoin de faire médecine pour ne pas casser 3 pattes à un canard !!!!

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La syringomyelie est une maladie invalidante qui vient juste d’être reconnue par le Ministère de la santé et qui a un centre de référence dirigé par le Pr Parker à Kremlin bicêtre. Malgré cela nous avons de la difficulté à nous faire prendre en charge car beaucoup de professionnels ignorent les conséquences de cette maladie qui touche tous les âges même les bébés. La recherche est peu attentionnée à cette maladie car nous ne représentons pas un pourcentage suffisant pour trouver une solution à nos douleurs. Certains d’entre nous ont perdu leur travail, ont été délaissé par leur conjoint. Les douleurs provoquées par cette maladie sont atroces et certains ont dû mal à vivre avec. En ce qui me concerne je suis atteinte de cette maladie du fait d’une malformation de chiari. J’ai ét opéré et l’opération n’a pas réussi et je suis insensible au chaud et au froid, j’ai des syndromes suspendus extremement douloureux, aténués par le centre anti douleur qui m’a prise en charge il y a 2 mois. Il y a des gestes quotidiens que je ne peut plus faire et nous ne pouvons avoir d’aide puisque nous ne sommes pas grabataire. Il y a en a qui sont en fauteuil roulant. Moi je n’ai qu’une main gauche atrophiée qui se crispe douloureusement l’hiver. Le neurochirurgien très ennuyé m’a dit qu’on ne pouvait rien pour moi et comme il ne connaisse pas l’évolution je peut me réveiller un matin tétraplégique. C’est dur de vivre avec cet avenir limité. Ces derniers jours sur internet j’ai trouvé une clnique à Barcelone (Institut Neurologique de Barelone Dr Royo)qui fait un geste opéatoire simple et d’après ces commentaires stoppe la maladie. Les Neurochirurgiens Français ne croient pas à cette solution car il n’y a pas assez de recul.   Je suis desespérée heureusement que nous avonsAPAISER une association reconnue d’utilité publique qui nous soutient, et qui nous aide. Qu’en pensez vous ? Pourrait -on faire connaître cette maladie afin que les généralistes et les neurologues soient à même de nous comprendre?
Cordialement…

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Joséphine de Beauharnais – L’égérie de Napoléon

Joséphine de Beauharnais (23 juin 1763 – 1814)

L’égérie de Napoléon

Joséphine de Beauharnais en impératrice (1763-1814)Elle est née le 23 juin 1763 à la Martinique, dans la riche plantation sucrière d’un lieutenant d’infanterie de marine, sous le nom de Marie-Josèphe-Rose de Tascher de la Pagerie, mais elle entrera dans la postérité sous celui de Joséphine de Beauharnais…

Cette belle créole épouse en premières noces, à 16 ans, le vicomte Alexandre de Beauharnais, un bel officier de trois ans son aîné. Le couple aura deux enfants : Eugène etHortense (future mère de Napoléon III). Mais Alexandre ne tarde pas à courir le guilledou en dépensant la fortune de sa femme.

Lasse d’être trompée, Rose se sépare de son mari dès avant la Révolution. Elle le retrouve alors qu’il s’est déjà illustré comme député aux états généraux, président de l’Assemblée nationale constituante puis général de la 1ère armée du Rhin. Ses états de service, notamment la prise de Mayence en 1793, ne l’empêchent pas d’être guillotiné en 1794.

Inattendue revanche

Incarcérée à son tour au couvent des Carmes, Rose noue une liaison avec un autre prisonnier, le beau général Lazare Hoche. Mais cette félicité ne dure pas. Après avoir vu son mari partir pour la guillotine, la jeune femme comprend que son tour va venir. Elle en tombe malade et ses geôliers sursoient à l’exécution de deux jours. C’est assez pour la sauver. Avec la chute de Robespierre, qui intervient entre-temps, tous les suspects – dont elle – sont libérés.

Veuve et pauvre, Rose est aussi très éprouvée par son incarcération. Sans doute viendra de là son incapacité à enfanter de nouveau…

Énergique, elle surmonte l’adversité et se rattrape en devenant l’une des femmes les plus en vue de la bonne société du Directoire et la maîtresse du «roi» Barras (séduisante, elle a néanmoins les dents si gâtées que les portraitistes veillent à la représenter lèvres serrées).

C’est ainsi qu’elle fait la connaissance du général Bonaparte, devenu un intime de Barras suite à la répression de l’insurrection royaliste de Vendémiaire. Éperdument amoureux de celle qu’il appelle Joséphine (pour n’avoir pas, dit-on, à prononcer le prénom usité par ses précédents amants), Bonaparte demande sa main. Il l’épouse sans formalités le 9 mars 1796 devant un officier d’état-civil. Coquette, la mariée se rajeunit à cette occasion d’une demi-douzaine d’années pour ne pas apparaître plus vieille que son fougueux mari…

Quelques jours plus tard, le général part pour l’armée d’Italie dont il a reçu le commandement en bonne partie grâce à l’entregent de son épouse. Insatiable, cette dernière le trompe néanmoins pendant ses équipées en Italie puis en Égypte avec un capitaine de hussards, un certain Hippolyte Charles.

Quand elle apprend que son illustre époux est revenu d’Égypte et a débarqué à Golfe-Juan, elle part à sa rencontre pour se faire pardonner. Mais elle se trompe de route. C’est ainsi que le général arrive à l’hôtel de sa femme, rue Chanteraine, pour s’apercevoir qu’elle n’est pas là ! Sa colère redouble d’intensité. Habilement, la femme adultère confie à ses deux enfants Eugène et Hortense le soin de plaider sa cause et son pardon. Ils y réussissent fort bien.

Joséphine de Beauharnais (23 juin 1763 - 29 mai 1814), 1801, par François Gérard (musée de l'Ermitage)

Impératrice pour la vie

Dès lors, Joséphine revient à de meilleurs sentiments tandis que l’étoile de son mari se hisse au firmament de la gloire. Pleinement solidaire de Napoléon, elle se va mettre à son service dans toutes les épreuves qui réclament du doigté, de bonnes relations et de la diplomatie, à commencer par le coup d’État de Brumaire.

Son fils Eugène devient un très honorable collaborateur du Premier Consul comme vice-roi d’Italie puis comme général. Il épousera une princesse bavaroise. Sa fille Hortense se sacrifie à l’intérêt du clan en épousant Louis, frère cadet de Napoléon et futur roi de Hollande, par ailleurs un incapable et un mauvais mari qu’elle n’aura de cesse de tromper.

Le Corse Napoléon et la créole Joséphine triomphent ensemble lors du sacre à Notre-Dame. Joséphine a surmonté l’hostilité que lui voue la famille Bonaparte. Son mariage civil a été renforcé par une cérémonie religieuse, la nuit précédant le sacre, devant le cardinal Joseph Fesch, oncle de l’empereur. Comble d’habileté, la nouvelle impératrice obtiendra aussi du peintre David que le célèbre tableau du sacre représente son couronnement et non celui de Napoléon 1er.

Mais incapable de donner à Napoléon l’héritier dont il a besoin, elle doit se résoudre au divorce pour raison d’État le 16 décembre 1809. Elle conserve le titre d’Impératrice des Français et une riche dotation incluant le château de la Malmaison. Elle y mène une vie active et épanouie, en mère et grand-mère attentionnée, au milieu de ses collections de fleurs et d’animaux. Napoléon, qui lui a gardé toute son affection, lui rend de fréquentes visites. C’est là, à la Malmaison, qu’elle meurt d’une fluxion de poitrine le 29 mai 1814, à 51 ans, peu après la chute de l’Empire, ayant pris froid en faisant visiter son domaine au tsar Alexandre 1er.

L'impératrice Joséphine reçoit le tsar Alexandre 1er à la Malmaison (Hector Viger, 1864, musée de la Malmaison)
Joséphine à la Malmaison

La Malmaison aujourd'hui (photo : Fabienne Vignolle, Herodote.net)Joséphine a acheté sous le Directoire acheté cette grande maison située en bordure du bois de Cucufa, à l’ouest de Paris, et dont le nom («mauvaise maison») rappelle que des brigands de grand chemin l’ont habitée dans une époque plus ancienne.

Désireuse de prendre une revanche sur le passé, elle la fait rénover avec le concours des architectes Percier et Fontaine et l’aménage luxueusement grâce à la bienveillante compréhension de son mari, y dépensant pas moins de dix millions de francs en une dizaine d’années.

La Malmaison est meublée dans le goût Empire avec des meubles qui rappellent l’Égyte pharaonique. Dès le Consulat, la Malmaison devient l’un des sièges du gouvernement. Napoléon y aménage un bureau de travail à l’allure d’une tente militaire. Il y retrouve Joséphine chaque semaine et y donne de grandes fêtes.

La Malmaison aujourd'hui (photo : Fabienne Vignolle, Herodote.net)

Dans le parc, qui compte alors plus de 700 hectares, Joséphine crée après son divorce une ménagerie pleine d’animaux exotiques et des serres chauffés où s’épanouit sa passion pour la botanique, les fleurs rares et les roses en particulier.

sources :

hérodote.net

André Larané

Fabienne Manière

l’édit de Milan et le christianisme (13 juin 313)

Constantin le Grand (280 – 337)

Le premier empereur chrétien

Constantin 1er, issu d’une lignée de militaires de fortune, apparaît comme le plus important des empereurs romains, César et Auguste mis à part.

Trois siècles après eux, il a donné une nouvelle jeunesse à l’empire tout en le réorientant vers une religion nouvelle, le christianisme, et en faisant basculer son centre de gravité vers l’Orient de langue et de culture grecques.

Le redressement de l’empire romain

Né à Naissus (aujourd’hui Niš, en Serbie), Constantin est le dernier d’une longue suite d’empereurs originaires d’Illyrie.

Ces hommes énergiques, militaires de modeste extraction, ont redressé le vieil empire à la fin du IIIe siècle, lorsqu’il était menacé par les premières attaques des Barbares. Ils ont fortifié les villes et renforcé les légions des frontières.

Constance Chlore, le père de Constantin, était césar dans la tétrarchie, un gouvernement à quatre institué par Dioclétien en 293. Il avait reçu en partage la Gaule, l’Espagne et la Bretagne et s’était établi à Trèves.

Son fils, né d’une concubine chrétienne,Hélène, témoigne de ses aptitudes de chef militaire. Après l’abdication volontaire des deux augustes (tétrarques principaux) Dioclétien et Maximien, il rejoint son père à York (Angleterre) et recueille son dernier soupir. Ses soldats le proclament alors auguste. Dans le même temps, à Rome, Maxence, fils de Maximien, est proclamé princeps par la garde prétorienne.

Comme la guerre éclate entre les héritiers des tétrarques, Constantin se lance avec ses armées sur Rome, traversant les Alpes au Mont-Genèvre. Il bouscule l’armée de Maxence au Pont Milvius, près de Rome, le 28 octobre 312. Maître incontesté de l’Occident, il convient avec Licinius, son dernier concurrent, d’un partage de l’empire. À lui l’Occident, à Licinius l’Orient.

Naissance de l’empire chrétien

Bon politique, Constantin 1er constate les progrès du christianisme. Il ne séduit encore qu’un dixième de la population de l’empire, surtout en Asie mineure et en Afrique du Nord, mais manifeste un dynamisme étonnant dans les villes. Lui-même se rallie à la nouvelle religion, avec la discrétion qui sied à sa fonction.

t à la politique de persécution de ses prédécesseurs, l’empereur prend le parti de s’appuyer sur la nouvelle religion pour consolider l’unité de l’empire. Le 13 juin 313, de concert avec son homologue d’Orient, Licinius, il publie à Milan un édit de tolérance qui lui rallie les chrétiens.

De façon prévisible, l’entente entre Licinius et Constantin ne dure pas. Dès l’année suivante, les deux hommes s’affrontent. La guerre prend un tour décisif en 324 avec la défaite de Licinius devant Andrinople puis à Chrysopolis. L’empire romain retrouve dès lors son unité sous l’autorité de Constantin.

Devant le succès de la doctrine du prêtre Arius, Constantin s’inquiète d’un schisme qui remettrait en question l’unité de l’empire. Il convoque lui-même unconcile oecuménique à Nicée en 325 pour apaiser les esprits. À la suite de la condamnation de l’arianisme par le concile, l’empereur ordonne l’exil d’Arius. Il inaugure ainsi le césaropapisme, une pratique de gouvernement qui se caractérise par la confusion des affaires séculières et des affaires religieuses entre les mains du souverain.

En-dehors de la légitimation du christianisme, la principale oeuvre de Constantin reste la fondation de Constantinople en 330, en vue de remplacer Rome comme capitale de l’empire. Il s’ensuivra à la fin du siècle

Le pape et Constantin

L'empereur Constantin guide le pape Sylvestre 1erAprès que Constantin a affronté Maxence à l’entrée de Rome, une légende tardive veut qu’il ait été guéri de la lèpre et converti à la foi chrétienne par le pape Sylvestre 1er, évêque de Rome.

Constantin, pour manifester sa reconnaissance, serait allé à la rencontre du pape et, humblement, aurait guidé son cheval par les rênes. Ensuite, il aurait fait don au pape des territoires environnant Rome.

Cette décrétale dite «donation de Constantin» a été opportunément exhibée par les conseillers de Pépin le Bref, au VIIIe siècle, pour justifier les prétentions du souverain pontife, sur l’exarchat de Ravenne, alors possession byzantine. On montra plus tard sans trop de difficultés qu’il s’agissait d’un faux de l’époque carolingienne.

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13 juin 313

Constantin promulgue l’édit de Milan

Le 13 juin 313, l’empereur Constantin, fort de sa victoire du pont Milvius sur son rival Maxence, promulgue l’édit de tolérance de Milan par lequel il légalise lechristianisme. C’est un retournement inattendu après la «Grande Persécution»inaugurée dix ans plus tôt par les tétrarques Dioclétien et Galère.

Le christianisme rassemble à cette date un dixième à peine de la population de l’empire romain (cinquante millions d’habitants environ). Il est surtout présent en Asie mineure (actuelle Turquie) et en Afrique du Nord.

Né dans les classes populaires, il gagne de plus en plus la faveur des classes supérieures et des élites intellectuelles et urbaines. Fort de la protection impériale, il va prendre son essor et s’imposer en quelques décennies comme la seule religion officielle de l’empire.

Le songe de Constantin avant la bataille du pont Milvius (fresque de Piero della Francesca, Arezzo, église san Francesco, vers 1460)

La «Grande Persécution»

La question religieuse est apparue dans l’empire romain à l’issue de la crise du milieu du IIIe siècle. Des soldats de modeste extraction issus d’Illyrie ou des régions danubiennes se succèdent à la tête de l’empire. Ils repoussent les premières invasions barbares et répriment les révoltes paysannes.

Soucieux de remettre de l’ordre dans les institutions et de rétablir l’unité morale de l’empire, ils favorisent  le culte du Soleil au détriment du polythéisme traditionnel.

Ce culte du Sol invictus (le Soleil invaincu) rassemble sous une même identité des divinités traditionnelles (Apollon) et des divinités orientales (Mithra). Il amorce une évolution du polythéisme païen vers le monothéisme façon hébraïque ou chrétienne.

Mithra sacrifie un taureau au Soleil invaincu (villa romaine de Milon, 1er siècle après JC)

L’empereur Aurélien, au pouvoir de 270 à 275, fait du culte solaire la religion d’État. L’empereur se présente lui-même comme l’émanation du dieu sur terre et revendique à ce titre d’être adoré tel une divinité. Ainsi l’empire évolue-t-il vers un pouvoir personnel et autocratique.

Dioclétien, au pouvoir de 293 à 305, veut aller plus loin. Il veut renforcer la cohésion culturelle et politique de l’empire. C’est pourquoi son règne est marqué par de violentes persécutions contre les communautés chrétiennes qui refusent de sacrifier au culte impérial. Elles sont les plus dures qu’ait jamais connues l’Empire romain et obligent les chrétiens à choisir entre le reniement et le «martyre».

La «Grande Persécution» commence en 299 avec l’exclusion de l’armée des soldats baptisés, ces derniers refusant en effet de verser le sang ! Puis, de février 303 à février 304, quatre édits impériaux inspirés à Dioclétien par Galère, lequel a plus que quiconque les chrétiens en horreur, ordonnent de brûler les livres saints et de raser les églises partout dans l’empire.

La persécution atteint son paroxysme avec un édit qui prescrit au début de 304 un sacrifice général dans tout l’Empire, sous peine de mort ou de condamnation aux travaux forcés dans les mines.

Les fonctionnaires locaux exécutent les édits avec un zèle relatif. Constatant l’échec de la répression et désireux de se concilier les chrétiens, l’empereur Galère, malade,  signe sur son lit de souffrance un premier édit de tolérance le 30 avril 311. Il meurt quelques jours plus tard, le 5 mai 311.

La religion devient une affaire individuelle

Après plusieurs années de guerres fratricides et l’élimination de son rival Maximin Daïa en avril 313, l’«Auguste» Licinius reste seul maître de la partie orientale de l’empire.  Constantin, qui tient la partie occidentale, le convainc de publier une déclaration commune en latin et en grec, les deux langues de l’empire, afin de restaurer la paix civile.  Elle est connue sous le nom d’édit de Milan, d’après la ville où elle a été promulguée.

Cette déclaration n’est pas la première du genre. D’autres l’ont précédée dans les précédentes décennies, y compris celle de Galère, deux ans plus tôt. Mais elle se singularise par le fait qu’elle introduit un élément nouveau dans la société romaine, à savoir la liberté religieuse.

Jusque-là, la religion était une affaire de communauté et d’identité ethnique. On suivait la religion de ses ancêtres et de son groupe. L’édit de Milan reconnaît à chaque individu la faculté de suivre la religion de son choix. C’est un changement radical de paradigme que relève Marie-Françoise Baslez, professeur d’histoire des religions à la Sorbonne (*).

L’édit de Milan lève par ailleurs les interdits qui pèsent sur la communauté des chrétiens. Les Églises locales se voient restituer les biens qui leur ont été confisqués, même lorsqu’ils ont été vendus à des particuliers.

Christianisation des moeurs

Dès lors, tout change assez vite. Constantin, discret sur ses convictions personnelles, continue de présider aux rituels païens en sa qualité de pontifex maximus (grand pontife). Il ménage aussi le Sénat qui siège à Rome et dont tous les membres sont restés fidèles au paganisme traditionnel. Il se contente d’interdire les sacrifices d’animaux, qu’il a en horreur.

Lui-même a sans doute hérité de sa mère Hélène, voire de son père Constance Chlore, un attachement sincère à la nouvelle religion.

Le christianisme n’en garde pas moins l’avantage. Sa doctrine séduit moins par le concept d’un dieu unique et transcendant (comme dans le judaïsme concurrent) que par ses préceptes nouveaux d’amour fraternel et d’égalité entre tous les êtres humains, par-delà les barrières ethniques, sociales ou sexuelles.

Pièce en argent frappée en 315 : Constantin et le chrisme chrétien (Munich, musée des monnaies, DR)

L’Église prend ses aises. Elle devient un élément de stabilité et un point de repère dans un empire brinquebalant.

Tandis que périclitent les institutions administratives, elle affirme sa solidité, fondée sur la légitimité démocratique et une hiérarchie respectée. Les évêques sont élus par le peuple et désignent eux-mêmes des suppléants (prêtres) pour guider la communauté.

Sous le règne de Constantin se met en place aussi une organisation religieuse du temps.

Vers 321, le repos hebdomadaire est imposé tous les sept jours, le jour du Sol invictus ou jour duSoleil. Le souvenir s’en conserve dans l’appellation donnée par les Anglais à ce jour :Sunday (le jour du Soleil).

Les autres langues occidentales conservent son appellation christianisée, diem dominicam (le jour du Seigneur, ou dimanche).

La fête annuelle du Soleil invaincu, fixée au 25 décembre par l’empereur Aurélien, vers 270, devient également la fête de la Nativité du Christ, bien que celui-ci fut plus probablement né au printemps.

Ainsi la religion chrétienne devient-elle la référence dominante autour de la Méditerranée, au IVe siècle, ainsi que le rappelle l’historien Paul Veyne (Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Albin Michel, 2007).

Le serait-elle devenue sans la volonté personnelle de l’empereur Constantin?  Sans doute mais de manière plus lente et peut-être plus tourmentée.

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Le kiosque de l’Histoire

Le Monde de la Bible

Le Monde de la Bible

À l’occasion du 1700e anniversaire de l’édit de Milan, par lequel l’empereur Constantin a légalisé la religion chrétienne, Le Monde de la Bibleconsacre un hors-série très documenté à ce tournant majeur de notre Histoire.

Non seulement la nouvelle religion va rapidement prendre le pas sur les autres cultes jusqu’à les opprimer à son tour, à la fin du IVe siècle, mais elle va aussi bouleverser les moeurs. Ainsi le calendrier des fêtes et des rythmes sociaux va-t-il s’aligner sur les fêtes chrétiennes et l’incinération va-t-elle reculer devant l’inhumation…

Fils de l’empereur Constance Chlore et d’une servante d’auberge, Hélène, Constantin élimine ses rivaux par les armes et sans ménagement excessif. Instruit dans la religion chrétienne par sa mère et peut-être aussi son père, il témoigne d’une grande empathie à son égard et ne va cesser de la promouvoir, sans pour autant agresser les autres cultes.

Marie-François Baslez, professeur d’histoire des religions à la Sorbonne, montre que l’édit de Milan introduit avant tout la notion de liberté individuelle : il donne à chacun le droit de choisir sa religion sans en référer à son appartenance communautaire, nationale ou ethnique.

Robert Turcan, historien des religions antiques, se penche sur l’empereur lui-même. A-t-il agi par calcul politique en affranchissant les chrétiens ou par conviction personnelle? La vérité serait plutôt mitigée car Constantin, fervent soutien du clergé chrétien, n’a pas pour autant renié le culte solaire officiel.

D’autres chercheurs et historiens ont apporté leur contribution à ce dossier, notamment sur les figures d’Hélène et Eusèbe de Césarée ainsi que le concile de Nicée.

Le Monde de la Bible complète ce dossier avec des articles d’une brûlante actualité sur la liberté religieuse dans le monde actuel, notamment en France et en Allemagne, pays de tradition chrétienne confrontés à l’obligation d’intégrer l’islam.

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sources :

hérodote.net

André Larané

Jean-François Zilberman

Le Monde de la Bible

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23 mai 1430 Jeanne d’Arc est capturée à Compiègne et jugée et brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431

23 mai 1430

Jeanne d’Arc est capturée à Compiègne

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Le 23 mai 1430, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons en tentant de secourir avec sa troupe les habitants de Compiègne, au nord de Paris.

Les Anglais vont alors se la faire livrer, en vue de la faire condamner… par un tribunal ecclésiastique. Ils espèrent de la sorte mettre au jour sa nature de sorcière et dévaluer le sacre de leur ennemi Charles VII

Jeanne d'Arc faite prisonnière à Compiègne (Jules Eugène Lenepveu, 1886, Panthéon, Paris)
Vaines impatiences

En délivrant Orléans et faisant sacrer le roi Charles VII à Reims, Jeanne d’Arc a accompli la mission que lui ont confiée, selon ses dires, des voix célestes. D’ailleurs, après le sacre, elle admet ne plus entendre ses voix…

Mais emportée par son succès et la faveur des foules, elle veut en finir au plus vite avec les Anglais. Elle part avec Charles VII à la reconquête du Bassin Parisien. L’armée royale entre sans coup férir à Soissons, Château-Thierry, Provins, Crépy-en-Valois et les villes de l’Oise.

Encouragé par Jeanne, le «beau duc» Jean d’Alençon, gendre de Charles VII et chef de l’armée royale, mène celle-ci à Saint-Denis, aux portes de Paris. Mais les Français de la capitale, satisfaits de leur sort, n’ont nul désir de revoir la redoutable faction des Armagnacs qui entoure le roi.

Quant à l’entourage du roi, conduit par sa belle-mère Yolande d’Aragon, il préfère négocier une trêve avec le cousin ennemi de Bourgogne, le  «Grand-Duc d’Occident»Philippe le Bon. Par la trêve, conclue le 28 août, ils promettent au duc de recouvrer les villes perdues de l’Oise.

De leur côté, Jeanne et d’Alençon ne se résignent pas et lancent une attaque sur la capitale le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge ! Beaucoup s’indignent que la Pucelle engage le combat ce jour-là. Elle-même est blessée d’une flèche à la cuisse et l’assaut tourne court.

À nouveau tenté par le repli, Charles VII  ramène l’armée à Gien, sur la Loire, et la licencie le 21 septembre 1429. Dans le même temps, il commence à tenir l’héroïne à l’écart tout en lui faisant miroiter les délices de la vie de cour. En témoignage de reconnaissance, il l’anoblit ainsi que sa famille le 24 décembre 1429 (son nom, Darc, devient dès lors d’Arc). Il confie la prévôté de Vaucouleurs à son frère Pierre, qui a combattu à ses côtés, et dispense cette châtellenie de l’impôt.

Comme Jeanne ne se laisse pas adoucir par les faveurs, il lui confie le soin de combattre un brigand mais celui-ci lui inflige un échec humiliant à la Charité-sur-Loire où il s’est réfugié.

À la cour, le grand chambellan La Trémoille et l’archevêque de Reims Regnault de Chartres, chancelier de France, qui privilégient la négociation avec les Bourguignons, manigancent sa perte. Ils suscitent une prophétesse rivale, Catherine de La Rochelle, que Jeanne rencontre et renvoie en lui conseillant d’aller «faire son ménage et soigner ses enfants».

De l’échec au drame

De leur côté, les Anglais sont très affaiblis et quelque peu démoralisés par leurs échecs successifs depuis la levée du siège d’Orléans. Leur régent, le duc de Bedford, se voit contraint d’appeler à l’aide le cardinal de Winchester, son oncle, qui a déjà mis sous sa coupe l’Angleterre et son régent, le duc de Gloucester. Le cardinal détourne vers la France une armée qu’il avait recrutée pour combattre les hérétiques hussites dans la lointaine Bohème. Lui-même et ses soldats rencontrent à Paris le duc de Bourgogne le 30 septembre 1429.

Leurs alliés bourguignons se sentent pousser des ailes. Fringant étalon, le duc Philippe le Bon célèbre avec Isabelle de Portugal son troisième mariage le 10 janvier 1430 et par la même occasion crée le fameux Ordre de la Toison d’Or. Là-dessus, en avril, à la fin de l’hiver, il décide délibérément de rompre la trêve et se lance à la reconquête de Compiègne, un verrou sur l’Oise, au nord de Paris, qui l’empêche de lier ses possessions à celles des Anglais.

Le 15 avril 1430,  il entame le siège de la ville avec son lieutenant Jean II de Luxembourg-Ligny, comte de Guise. Les habitants appellent Jeanne à l’aide. Celle-ci lève avec ses propres deniers une troupe de 400 mercenaires et se précipite à leur secours sans en référer au roi. Elle entre dans la ville à la faveur de la nuit. Mais le lendemain, le 23 mai 1430, en tentant une sortie, elle est encerclée par les Bourguignons et capturée par un archer picard qui la livre à son seigneur Jean de Luxembourg.

Jeanne n’a pas l’espoir que le seigneur bourguignon demande une rançon au roi Charles VII en échange de sa libération car elle-même, quelque temps plus tôt, a refusé de libérer contre rançon un routier bourguignon, Franquet d’Arras, et l’a au contraire livré à la justice royale pour qu’il soit exécuté en vertu de ses crimes innombrables.

La Pucelle est donc dans un premier temps enfermée au château de Beaulieu-en-Vermandois, d’où elle tente de s’échapper. Le mois suivant, elle est transférée au château de Beaurevoir, au nord de la Picardie. Elle tente une deuxième fois de s’évader en se laissant descendre le long d’une corde confectionnée avec ses draps. Mais la corde rompt et elle fait une chute douloureuse.

Très vite, son geôlier est harcelé par Henri Beaufort, cardinal de Winchester, qui, à Londres, a repris en main les affaires du Continent. Celui-ci veut à tout prix que la captive soit jugée et condamnée pour sorcellerie et hérésie afin de couper court à sa popularité et ruiner le crédit de Charles VII… Que vaudrait en effet un sacre acquis grâce à une sorcière ?

L’Anglais multiplie les pressions, entame le blocus des ports flamands et finalement rachète Jeanne pour dix mille livres tournois, soit un montant équivalent à une rançon royale ! La prisonnière est conduite à Arras, puis au Crotoy, à Dieppe et enfin à Rouen où elle doit être jugée. Son procès va pouvoir commencer…

Ingratitude

Le roi Charles VII, peu conscient de l’enjeu, n’esquisse aucun geste en sa faveur. Son grand chambellan Georges de la Trémoille, retors et corrompu, hostile à la Pucelle, le dissuade de la racheter.

Toutefois, sous le choc, les troupes royales semblent se réveiller de leur torpeur. Le 25 octobre 1430, Xaintrailles et La Hire obligent Jean de Luxembourg à lever le siège de Compiègne. Le duc de Bourgogne détourne son attention vers le Brabant. C’en est fini de la menace d’une jonction des domaines anglais et bourguignons. Les troupes de Charles VII ont repris l’initiative. Jeanne captive a gagné.

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30 mai 1431

Jeanne d’Arc est brûlée vive à Rouen

Le 30 mai 1431, Jeanne d’Arc est brûlée vive à Rouen, sur la place du Vieux-Marché, après un procès inique. Elle est victime de ce que les Anglais voulaient à tout prix la convaincre d’hérésie (et accessoirement de sorcellerie) pour abaisser ainsi le roi Charles VII qu’elle avait diligemment servi.

Son procès, dont on a conservé et publié les minutes, témoignent d’une personnalité d’exception, avec un esprit acéré et une conscience pure.

Jeanne d'Arc au bûcher, miniature(Les Vigiles de Charles VII, manuscrit réalisé par Martial d'Auvergne en 1477-1483, BNF)
La Pucelle jugée par l’Église

Capturée au siège de Compiègne, le 23 mai 1430, Jeanne d’Arc est vendue par les Bourguignons aux Anglais, lesquels n’ont qu’une hâte : la faire condamner par un tribunal ecclésiastique afin de déconsidérer le roi Charles VII et rendre le moral à leurs troupes. Celles-ci, il est vrai, ne se montrent plus guère offensives depuis le siège d’Orléans.

Après un passage à la forteresse du Crotoy, au bord de la Manche, Jeanne arrive à Rouen la veille de Noël 1430. Elle est enfermée au château du Bouvreuil, la forteresse de la ville, qui accueille ordinairement des prisonniers hommes. Pour l’occasion, une tour lui est réservée. Elle est placée sous la garde du gouverneur de la ville, Richard de Beauchamp, comte de Warwick.

Pas moins de quatre ou cinq rustres veillent sur elle nuit et jour. Ont-ils pu tenter de la violer? La chose est peu probable car les gardes, superstitieux, devaient être rebutés à l’idée de toucher une prétendue sorcière.

Le tribunal d’Église qui doit la juger est présidé par Pierre Cauchon, l’évêque de Beauvais, dont dépend Compiègne, le lieu de sa capture.  Cauchon est un théologien respecté de l’Université de Paris, d’environ 60 ans. Il est entré au service du duc de Bourgogne, ce qui lui a valu l’évêché de Beauvais. Désireux de se faire bien voir des Anglais, il arrange le procès en hérésie et pour cela s’adjoint le concours du frère dominicain Jean Le Maître, vicaire de l’inquisiteur en France.

Jeanne devant ses juges (lettrine d'un manuscrit du XVe siècle, BNF)Le procès s’ouvre le 9 février 1431 avec les deux juges et quelques dizaines d’assesseurs. Il est fréquemment suspendu et à plusieurs reprises, le très puissant cardinal de Winchester vient remplacer Cauchon à la tête du tribunal.

Ces ecclésiastiques admettent difficilement que Dieu ait pu s’adresser par-dessus leurs têtes à une fille du peuple. Ils dépêchent des enquêteurs à Domrémy mais les témoignages des habitants sont si favorables à l’accusée qu’ils doivent détruire leur rapport. Ils reprochent à Jeanne d’avoir revêtu des habits d’homme (sic), en contradiction avec un précepte du Deutéronome, d’avoir essayé de se suicider à Beaurevoir (il s’agissait en fait d’une tentative d’évasion) et bien sûr d’avoir eu de fausses visions.

Interrogée par Jean Beaupère, l’un des juges, sur son état de grâce, elle répond : «Si je n’y suis, Dieu m’y mette, si j’y suis, Dieu m’y tienne !»

Les actes du procès témoignent de l’extraordinaire force de caractère de l’inculpée.Ainsi à propos de l’assassinat de Jean sans Peur : «Croyez-vous que votre roi a bien fait de tuer ou faire tuer monseigneur de Bourgogne ? — Ce fut grand dommage pour le royaume de France. Mais quelque chose qu’il y eût entre eux, Dieu m’a envoyée au secours du roi de France.»

Incapable de faire fléchir la jeune fille et pressé d’en finir par le cardinal de Winchester, qui se dispose à quitter Rouen, l’évêque Cauchon précipite la procédure. Il soumet à Jeanne un réquisitoire de douze articles qu’elle récuse en bloc. Il décide alors de lui faire peur.

Le 24 mai 1431 au soir, Jeanne est traînée au cimetière de l’abbatiale de Saint-Ouen où a été préparé un bûcher. Sur une estrade se tient le cardinal de Winchester. Le bourreau est prêt à l’ouvrage. On la menace de torture et on lui montre les instruments. Puis l’évêque Cauchon list l’acte d’accusation par lequel il la livre au bras séculier afin qu’elle soit brûlée (l’Église s’interdit de procéder elle-même à une exécution). Mais il lui fait savoir aussi que, si elle se rétracte et renonce à ses habits d’homme, elle sera confiée à l’Église et échappera à la mort.

Le prédicateur Guillaume Evrard a la maladresse de s’en prendre au roi : «Ton roi est hérétique et schismatique ! — J’ose bien vous dire et vous jurer sur ma vie que c’est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, ceui qui aime le mieux la foi et l’Église. Il n’est pas tel que vous le dites», bondit la malheureuse.

Jeanne, épuisée, signe un document par lequel elle accepte de se soumettre à l’Église et de reprendre ses habits de femme. La sentence de mort est commuée en un emprisonnement à vie.

Le procès de Jeanne d'Arc, miniature du XVe siècle, BNF
Le bûcher

Jeanne d’Arc revient dans sa cellule au grand mécontentement des Anglais qui auraient voulu une exécution rapide. Les soldats menacent même de s’en prendre aux juges et à l’évêque… Mais quelques jours plus tard, s’étant fait dérober ses vêtements et craignant à juste titre pour sa vertu, elle reprend des habits d’homme, ce qui lui vaut d’être cette fois condamnée au bûcher comme relapse (se dit de quelqu’un qui retombe dans l’hérésie).

Vêtue d’une robe soufrée destinée à la faire brûler plus vite et coiffée d’une mitre sur laquelle sont écrits des mots infâmants, la jeune fille est conduite sur le lieu de son supplice. Détail sordide : le bûcher étant trop élevé, le bourreau Geoffroy Thérage se trouve dans l’impossibilité d’étrangler sa victime avant que les flammes ne l’atteignent, ce qui vaut à Jeanne de périr vive dans de grandes souffrances.

Comme Winchester souhaite un ultime aveu, l’évêque Cauchon s’approche des flammes mais c’est pour s’entendre dire : «Évêque, je meurs par vous ! ». Et dans un dernier défi, elle murmure: «Que j’aie bien fait, que j’aie mal fait, mon Roi n’y est pour rien !…» Un des juges, pris de remords, confiera : «Je voudrais que mon âme fût où je crois qu’est l’âme de cette fille ! »

Après le supplice, le bourreau se voit chargé de jeter les cendres dans la Seine afin d’éviter qu’elles ne deviennent objet de ferveur.

En dépit de cette fin tragique, qui apparaît dans l’instant comme un échec, la détermination de Jeanne d’Arc, soutenue par sa foi, a changé le cours de l’Histoire. Sa foi et sa fougue ont sauvé la dynastie des Valois. Fallait-il voir en elle une sainte catholique ? C’est une autre affaire.

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sources hérodote.net

André Larané

écrites de l’époque ..

Le procès de Jeanne d’Arc

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/jeanne/

Le procès de Jeanne d’Arc

http://www.clerus.org/clerus/dati/2001-10/23-13/JeanneArc.html

Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc : raconté et traduit, …

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k551683

Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc : raconté et traduit, …

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/jeanne/

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1895_num_56_1_462831

http://www.stejeannedarc.net/rehabilitation/enquete_1450.php