Divers textes et prières sur, et de, St François d »Assise !

Celui qui fera copier cet écrit pour qu’il soit mieux mis en pratique,
qu’il sache qu’il est béni du Seigneur

(Extrait d’une lettre de St François)

Saint François d’Assise

 

4 octobre, fête de saint François, modèle d’humble radicalité évangélique, sous le patronage duquel s’est placé le Pape au soir de son élection. Une puissance atomique pour irradier toute l’Église !

 

François d’Assise fait l’unanimité autour de lui. Le Poverello d’Assise, est habité par le Christ et il fait bouger l’Église par sa simplicité évangélique. Il fait écho au désir si cher de l’humble franciscain : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où est la haine, que je mette l’amour. »

Chevalier du Christ

La vie de François est un long poème où alternent joie et souffrance, désir de Dieu et amour de Jésus. Né à Assise vers 1182, d’un riche marchand drapier Pierre Bernardone et de Dame Pica, sa jeunesse est marquée par les plaisirs de la vie. Chevalier, il participe à la guerre entre Assise et Pérouse, où il est fait prisonnier pendant un an. Malade, il est libéré. Il recherche de plus en plus la solitude.

 En 1206, à 24 ans, un événement marquera sa vie. Il s’arrête pour prier à la petite église en ruine de Saint-Damien. En prière, face au crucifix, il entend le Christ en Croix : « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine. » Cet appel sera sa mission : relever l’Église. Il bâtit son identité en structurant son être sur Jésus crucifié reconnu comme le Christ ressuscité.
Face à un père déçu, François se dépouille de ses vêtements devant l’évêque et renonce à tous ses biens pour dame pauvreté. Ne s’inquiétant pas pour demain, il s’abandonne au Père du ciel qui veille sur chacun de nos cheveux, nous qui valons « bien plus que tous les moineaux du monde » (Mt 10, 31). Le Père le revêt de beauté, comme il le fait pour les champs : « Voyez les lis : ils ne filent pas, ils ne tissent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’eux » (Lc 12, 27).

Simplicité et joyeuse humilité

Cette simplicité évangélique, faite de fraîcheur et de confiance, lui attire ses premiers compagnons qui mèneront avec lui la joie parfaite au domaine de la Portioncule. Le pape Innocent III approuve en 1210 cette communauté naissante qui s’appellera les « Frères mineurs », c’est-à-dire les derniers de tous. Claire s’associe à François; c’est la première Clarisse. François fonde aussi pour les laïcs le tiers ordre franciscain. Homme œcuménique par excellence, il rencontre le Sultan en Égypte pour faire cesser la guerre entre chrétiens et musulmans. À son retour, il rédige la règle définitive des Frères mineurs. C’est de lui que nous vient la première crèche vivante de la Nativité.

En 1224, au cours d’une retraite sur l’Alverne, il reçoit les stigmates de la passion de Jésus. Fatigué et malade, il revient à Assise et se retire à Saint-Damien. Il continue à mettre le monde en état de louange. Fiévreux et seul dans une petite cabane, c’est presque aveugle qu’il fait monter un vibrant chant d’amour vers l’Auteur de la nature, le Père de la création. Il compose alors sa magnifique prière Cantique du frère soleil, appelée aussi Cantique des créatures. Il meurt dans la nuit du 3 au 4 octobre 1226 dans une cabane de la Portioncule, accueillant « notre sœur la mort corporelle ».

Grégoire IX le canonise deux ans plus tard. Pie XII le proclame patron de l’Italie en 1939. À noter que François n’était pas prêtre, mais diacre. Son corps repose dans la belle basilique à Assise que frère Élie, son successeur, lui fit construire. Dans cette petite ville médiévale, superbement étalée sur les pentes du mont Subasio qui surplombe la plaine de l’Ombrie, tout évoque la présence du troubadour du Christ.

Poète dans sa familiarité avec la nature, François propose une écologie de la vie en éveillant le désir de chanter la création. « Loué sois-tu Seigneur, dans toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil, par qui tu nous donnes le jour, la lumière; il est beau, rayonnant d’une grande splendeur, et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole. »

L’ami de la nature

François d’Assise rejoint l’être humain dans sa vérité la plus simple. Il réalise ce que nous désirons au plus profond de nous : la joie, la paix, la liberté et la fraternité. Humble et pauvre, il se passionne pour le Christ, les humains et la nature. Comme pour tout chrétien, sa quête d’identité apparaît comme un lent processus d’épuration du désir, de décentrement de soi vers l’autre, grâce à ce Très-Haut qui devient le Très-Bas, comme l’écrit Christian Bobin dans sa biographie initiatique sur François : « Rien ne peut être connu du Très-Haut sinon par le Très-Bas, par ce Dieu à hauteur d’enfance, par ce Dieu à ras de terre des premières chutes, le nez dans l’herbe » (Le Très-Bas).

François est l’homme du retour à l’Évangile qui a contesté la société et l’Église de son temps. Il structure la société non pas sur l’accumulation des biens, mais sur la tendresse et l’harmonie avec la nature, comme le montrent les scènes romancées des Fioretti où il apprivoise un loup et où il prêche aux oiseaux. Frère de tous, il se solidarise avec les plus pauvres, insistant sur l’être et non sur l’avoir, ouvrant une voie de communion et de prière. Il est un maître de libération intérieure. Jean-Paul II l’a nommé patron des écologistes en 1979.

 

Salutation à la Vierge Marie

Salut, Marie, Dame sainte, Reine, sainte Mère de Dieu, vous êtes la Vierge devenue Église : choisie par le très saint Père du ciel, consacrée par lui comme un temple avec son Fils bien aimé et l’Esprit Paraclet  ; vous en qui fut et demeure toute plénitude de grâce et Celui qui est tout bien.

Salut, Palais de Dieu ! Salut, Tabernacle de Dieu ! Salut, Maison de Dieu ! Salut, Vêtement de Dieu ! Salut, Servante de Dieu ! Salut, Mère de Dieu !

Et salut à vous toutes, saintes Vertus, qui, par la grâce et l’illumination de l’Esprit Saint, êtes versées dans le cœur des fidèles, vous qui, d’infidèles que nous sommes, nous rendez fidèles à Dieu !

Exhortation à la louange de Dieu

Craignez le Seigneur et rendez lui hommage.
Digne est le Seigneur de recevoir honneur et louange.
Vous tous qui craignez le Seigneur, louez le.
Salut, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.
Louez le, ciel et toute la terre.
Tous les fleuves, louez le Seigneur.
Fils de Dieu, bénissez le Seigneur.
Voici le jour que le Seigneur a fait,
Jour d’allégresse et jour de joie,
Alléluia, alléluia, alléluia, roi d’Israël.
Que tout esprit loue le Seigneur !

 

 

Louez le Seigneur, car il est bon  ;
Vous tous qui lisez ceci, bénissez le Seigneur.
Toutes les créatures, louez le Seigneur.
Tous les oiseaux du ciel, louez le Seigneur.
Tous les enfants, louez le Seigneur. Jeunes gens et jeunes filles, louez le Seigneur.
Digne est l’Agneau immolé
De recevoir honneur et gloire.
Bénie soit la sainte Trinité et l’indivise Unité.
Saint Michel archange, défends nous dans le combat.

Prière pour le temps de maladie

Je te rends grâces, Seigneur Dieu, pour toutes ces douleurs que j’éprouve ; je te demande, ô mon Seigneur, de m’en envoyer cent fois plus encore si tel est ton bon plaisir.
Car j’accepterais très volontiers que tu m’affliges sans m’épargner, puisque c’est pour moi une consolation surabondante que d’accomplir ta très sainte volonté.

Prière d’offrande totale

Seigneur, je t’en prie, que la force brûlante et douce de ton amour prenne possession de mon âme et l’arrache à tout ce qui est sous le ciel, afin que je meure par amour de ton amour, comme tu as daigné mourir par amour de mon amour.

 Cantique de frère Soleil ou des créatures

 

  1. Très haut, tout puissant et bon Seigneur,
    À toi louange, gloire, honneur,
    Et toute bénédiction ;
  2. à toi seul ils conviennent, ô Très Haut,
    Et nul homme n’est digne de te nommer.
  3. Loué sois tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
    spécialement messire frère Soleil,
    par qui tu nous donnes le jour, la lumière :
  4. il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
    et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.
  5. Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles :
    dans le ciel tu les as formées,
    claires, précieuses et belles.
  6. Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
    et pour l’air et pour les nuages,
    pour l’azur calme et tous les temps :
    grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.
  7. Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Eau qui est très utile
    et très humble précieuse et chaste.
  8. Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Feu
    par qui tu éclaires la nuit :
    il est beau et joyeux,
    indomptable et fort.
  9. Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,
    qui nous porte et nous nourrit,
    qui produit la diversité des fruits,
    avec les fleurs diaprées et les herbes.
  10. Loué sois tu, mon Seigneur, pour ceux
    qui pardonnent par amour pour toi  ;
    qui supportent épreuves et maladies :
  11. Heureux s’ils conservent la paix,
    car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés.
  12. Loué sois tu, mon Seigneur,
    pour notre sœur la Mort corporelle,
    à qui nul homme vivant ne peut échapper.
  13. Malheur à ceux qui meurent en péché mortel  ;
    heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
    car la seconde mort* ne pourra leur nuire
  14. Louez et bénissez mon Seigneur,
    rendez lui grâce et servez le
    en toute humilité !

 

 

 

 

Admonitions

 

 

1. le Corps du Seigneur

Le Seigneur Jésus dit à ses disciples : Je suis la voie, la vérité et la vie ; on ne va au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père ; mais bientôt vous le connaîtrez, et d’ailleurs vous l’avez déjà vu. Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui répondit : il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père. Le Père habite une lumière inaccessible ; Dieu est esprit ; personne n’a jamais vu Dieu. Puisque Dieu est esprit, on ne peut donc le voir que par l’Esprit, car c’est l’esprit qui fait vivre, la chair ne sert de rien.

Il en va de même pour le Fils : en tant qu’il est égal au Père, on ne peut le voir autrement que le Père, autrement que par l’Esprit.

Voilà pourquoi furent damnés tous ceux qui autrefois n’ont vu que l’homme dans le Seigneur Jésus Christ, sans voir ni croire, selon l’Esprit et selon Dieu, qu’il est vraiment le Fils de Dieu. Pareillement sont damnés tous ceux qui aujourd’hui leur ressemblent : ils voient bien, sous forme de pain et de vin, le sacrement du Corps du Christ, consacré sur l’autel par les mains du prêtre au moyen des paroles du Seigneur ; mais ils ne voient ni ne croient, selon l’Esprit et selon Dieu, que ce sont là réellement les très saints Corps et Sang de notre Seigneur Jésus Christ, au témoignage du Très Haut lui même qui affirme : Ceci est mon Corps, et le Sang de la Nouvelle Alliance, qui sera versé pour la multitude , et encore : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. ».

L’Esprit du Seigneur : il habite en ceux qui croient en lui ; c’est donc lui qui reçoit le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tous les autres, ceux qui n’ont point part à cet Esprit, s’ils ont l’audace de recevoir le Seigneur, mangent et boivent leur propre condamnation.

Race charnelle, combien de temps encore aurez vous le cœur si dur ? Pourquoi ne pas reconnaître la vérité ? Pourquoi ne pas croire au Fils de Dieu ? Voyez : chaque jour il s’abaisse, exactement comme à l’heure où, quittant son palais royal , il s’est incarné dans le sein de la Vierge ; chaque jour c’est lui même qui vient à nous, et sous les dehors les plus humbles ; chaque jour il descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre. Et de même qu’autrefois il se présentait aux saints apôtres dans une chair bien réelle, de même se montre-t-il à nos yeux maintenant dans du pain sacré. Les apôtres, lorsqu’ils le regardaient de leurs yeux de chair, ne voyaient que sa chair, mais ils le contemplaient avec les yeux de l’esprit, et croyaient qu’il était Dieu. Nous aussi, lorsque, de nos yeux de chair, nous voyons du pain et du vin, sachons voir et croire fermement que c’est là, réels et vivants, le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tel est en effet le moyen qu’il a choisi de rester toujours avec ceux qui croient en lui, comme il l’a dit lui même : Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde.

2.le péché de volonté propre

Le Seigneur dit à Adam : Tu peux manger des fruits de tous les arbres ; mais ne touche pas à l’arbre de la science du bien et du mal. Adam avait donc le droit de manger des fruits de tous les arbres du Paradis ; tant qu’il resta dans l’obéissance, il fut sans péché.

Manger les fruits de l’arbre de la science du bien signifie : s’approprier sa volonté, s’attribuer orgueilleusement le bien que l’on fait, alors qu’en réalité c’est le Seigneur en nous qui l’accomplit en paroles ou en actes. Mais on préfère écouter les insinuations du démon, on enfreint la défense ; alors le fruit de la science du bien se transforme en fruit de la science du mal, et il faut en subir le châtiment.

3. Obéissance parfaite et obéissance imparfaite

Le Seigneur dit dans l’Evangile : Celui qui n’abandonne pas tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple et encore : Qui veut sauver son âme doit la perdre. Comment faire pour abandonner tout ce que l’on possède ? Comment perdre son corps et son âme ? En se livrant tout entier à l’obéissance entre les mains de son supérieur. Tout ce que fait et tout ce que dit un sujet est acte d’obéissance véritable à deux conditions : d’une part qu’il s’agisse objectivement d’une bonne action ; d’autre part qu’on soit sûr de ne pas aller contre la volonté du supérieur.

Un sujet croit parfois sentir qu’une autre orientation serait meilleure et plus utile pour son âme que celle qui lui est imposée : qu’il fasse à Dieu le sacrifice de son projet, et qu’il se mette en devoir d’appliquer plutôt celui du supérieur. Voilà de la véritable obéissance, qui est aussi de l’amour : elle contente à la fois Dieu et le prochain.

Mais si le supérieur donnait un ordre contraire au salut de notre âme, il faudrait refuser de lui obéir, sans pour autant, rompre avec lui ou le quitter. Encourrait on les persécutions de certains à cause de cette attitude, on ne devrait que les en aimer davantage, pour l’amour de Dieu, car celui qui, bien loin de divorcer d’avec ses frères, préfère supporter leur hostilité, celui là reste dans l’obéissance parfaite : l’obéissance qui va jusqu’à donner sa vie pour ses frères.

Bien des religieux, malheureusement, s’imaginent découvrir qu’il y a mieux à faire que ce qu’ordonnent leurs supérieurs ; ils regardent en arrière et retournent à leur vomissement , c’est à dire à leur volonté propre. Ce sont des homicides, car leurs mauvais exemples sèment la mort dans beaucoup d’âmes.

4. ne pas s’approprier les charges

Ce n’est pas pour être servi que je suis venu, dit le Seigneur, mais pour servir.

Quand on a reçu autorité sur les autres, on ne doit pas plus en tirer gloire que si l’on était affecté à l’emploi de leur laver les pieds. Être plus désemparé de perdre un supériorat que de perdre l’emploi de laver les pieds, c’est amasser, comme Judas, un trésor frauduleux au péril de son âme ; et plus grand est le trouble, plus est coupable l’avarice.

5. Ne pas s’enorgueillir, mais placer sa fierté dans la Croix du Seigneur

Considère, ô homme, le degré de perfection auquel t’a élevé le Seigneur : il a créé et formé ton corps à l’image du corps de son Fils bien aimé, et ton esprit à la ressemblance de son esprit.

Et malgré cela, toutes les créatures qui sont sous le ciel servent leur créateur mieux que toi, elles le connaissent et lui obéissent mieux que toi, chacune selon sa nature. Bien pis, ce ne sont pas les démons qui l’ont crucifié : c’est toi qui, avec eux, l’as crucifié et le crucifies encore en prenant plaisir au vice et au péché. De quoi peux tu donc bien te glorifier ?

Même si tu avais tant de pénétration et tant de sagesse qu’aucune science n’aurait plus de secret pour toi ; même si tu savais interpréter toutes les langues et scruter les mystères divins avec une subtilité remarquable, de tout cela tu ne peux tirer aucune gloire. Le premier venu des démons a autrefois pénétré bien plus avant dans les mystères de Dieu, et connaît encore maintenant l’univers terrestre bien mieux que tous les hommes réunis (y compris celui qui reçut du Seigneur la grâce spéciale de la plus haute sagesse). De même, serais tu le plus beau et le plus riche des hommes, et ferais tu même des miracles au point de chasser les démons, tout cela peut se retourner contre toi, tu n’y es pour rien, et il n’y a rien là dont tu puisses tirer gloire. Mais ce dont nous pouvons tirer gloire, c’est de nos faiblesses. C’est de notre part quotidienne à la sainte Croix de notre Seigneur Jésus Christ.

6. L’imitation du Seigneur

Considérons frères, le bon Pasteur : pour sauver ses brebis, il a souffert la Passion et la Croix.

A sa suite, les brebis du Seigneur ont marché à travers les souffrances, les persécutions, les humiliations, la faim, les maladies, les tentations, et toutes sortes d’épreuves. En retour, elles ont reçu du Seigneur la vie éternelle.

Nous devrions avoir honte, nous, les serviteurs de Dieu. Car les saints ont agi : nous, nous racontons ce qu’ils ont fait, dans le but d’en retirer pour nous honneur et gloire.

7. Savoir, mais pour mieux agir

L’Apôtre dit : La lettre tue, mais l’esprit fait vivre.

La lettre tue ceux dont la curiosité s’arrête aux mots du texte ; ce qu’ils veulent, c’est paraître plus savants que les autres, et pouvoir acquérir ainsi de grandes richesses dont ils feront profiter leurs parents et amis, La lettre tue les religieux qui ne veulent pas approfondir l’esprit de la sainte Ecriture, mais qui préfèrent s’en tenir uniquement à la connaissance et au commentaire des mots.

L’esprit de la sainte Ecriture fait vivre ceux qui n’attribuent pas à leur valeur personnelle la science qu’ils possèdent ou désirent posséder, mais qui, par la parole et par l’exemple, en font hommage au Très haut Seigneur Dieu à qui appartient tout bien.

8. Éviter le péché d’envie

Sans le secours de l’Esprit Saint, dit l’Apôtre, nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ; sans le secours de l’Esprit Saint, nul, pas un seul homme, n’est capable de faire le bien.

C’est pourquoi celui qui est jaloux d’un de ses frères par l’intermédiaire duquel le Seigneur dit et fait du bien, celui là commet un véritable blasphème : c’est au Très Haut lui même que sa jalousie s’en prend, puisque c’est de Dieu seul que dérivent toute bonne parole et toute bonne action.

9. L’amour des ennemis

Aimez vos ennemis, dit le Seigneur.

Aimer vraiment son ennemi, c’est d’abord ne pas s’affliger des torts qu’on a subis soi même ; c’est ressentir douloureusement, mais comme une offense à l’amour de Dieu, le péché que l’autre a commis ; et c’est prouver à ce dernier, par des actes, qu’on l’aime toujours.

10. Réprimer les tendances égoïstes

A-t-on commis un péché ? C’est la faute au démon ! A-t-on subi une injustice ? C’est la faute au prochain ! Telle est l’attitude de beaucoup de chrétiens. Mais ce n’est pas sur autrui qu’il faut rejeter la faute : l’ennemi, chacun le tient à sa discrétion, l’ennemi c’est à dire l’égoïsme qui fait tomber dans le péché.

Heureux dès lors le serviteur qui gardera toujours enchaîné cet ennemi livré entre ses mains et saura sagement se prémunir contre lui : tant qu’il agira de la sorte, aucun autre ennemi, visible ou invisible, ne pourra lui nuire.

11. Ne pas se laisser ravager par le péché d’autrui

Un serviteur de Dieu ne doit éprouver de répulsion pour rien, si ce n’est pour le péché. Et même dans ce cas si grand que soit le péché commis, le serviteur de Dieu peut être atteint dans son amour pour Dieu offensé, mais jamais il ne doit perdre la paix de l’âme ni se mettre en colère : ce faisant, il s’attribuerait injustement un droit qui n’appartient qu’à Dieu : juger d’une faute.

Le serviteur de Dieu qui demeure inaccessible à la colère et au trouble dans ses rapports avec autrui, celui là mène une vie conforme à sa vocation, libre de tout attachement égoïste. Heureux celui qui ne s’arroge rien, qui rend à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

12. À quoi l’on reconnait l’Esprit du Seigneur

Voici comment reconnaître qu’un serviteur de Dieu possède l’Esprit du Seigneur : lorsque le Seigneur opère par lui quelque bien, la  » chair  » du serviteur de Dieu, alors, ne s’enorgueillit pas, cette chair toujours opposée à tout bien ; au contraire, il ne s’en méprise que davantage, et se juge plus indigne que tous les autres hommes.

Heureux les pacifiques : ils seront appelés fils de Dieu. Ce qu’un serviteur de Dieu possède de patience et d’humilité, on ne peut pas le savoir tant que tout va selon ses désirs. Mais vienne le temps où ceux qui devraient respecter ses volontés se mettent au contraire à les contester : ce qu’il manifeste alors de patience et d’humilité, voilà exactement ce qu’il en possède, et rien de plus.

13. L’Esprit de pauvreté

Heureux ceux qui ont l’esprit de pauvreté, car le royaume des cieux leur appartient. Il y en a beaucoup qui sont férus de prières et d’offices, et qui infligent à leur corps de fréquentes mortifications et abstinences. Mais pour un mot qui leur semble un affront ou une injustice envers leur cher  » moi « , ou bien pour tel ou tel objet qu’on leur enlève, les voilà aussitôt qui se scandalisent et perdent la paix de l’âme. Ceux là n’ont pas le véritable esprit de pauvreté : car celui qui a le véritable esprit de pauvreté se hait lui même, et chérit ceux qui le frappent sur la joue.

14. La paix de l’âme

Heureux les pacifiques : ils seront appelés fils de Dieu. Sont vraiment pacifiques ceux qui, malgré tout ce qu’ils ont à souffrir en ce monde, pour l’amour de notre Seigneur Jésus Christ, gardent la paix de l’âme et du corps.

15. La pureté du cœur

Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. Ont vraiment le cœur pur ceux qui méprisent les biens de la terre, cherchent ceux du ciel et ainsi purifiés de tout attachement de l’âme et du cœur, ne cessent jamais d’adorer et de voir rien d’autre que le Seigneur Dieu vivant et vrai.

16. Humilité du Serviteur de Dieu

Heureux le serviteur qui ne se glorifie pas plus du bien que le Seigneur dit et opère par lui, que du bien que le Seigneur dit et opère par un autre. On pèche quand on veut recevoir du prochain plus qu’on ne veut donner de soi au Seigneur Dieu.

17. Compassion pour le prochain

Heureux l’homme qui, dans les limites de sa propre faiblesse, soutient son prochain autant qu’il voudrait être soutenu par lui dans un cas analogue.

18. Rendre tout bien au Seigneur

Heureux le serviteur qui fait hommage de tout bien au Seigneur. Celui au contraire qui en revendique une part pour lui même, celui là cache au fond de lui même l’argent du Seigneur Dieu , et ce qu’il croyait posséder en propre lui sera enlevé.

19. Humilité malgré les louanges et les honneurs

Heureux le serviteur qui, lorsqu’on le félicite et qu’on l’honore, ne se tient pas pour meilleur que lorsqu’on le traite en homme de rien, simple et méprisable. Car tant vaut l’homme devant Dieu, tant vaut il en réalité, sans plus.

Malheur au religieux qui, appelé par ses frères à de hautes fonctions, refuse ensuite d’en descendre de son plein gré. Heureux le serviteur qui, appelé malgré lui à de hautes fonctions, n’a d’autre ambition que de servir les autres et de s’abaisser sous leurs pieds.

20. La vraie et la fausse joie

Heureux le religieux qui ne prend plaisir et joie que dans tout ce que le Seigneur a fait, et qui s’en sert pour porter les hommes à l’amour de Dieu en toute joie. Malheur au religieux qui se plaît aux histoires légères et frivoles, et qui s’en sert uniquement pour provoquer l’hilarité.

21. Légéreté et bavardage

Heureux le serviteur qui ne parle pas pour se faire valoir, qui ne fait pas étalage de sa valeur et qui n’est pas toujours avide de prendre la parole , mais qui s’exprime et répond avec sagesse et réflexion.

Malheur au religieux qui, au lieu de garder en son cœur les grâces dont le Seigneur le favorise, et au lieu d’en faire profiter les autres par ses actions, s’empresse en discours de les étaler aux yeux des hommes pour se faire valoir. Il en obtient la mesquine récompense qu’il convoitait, mais ceux qui l’écoutent n’en retirent que peu de fruit.

22. Acceptation des reproches

Heureux le serviteur qui supporte avec autant de patience que s’il se les infligeait lui même, les avertissements, accusations et réprimandes infligés par autrui.

Heureux le serviteur qui, lorsqu’il est repris, reconnaît facilement ses torts, cède volontiers, avoue humblement et répare de bon cœur.

Heureux le serviteur qui n’est pas prompt à s’excuser, et qui supporte humblement la honte d’être réprimandé pour une faute qu’il n’a pas commise.

23. La vraie humilité

Heureux celui que l’on trouve aussi humble au milieu de ses sujets que s’il était au milieu de ses supérieurs.

Heureux le serviteur qui reste toujours disposé à accueillir remarques et punitions.

Fidèle et prudent serviteur , celui qui, chaque fois qu’il en a offensé un autre, ne tarde pas à expier cet écart : intérieurement par le regret, extérieurement par l’aveu de sa faute et par des actes concrets de réparation.

24. L’amour fraternel

Heureux celui qui aimerait autant un frère malade et incapable de lui rendre service, qu’un frère bien portant qui peut lui être utile.

Heureux celui qui aimerait et respecterait autant son frère quand il est loin de lui que lorsqu’il est avec lui, et qui ne dirait pas derrière son frère ce qu’en toute charité il ne pourrait pas dire devant lui.

25. Honorer les clercs

Heureux le serviteur qui donne sa foi aux clercs qui vivent en accord avec l’enseignement et les institutions de la sainte Eglise romaine. Et malheur à ceux qui les méprisent : nul n’a le droit de juger les clercs, même pécheurs c’est le Seigneur qui se réserve de les juger lui même et lui seul.

En effet, ils sont les ministres des très saints Corps et Sang de notre Seigneur Jésus Christ ; c’est pourquoi, autant leur ministère surpasse les autres ministères, autant une faute contre eux surpasse en gravité une faute contre n’importe quel autre fidèle de ce monde.

26. Les vertus chassent les vices

Où règnent charité et sagesse,
Il n’y a ni crainte ni ignorance

Ou règnent patience et humilité,
Il n’y a ni colère ni trouble.

Ou règnent pauvreté et joie,
Il n’y a ni cupidité ni avarice.

Ou règnent paix intérieure et méditation,
Il n’y a ni désir de changement ni dissipation.

Où règne crainte du Seigneur pour garder la maison,
L’ennemi ne peut pratiquer nulle brèche pour y pénétrer.

Où règnent miséricorde et discernement,
Il n’y a ni luxe superflu ni dureté de cœur.

27. Discrétion sur les grâces de Dieu, de peur de les perdre

Heureux le serviteur qui amasse, mais dans le ciel, le trésor de grâces que le Seigneur lui offre et qui ne cherche pas, pour se faire valoir, à les manifester aux hommes ; car c’est le Très Haut lui même qui manifestera ses propres œuvres à qui il lui plaira. Heureux le serviteur qui conserve en son cœur les secrets du Seigneur.

Lettre à tous les fidèles
(Deuxième rédaction)

Adresse. But de la lettre

Au nom du Seigneur, Père, Fils et Saint Esprit. Amen.

A tous les chrétiens : religieux, clercs et laïcs, hommes et femmes, à tous les habitants du monde entier, le frère François, leur serviteur et leur sujet, hommage et respect, vraie paix du ciel et amour sincère dans le Seigneur.

Puisque je suis le serviteur de tous, je suis tenu de me mettre au service de tous, et de me faire pour vous tous le ministre des paroles toutes parfumées de mon Seigneur. Or je constate qu’il m’est impossible, à cause des maladies et de la faiblesse de mon corps, d’aller vous visiter tous et chacun ; c’est pourquoi j’ai eu l’idée de vous adresser la présente lettre et ce message, pour vous transmettre quand même les paroles de notre Seigneur Jésus Christ, qui est Parole du Père, et les paroles du Saint Esprit, qui sont Esprit et Vie.

I LE MYSTÈRE RÉDEMPTEUR

1. L’Incarnation

Ce Verbe du Père, si digne, si saint et si glorieux, le très haut Père du ciel annonça par son saint ange Gabriel qu’il viendrait dans le sein de la glorieuse Vierge Marie ; et de fait il reçut vraiment, dans son sein, la chair de notre fragile humanité. Lui qui était riche plus que tout, il a voulu, avec la bienheureuse Vierge sa mère, choisir la pauvreté.

2. L’Eucharistie

A l’approche de sa Passion, il célébra la Pâque avec ses disciples : prenant le pain, il rendit grâces, le bénit et le rompit, et déclara : Prenez et mangez : ceci est mon corps. Et prenant le calice il dit : Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle Alliance, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés.

3. L’offrande volontaire

Ensuite il pria son Père en disant : Père, si cela est possible, que ce calice s’éloigne de moi ! Et il lui vint une sueur comme de gouttes de sang tombant jusqu’à terre. Cependant, il mit sa volonté dans la volonté de son Père, en disant : Père, que ta volonté soit faite ; non pas comme je veux, mais comme toi tu veux.

4. La croix

Or, la volonté du Père fut que son Fils béni et glorieux, qu’il nous a donné et qui est né pour nous, s’offrît lui même par son propre sang, en sacrifice et en victime sur l’autel de la croix ; non pas pour lui même, par qui tout a été fait, mais pour nos péchés, nous laissant un exemple afin que nous suivions ses traces. Il veut que tous nous soyons sauvés par lui, et que nous le recevions dans un cœur pur et un corps chaste. Malheureusement, il en est peu qui aient la volonté de le recevoir et d’être sauvés par lui, bien que son joug soit doux et son fardeau léger.

II. LES EXIGENCES DE LA VIE CHRÉTIENNE

1. Amour et adoration de Dieu

Ceux qui ne veulent pas goûter combien le Seigneur est doux, qui préfèrent les ténèbres à la lumière, et qui refusent d’observer les commandements de Dieu, ceux là sont maudits ; c’est d’eux qu’il est dit par le Prophète : Maudits soient ceux qui s’écartent de tes commandements ! Mais, oh ! qu’ils sont heureux et bénis, au contraire, ceux qui aiment Dieu et qui pratiquent ce que le Seigneur lui même dit dans l’Evangile : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, et ton prochain comme toi même. Aimons donc Dieu et adorons le d’un cœur et d’un esprit purs, car c’est là ce qu’il requiert par-dessus tout quand il dit : Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tous ceux qui l’adorent doivent l’adorer dans l’Esprit de vérité. Adressons lui louanges et prières jour et nuit en disant :  » Notre Père qui es aux cieux !  » car il nous faut toujours prier et ne cesser jamais.

2. Vie sacramentelle

Nous avons aussi l’obligation de confesser au prêtre tous nos péchés, et de recevoir le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui ne mange pas sa chair et ne boit pas son sang ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Mais il faut manger et boire dignement, car celui qui le reçoit indignement, mange et boit sa propre condamnation, ne discernant pas le Corps du Seigneur, c’est à dire ne le distinguant pas des autres nourritures. Faisons, en outre, des actes concrets de pénitence.

3. Amour du prochain

Puis, aimons notre prochain comme nous mêmes. Et si quelqu’un ne veut pas ou ne peut pas aimer son prochain comme lui même, qu’au moins il n’aille pas lui faire de mal, mais qu’il lui fasse du bien.

 

 

Ceux qui ont été investis du pouvoir de juger autrui, qu’ils exercent leur charge de juge avec miséricorde, comme ils voudraient obtenir eux mêmes miséricorde du Seigneur. Car il sera jugé sans miséricorde, celui qui n’aura pas lui même exercé la miséricorde.

4. Aumône et jeûne

Ayons donc charité et humilité : faisons des aumônes, car elles lavent les âmes des souillures de leurs péchés. En effet, tout ce que les hommes doivent laisser en quittant ce monde est à jamais perdu pour eux, tandis qu’ils emportent avec eux le prix de leur charité et les aumônes qu’ils ont faites : ils en recevront de Dieu la récompense et une juste rémunération. Nous devons aussi jeûner, nous abstenir des vices et des péchés, de l’excès du manger et du boire ; et nous devons être catholiques.

5. Respect des églises et des prêtres

Nous devons aussi visiter fréquemment les églises, respecter et vénérer les clercs : non pas tellement à cause d’eux mêmes, car ils peuvent être pécheurs, mais à cause de leur charge, et parce qu’ils sont les ministres du Corps et du Sang très saints de notre Seigneur Jésus Christ, qu’ils sacrifient sur l’autel, qu’ils reçoivent eux mêmes, et qu’ils distribuent aux autres. Sachons bien, tous, que nul ne peut être sauvé que par les saintes paroles et par le Sang de notre Seigneur Jésus Christ, que les clercs prononcent, proclament et distribuent ; c’est à eux seuls qu’il revient de les distribuer, et non à d’autres.

6. Exigences particulières pour les religieux

Pour les religieux, qui ont renoncé au monde, il y a une obligation spéciale de faire plus et mieux, mais sans omettre le reste.

Nous devons avoir en haine nos corps, avec les vices et les péchés, parce que le Seigneur dit dans l’Evangile : Tous les vices et péchés sortent du cœur. Nous devons aimer nos ennemis et faire du bien à ceux qui nous haïssent. Nous devons observer, outre les préceptes, les conseils de notre Seigneur Jésus Christ.

 

De plus, nous devons nous renoncer nous mêmes et courber nos corps sous le joug de la servitude et de la sainte obéissance, comme chacun de nous l’a promis au Seigneur. Mais l’obéissance n’impose à personne d’obéir en matière de délit ou de péché.

Celui à qui a été confiée l’autorité, et qui est considéré comme plus grand que ses frères, qu’il soit comme le plus petit et le serviteur des autres frères ; il doit éprouver foncièrement et témoigner à chacun de ses frères autant de bonté qu’il voudrait s’en voir témoigner à lui même s’il était a leur place. Loin de s’irriter lorsqu’un frère aura commis une faute, en toute patience et humilité il saura donner un avertissement et l’aider avec une affectueuse douceur.

Nous ne devons être ni sages ni prudents selon la chair ; nous devons plutôt être simples, humbles et purs. Ne ménageons à nos corps ni les affronts ni le mépris, parce que tous, par notre faute, nous sommes misérables, pourris et fétides : des vers, comme dit le Seigneur par le Prophète : Je suis un ver et non un homme, le mépris des hommes et le rebut du peuple. Jamais nous ne devons désirer d’être au dessus des autres ; mais nous devons plutôt être les serviteurs et les sujets de toute créature humaine à cause de Dieu.

III. LES MERVEILLES DE LA VIE CHRÉTIENNE

Tous ceux et toutes celles qui agiront ainsi et qui persévéreront jusqu’à la fin, l’Esprit du Seigneur reposera sur eux et fera en eux son habitation et sa demeure, et ils seront les fils du Père céleste dont ils font les œuvres et ils sont époux frères et mères de notre Seigneur Jésus Christ. Ses époux lorsque, par l’Esprit Saint, l’âme fidèle est unie à Jésus Christ. Ses frères lorsque nous faisons la volonté de son Père qui est dans le ciel. Ses mères lorsque nous le portons dans notre cœur et dans notre corps par l’amour, par la loyauté et la pureté de notre conscience, et que nous l’enfantons par nos bonnes actions, qui doivent être pour autrui une lumière et un exemple.

 

 

Oh ! qu’il est glorieux et saint et grand d’avoir un Père dans les cieux ! Oh ! qu’il est saint et beau, magnifique et admirable, d’avoir dans les cieux un Epoux ! Oh ! que c’est chose sainte et chère, plaisante et humble, apaisante et douce, aimable et désirable plus que tout, d’avoir un tel frère et un tel fils, qui a donné sa vie pour ses brebis, et qui a prié son Père pour nous en disant :  » Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés. Père, tous ceux que tu m’as donnés en ce monde étaient à toi, et tu me les as donnés. Les paroles que tu m’as données, je les leur ai dites, et ils les ont reçues ; ils ont vraiment cru que je suis sorti de toi, et ils ont reconnu que c’est toi qui m’as envoyé. Je prie pour eux, non pour le monde : bénis les et sanctifie les. Pour eux, moi même, je me sanctifie, pour qu’ils soient sanctifiés tous ensemble, comme nous. Et je veux, Père, que là où je suis, eux aussi soient avec moi, pour qu’ils voient ma splendeur dans ton royaume. « 

Puisqu’il a tant souffert pour nous, puisqu’il nous a apporté et nous apportera encore tant de biens, que toute créature qui est dans le ciel et sur la terre, dans la mer et dans les abîmes, rende à Dieu louange, gloire, honneur et bénédiction, car c’est lui notre courage et notre force puisqu’il est le seul bon, le seul très haut, le seul tout puissant, admirable, glorieux et le seul saint, lui qu’il faut louer et bénir dans les siècles infinis des siècles. Amen.

 

 

 

IV. L’ESCLAVAGE DU PÉCHÉ

1. Les dupes du démon

Au contraire, tous ceux qui ne vivent pas dans la pénitence ; qui ne reçoivent pas le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ ; qui s’adonnent aux vices et aux péchés ; qui suivent leur pente vers le mal et leurs mauvais désirs ; qui n’observent pas ce qu’ils ont promis d’observer qui font de leur corps l’esclave du monde, des désirs charnels, des soucis et des agitations ambitieuses d’ici bas séduits par le diable dont ils sont les fils et dont ils accomplissent les œuvres, ce sont des aveugles, car ils ne voient pas la vraie lumière, notre Seigneur Jésus Christ. Ils ne possèdent pas la sagesse spirituelle, puisqu’ils n’ont pas en eux le Fils de Dieu, qui est la vraie Sagesse du Père. C’est d’eux qu’il est dit : Leur sagesse a été engloutie. Ils voient le mal, ils le reconnaissent comme tel, ils le font sciemment, et sciemment ils perdent leur âme.

 

 

Mais prenez garde, aveugles : vous vous êtes laissé séduire par vos ennemis, qui sont la chair, le monde et le diable, parce qu’il est bien agréable pour le corps de commettre le péché, et très amer de servir Dieu, parce que tous les vices et péchés sortent et procèdent du cœur de l’homme, comme dit le Seigneur dans l’Evangile. Vous n’avez rien à vous, ni en ce monde ni en l’autre. Vous croyez que vous allez conserver longtemps les biens de ce monde qui ne sont que vanité ; mais vous vous trompez car viennent le jour et l’heure auxquels vous ne pensez pas qui vous sont inconnus et que vous ignorez.

2. Illustration concrète : la mort du pécheur

Le corps s’affaiblit, la mort approche, parents et amis viennent dire :  » Prends tes dispositions ! « 

Et voilà sa femme et ses enfants, ses amis et ses proches qui font semblant de pleurer. Il regarde autour de lui, voit les siens en larmes et, se laissant aller à une émotion coupable, il pense en lui même et dit :  » Tant pis ! Mon âme, mon corps et tous mes biens, je les remets entre vos mains « . Vraiment cet homme est maudit, qui confie et remet son âme, son corps et tous ses biens en de telles mains. Aussi le Seigneur dit il par le Prophète : Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme.

Aussitôt on fait venir un prêtre qui lui dit :
– veux tu recevoir l’absolution de tous tes péchés ?
– Oui, répond il.
– Veux tu, dans la mesure où tu le peux, prendre sur ta fortune pour réparer tes fautes et restituer à ceux que tu as volés et trompés ?
– Non !
– Et pourquoi non ? dit le prêtre.
– Parce que j’ai tout remis entre les mains de mes parents et amis…
Et il commence à perdre la parole. Ainsi meurt il, le malheureux.

Or, que tous le sachent bien ; si un homme, – que ce soit ici ou là, aujourd’hui ou demain, de telle manière ou autrement, peu importe, – meurt en état de péché mortel, sans pénitence et sans réparation, alors qu’il avait la possibilité de réparer et qu’il ne l’a pas fait, le diable lui arrache l’âme du corps, lui causant tant d’angoisse et de tourment, que nul ne peut s’en faire une idée, sauf celui qui en est la victime. Talents, pouvoir et science, tout ce qu’il croyait avoir lui sera enlevé. Il le laisse à ses parents et amis qui emportent et se partagent ses biens, et qui disent ensuite : ; Maudite soit son âme ! Il aurait pu nous donner bien davantage, et amasser plus qu’il n’a amassé !  » Le corps est la proie des vers ; et ainsi perd il son âme et son corps en ce monde qui passe si vite, et il ira en enfer où il sera tourmenté sans fin.

 

 

CONCLUSION

Pratiquer et diffuser la parole de Dieu

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

Moi, frère François, votre petit serviteur, je vous prie et supplie, dans l’amour qu’est Dieu, et avec la volonté de vous baiser les pieds, d’accueillir comme vous le devez, avec humilité et charité, ces paroles toutes parfumées de notre Seigneur Jésus Christ, de les observer et de les mettre en pratique. Tous ceux et toutes celles qui accueilleront ces paroles avec bienveillance, qui les méditeront et en adresseront à d’autres des exemplaires, s’ils persévèrent jusqu’à la fin à en observer les enseignements, qu’ils soient bénis du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

 

Fête de S. François d’Assise 4 octobre

texte composé d’extraits d’homélies ou divers textes de notre bon Pape François ….. :

texte composé d’extraits d’homélies ou divers textes de notre bon Pape François ….. :

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Blf_O3gCcAAsykA  CHEMIN DE CROIX

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texte composé d’extraits d’homélies ou divers textes

de et par notre bon Pape François, recueillis sur le net  ….. : 
( j’adore SES paroles … CES paroles !!!! )
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Hosanna !
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« Jésus entre à Jérusalem. La foule des disciples l’accompagne en fête, les manteaux sont étendus devant lui, on parle des prodiges qu’il a accomplis, un cri de louange s’élève : Béni soit celui qui vient, lui, notre roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux.

Foule, fête, louange, bénédiction, paix. C’est un climat de joie que l’on respire. Jésus a réveillé dans le cœur tant d’espérances surtout chez les gens humbles, simples, pauvres, oubliés, ceux qui ne comptent pas aux yeux du monde.

Lui a su comprendre les misères humaines, il a montré le visage de miséricorde de Dieu, il s’est baissé pour guérir le corps et l’âme.

Tel est Jésus, avec un cœur qui regarde chacun de nous, nos maladies et nos péchés. Grand est son amour. C’est avec cet amour qu’il est entré dans Jérusalem… »

Ne nous fâchons pas !
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« Demandons au Seigneur de nous faire comprendre la loi de l’amour. Qu’il est bon de posséder cette loi ! Comme cela nous a fait du bien de nous aimer les uns les autres au-delà de tout ! Oui, au-delà de tout !

À chacun de nous est adressée l’exhortation paulinienne : “ Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien ” (Romains 12, 21). Et aussi : “ Ne nous lassons pas de faire le bien ” (Galates 6, 9).

Nous avons tous des sympathies et des antipathies, et peut-être justement en ce moment sommes-nous fâchés contre quelqu’un.

Disons au moins au Seigneur : “ Seigneur, je suis fâché contre celle-ci ou celui-là. Je te prie pour lui ou pour elle. ”

Prier pour la personne contre laquelle nous sommes irrités, c’est un beau pas vers l’amour, et c’est un acte d’évangélisation. »

photo-pape

Dieu est le plus fort !
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« Que de difficultés dans la vie de chacun de nous, dans l’existence des personnes, dans nos communautés, mais pour aussi énormes que ces difficultés puissent sembler, Dieu ne nous laisse jamais en être submergés.

Face au découragement qui pourrait être dans la vie et qui pourrait gagner ceux qui œuvrent pour l’évangélisation ou qui font l’effort de vivre la foi en tant que père et mère de famille, je voudrais dire avec force : ayez toujours dans vos cœurs cette certitude : Dieu marche à vos côtés, il ne vous abandonne en aucun moment !

Ne perdez jamais l’espérance ! Ne l’éteignez jamais dans vos cœurs! Le “ dragon ”, le mal, est présent dans notre histoire, mais il n’est pas le plus fort. Dieu est le plus fort ! Dieu est notre espérance !

Évangéliser avec bonheur  …​
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« Le véritable missionnaire, qui ne cesse jamais d’être disciple, sait que Jésus marche avec lui, parle avec lui, respire avec lui, travaille avec lui.

Il ressent Jésus vivant avec lui au milieu de l’activité missionnaire. Si quelqu’un ne le découvre pas présent au cœur même de la tâche missionnaire, il perd aussitôt l’enthousiasme et doute de ce qu’il transmet, il manque de force et de passion.

Et une personne qui n’est pas convaincue, enthousiaste, sûre, amoureuse, ne convainc personne. »

Vous aussi aidez-vous l’un l’autre !
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Giotto, Crucifixion, 1315

« C’est l’exemple du Seigneur : Lui est le plus important et il lave les pieds, parce que parmi nous celui qui est le plus grand doit être au service des autres. Et cela est un symbole, c’est un signe, non ?

Laver les pieds c’est : “je suis à ton service”. Et nous aussi, parmi nous, n’est-ce pas que nous devons laver les pieds tous les jours l’un à l’autre, mais qu’est-ce que cela signifie ? Que nous devons nous aider, l’un l’autre.

Parfois je me suis mis en colère avec l’un, avec une autre… Mais… laisse tomber, laisse tomber, et s’il te demande un service, fais-le.

Nous aider l’un l’autre : c’est ce que Jésus nous enseigne et c’est cela que je fais, et je le fais de tout cœur, parce que c’est mon devoir.

Comme prêtre et comme évêque je dois être à votre service. Mais c’est un devoir qui me vient du cœur : je l’aime. J’aime cela et j’aime le faire parce que le Seigneur m’a enseigné ainsi.

Mais vous aussi, aidez-vous : aidez-vous toujours. L’un l’autre. Et ainsi en nous aidant nous nous ferons du bien. Et pensons que ce signe est une caresse de Jésus, que fait Jésus, parce que Jésus est venu précisément pour cela : pour servir, pour nous aider. »

Se laisser regarder par Jésus crucifié ….
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« D’où part le chemin de François vers le Christ ? Il part du regard de Jésus sur la croix. Se laisser regarder par Lui au moment où il donne sa vie pour nous et nous attire à Lui.

François a fait cette expérience particulièrement dans la petite église de saint Damien, durant sa prière devant le crucifix, que moi aussi je pourrai vénérer aujourd’hui.

Sur ce crucifix Jésus n’apparaît pas mort, mais vivant ! Le sang coule des blessures de ses mains, de ses pieds et de son côté, mais ce sang exprime la vie.

Jésus n’a pas les yeux fermés, mais ouverts, grands ouverts : un regard qui parle au cœur.

Et le Crucifié ne nous parle ni de défaite, ni d’échec ; paradoxalement, il nous parle d’une mort qui est vie, qui enfante la vie, parce qu’elle nous parle d’amour, parce que c’est l’Amour de Dieu incarné, et l’Amour ne meurt pas, au contraire, il triomphe du mal et de la mort.

Celui qui se laisse regarder par Jésus crucifié est re-créé, il devient une « nouvelle créature ».

Sortir de soi-même ​…​
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« Vivre la Semaine sainte, c’est entrer toujours davantage dans la logique de Dieu, dans la logique de la Croix, qui n’est pas avant tout celle de la douleur et de la mort, mais celle de l’amour et du don de soi qui apporte la vie. C’est entrer dans la logique de l’Évangile.

Suivre, accompagner le Christ, demeurer avec Lui exige de “ sortir ”, sortir. Sortir de soi-même, d’une manière de vivre la foi lasse et routinière, de la tentation de s’enfermer dans nos propres schémas qui finissent par refermer l’horizon de l’action créative de Dieu.

Dieu est sorti de lui-même pour venir au milieu de nous, il a planté sa tente parmi nous pour nous apporter sa miséricorde qui sauve et donne espérance.

Nous aussi, si nous voulons le suivre et rester avec Lui, nous ne devons pas nous contenter de rester dans l’enclos des quatre-vingt-dix-neuf brebis, nous devons “ sortir ”, chercher avec Lui la brebis égarée, la plus éloignée.

Souvenez-vous bien : sortir de nous-mêmes, comme Jésus, comme Dieu est sorti de lui-même en Jésus et Jésus est sorti de lui-même pour nous tous.

(…). Dieu pense comme le Samaritain qui ne passe pas près du malheureux en le plaignant ou en regardant ailleurs, mais en le secourant sans rien demander en échange ; sans demander s’il était juif, s’il était païen, s’il était samaritain, s’il était riche, s’il était pauvre : il ne demande rien. Il ne demande pas ces choses-là, il ne demande rien. Il lui vient en aide : Dieu est ainsi. Dieu pense comme le pasteur qui donne sa vie pour défendre et sauver les brebis. »

Saint Jour de Pâques ​ !!! ​
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Il n’y a qu’une chose à dire : Il est vivant ! Le Christ est ressuscité ! C’est tout ! Rien d’autre n’est important ! Mais ça, c’est important de le dire ! Il faut courir l’annoncer, il faut en témoigner, il faut que ça se sache ! Il est vivant, nous en sommes témoins…, nous avons rencontré des témoins, et nous sommes devenus témoins depuis notre baptême… Alors, avec quel empressement, ce matin, annonçons-nous la Résurrection du Christ ?
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BlUnjL7CIAAhzFI
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patrick

Qu’est ce que la syringomyélie … ?

La syringomyélie … c’est QUOI  ?

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Avant de vous parler de cette maladie, je  vous donne la  liste de «  »mes » » maladies dans l’ordre de gravité …..sachant que chacune des 3 dernières  maladies me rapproche de « la fin »…!!!

– neurodystrophie  chronique, ( mon cerveau n’envoie plus le signal de guérison au corps …)
– arthrose généralisée à toutes les articulations et gagnant du terrain rapidement,
– staphylocoque doré osseux, (attrapé après ma troisième opération !!)
– disques et hernies sur 6 étages lombaires et sacrées, (inopérables)
– coxarthrose, (inopérables)
– maladie de Kienböck, ( maladie du semi lunaire, os du poignet qui se nécrose .. 3 opérations et retrait également du scaphoïde aux 2 poignets, qui sont maintenus par une plaque et des vis  … j’ai encore 2 os et 2 tendons arrachés  et ne peux plus être opéré … )

et les plus belles, rares, et graves  pour la fin !!

– sclérose en plaque, ( plus connue et une vraie calamité !! )

– rétention liquide céphalique due au syndrome du « bébé secoué » proche de la maladie d’Arnold-Chiari (Hé oui j’ai la chance de venir de la DDASS et je sais maintenant pourquoi …. maltraitances !!! ) qui est très douloureuse avec des blocages et douleurs immondes au niveau du cou de la tête et des douleurs ou paralysies dans la partie supérieure du corps !!!je n’ose même pas vous parler du ressenti psychologique lors de la découverte de ces faits !!!! …. pffffffffff

– syringomyélie … TELLEMENT RARE QUE JE VOUS EN FAIS UNE DESCRIPTION COMPLÈTE CI-DESSOUS…….. 

je cumule, mais ne suis pas payé plus,  bien au contraire des politiciens …!!! 

et …….  je ne souhaite à personne de subir ne serait ce que le quart des souffrances de ces

maladies…… !!!

JE NE PEUX QUASIMENT PLUS ÉCRIRE .. NI MARCHER .. NI PARLER …..ETC…TOTALEMENT DÉPENDANT ET ALITE 24H/24 H !!!

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EXTRAIT DE LA PAGE  CI-DESSOUS

http://www.apaiser.asso.fr/articles.php?lng=fr&pg=64

EXTRAITE DU SITE DE L’ASSOCIATION APAISER.FR

http://www.apaiser.asso.fr/index.php?lng=fr

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Au départ…

Une malformation congénitale…

Un traumatisme crânien et/ou vertébral…

Un virus…

Et un jour, vous vous retrouvez avec d’infernales fatigues, d’atroces douleurs,

des paralysies irréversibles.

Et cela sans possibilité de revenir à la case « Départ »

Au départ, plusieurs sentiments les fondateurs :

faire connaître cette terrible « maladie orpheline », la « dire » à nos conjoints,

médecins, amis… Afin qu’ils puissent entrer dans la compréhension de nos

souffrances et de nos douleurs

La plupart d’entre nous ont longtemps « ramé » à propos de leur maladie,

avant qu’elle ne soit définie.

Un grand allié, invention récente, je veux parler de l’Imagerie par Résonance

Magnétique Nucléaire…, appelée familièrement l’IRM, a permis de mettre en

évidence, respectivement, des déplacements, imperforations et cavités

dans le cervelet, la jonction médullaire et la moelle épinière.

Syringomyelia.jpg

Donc l’IRM a mis en évidence la syringomyélie.

Notre site à pour prétention de secouer le monde !

Principalement le monde médical, afin de faire connaître la syringo, que

nos douleurs soient sé-rieu-se-ment prisent en compte, que cesse la

mascarade des soignants.


Messieurs et Mesdames, il n’y a pas que les « cancéreux en phase Terminale » qui souffrent.!!!

Les antalgiques ont le don d’apaiser les douleurs… Mais… Mais nous sommes loin

du compte… Alors, on nous fait tester les neuro-stimulateurs, l’implantation de pompes

à morphine, des tri-thérapies et autres joyeusetés.( POUR MA PART JE PRENDS 2,40G DE

MORPHINE PAR JOUR PLUS NOMBRE XXX D’ANTI DOULEURS DIVERS ET AUTRES ANTI

DÉPRESSEURS, NEUROLEPTIQUES …. ETC….

CE TRAITEMENT ME STABILISE, MAIS NE PEUT EMPÊCHER LES MALAISES ET AUTRES

DÉSAGRÉMENTS LIÉS  A CETTE MALADIE, DONT J’AI RESSENTI QUASIMENT TOUS LES

MÉFAITS !!!

Un détail, en passant, je ne vous parlerai pas des effets pervers de toute la panoplie médicale.

Il y a également ceux que l’on dit « inopérables«  (J’EN SUIS). Il ne faut pas oublier

la complexité et la dangerosité à toucher cette partie noble de l’être humain.

Alors ? Quel est notre avenir… ?????

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AUCUNE RÉPONSE CAR LES LABOS NE VEULENT PAS

CHERCHER POUR SI PEU DE PERSONNES !!!!!

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La Carte des Syringos par département

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Carte des syringos par département en Mars 2013

SYMPTÔMES ET EFFETS

(ce que je ressens !!!)

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*  Mal au dos (brûlures) après moindre petit effort
* Transpiration importante dans le dos principalement
* Douleurs aiguës et momentanées sur tout le tronc   

                                            * montée extrême de fièvre inexpliquée (à surveiller de près)

* Mouvements incontrôlés des épaules
* Maux de tête
* Bourdonnement momentané de l’oreille  droite
* Problèmes de déglutition
* Perte d’équilibre
* Sensation «de brouillé»
* Grande fatigabilité et manque de force général
* Problème de vision à gauche (nystagmus)
* Sursauts violents aux moindres bruits
* Mouvements limités du bras gauche
* Sensibilité profonde diminuée
* Douleurs aiguës et  momentanées sur l’avant bras
* Fourmis dans la main accentuées lors de mouvement : brûlures
* Raideurs et crampes dans la main et le bras
* Extrémités froides
* Sensibilité désagréable dans la main & le bras
* Annulaire et auriculaire toujours repliés
* Sensibilité profonde diminuée
* Fourmis dans la main accentuées lors de mouvements : brûlures
* Raideurs & crampes dans la main et le bras
* Extrémités froides
* Sensibilité profonde diminuée à gauche
* Impatiences au repos
* Jambes droite et gauche engourdies
* Extrémités froides gauches et droites
* Douleurs aiguës et momentanées au bas ventre 
* paralysies

etc ..

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http://www.apaiser.asso.fr/articles.php?lng=fr&pg=144

S’IL VOUS PLAÎT ALLEZ VISITER CE SITE TRÈS COMPLET…

LA RÉFÉRENCE !!!!!

POUR CETTE MALADIE … ……………..MERCI !!!!

 APAISER (Association Pour Aider et Informer les Syringomyéliques Européens Réunis)

http://www.apaiser.asso.fr ou tel 02 99 94 38 35 ou 04 73 96 56 57

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AUTRES SITES INTERNET PRIS AU HASARD ET EN VOUS DISANT CE QUE J’EN PENSE …..

ET CE,  EN TOUTE FRANCHISE COMME D’HABITUDE ….

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WIKIPEDIA.

simple  et ne s’avancent pas dans des théories fumeuses …. l’essentiel mais un peu de références seraient bienvenues … mais pour celui qui n’est ps concerné ça suffit !!!

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LA SYRINGOMYÉLIE SELON WIKIPEDIA

Image d'un examen IRM
La syringomyélie est liée à la pénétration de liquide céphalo-rachidien dans la moelle épinière.

 Syringomyélie

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  La syringomyélie est une maladie de la moelle épinière liée au développement d’une cavité en son centre qui tend à comprimer et à détruire progressivement la substance grise puis la substance blanche.

Physiopathologie
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Les causes de l’apparition de la cavité intra-médullaire sont inconnues. Son évolution spontanée se fait vers un agrandissement avec altérations anatomiques de plus en plus importantes. Dans plus de 90 % des cas, la syringomyélie est associée à une malformation d’Arnold-Chiari : le bulbe et les tonsilles cérébelleuses  (deux structures du tronc cérébral normalement contenues dans la boîte crânienne) se trouvent en aval du foramen magnum (ce qui peut entrainer leur compression). Les signes et symptômes de la maladie sont donc causés par une compression et une destruction des structures de la moelle à partir d’une cavité qui grandit à ses dépens.

Histoire
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En 1882 Otto Kahler et Friedrich Schultze publient le tableau clinique de la maladie. En 1890 Jules Dejerine et Georges Guinon montrent l’unicité de la maladie avec le panaris analgésique de Morvan découvert en 1883.

Diagnostic
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L’apparition des signes est progressive, insidieuse, sur plusieurs années.

    -Syndrome lésionnel : il est responsable de douleurs et paresthésies (picotements, fourmillements) des membres supérieurs avec troubles moteurs (baisse de la force motrice), abolition des réflexes ostéo-tendineux, crampes, amyotrophie importante (fonte des masses musculaires). L’examen retrouve aussi une altération de la sensibilité dans le même territoire : anesthésie thermo-algésique (le patient ne ressent plus le chaud et froid, ni la douleur), sensation subjective de brulures. Les troubles trophiques sont fréquents (escarres, mal perforant).
    -Syndrome sous lésionnel (dans les stades avancés) : avec syndrome pyramidal et syndrome cordonal postérieur. Le syndrome pyramidal entraine des troubles de la marche, une hyperréflexie des membres inférieurs, un signe de Babinski. Le syndrome cordonal postérieur entraine une altération de la sensibilité profonde, aussi dite proprioceptive (celle qui permet de savoir, même les yeux fermés, dans quelle position se trouvent les membres).
    -En cas de malformation d’Arnold-Chiari, on peut retrouver (par compression du bulbe et des amygdales cérébelleuses) un nystagmus, des douleurs de la face (par atteinte du Ve nerf crânien ou de son noyau), une atrophie de la langue (atteinte du noyau du XII), une paralysie vélo-palato-pharyngo-laryngée (par atteinte des noyaux du X et du XI).

Évolution
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Elle est variable, mais le plus souvent très progressive, sur plusieurs années. Dans de rares cas, la maladie devient très invalidante en quelques mois en raison d’une croissance rapide de la cavité syringomyélique

Traitement
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Le seul traitement connu et efficace est celui de la malformation d’Arnold-Chiari, lorsqu’elle est associée à la syringomyélie : traitement chirurgical avec laminectomie étendue et plastie du trou occipital. Cette opération permet de faire régresser le syndrome sous-lésionnel, mais ne peut malheureusement pas améliorer le syndrome lésionnel (la cavité est toujours présente).

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SUR LE SITE DE «  » DOCTISSIMO «  »

simpliste au possible …..un exemple

Les causes sont nombreuses :

Syringomyélies primitives (sans cause connue) ;
    Syringomyélies associées à une malformation d’Arnold-Chiari.

ils donnent deux causes et une non connue ….alors on laisse tomber dès les premiers mots !!

http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa-1017-syringomyelie.htm

Syringomyélie
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Qu’est-ce que c’est ?

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La maladie est définie par l’existence d’une cavité à l’intérieur de la moelle épinière. Cette cavité peut être plus ou moins longue et contient du liquide céphalo-rachidien sous tension. La moelle cervicale est la plus touchée. La cavité peut néanmoins s’étendre dans le tronc cérébral au niveau du bulbe.

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Causes et facteurs de risque
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Les causes sont nombreuses :

    Syringomyélies primitives (sans cause connue) ;
    Syringomyélies associées à une malformation d’Arnold-Chiari.

Le syndrome d’Arnold-Chiari est une malformation du cervelet dont une partie est en position cervicale car engagée au travers du trou occipital lui-même malformé. Parfois silencieuse, cette anomalie peut expliquer une hypertension intra-crânienne ou certains troubles neurologiques.

    Syringomyélies secondaires à une paraplégie traumatique ou une méningite ;
    Syringomyélies révélant une malformation vasculaire ou une tumeur de la moelle.

Les signes de la maladie
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La maladie se développe vers 25 à 35 ans et évolue lentement.

Le début de l’affection passe souvent inaperçu.

Le tableau clinique complet comprend :

    Des troubles moteurs et sensitifs lésionnels au niveau correspondant à l’innervation des racines partant de la moelle en général cervicale ;
    Des troubles trophiques ;
    Un syndrome sous-lésionnel.

Les troubles moteurs comprennent une atteinte asymétrique des mains avec déficit moteur et amyotrophie (fonte musculaire) des petits muscles réalisant un aspect de main très particulier. Les réflexes ostéotendineux sont abolis aux membres supérieurs.

Les troubles sensitifs sont des dysesthésies, des douleurs qui sont fréquentes dans les formes algiques de la maladie.

Un symptôme très particulier est souvent noté : il s’agit d’une hypoesthésie puis d’une anesthésie thermo-analgésique suspendue : en d’autres termes, le trouble sensitif ne concerne que la sensibilité au chaud, au froid et à la douleur (piqûre). Par contre, le tact, la sensibilité profonde sont conservés, ce qui est expliqué par l’anatomie (les voies sensitives véhiculant les sensibilités thermiques et douloureuses croisent la ligne médiane à chaque étage alors que les fibres qui véhiculent le tact fin montent dans la moelle du côté de leur entrée et ne croisent la ligne médiane que dans le bulbe).

Le trouble sensitif lésionnel est suspendu, limité entre deux niveaux radiculaires.

Les brûlures anesthésiques sont typiques : le patient peut en effet se brûler en touchant les objets chauds sans ressentir de douleur. La sensation de toucher (tact) est conservée mais pas la sensation de douleur.

Les troubles trophiques sont nombreux, parfois révélateurs: arthropathies nerveuses touchant l’épaule, cyphoscoliose, aspect dit succulent des mains, panaris, maux perforants…

Le syndrome sous-lésionnel s’observe en dessous de la lésion médullaire : il se traduit par une discrète spasticité (raideur musculaire, hypertonie), une exagération des réflexes (ROT), une diminution progressive de la force des membres inférieurs (paraparésie spasmodique). Un signe de Babinski est possible.

Examens et analyses complémentaires
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Les radiographies du rachis cervical montrent parfois des images évocatrices. Une malformation de la charnière entre la colonne cervicale et la base du crâne est toujours recherchée.

La ponction lombaire est normale.

La tomodensitométrie et surtout l’imagerie par résonance magnétique permettent le diagnostic.

Evolution de la maladie
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L’évolution est imprévisible. Une syringomyélie peut présenter des périodes de stabilité prolongée mais aussi des périodes d’évolutivité avec risques d’aggravation rapide (troubles de la déglutition).

L’invalidité reste très longtemps modérée.

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Traitement
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Le traitement neurochirurgical s’impose dans les formes douloureuses, les formes évolutives et les formes associées à une malformation d’Arnold-Chiari.

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VULGARIS  medical.com

je ne sais pas pourquoi «  » vulgaris «  »??? car il faut avoir un BAC plus au moins une dizaine en plus pour comprendre !! tu m’étonnes qu’il y en a qui sont plus savants que leur médecin!!! pffff

http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/syringomyelie

Syringomyélie

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Définition
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La syringomyélie est une maladie relativement rare, se caractérisant par la présence dans la moelle épinière (plus particulièrement dans le segment cervical, correspondant à peu près au cou) d’une cavité se formant progressivement dans la substance grise, et contenant un liquide pathologique (jaunâtre). Ceci aboutit à la destruction progressive des fibres nerveuses spécialisées dans la sensibilité de la peau au chaud, au froid et à la douleur.

Généralités
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La syringomyélie est une maladie qui se caractérise par la présence, à l’intérieur de la moelle épinière, d’une cavité qui, généralement non présente à la naissance. La partie de la moelle épinière la plus souvent concernée est la moelle cervicale (correspondant au cou). Cette cavité a également pour caractéristique de descendre plus ou moins bas à l’intérieur de la moelle épinière de la colonne vertébrale dorsale.

Les lésions consécutives à la syringomyélie sont avant tout la destruction des fibres nerveuses qui transportent les sensations sensitives (pour les cornes postérieures de la moelle épinière avec perturbations de la sensibilité) et motrices  (pour les cornes antérieurs de la moelle épinière avec perturbations de la motricité).

Quand ce sont les cornes postérieures de la moelle épinière qui sont concernés le patient souffre d’anesthésie (disparition plus ou moins complète de la sensibilité superficielle ou profonde) plus ou moins importante à la température et à la douleur dans le territoire qui correspond aux fibres nerveuses concernées. Il peut s’agir du cou, des membres supérieurs ou de la partie supérieure du thorax.

Quand il s’agit des cornes antérieures de la moelle épinière, le patient va souffrir de perturbations de sa motricité avec apparition, selon les cas, d’une faiblesse, d’une atrophie musculaire (diminution du volume des muscles) ou d’une abolition des réflexes (tendineux).

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Classification
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La syringobulbie est une affection analogue à la syringomyélie. La syringomyélie est susceptible d’évoluer vers la syringobulbie correspondant à des complications au cours de laquelle la cavité malformative se localise au niveau du bulbe au lieu de la moelle épinière (comme dans la syringomyélie). Au cours de cette affection qui ne comporte pas de lésions des organes eux-mêmes (pharynx, larynx, muscles du visage, oreille interne, oeil etc.) se sont les nerfs crâniens qui sont concernés, entraînant des troubles concernant les fonctions de ces nerfs à savoir :

    Perturbation de la déglutition (le fait d’avaler).
    Paralysie facial.
    Perturbation de la phonation (le fait d’émettre des sons).
    Anesthésie dans le territoire du nerf trijumeau (un des nerfs du visage).
    Syndrome labyrinthique (intéressant l’oreille interne) et s’accompagnant de nystagmus. Le nystagmus sont des mouvements involontaires d’oscillation de faible amplitude et de rotation du globe oculaire.

L’évolution de cette affection est péjorative. En effet, il peut apparaître des perturbations de fonctionnement des centres nerveux situés dans le bulbe rachidien et permettant normalement (physiologiquement) la régulation de la respiration ce qui aboutit parfois à des syncopes et au décès du patient.

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Physiopathologie
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Les modifications ressenties par les patients c’est-à-dire les symptômes, sont le résultat d’une destruction du neurone périphérique en l’occurrence le neurone qui permet de transmettre les sensations provenant de la périphérie vers la moelle épinière, au niveau de la lésion. Les symptômes lésionnels intéressent les membres supérieurs et leurs racines.

 
Causes
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On distingue 2 mécanismes dans la syringomyélie :

    La syringomyélie dite hydrodynamique, due à un problème de circulation du liquide céphalorachidien entre les ventricules cérébraux (cavités situées au centre du cerveau) et le canal de l’épendyme (chenal situé à l’intérieur de la moelle épinière). Ce type de syringomyélie est dû à  :
        Une malformation congénitale du système nerveux central (malformation d’Arnold Chiarri).
        Une méningite.
        Une tumeur.
        Un traumatisme.

    La syringomyélie dite non hydrodynamique, lors de laquelle une lésion traumatique entraîne la formation de la cavité.

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Symptômes
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Ils dépendent de la localisation de l’atteinte des fibres nerveuses.

    Incapacité du patient à ressentir la sensation de chaud ou de brûlure sur les mains.
    Sensation de douleurs des mains.
    Troubles de la marche.
    Troubles de l’élocution avec paralysie de la langue.
    Troubles de la déglutition (difficulté à avaler).
    Paresthésies (sensations de picotements, de fourmillements) au niveau du visage.
    Atrophie musculaire pouvant commencer par les muscles de la main et entraîner ce que l’on appelle la main de singe ou la main de prédicateur.
    Atrophie (« rétrécissement ») de la peau accompagnée de plaies (panaris de Morvan).
    Troubles des réflexes.

Les symptômes que l’on appelle sous lésionnels concernent les membres inférieurs. Ce sont des paraplégies  (paralysies plus ou moins intenses) spasmodiques (s’accompagnant de contraction à type de spasmes) avec réflexes accentués et signe Babinski. Ces symptômes sont la traduction d’une atteinte du neurone moteur de la voie pyramidale. La voie pyramidale est une voie nerveuse principale appartenant au système nerveux central (encéphale et moelle épinière). Elle est constituée d’un groupement de fibres nerveuses possédant un trajet commun, et destinées à transporter les messages moteurs volontaires (influx nerveux permettant d’obtenir un mouvement, contrairement aux messages destinés à la perception des sensations). Elle relie les cellules nerveuses de forme pyramidale contenues dans l’écorce cérébrale (substance grise du cerveau) à d’autres cellules nerveuses contenues dans la moelle épinière.

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Consultation médecin
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Le patient atteint de syringomyelie présente, au début, une anesthésie thermoanalgésie c’est-à-dire qu’il ne ressent pas les différences de température et la douleur. Néanmoins il concerve la sensibilité tactile c’est-à-dire qu’il à la sensation de ce qu’il touche. La sensibilité profonde est également concervée. Il s’agit d’une dissociation qui est le résultat d’une lésion très spécifique de la moelle épinière que l’on appelle lésion paramédiane.

L’examen neurologique du patient met en évidence également une aréflexie tendineuse (abolition des réflexes).

Certains patients présentent des fibrillations, des fasciculation (petits mouvements musculaires à peine perceptibles par l’examinateur mais bien décrits par les patients eux-mêmes). Il s’agit d’une sorte de trémulations, de petit sautillements correspondant à de légères contractions désordonnées des muscles. Ils sont le résultat d’une dégénérescence nerveuse.

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Examen médical
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Le diagnostic de syringomyélie repose sur l’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) qui permet de visualiser la cavité et parfois la ou les malformations au niveau de la moelle épinière.

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Evolution de la maladie
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La stabilisation, au cours de la syringomyélie, survient parfois et spontanément, mais l’évolution est très lente.
L’évolution de cette affection neurologique est variable selon la cause. De façon générale le traitement n’est pas toujours efficient mais surtout variable selon les individus et, répétons-le, la cause de la survenue de la syringomyélie.

Complications de la maladie
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La maladie de Morvan appelée également panaris de Morvan (en anglais Morvan’s diseas ou eanalgesic panaris) a été étudié en 1883. Cette affection est le résultat soit d’une syringomyélie soit de la lèpre.

Le panaris de Morvan ou panaris analgésique est une affection se caractérisant par des troubles neurologiques concernant les membres et essentiellement les doigts.

Au cours de cette affection le patient présente :

    Des parésies (terme différent de paralysie indiquant une paralysie légère consistant en une diminution des possibilités de contraction des muscles).
    Une anesthésie (le patient ne ressent pas les sensations quelles qu’elles soient).
    Des névralgies (douleurs dues à des modifications de la structure nerveuse des nerfs périphériques).
    Des perturbations trophiques (modification de la peau) se traduisant par l’apparition de panaris analgésique (perte de la sensation douloureuse) concernant les dernières phalanges. Le terme trophicité désigne l’ensemble des phénomènes conditionnant la nutrition et le développement d’un tissu ou d’un organe.

L’évolution de la maladie de Morvan se fait le plus souvent vers l’apparition d’une nécrose associée parfois à des mutilations.

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Diagnostic différentiel
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La syringomyélie ne doit pas être confondue avec :

    La sclérose en plaques.
    La maladie d’Aran-Duchenne avec atrophie musculaire progressive (au cours de laquelle il n’y a pas de trouble de la sensibilité).
    La tumeur médullaire (le diagnostic est posé grâce à la tomodensitométrie ou à la résonance magnétique nucléaire et éventuellement à la myélographie).
    L’hématomyélie généralement de nature traumatique. Cette affection peut également être suivie d’une syringomyélie.
    La sclérose subaiguë combinée de la moelle.

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Traitement
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Le traitement de la cause passe par l’utilisation de psychotropes (médicaments du système nerveux central comme les somnifères, les anxiolytiques, les neuroleptiques).
Le traitement chirurgical, quand cela est possible, permet la décompression grâce à la pose d’un cathéter. Cette indication est surtout le fait d’une syringomyélie évoluant et devenant handicapante.

    La syringomyélie liée à une hernie des amygdales cérébelleuses (partie du cervelet) est traitée par décompression de la fosse postérieure (partie arrière du contenu du crâne) le plus souvent après une craniectomie (ouverture du crâne) sous-occipitale (en passant en arrière du crâne) et une laminectomie cervicale supérieure (intervention sur les vertèbres cervicales de la partie supérieure du rachis cervical) associée à une greffe de dure-mère (une des trois méninges, membranes, entourant et protégeant le système nerveux central).
    Quand il existe un obstacle à l’écoulement en dehors du quatrième ventricule cérébral il faut rétablir le flux de liquide céphalo-rachidien. Ceci s’obtient en élargissant l’ouverture.
    Quand la cavité due à la syringomyélie est relativement vaste, certains neurochirurgiens préfèrent tenter d’établir une décompression directe de la cavité liquidienne. Cette technique est au centre d’une polémique. En effet, son bénéfice selon certains neurochirurgiens semble lié à une certaine morbidité (en quelque sorte aggravation de la maladie) relativement élevée.
    En présence de malformation de Budd-Chiari on pratique une dérivation de l’hydrocéphalie (excès de liquide contenu dans le crâne) qui doit, en théorie, précéder toute tentative de réduction de la cavité due à la syringomyélie. Le traitement chirurgical est susceptible, en théorie, d’empêcher l’aggravation des symptômes liés à la syringomyélie. Certains patients sont même susceptibles de s’améliorer après l’intervention neurochirurgicale.
    La syringomyélie, due à un traumatisme ou à une infection, nécessite une technique de décompression et de drainage en utilisant de petites dérivations positionnées entre la cavité syringomyélique et l’espace situé en dessous de l’arachnoïde (une des trois méninges, membrane de protection, de recouvrement du système nerveux central).
    La syringomyélie, due à une tumeur (au sens large du terme) située à l’intérieur de la moelle épinière, nécessite une intervention neurochirurgicale dont le but est de retirer celle-ci quand ce geste est bien entendu possible. La décompression de la cavité kystique entraîne quelquefois une amélioration qui ne dure pas toujours dans le temps et qui s’associe quelquefois à des récidives.

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Syringomyélie

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 Le Centre de Référence – Syringomyélie

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SI… JE VOUS ASSURE IL EXISTE, MAIS POUR Y ALLER, MALGRÉ LE PLAN FOURNI… LA C.P.A.M.

NE VEUT PAS !!! C’EST BIEN PLUS SIMPLE …

UNE SEULE RÉFÉRENCE OFFICIELLE,  … ET ENCORE ILS REDIRIGENT VERS L’ASSOCIATION

APAISER, ET UNE LISTE EXISTE AVEC UN NEUROCHIRURGIEN RÉFÉRENT….

….ETC….

ET VOILA, JE T’AI MIS LES RÉFÉRENCES, DÉMERDE TOI  !!!!  

DE TOUTE FAÇON LA C.P.A.M. NE VOUS PREND PAS EN CHARGE CE N’EST PAS LE

NEUROCHIRURGIEN SPÉCIALISE  DANS CETTE MALADIE LE PLUS PROCHE DE VOTRE DOMICILE …

ILS EN ONT NOMME QUELQUES UNS, UN PAR CHU, ET ENCORE PAS TOUS,

ET TANT MIEUX POUR TOI SI TU TOMBES SUR LE BON !!!

COUP DE CHANCE JE SUIS TOMBE AU CHU DE CAEN SUR UNE JEUNE

NEUROCHIRURGIENNE DE QUALITÉ, MAIS

JE NE POURRAI JAMAIS LA REVOIR CAR GRÂCE A NOTRE EXCELLENT GOUVERNEMENT,

ELLE VA FAIRE CARRIÈRE A LOS ANGELES (USA)ET ELLE A RAISON  !!!! 

LA BAS ILS ONT LE DROIT DE RENTABILISER LEURS PLU DE 15 ANNÉES D’ÉTUDES !!!

LES DONNÉES

Centre de Référence Maladies Rares pour la prise en charge et le traitement des Syringomyélie de l’Adulte et de l’Enfant
CHU   94275-LE KREMLIN BICETRE 

http://www.syringomyelie.fr/spip.php?rubrique2

QUI NOUS DIT DE FACON FORT SYMPATHIQUE ….

« se référer à  l’association APAISER « 

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ET POUR FINIR ……….UN COMMENTAIRE SUR UN

SITE A «  »BLA,BLA …etc… » »daté de 2008, mis avec les fautes ..(gratuit)

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que j’ai jugé dans la bonne moyenne des sites de docteurs du net qui sont tous bien plus savants les uns que les autres et n’ont pas eu besoin de faire médecine pour ne pas casser 3 pattes à un canard !!!!

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La syringomyelie est une maladie invalidante qui vient juste d’être reconnue par le Ministère de la santé et qui a un centre de référence dirigé par le Pr Parker à Kremlin bicêtre. Malgré cela nous avons de la difficulté à nous faire prendre en charge car beaucoup de professionnels ignorent les conséquences de cette maladie qui touche tous les âges même les bébés. La recherche est peu attentionnée à cette maladie car nous ne représentons pas un pourcentage suffisant pour trouver une solution à nos douleurs. Certains d’entre nous ont perdu leur travail, ont été délaissé par leur conjoint. Les douleurs provoquées par cette maladie sont atroces et certains ont dû mal à vivre avec. En ce qui me concerne je suis atteinte de cette maladie du fait d’une malformation de chiari. J’ai ét opéré et l’opération n’a pas réussi et je suis insensible au chaud et au froid, j’ai des syndromes suspendus extremement douloureux, aténués par le centre anti douleur qui m’a prise en charge il y a 2 mois. Il y a des gestes quotidiens que je ne peut plus faire et nous ne pouvons avoir d’aide puisque nous ne sommes pas grabataire. Il y a en a qui sont en fauteuil roulant. Moi je n’ai qu’une main gauche atrophiée qui se crispe douloureusement l’hiver. Le neurochirurgien très ennuyé m’a dit qu’on ne pouvait rien pour moi et comme il ne connaisse pas l’évolution je peut me réveiller un matin tétraplégique. C’est dur de vivre avec cet avenir limité. Ces derniers jours sur internet j’ai trouvé une clnique à Barcelone (Institut Neurologique de Barelone Dr Royo)qui fait un geste opéatoire simple et d’après ces commentaires stoppe la maladie. Les Neurochirurgiens Français ne croient pas à cette solution car il n’y a pas assez de recul.   Je suis desespérée heureusement que nous avonsAPAISER une association reconnue d’utilité publique qui nous soutient, et qui nous aide. Qu’en pensez vous ? Pourrait -on faire connaître cette maladie afin que les généralistes et les neurologues soient à même de nous comprendre?
Cordialement…

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La mécanique des dessous, une histoire indiscrète de la silhouette

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Paris – Exposition jusqu’au 24/11/2013

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( Cette exposition plaisante présente les armatures,

corsets et autres instruments de torture qui ont

contribué à l’élégance des corps féminins et

masculins depuis la Renaissance… 

Lieu : Musée des arts décoratifs
Adresse : 107, rue de Rivoli
Entrée : 9,50 euros (tarif réduit : 8 euros)
Téléphone : 01 44 55 57 50 )

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Il suffit de peu…
 Sans risque, on peut penser que nos ancêtres de la Préhistoire n’avaient pas
encore l’usage des sous-vêtements. Peu confortable, la peau de bête !
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Attendons donc la naissance du tissu au Néolithique   et la généralisation des pagnes, puis laissons passer les siècles pour voir apparaître les premières formes de soutien-gorge, chez les Grecques du Ier millénaire av. J.-C.

Jeune femme portant une bande de tissu sur les seins, IIIe s., mosaïque de la villa du Cesale à Piazza Armerina, SicileSimple bande, l’apodesme, qui deviendra fascia chez les Romains, était noué sous ou sur les seins pour permettre aux jeunes filles d’effectuer notamment des activités sportives.

Déesse aux serpents, 1600 av. J.-C., musée d'Héraclion, CrêteLes plus malchanceuses avaient recours à un mamillare de cuir pour réduire quelque peu une poitrine trop formée au goût de l’époque.

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Pour les femmes des peuples barbares, la liberté est de mise, et le restera jusqu’à la fin du Moyen Âge

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Côté soutien, notons l’arrivée de ce qui ressemble à un premier corset pour mettre en valeur la poitrine des déesses crétoises. Efficace !

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 Le Moyen Âge nu sous sa chemise !

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Carlo Crivelli, Saint Roch, 1490, Londres, Wallace CollectionLe Moyen Âge ne craignait pas la nudité ni le mélange des sexes : jusqu’à la Renaissance  et même au-delà, aucun baigneur n’aurait eu l’idée de se rafraîchir dans une rivière ou aux bains publics en gardant un vêtement sur soi ou en s’isolant de l’autre sexe !

Pourtant, c’est à cette époque que commence à s’imposer l’usage de la chemise portée sous les vêtements, voire dans le bain.

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Généralement en lin et confectionnée à la maison, «la chaisne» avait pour rôle de servir de «zone tampon» entre les habits de tous les jours et la peau qu’elle protégeait du désagrément des frottements avec des tissus souvent rugueux.

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Solide, elle présentait aussi l’avantage d’être aisée à nettoyer : à elle de recevoir toute la crasse ! L’eau était en effet encore vue d’un œil soupçonneux et on préférait changer de chemise plutôt que risquer sa santé à se laver…

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Finalement, la chemise parvint à dépasser ce rôle ingrat en acquérant au fil des siècles broderies et manchettes, et en se faisant de plus en plus visible, voire même en s’incrustant la nuit et se couvrant de dentelles à partir du XVIe s.

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Bernardino Luini, Jeunes filles au bain, XVIe s., fresque de la Villa Rabia alla Pelucca, Milan
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Hommes et femmes : la scission
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À la fin du Moyen Âge, vers le XIVe s., la mode commence à différencier les deux sexes, de plus en plus désireux de mettre leurs atouts en valeur.

vertugadin Côté femme, c’est la réapparition du principe du corset sous la forme d’une «cotte», tunique à lacets qui serre la taille sans pour autant mettre les seins en valeur : parce qu’ils doivent être petits, ils sont souvent enserrés dans des bandelettes.

Pour finaliser l’ensemble, rien de tel que le vertugadin  ou garde-infant inventé par les Espagnols. Jeanne de Portugal aurait été la première à porter cette robe renforcée par une armature à cerceaux en bois. C’était afin de dissimuler une grossesse.

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Pour les messieurs, le raccourcissement audacieux du pourpoint qui ne couvre plus le haut des chausses (sorte de bas) oblige à trouver une solution d’urgence : ce sera la «braguette» (le mot aurait  été inventé par Rabelais ).

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C’est à l’origine pièce de tissu triangulaire ajoutée aux chausses. Mais, rapidement, elle prend une forme proéminente plus suggestive grâce à un peu de rembourrage, notamment sous l’influence de la soldatesque, parée d’armures qui mettent en valeur toute la .silhouette !

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Agnolo Bronzino, Lodovico Capponi, 1550-1555, New York, Frick Collection
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 «Couvrez ce sein que je ne saurais voir !» (Molière, Tartuffe, 1664)

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Championne de la Contre-Réforme catholique, c’est l’Espagne de Charles Quint  qui impose aux femmes une tenue à la rigidité sévère grâce à un curieux outil, le busc, sorte de lame épaisse amovible glissée dans le revêtement avant du corset. Fini les formes souples de la Renaissance ! Il faut désormais montrer par sa prestance les qualités de son âme.

- Corset porté à l'époque de Catherine de Médicis, 1590, musée de la Renaissance, château d'Écouen.

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Et la tendance n’est pas prête de disparaître grâce à la diffusion des baleines, plus malléables, dont l’usage se répand jusqu’aux classes inférieures de la société. Leur nom vient de ce qu’elles sont confectionnées à partir des fanons de cétacés.

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.Sous Louis XIV  le corset se fait outil de séduction avec la gourgandine qui se lace sur le devant, véritable invitation à la découverte avec ses petits nœuds baptisés «boute-en-train» ou «tatez-y»

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En 1675, l’autorisation enfin accordée aux couturières de réaliser les corsets, jusqu’alors chasse-gardée des tailleurs, donne un peu d’air aux coquettes qui peuvent s’en remettre à des mains féminines plus compréhensives.

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Mais les épidémies de malaises ne cessent pas pour autant : comment supporter, en pleine digestion, un plexus comprimé ? Vite, apportez les sels !

Johannes Christian Ludigvid Riedel, Gravure dénonçant les effets du corset, 1838
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 Avec ou sans culotte ?

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Pour les messieurs, plus de confort : on se contente du pantalon pour le peuple et de la culotte (sorte de corsaire) pour les nobles. Pourquoi s’encombrer avec une autre épaisseur ? En 1792, la prise du pouvoir par les sans-culotte (le peuple, donc, qui ne porte pas ce type de vêtement), ne change rien à l’affaire.

Robe de cour, vers 1760, Lyon, musée des Tissus, photo Pierre VerrierC’est des femmes que vient à la fin du XVIIIe siècle la Révolution… du sous-vêtement : déjà libérées (pour quelques années) du corset grâce à la mode néo-classique, ces dames finissent par imposer la culotte dans leur garde-robe. C’est l’aboutissement d’un long parcours !

Introduit, dit-on, en France par Catherine de Médicis qui était bien décidée à pratiquer l’équitation sans crainte des «chutes heureuses» qui dévoilaient la partie normalement cachée de l’anatomie, le «bride-à-fesses» n’est présent qu’en deux exemplaires dans les valises de Joséphine de Beauharnais, perdu au milieu de 500 chemises.

Il faut attendre le premier quart du XIXe s. pour que les petites filles, comme avant elles les danseuses et les patineuses des pays du Nord, en profitent.

Jugé d’abord inconvenant à cause de ces audacieuses qui n’hésitaient pas à en faire apparaître la dentelle sous leurs jupons, il devient l’«indispensable» lorsqu’on réalise qu’il permet de dissimuler les jambes, jugées affriolantes, en particulier lorsque dans la position assise, la crinoline remonte… Il est ainsi adopté largement en tant que «tuyau de modestie», alors que son modèle masculin peine à trouver son public.

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Scène d’habillage en 1900

«Le seul fait de se mettre en dame […], le fait de se vêtir et se dévêtir de ces robes représentait une procédure compliquée, absolument impossible sans une aide étrangère. Tout d’abord, il fallait boucler, par-derrière, de la taille jusqu’au cou, une foule d’agrafes et d’oeillets. La femme de chambre devait déployer toutes ses forces pour serrer le corset ; les longs cheveux […] étaient frisés, appliqués, brossés, arrangés, dressés en tour par une coiffeuse qui apparaissait chaque matin avec une légion d’épingles, de barrettes et de peignes […]. Enfin, on déguisait son apparence en l’enveloppant de toutes ces pelures d’oignon, les jupons, les camisoles et les jaquettes, jusqu’à ce que le dernier vestige de formes féminines et personnelles eût complètement disparu» (Stefan Sweig, Le Monde d’hier, 1944).

Thomas Rowlandson, A Little Tighter, estampe coloriée, 1791
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Collet monté à tous les étages

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Après les extravagances à l’antique du Directoire et du Premier Empire, le temps est à la Restauration, et donc au retour des vieilles habitudes. Avec le triomphe de la bourgeoisie d’affaires, les femmes sont reléguées au rôle de potiche. Et revoilà le corset ! Sous le Second Empire et la Troisième République, il règne en maître, répondant à l’exigence d’une «taille de guêpe».

Qui plus est, on élargit le bas du corps avec des robes à crinoline (il s’agit d’une armature en crin de cheval à l’origine puis en baleines). Sous la Troisième République, les crinolines sont remplacées par des tournures et autres «faux-cul» ou «queue d’écrevisse» pour obtenir une silhouette en S.

Ficelée dans cette forteresse et incapable de se déplacer sans effort avec ses multiples jupons, la jeune bourgeoise doit avoir recours à des pinces accrochées à des ficelles autour de sa jupe pour pouvoir la relever !

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Pose d'une crinoline, Photographie en noir et blanc, vers 1860
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Mais l’on est aussi dans un siècle du progrès technique : on invente le laçage «à la paresseuse» pour éviter d’avoir recours à quelqu’un, innovation qui, dit-on, facilita grandement la vie des femmes adultères… Finies les réflexions désobligeantes du type : «Ah ! Par exemple ! Voilà qui est bizarre !… Ce matin, j’ai fait un nœud à ce lacet-là, et ce soir, il y a une rosette !» (tiré d’une gravure de Gavarni du recueil Les Parisiens – Paris le soir).

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Les dessous suggestifs du XIXe

«Quand Renée entra, il y eut un murmure d’admiration. Elle était vraiment divine. Sur une première jupe de tulle, garnie, derrière, d’un flot de volants, elle portait une tunique de satin vert tendre, bordée d’une haute dentelle d’Angleterre, relevée et attachée par de grosses touffes de violettes ; un seul volant garnissait le devant de la jupe où des bouquets de violettes, reliés par des guirlandes de lierre, fixaient une légère draperie de mousseline. Les grâces de la tête et du corsage étaient adorables, au-dessus de ces jupes d’une ampleur royale et d’une richesse un peu chargée. Décolletée jusqu’à la pointe des seins, les bras découverts avec des touffes de violettes sur les épaules, la jeune femme semblait sortir toute nue de sa gaine de tulle et de satin, pareille à une de ces nymphes dont le buste se dégage des chênes sacrés ; et sa gorge blanche, son corps souple, était déjà si heureux de sa demi-liberté, que le regard s’attendait toujours à voir peu à peu le corsage et les jupes glisser, comme le vêtement d’une baigneuse folle de sa chair» (Émile Zola, La Curée, 1871).

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Réconcilier médecins et coquettes

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Alfred Roll, Le Retour du bal, 1886, Nantes, musée des Beaux-ArtsLe XIXe s. s’interroge : comment faire cohabiter esthétique et hygiène, qui prend de plus en plus de place en médecine et dans la vie quotidienne ? Faut-il par exemple dispenser les femmes enceintes du port du corset ? Pas sûr…

On commence cependant à s’inquiéter de ses effets sur la santé, notamment les déformations du corps dont sont victimes les jeunes filles. Les spécialistes font également la promotion des caleçons féminins, toujours longs et souvent ouverts entre les jambes.

Edouard Manet, Nana, 1877, Hamburger Kunsthalle, HambourgIl s’agit de «protéger ces organes exposés aux poussières et aux intempéries par les jupons et les robes ouvertes ou flottantes» (Dr Becquerel, Traité élémentaire d’hygiène privée et publique, 1873). Quel succès pour les danseuses du french-cancan !

Dans le même temps, grâce à la bonne idée d’un certain Maillot, bonnetier à l’Opéra de Paris inquiet pour ses petits rats, un modèle de caleçon long en tricot couleur chair, couvrant tout le corps, est adopté par toute la famille. Peu élégante, cette grenouillère se fait remarquer au milieu des pièces de lingerie toujours plus nombreuses et travaillées.

Nous sommes en effet en plein développement de la grande distribution et les Printemps et autres grands magasins rivalisent d’inventivité pour écouler leurs stocks de chemises brodées. Qui veut rubans et fanfreluches pour agrémenter ses dessous ?

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Quelques méfaits du corset sur les organes

«La respiration chez la femme n’est modifiée que par le fait du corset, et pendant le temps qu’elle le porte, mais la cage thoracique à sa base surtout est amoindrie définitivement chez les personnes qui font usage de ce vêtement depuis le jeune âge, et le champ respiratoire est, par suite, en tout temps diminué, ce qui présente des conséquences sérieuses au point de vue de la nutrition générale. […] Comme nous l’avons vu, la région antérieure du tronc est comprimée concentriquement et refoulée vers la colonne vertébrale en se rapprochant de plus en plus de celle-ci à mesure que l’on descend vers la taille. La compression est circulaire, par conséquent, en même temps que verticale, de sorte que si à tout prendre l’estomac pouvait séjourner dans cette région à l’état de vacuité, aussitôt après le repas il serait forcé d’en sortir. Je puis dire déjà qu’il n’y séjourne plus jamais entièrement lorsqu’il a subi les effets provoqués par le port du corset. […] Enfin il est une lésion fréquente déterminée par le corset d’une façon certaine, c’est l’abaissement du rein droit». (Inès Gaches-Sarraute, Le Corset. Étude physiologique et pratique, 1900)

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Bateaux et kangourous
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L’histoire de la lingerie a été bouleversée par une idée toute simple : si, au lieu de repousser les seins par le bas, avec le corset, on les soutenait à partir du haut ? Et voilà comment une ancienne «communarde», Herminie Cadolle, libéra le diaphragme des femmes avec son «corselet-gorge», ancêtre du soutien-gorge. L’invention est présentée à l’Exposition universelle de 1889.

Il était temps puisque, sept ans plus tard, était créée la robe «Lola Montes» de Paul Poiret, à porter sans corset, mais toujours avec des bas au bout des tout nouveaux porte-jarretelles. La mode change, et les sous-vêtements suivent avec la diffusion de brassières et culottes-gaines plus discrètes sous les vêtements, mais plus voyantes : fini le blanc hygiénique !

Adeptes des bains de mer et activités physiques pour les plus aisées, obligées de travailler pendant la Grande Guerre pour les plus pauvres, les femmes du début du XXe s. se décorsettent pour aller vers plus de simplicité avec la silhouette filiforme «à la garçonne».

Mantz Werner, Werbeaufnahme fur Kaufhaus L. Tietz, 1928, Paris, musée national d'Art moderne - Centre Georges Pompidou
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Elles finissent même par s’approprier dans les années 30 le caleçon sans jambes inventé pour les enfants en 1918 par la marque Petit Bateau. L’apparence du corps n’est cependant pas oubliée : les gaines sont là pour rappeler qu’il faut continuer à avoir une certaine allure…

Pour les hommes, le slip (de l’anglais «glisser») traverse l’Atlantique à la même période pour s’imposer dans les tiroirs, avec sa variante, le slip-kangourou directement inspiré des marsupiaux, qui nous rappelle les avantageuses «braguettes» de la Renaissance. Dans le même temps, les pantalons peuvent enfin coller plus près du corps et l’expression «être cul et chemise» devient obsolète !

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Des changements qui ne plaisent pas à tout le monde…

«– Que voulez-vous, madame ! Autrefois la femme portait du linge, du beau linge de fil qui lui essuyait la peau ; à présent, quand elle quitte sa robe en la retournant comme un lapin qu’on dépouille, vous voyez quoi ? Un coureur pédestre, madame, en petit caleçon. Un mitron en tenue de fournil. Ni chemise, ni pantalon de linge, ni jupon, ni combinaison, quelquefois un soutien-gorge – souvent un soutien-gorge… Avant de venir à l’essayage, ces dames ont marché, dansé, goûté, transpiré… et je m’arrête là… Il est loin, leur bain du matin ! Et leur robe, portée à même la peau, qu’est-ce qu’elle sent, leur robe de deux mille balles ? Le combat de boxe, madame, et le championnat d’escrime ! «Douzième round, parfum troublant»… Ah ! Dieux !» (Colette, Le Voyage égoïste, 1928).

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À l’aise, d’accord, mais avec raffinement !

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Publicité pour le slip Kangourou, 1948, collection particulière.

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Au milieu du XXe siècle, le confort reste la priorité, mais quand même associé à une touche de frivolité grâce à la combinaison qui cache le tout.

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Après les pénuries de la guerre, guêpières et balconnets arrivent en force, associés au fameux bas nylon remplacé à la fin des années 50 par le collant. L’accessoire arrive à point : voici venir le triomphe de la mini-jupe, juste avant que les féministes ne jettent leurs soutien-gorge à la poubelle.

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Les années 1980 sont marquées par le retour du frou-frou dans les bacs et les avancées de la technologie appliquée à la création : soutiens-gorge à armatures, à coussinets, pigeonnants…

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Concernans le bas, si les femmes découvrent le style minimaliste avec le string (de l’anglais «ficelle»), les hommes au contraire se laissent séduire par le caleçon court, échappé du monde de la boxe, après avoir renoncé à leur fameux débardeur «petit marcel».

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Aujourd’hui, malgré de nombreuses délocalisations, le secteur de la lingerie reste stable grâce au dynamisme du marché du luxe, mais aussi à celui des acheteuses françaises, les premières en Europe.

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Publicité Wonderbra, 1994
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DANS LES YEUX ………
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PUISQU’ON VOUS LE DIT !!!
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sources et ressources :

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Grazietta Butazzi, La Mode. Art, histoire et société, éd. Hachette, 1983.
Béatrice Fontanel, Corsets et soutiens-gorge. L’épopée du sein de l’antiquité à nos jours, éd. de la Martinière, 1992.
Chantal Thomass et Catherine Örmen, Histoire de la lingerie, éd. Perrin, 2009.
heredote.net
le web

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Saint François d’Assise très certainement né le 5 avril 1182

Saint François d’Assise très certainement né le 5 avril 1182

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Saint François d’Assise meurt nu à même le sol près de la petite chapelle de la Portioncule, dans la nuit du 3 au 4 octobre 1226. Par sa joie de vivre, son amour de la Création, son humilité, il reste l’une des figures les plus attachantes de l’histoire du christianisme…

L’année précédente, presque aveugle, abattu par la fièvre et tourmenté par les mulots, voilà pourtant qu’il a fait monter vers le Père de toute la Création un chant d’amour qui est aussi le premier grand poème en langue italienne : le Cantique de frère Soleil ou Cantique des Créatures.

Voeu de pauvreté

Né 44 ans plus tôt dans la famille d’un riche drapier d’Assise, en Italie centrale (Ombrie) sous le nom de Giovanni Bernardone, il est surnommé Francesco (Français) par son père, coutumier des voyages en France. Ce surnom, dont nous avons fait François, sera appelé à une immense diffusion.

L’enfant mène joyeuse vie dans sa ville natale et ne rêve que plaies et bosses dans le contexte des guerres entre cités italiennes.

Saint François (par Cimabue, 1240 - 1302)À vingt ans, en 1202, il participe à une guerre contre Pérouse et est fait prisonnier. Il tombe malade puis part en pèlerinage à Rome. En chemin, il voit en songe le Christ qui lui demande de «réparer sa maison qui tombe en ruine». François pense qu’il s’agit de la chapelle où il prie, Santa Maria degli Angeli.

Il vend un cheval et des tissus qui sont à son père pour acheter des matériaux en vue de réparer la chapelle. Son père le déshérite et l’assigne en justice. Qu’à cela ne tienne. François en appelle à l’évêque et se dépouille devant lui de ses luxueux habits pour ne plus porter qu’un froc en mauvais drap.

En rupture avec les us de son époque, le jeune homme fait voeu de pauvreté sans être relié à un monastère. «On va plus vite au ciel d’une cabane que d’un palais», confie-t-il.

Des disciples le rejoignent dans son ermitage de la Portioncule, près de la chapelle de Santa Maria degli Angeli, et, avec eux, il va prêcher et mendier dans les villes. François exige le renoncement personnel et collectif à la propriété : «Si nous possédions des biens, il nous faudrait les défendre !»Par la vertu de son exemple, il développe chez les humbles gens la piété et la dévotion à l’enfant Jésus.

À une époque où l’étude est encore considérée comme un luxe, François s’en méfie :«Le Seigneur m’a dit qu’il voulait faire de moi un autre fou dans le monde et Dieu ne veut pas nous conduire par une autre science que celle-là». Toutefois, il se garde d’exiger des autres l’humilité qu’il s’impose à lui-même. Libre aux marchands et aux puissants de vivre dans le luxe.

L’ordre des «frères mineurs»

François se décide à organiser sa communauté et fonde l’ordre des «frères mineurs»sans être lui-même prêtre, chose rarissime dans l’histoire de l’Église. Il se rend avec ses compagnons à Rome où il obtient du pape Innocent III l’approbation de sa règle, en 1210, après que la Curie (le gouvernement pontifical) l’eût obligé à réécrire sa copie en y mettant moins de contraintes.

D’autres ordres se réclament bientôt du Pauvre d’Assise : les capucins, les conventuels et le tiers-ordre de saint François, sans parler de la communauté des Clarisses, ordre féminin fondé par Claire en 1212 sous le nom des «pauvres dames» .

Joie de vivre

La joie de vivre et l’amour de la nature caractérisent sa prédication et ses écrits. Ses compagnons nous le présentent comme un homme aimant la vie et riant tant et plus, à mille lieues de l’image que l’on se fait d’un saint.

On lui attribue la création des premières crèches de Noël : en 1223, avec la permission du pape Honorius III, il reconstitue à Greccio la Nativité dans une étable avec des personnages vivants, dans la tradition des scénographies médiévales. C’est aussi un poète. Son Cantique des créatures ou Cantique de frère Soleil est le premier grand poème en langue italienne.

En septembre 1224, en prière au Mont Alverne, à 100 km au nord-ouest d’Assise, il reçoit les stigmates de la Passion de Jésus (cinq plaies sur les mains, les pieds et le côté, qui rappellent les blessures du Christ sur la croix).

Ferveur populaire

François est canonisé deux ans seulement après sa mort et, un siècle plus tard, le peintre Giotto l’immortalise sur les murs de la basilique construite en son honneur sur les hauteurs d’Assise. Il le représente prêchant aux oiseaux ou apprivoisant le loup de Gubbio.

Sa vie donne aussi naissance à un récit naïf, les Fioretti di San Francesco. Plus proche de la légende que de l’Histoire, il a inspiré en 1950 un film atypique au cinéaste italien Roberto Rossellini.

Saint François d’Assise est l’un des saints les plus populaires de l’Occident chrétien. Sa personnalité radicale en appelle aux croyants comme aux non-croyants. Pour le philosophe Nietzche, il aurait été le seul chrétien authentique à part le Christ lui-même.

Aujourd’hui, c’est sous le patronage de saint François que les catholiques placent la protection de la Nature. Les ordres franciscains sont toujours prospères et estimés comme l’atteste l’immense popularité du moine Francesco Forgione (le Padre Pio, 1887-1968), récemment canonisé.

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Saint François et l’islam

En 1212, François prend la direction du Maroc en vue de convertir le souverain almohade ! La Reconquista de l’Espagne est bien engagée avec la victoire des chrétiens à La Navas de Tolosa et le Pauvre d’Assise, qui a conservé l’exaltation de la jeunesse, voit le moment venu de convertir les musulmans par la prédication et l’exemple plutôt que par la force. Mais il tombe malade sur le chemin, en Espagne, et doit regagner l’Italie…

En septembre 1219, infatigable, il part à nouveau à la rencontre des musulmans, comme quelques autres de ses disciples. Cette fois, il débarque en Terre sainte, à Saint-Jean d’Acre, puis de là, rejoint la cinquième croisade, à Damiette, dans le delta du Nil. Profitant d’une trêve, le saint franchit les lignes simplement accompagné d’un disciple et se fait conduire auprès du sultan d’Égypte Mélik el-Kâmil (Al-Kamel).

Celui-ci, neveu de Saladin et dont le père avait manqué d’épouser la soeur deRichard Coeur de Lion, est un homme d’ouverture à l’esprit chevaleresque. Il organise une confrontation verbale entre François et des théologiens de l’islam, puis, rempli d’estime pour l’homme d’Église, le fait reconduire dans son camp.

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Canticum Fratris Solis 

1225 Cantique de Frère Soleil

 

Jusqu’à la fin – car c’est presque moribond qu’il composa son plus joyeux cantique – saint François d’Assise voulut mettre le monde en état de louange.

Durant l’automne 1225, épuisé par la stigmatisation et par les maladies, il s’était retiré à Saint-Damien. Presque aveugle, seul dans une cabane de roseaux, abattu par la fièvre et tourmenté par les mulots, voilà pourtant le chant d’amour qu’il fit monter vers le Père de toute la Création.

L’avant-dernière strophe (v 10-11), hymne au pardon et à la paix, fut composée en juillet 1226, au palais épiscopal d’Assise, pour mettre fin à une lutte acharnée entre l’évêque et le podestat de la ville. Ces quelques vers de l’apôtre de la paix suffirent à empêcher la guerre civile. Quant à la dernière strophe (v 12-13), c’est pour accueillir par un chant notre soeur la Mort qu’elle fut composée au début d’octobre 1226.

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VERSION FRANÇAISE

 Le Cantique de frère Soleil ou Cantique des créatures
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1 – Très haut, tout puissant et bon Seigneur,
à toi louange, gloire, honneur,
et toute bénédiction ;

2 A toi seul ils conviennent, O Très-Haut,
et nul homme n’est digne de te nommer.

3 Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière ;

4 il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole.

5 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur Lune et les étoiles :
dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.

6 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
et pour l’air et pour les nuages,
pour l’azur calme et tous les temps :
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

7 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre soeur Eau,
qui est très utile et très humble,
précieuse et chaste.

8 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu,
par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux,
indomptable et fort.

9 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.

10 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi ;
qui supportent épreuves et maladies :

11 heureux s’ils conservent la paix,
car par toi, le Très-Haut, ils seront couronnés.

12 Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre soeur la Mort corporelle,
à qui nul homme vivant ne peut échapper.

13 Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;
Heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.

14 Louez et bénissez mon Seigneur,
rendez-lui grâce et servez-le

Traduction du Père Damien Vorreux, ÉCRITS DE SAINT FRANÇOIS ET SAINTE CLAIRE – format de poche – parue aux Éditions Franciscaines, 6e édition 2001.

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Image illustrative de l'article François d'Assise

VERSION OMBRIENNE

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CANTICUM FRATRIS SOLIS vel LAUDES CREATURARUM

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1 – Altissimu onnipotente bon signore, tue so le laude, la gloria e l’onore et onne benedictione.

2 Ad te solo, Altissimo, se konfano, et nullu homo ene dignu te mentovare.

3 Laudato sie, mi signore, cun tucte le tue creature, spetialmente messor lo frate sole, lo qual’è iorno, et allumini noi per loi.

4 Et ellu è bellu e radiante cun grande splendore, de te, Altissimo, porta significatione.

5 Laudato si, mi signore, per sora luna e le stelle, in celu l’ài formate clarite et pretiose et belle.

6 Laudato si, mi signore, per frate vento, et per aere et nubilo et sereno et onne tempo, per lo quale a le tue creature dai sustentamento.

7 Laudato si, mi signore, per sor aqua, la quale è multo utile et humile et pretiosa et casta.

8 Laudato si, mi signore, per frate focu, per lo quale enn’allumini la nocte, ed ello è bello et iocundo et robustoso et forte.

9 Laudato si, mi signore, per sora nostra matre terra, la quale ne sustenta et governa, et produce diversi fructi con coloriti flori et herba.

10 Laudato si, mi signore, per quelli ke perdonano per lo tuo amore, et sostengo infirmitate et tribulatione.

11 Beati quelli kel sosterrano in pace, ka da te, Altissimo, sirano incoronati.

12 Laudato si, mi signore, per sora nostra morte corporale, da laquale nullu homo vivente poskappare.

13 Guai a quelli, ke morrano ne le peccata mortali: beati quelli ke trovarà ne le tue sanctissime voluntati, ka la morte secunda nol farrà male.

14 Laudate et benedicete mi signore, et rengratiate et serviateli cun grande humilitate.

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Sources :

hérodote.net

André Laranné

MOI

le WEB

Apparence …. Les GROS ont aussi une Histoire

Apparence….

Les GROS ont aussi une Histoire

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Obélix, image tirée de l'album Astérix de Goscinny et Uderzo (DR)

L’obésité serait devenue une maladie et même une épidémie

qui menace l’humanité ! Qui l’eut cru il y a trois ou quatre

décennies, quand le monde vivait encore dans la hantise de la famine ?

L’embonpoint n’a pas toujours eu mauvaise presse au cours de l’Histoire.

Il lui est même arrivé d’être apprécié, avec des nuances toutefois selon

qu’il concerne les hommes ou les femmes.

C’est ce que nous vous proposons de découvrir par le texte et l’image…

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L’Antiquité ne se soucie pas de l’embonpoint

Ô surprise, ce sont des femmes obèses qui inaugurent l’Histoire.

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La Vénus de Willendorf (Vienne, Autriche), 22000 à 25000 av. J.-C.)Les premiers témoignages que nous possédons des sociétés humaines concernent en effet les «Vénu du Paléolithique supérieur, statuettes féminines aux fesses protubérantes (elles sont appelées en termes savants «Vénus stéatopyges», du grec ancien «stéatos», graisse, et«pygê», fesse).

L’une des plus célèbres est la Vénus de Willendorf (Autriche), vieille d’environ vingt-cinq mille ans.

Gardons-nous de faire parler ces statuettes plus que de raison… On peut supposer qu’en ces temps très anciens, les humains avaient besoin d’une épaisse enveloppe de graisse pour supporter un climat beaucoup plus froid qu’aujourd’hui.

On peut aussi supposer que ces Vénus n’expriment pas la norme sociale mais la vision qu’avaient les hommes du Paléolithique de la Déesse Mère et de la fécondité.

Peut-être le cinéaste italien Federico Fellini avait-il une pensée pour elles quand il introduisait dans ses films des matrones opulentes et généreuses (à tous points de vue)?

Faisons un grand bond en avant. Nous voici sur les bords de la Méditerranée, sous la férule de Rome, au début de notre ère.

De femmes obèses, point, quoiqu’en pensent les cinéastes Fellini et consorts. Mais voilà le cortège de Bacchus (Dionysos en grec), dans lequel figure le satyre Silène, père adoptif du dieu, reconnaissable entre tous à sa joviale ivresse et à son ventre bedonnant (obésité androïde).

Faut-il en déduire que l’obésité chez les mâles romains est associée à la puissance, voire la démesure? Quelques bustes tardifs de notables et empereurs romains pourraient le donner à penser. Mais en l’absence de témoignages précis, gardons-nous de conclure. Nous pouvons seulement constater que la question du poids ne se pose pas chez les Romains.

Silène (maison de Silène, mosaïque, el-Jem, Tunisie, IIIe siècle)

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L’obésité et la guerre

Glissons sur le haut Moyen Âge. L’époque féodale, à partir des Carolingiens (Charlemagne et ses descendants), met en lumière trois catégories de populations : la paysannerie, le clergé et les guerriers.

On peut penser que les paysans n’ont pas de problème d’obésité avec une nourriture à base de choux, légumineuses, fèves, châtaignes… Peu de viande et de poisson ; pas de sucre.

Les curés de paroisse ne sont guère mieux nourris que leurs ouailles. Quant aux moines, nombreux en ce temps, ils bénéficient dans les grandes occasions de quelques agréables compléments (salaisons et poisson fumé, vin) ainsi que de pain. Ils sont assurés d’un approvisionnement plus régulier.

La sédentarité et les travaux d’écriture leur valent de prendre facilement de l’embonpoint. D’où une réputation, parfois méritée, de personnages jouisseurs et hédonistes, portés sur la bonne chère… et la chair tendre.

Les guerriers, seigneurs et souverains, qui tiennent le territoire à la pointe de leur épée, bénéficient, cela va sans dire, des meilleurs mets : gibier, pigeons, vins etc. Grossissent-ils pour autant? Rien n’est moins sûr. Les exercices physiques, la chasse, les tournois et la guerre les en empêchent…

Mais les excès de table et les excès d’exercices leur sont souvent fatals. Le flamboyant Gaston Fébus, comte de Foix, meurt ainsi d’apoplexie à soixante ans, en 1391, au retour d’une chasse à l’ours.

Les chroniques font aussi état de quelques personnages dont la forte corpulence a dégénéré en obésité, avec des conséquences handicapantes.

C’est le cas du très illustre Guillaume le Conquérant, qui connaît une fin de vie douloureuse, privé de sa chère Mathilde et en butte à l’hostilité de ses fils. Il meurt à soixante ans, des suites d’une glissade de son cheval, sur le chemin de la guerre.

Son contemporain et rival, le roi de France Philippe 1er, connaît une situation bien plus humiliante. Ayant répudié sa première épouse, Berthe de Hollande, après vingt ans de mariage, il se remarie au grand scandale du clergé et de l’opinion. Menant une vie dissolue, il devient obèse au point de ne plus même pouvoir monter à cheval.

Quand il meurt à 56 ans, en 1108, son fils et successeur Louis VI hérite de sa propension à l’obésité au point de rester pour la postérité Louis le Gros. Mais il se montre excellent administrateur et grand batailleur, même si à la fin de sa vie, comme son père, il est incapable de monter à cheval et combattre.

Il faut sauter quatre siècles et traverser la Manche pour rencontrer une situation semblable avec le roi d’Angleterre Henri VIII. Tôt atteint par l’obésité, il ne ressemble en rien à l’éphèbe qui joue son rôle dans le feuilleton anglais Les Tudors. Dans les dernières années de sa vie, le roi aux six épouses doit être hissé dans les étages de son palais par un monte-charge. Ses portraits officiels témoignent cependant d’une forte autorité naturelle.

À défaut d’autorité naturelle, le roi de France Louis XVI ne manque pas de prestance, avec une taille de près de deux mètres et une forte corpulence musculaire. Cela ne le préserve pas d’une triste fin. Son contemporain le feld-maréchal russe Mikhaïl Koutouzov est mieux servi par la chance. Ce courtisan obèse, qui doit diriger les batailles en position assise, arrive grâce à son entregent à s’attribuer le mérite de la victoire sur Napoléon.

Winston Churchill (1874-1965)Ces exemples malheureux n’entament pas l’idée que l’on peut être gros et batailleur. Le meilleur exemple est, près de nous, Winston Churchill.

Jeune aristocrate au visage poupin, il fait preuve de témérité et d’audace dans les guerres coloniales tout comme dans les batailles électorales.

L’âge, l’embonpoint, les cigares et le whisky ne modèrent en rien son énergie. Quand, à 66 ans, le 10 mai 1940, il est appelé à diriger la lutte contre l’Allemagne nazie, c’est une force de la nature que découvrent ses compatriotes ; l’exact contraire de l’ascétique Hitler, 50 ans, buveur d’eau et végétarien. Cette prestance physique d’ours mal léché a sans doute contribué à la victoire sur le Mal.

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Les méfaits du sucre

Nos ancêtres du Moyen Âge n’avaient guère d’occasion de prendre du poids même si, après l’An Mil, le perfectionnement des techniques agricoles, l’urbanisation et l’avènement d’une classe bourgeoise entraînent une très nette amélioration de l’alimentation.

Tout change au XVIe siècle à cause de… Christophe Colomb. Ayant posé le pied en Amérique, les Européens voient l’opportunité de produire désormais eux-mêmes le sucre dont raffolent les riches bourgeois. Ils transportent dans le Nouveau Monde les grandes plantations esclavagistes mises au point par les musulmans du sud de la Méditerranée.

Comme prévu, le sucre, plus abondant, devient d’un prix plus abordable. Sa consommation se diffuse dans la bourgeoisie et l’aristocratie, avec une conséquence prévisible : le développement de l’obésité.

Contre cette obésité, les femmes luttent en corsetant la poitrine et l’abdomen. On utilise pour cela les fanons des baleines. La vogue des corsets à «baleines» contribue du coup à intensifier la chasse aux cétacés. C’est, avec la traite négrière atlantique, l’une des conséquences de notre innocent attrait pour le sucre. Petite cause, graves conséquences.

Si les femmes se corsètent, les hommes, eux, souffrent plus classiquement de la goutte et l’hydropisie. Ces maladies liées à l’obésité et aux excès alimentaires atteignent les hommes mûrs de l’aristocratie du XVIIe et du XVIIIe siècles.

L’obésité devient un sujet de préoccupation tant pour les hommes que pour les femmes. Les médecins l’associent au tempérament flegmatique (paresse) et voient à l’opposé dans l’extrême maigreur un symptôme de mélancolie (dépression).

On commence à se soucier de régime alimentaire. Les premiers restaurants, qui apparaissent à Paris vers 1766, affichent clairement leur vocation diététique. On y sert des eaux minérales et des bouillons de viande dégraissée.

Mme de Sévigné, par Robert Nanteuil (Paris, musée Carnavalet)Au XVIIe siècle, Madame de Sévigné, dont les portraits révèlent les formes rondes, craint de ne plus pouvoir entrer dans ses vêtements et redoute de devenir une «grosse crevée».

Au siècle suivant, l’avocat Élie de Beaumont s’afflige dans ses mémoires de son obésité qui va de pair avec la mésestime de soi et l’impuissance sexuelle.

Plus près de nous, le journaliste Henri Béraud reçoit le prix Goncourt en 1922 avec Le martyre de l’obèse, un roman en partie autobiographique, qui exprime sa honte d’être réduit à un «bon gros» après avoir combattu dans les tranchées. Il est en 1944 condamné à mort pour faits de collaboration et in fine gracié par le général de Gaulle.

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Embonpoint et pouvoir

Retable de la vierge au buisson ardent (détail: René 1er d'Anjou), cathédrale d'Aix-en-ProvenceDevenu un mal caractéristique des classes supérieures, l’embonpoint est, dès la fin du Moyen Âge, associé à l’image de l’autorité et du pouvoir. Au XIIIe siècle, l’oligarchie marchande, à Florence, est qualifiée de «popolo grasso» («les gras») par le petit peuple maigre qu’elle domine et oppresse.

René d’Anjou, beau-frère du roi de France Charles VII, se fait représenter à la fin de sa vie aux côtés de son épouse sans rien cacher de ses bourrelets. Autre portrait célèbre de la même époque, celui du chancelier Jouvenel des Ursins révèle là aussi un homme mûr et très corpulent, le genre de personne qu’il convient de ne pas contrarier.

Sautons les siècles et passons la Révolution. Nous arrivons à l’époque de Louis-Philippe 1er. En France comme dans le reste de l’Europe, la bourgeoisie d’affaires a pris le pouvoir. Cette bourgeoisie affiche son dédain des valeurs aristocratiques de l’Ancien Régime. Fi de la chasse, de la guerre et des exercices physiques. Seul compte à ses yeux le travail de bureau, obstiné et ingrat. L’embonpoint devient sa marque de fabrique.

Le romancier Honoré de Balzac, lui-même très enveloppé, dresse le portrait sans complaisance de cette bourgeoisie louis-philipparde. Le peintre Jean-Dominique Ingres en dresse le portrait tout court avec son étonnant Monsieur Bertin (1832).

Ce portrait de l’imprimeur et directeur du Journal des Débats montre un homme de 66 ans, considérable dans tous les sens du terme : autoritaire, brutal, solide… et très nettement en surpoids (le surpoids est un stade intermédiaire entre le poids «normal»et l’obésité).

Portrait de Monsieur Bertin (Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1832, Louvre-Lens)

Les femmes de pouvoir en imposent également, de Catherine de Médicis et Marie de Médicis, régentes de France aux XVIe et XVIIe siècles, à l’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg et à la tsarine Catherine de Russie, au XVIIIe siècle. Toutes accèdent au pouvoir suprême à l’âge mûr.

Leurs portraits montrent des femmes très enrobées. Il est vrai qu’à l’exception de Catherine II, elles ont connu de très nombreuses grossesses et gagné à chaque fois quelques kilos supplémentaires. L’embonpoint ne les contrarie en rien dans l’exercice de l’autorité. Il ne les aide pas davantage.

La reine Victoria, au XIXe siècle, se classe à part. Petite et ronde, elle affiche dans ses jeunes années un certain charme que les grossesses, les tracas et les deuils ont vite fait de transformer en surpoids. Devenue veuve, elle ne s’habille plus qu’en noir, ce qui atténue son tour de taille et lui donne l’air respectable d’une grand-mère.

Rondeurs érotiques

Jusqu’au début du XXe siècle, les femmes du monde usent d’artifices vestimentaires de plus en plus contraignants pour dissimuler leurs excès pondéraux (corsets rigides, robes à crinoline).

Elles procèdent ainsi dans la crainte de déplaire mais c’est au détriment de leur confort et de leur liberté gestuelle. Inutile de dire qu’une dame en corset et robe à cerceaux est mal partie pour exercer une profession active.

Andromeda (Pierre-Paul Rubens, Gemaldegalerie, Berlin)

Les hommes leur en sont-ils reconnaissants? Dans Les vies des dames galantes, Brantôme raconte avec beaucoup de verve la vie amoureuse à la cour des derniers Valois. Ses propos illustrent l’ambivalence du regard masculin. Les canons de la beauté, de son point de vue, passent par la finesse de la taille. Mais quand il évoque les femmes qu’il a aimées, c’est à leurs rondeurs qu’il s’attache. Ainsi dissocie-t-il la beauté formelle du désir sexuel.

Les artistes contemporains, tels Véronèse, Titien ou les élèves du Primatice, apprécient tout autant les formes non pas obèses mais pulpeuses. Leurs modèles féminins ne seraient sans doute pas aujourd’hui acceptés par les agences de photos de mode… Un demi-siècle plus tard, Rubens, le grand peintre du baroque, témoigne d’une étrange attirance pour les débordements de la chair, bourrelets, menton, seins, fesses… dans ses évocations mythologiques. Quand il réalise le portrait de sa jeune femme Hélène Fourment, il se montre toutefois plus mesuré et réaliste, sans cacher sa tendresse pour ses rondeurs flamandes.

Un siècle plus tard, François Boucher, peintre de la gaudriole, témoigne sans retenue de son appétence pour les jeunes femmes bien en chair, appétence dont il n’a pas l’exclusivité. On peut le voir dans le portrait de Mlle O’Murphy, 17 ans, qui fut sa maîtresse et celle du roi Louis XV. À l’orée du XXe siècle, Auguste Renoir montre le même attachement pour les femmes aux formes pulpeuses, à commencer par la sienne.

Rien de tel e nos jours, à notre connaissance. Quand Botero sculpte ses personnages difformes, difficile d’y voir une quelconque empathie, encore moins une attirance sexuelle.

La tyrannie de l’hygiénisme

L’embonpoint et plus encore l’obésité connaissent un début de stigmatisation au milieu du XIXe siècle.

Le Second Empire réhabilite les valeurs aristocratiques. Les guerres coloniales remettent au goût du jour les hommes d’action, officiers de marine et aventuriers au profil émacié, tel le beau Savorgnan de Brazza.

Enfin, l’hygiénisme et le culte du surhomme, à la fin du XIXe siècle, exaltent la figure de l’athlète et homme du monde, aussi à l’aise dans les salles d’escrime que dans les salons. Ce mouvement est porté par le baron Pierre de Coubertin, qui restaure les Jeux Olympiques pour le seul profit de l’élite d’amateurs éclairés à laquelle il appartient.

L’émancipation féminine conduit aussi les femmes à cultiver la minceur. Avec la pratique de la bicyclette, très en vogue à la veille de la Première Guerre mondiale, elles acquièrent le droit de porter même des pantalons.

Dans les «Années folles» s’impose la femme libérée, du moins dans les classes supérieures. En 1922, tandis que le prix Goncourt récompense l’obèse Henri Béraud, Victor Margueritte fait scandale avec le roman La garçonne, archétype de ce nouveau modèle féminin, à la silhouette longiligne et sans rondeurs apparentes.

L’obésité devient dès lors vulgaire. Par un total renversement historique, elle devient le lot des classes populaires, jugées incapables de se maîtriser et se bien nourrir. Ainsi que le souligne l’historien Georges Vigarello (Les métamorphoses du gras, Seuil, 2010), on entre dans une nouvelle tyrannie pire que la tyrannie vestimentaire : la tyrannie mentale. Si l’on est gros, c’est qu’on le veut bien ou qu’on ne fait rien pour l’éviter.

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Christophe de Margerie (1951)

Certaines personnalités échappent à la stigmatisation.

Churchill n’en est pas affecté. Plus près de nous, quelques rares patrons allient rondeur et compétence. Au premier rang de ceux-ci, Christophe de Margerie (62 ans), Pdg de Total, l’une des plus grandes entreprises du monde.

Un mouvement d’opinion encore timide prend naissance en Occident afin de rendre estime de soi et dignité aux personnes obèses ou en surpoids. Bagdad Café, un film de Percy Adlon (1987), fait figure de précurseur en montrant avec tendresse l’histoire d’amour entre une femme forte et un vieux cow-boy.

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Menace sur la planète

Tout cela serait réconfortant si nous n’étions désormais menacés par une obésité inédite, produite par des nourritures industrielles frelatées dont on met à jour peu à peu les méfaits (vache folle, fromage à la légionellose, viandes aux hormones, saumon aux pesticides, «junk food» surdosée en sucre etc).

Les conséquences de cette aliénation se lisent dans la phénoménale croissance du taux de personnes en surpoids et obèses dans les pays développés comme dans les pays émergents (près d’un dixième de la population mondiale est d’ores et déjà considérée obèse). Plus grave que tout est le développement de l’obésité chez les enfants de moins de cinq ans, dont on sait qu’ils auront le plus grand mal, à l’âge adulte, à retrouver leur équilibre.

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Bibliographie

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Les métamorphoses du gras, histoire de l'obésité (Georges Vigarello, Seuil, 2010)

L’obésité est un sujet délaissé par les historiens.

La principale synthèse que nous connaissons sur le sujet est l’essai de Georges Vigarello : Les métamorphoses du gras, Histoire de l’obésité (Seuil, 2010).

L’auteur analyse avec beaucoup de perspicacité l’évolution de l’obésité dans les mentalités occidentales depuis le Moyen Âge. Il montre le passage de la prise de conscience à la stigmatisation.

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sources :
hérodote.net
André Larané
Ma pom’
le net

Joséphine de Beauharnais – L’égérie de Napoléon

Joséphine de Beauharnais (23 juin 1763 – 1814)

L’égérie de Napoléon

Joséphine de Beauharnais en impératrice (1763-1814)Elle est née le 23 juin 1763 à la Martinique, dans la riche plantation sucrière d’un lieutenant d’infanterie de marine, sous le nom de Marie-Josèphe-Rose de Tascher de la Pagerie, mais elle entrera dans la postérité sous celui de Joséphine de Beauharnais…

Cette belle créole épouse en premières noces, à 16 ans, le vicomte Alexandre de Beauharnais, un bel officier de trois ans son aîné. Le couple aura deux enfants : Eugène etHortense (future mère de Napoléon III). Mais Alexandre ne tarde pas à courir le guilledou en dépensant la fortune de sa femme.

Lasse d’être trompée, Rose se sépare de son mari dès avant la Révolution. Elle le retrouve alors qu’il s’est déjà illustré comme député aux états généraux, président de l’Assemblée nationale constituante puis général de la 1ère armée du Rhin. Ses états de service, notamment la prise de Mayence en 1793, ne l’empêchent pas d’être guillotiné en 1794.

Inattendue revanche

Incarcérée à son tour au couvent des Carmes, Rose noue une liaison avec un autre prisonnier, le beau général Lazare Hoche. Mais cette félicité ne dure pas. Après avoir vu son mari partir pour la guillotine, la jeune femme comprend que son tour va venir. Elle en tombe malade et ses geôliers sursoient à l’exécution de deux jours. C’est assez pour la sauver. Avec la chute de Robespierre, qui intervient entre-temps, tous les suspects – dont elle – sont libérés.

Veuve et pauvre, Rose est aussi très éprouvée par son incarcération. Sans doute viendra de là son incapacité à enfanter de nouveau…

Énergique, elle surmonte l’adversité et se rattrape en devenant l’une des femmes les plus en vue de la bonne société du Directoire et la maîtresse du «roi» Barras (séduisante, elle a néanmoins les dents si gâtées que les portraitistes veillent à la représenter lèvres serrées).

C’est ainsi qu’elle fait la connaissance du général Bonaparte, devenu un intime de Barras suite à la répression de l’insurrection royaliste de Vendémiaire. Éperdument amoureux de celle qu’il appelle Joséphine (pour n’avoir pas, dit-on, à prononcer le prénom usité par ses précédents amants), Bonaparte demande sa main. Il l’épouse sans formalités le 9 mars 1796 devant un officier d’état-civil. Coquette, la mariée se rajeunit à cette occasion d’une demi-douzaine d’années pour ne pas apparaître plus vieille que son fougueux mari…

Quelques jours plus tard, le général part pour l’armée d’Italie dont il a reçu le commandement en bonne partie grâce à l’entregent de son épouse. Insatiable, cette dernière le trompe néanmoins pendant ses équipées en Italie puis en Égypte avec un capitaine de hussards, un certain Hippolyte Charles.

Quand elle apprend que son illustre époux est revenu d’Égypte et a débarqué à Golfe-Juan, elle part à sa rencontre pour se faire pardonner. Mais elle se trompe de route. C’est ainsi que le général arrive à l’hôtel de sa femme, rue Chanteraine, pour s’apercevoir qu’elle n’est pas là ! Sa colère redouble d’intensité. Habilement, la femme adultère confie à ses deux enfants Eugène et Hortense le soin de plaider sa cause et son pardon. Ils y réussissent fort bien.

Joséphine de Beauharnais (23 juin 1763 - 29 mai 1814), 1801, par François Gérard (musée de l'Ermitage)

Impératrice pour la vie

Dès lors, Joséphine revient à de meilleurs sentiments tandis que l’étoile de son mari se hisse au firmament de la gloire. Pleinement solidaire de Napoléon, elle se va mettre à son service dans toutes les épreuves qui réclament du doigté, de bonnes relations et de la diplomatie, à commencer par le coup d’État de Brumaire.

Son fils Eugène devient un très honorable collaborateur du Premier Consul comme vice-roi d’Italie puis comme général. Il épousera une princesse bavaroise. Sa fille Hortense se sacrifie à l’intérêt du clan en épousant Louis, frère cadet de Napoléon et futur roi de Hollande, par ailleurs un incapable et un mauvais mari qu’elle n’aura de cesse de tromper.

Le Corse Napoléon et la créole Joséphine triomphent ensemble lors du sacre à Notre-Dame. Joséphine a surmonté l’hostilité que lui voue la famille Bonaparte. Son mariage civil a été renforcé par une cérémonie religieuse, la nuit précédant le sacre, devant le cardinal Joseph Fesch, oncle de l’empereur. Comble d’habileté, la nouvelle impératrice obtiendra aussi du peintre David que le célèbre tableau du sacre représente son couronnement et non celui de Napoléon 1er.

Mais incapable de donner à Napoléon l’héritier dont il a besoin, elle doit se résoudre au divorce pour raison d’État le 16 décembre 1809. Elle conserve le titre d’Impératrice des Français et une riche dotation incluant le château de la Malmaison. Elle y mène une vie active et épanouie, en mère et grand-mère attentionnée, au milieu de ses collections de fleurs et d’animaux. Napoléon, qui lui a gardé toute son affection, lui rend de fréquentes visites. C’est là, à la Malmaison, qu’elle meurt d’une fluxion de poitrine le 29 mai 1814, à 51 ans, peu après la chute de l’Empire, ayant pris froid en faisant visiter son domaine au tsar Alexandre 1er.

L'impératrice Joséphine reçoit le tsar Alexandre 1er à la Malmaison (Hector Viger, 1864, musée de la Malmaison)
Joséphine à la Malmaison

La Malmaison aujourd'hui (photo : Fabienne Vignolle, Herodote.net)Joséphine a acheté sous le Directoire acheté cette grande maison située en bordure du bois de Cucufa, à l’ouest de Paris, et dont le nom («mauvaise maison») rappelle que des brigands de grand chemin l’ont habitée dans une époque plus ancienne.

Désireuse de prendre une revanche sur le passé, elle la fait rénover avec le concours des architectes Percier et Fontaine et l’aménage luxueusement grâce à la bienveillante compréhension de son mari, y dépensant pas moins de dix millions de francs en une dizaine d’années.

La Malmaison est meublée dans le goût Empire avec des meubles qui rappellent l’Égyte pharaonique. Dès le Consulat, la Malmaison devient l’un des sièges du gouvernement. Napoléon y aménage un bureau de travail à l’allure d’une tente militaire. Il y retrouve Joséphine chaque semaine et y donne de grandes fêtes.

La Malmaison aujourd'hui (photo : Fabienne Vignolle, Herodote.net)

Dans le parc, qui compte alors plus de 700 hectares, Joséphine crée après son divorce une ménagerie pleine d’animaux exotiques et des serres chauffés où s’épanouit sa passion pour la botanique, les fleurs rares et les roses en particulier.

sources :

hérodote.net

André Larané

Fabienne Manière