Divers textes et prières sur, et de, St François d »Assise !

Celui qui fera copier cet écrit pour qu’il soit mieux mis en pratique,
qu’il sache qu’il est béni du Seigneur

(Extrait d’une lettre de St François)

Saint François d’Assise

 

4 octobre, fête de saint François, modèle d’humble radicalité évangélique, sous le patronage duquel s’est placé le Pape au soir de son élection. Une puissance atomique pour irradier toute l’Église !

 

François d’Assise fait l’unanimité autour de lui. Le Poverello d’Assise, est habité par le Christ et il fait bouger l’Église par sa simplicité évangélique. Il fait écho au désir si cher de l’humble franciscain : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où est la haine, que je mette l’amour. »

Chevalier du Christ

La vie de François est un long poème où alternent joie et souffrance, désir de Dieu et amour de Jésus. Né à Assise vers 1182, d’un riche marchand drapier Pierre Bernardone et de Dame Pica, sa jeunesse est marquée par les plaisirs de la vie. Chevalier, il participe à la guerre entre Assise et Pérouse, où il est fait prisonnier pendant un an. Malade, il est libéré. Il recherche de plus en plus la solitude.

 En 1206, à 24 ans, un événement marquera sa vie. Il s’arrête pour prier à la petite église en ruine de Saint-Damien. En prière, face au crucifix, il entend le Christ en Croix : « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine. » Cet appel sera sa mission : relever l’Église. Il bâtit son identité en structurant son être sur Jésus crucifié reconnu comme le Christ ressuscité.
Face à un père déçu, François se dépouille de ses vêtements devant l’évêque et renonce à tous ses biens pour dame pauvreté. Ne s’inquiétant pas pour demain, il s’abandonne au Père du ciel qui veille sur chacun de nos cheveux, nous qui valons « bien plus que tous les moineaux du monde » (Mt 10, 31). Le Père le revêt de beauté, comme il le fait pour les champs : « Voyez les lis : ils ne filent pas, ils ne tissent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’eux » (Lc 12, 27).

Simplicité et joyeuse humilité

Cette simplicité évangélique, faite de fraîcheur et de confiance, lui attire ses premiers compagnons qui mèneront avec lui la joie parfaite au domaine de la Portioncule. Le pape Innocent III approuve en 1210 cette communauté naissante qui s’appellera les « Frères mineurs », c’est-à-dire les derniers de tous. Claire s’associe à François; c’est la première Clarisse. François fonde aussi pour les laïcs le tiers ordre franciscain. Homme œcuménique par excellence, il rencontre le Sultan en Égypte pour faire cesser la guerre entre chrétiens et musulmans. À son retour, il rédige la règle définitive des Frères mineurs. C’est de lui que nous vient la première crèche vivante de la Nativité.

En 1224, au cours d’une retraite sur l’Alverne, il reçoit les stigmates de la passion de Jésus. Fatigué et malade, il revient à Assise et se retire à Saint-Damien. Il continue à mettre le monde en état de louange. Fiévreux et seul dans une petite cabane, c’est presque aveugle qu’il fait monter un vibrant chant d’amour vers l’Auteur de la nature, le Père de la création. Il compose alors sa magnifique prière Cantique du frère soleil, appelée aussi Cantique des créatures. Il meurt dans la nuit du 3 au 4 octobre 1226 dans une cabane de la Portioncule, accueillant « notre sœur la mort corporelle ».

Grégoire IX le canonise deux ans plus tard. Pie XII le proclame patron de l’Italie en 1939. À noter que François n’était pas prêtre, mais diacre. Son corps repose dans la belle basilique à Assise que frère Élie, son successeur, lui fit construire. Dans cette petite ville médiévale, superbement étalée sur les pentes du mont Subasio qui surplombe la plaine de l’Ombrie, tout évoque la présence du troubadour du Christ.

Poète dans sa familiarité avec la nature, François propose une écologie de la vie en éveillant le désir de chanter la création. « Loué sois-tu Seigneur, dans toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil, par qui tu nous donnes le jour, la lumière; il est beau, rayonnant d’une grande splendeur, et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole. »

L’ami de la nature

François d’Assise rejoint l’être humain dans sa vérité la plus simple. Il réalise ce que nous désirons au plus profond de nous : la joie, la paix, la liberté et la fraternité. Humble et pauvre, il se passionne pour le Christ, les humains et la nature. Comme pour tout chrétien, sa quête d’identité apparaît comme un lent processus d’épuration du désir, de décentrement de soi vers l’autre, grâce à ce Très-Haut qui devient le Très-Bas, comme l’écrit Christian Bobin dans sa biographie initiatique sur François : « Rien ne peut être connu du Très-Haut sinon par le Très-Bas, par ce Dieu à hauteur d’enfance, par ce Dieu à ras de terre des premières chutes, le nez dans l’herbe » (Le Très-Bas).

François est l’homme du retour à l’Évangile qui a contesté la société et l’Église de son temps. Il structure la société non pas sur l’accumulation des biens, mais sur la tendresse et l’harmonie avec la nature, comme le montrent les scènes romancées des Fioretti où il apprivoise un loup et où il prêche aux oiseaux. Frère de tous, il se solidarise avec les plus pauvres, insistant sur l’être et non sur l’avoir, ouvrant une voie de communion et de prière. Il est un maître de libération intérieure. Jean-Paul II l’a nommé patron des écologistes en 1979.

 

Salutation à la Vierge Marie

Salut, Marie, Dame sainte, Reine, sainte Mère de Dieu, vous êtes la Vierge devenue Église : choisie par le très saint Père du ciel, consacrée par lui comme un temple avec son Fils bien aimé et l’Esprit Paraclet  ; vous en qui fut et demeure toute plénitude de grâce et Celui qui est tout bien.

Salut, Palais de Dieu ! Salut, Tabernacle de Dieu ! Salut, Maison de Dieu ! Salut, Vêtement de Dieu ! Salut, Servante de Dieu ! Salut, Mère de Dieu !

Et salut à vous toutes, saintes Vertus, qui, par la grâce et l’illumination de l’Esprit Saint, êtes versées dans le cœur des fidèles, vous qui, d’infidèles que nous sommes, nous rendez fidèles à Dieu !

Exhortation à la louange de Dieu

Craignez le Seigneur et rendez lui hommage.
Digne est le Seigneur de recevoir honneur et louange.
Vous tous qui craignez le Seigneur, louez le.
Salut, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.
Louez le, ciel et toute la terre.
Tous les fleuves, louez le Seigneur.
Fils de Dieu, bénissez le Seigneur.
Voici le jour que le Seigneur a fait,
Jour d’allégresse et jour de joie,
Alléluia, alléluia, alléluia, roi d’Israël.
Que tout esprit loue le Seigneur !

 

 

Louez le Seigneur, car il est bon  ;
Vous tous qui lisez ceci, bénissez le Seigneur.
Toutes les créatures, louez le Seigneur.
Tous les oiseaux du ciel, louez le Seigneur.
Tous les enfants, louez le Seigneur. Jeunes gens et jeunes filles, louez le Seigneur.
Digne est l’Agneau immolé
De recevoir honneur et gloire.
Bénie soit la sainte Trinité et l’indivise Unité.
Saint Michel archange, défends nous dans le combat.

Prière pour le temps de maladie

Je te rends grâces, Seigneur Dieu, pour toutes ces douleurs que j’éprouve ; je te demande, ô mon Seigneur, de m’en envoyer cent fois plus encore si tel est ton bon plaisir.
Car j’accepterais très volontiers que tu m’affliges sans m’épargner, puisque c’est pour moi une consolation surabondante que d’accomplir ta très sainte volonté.

Prière d’offrande totale

Seigneur, je t’en prie, que la force brûlante et douce de ton amour prenne possession de mon âme et l’arrache à tout ce qui est sous le ciel, afin que je meure par amour de ton amour, comme tu as daigné mourir par amour de mon amour.

 Cantique de frère Soleil ou des créatures

 

  1. Très haut, tout puissant et bon Seigneur,
    À toi louange, gloire, honneur,
    Et toute bénédiction ;
  2. à toi seul ils conviennent, ô Très Haut,
    Et nul homme n’est digne de te nommer.
  3. Loué sois tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
    spécialement messire frère Soleil,
    par qui tu nous donnes le jour, la lumière :
  4. il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
    et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.
  5. Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles :
    dans le ciel tu les as formées,
    claires, précieuses et belles.
  6. Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
    et pour l’air et pour les nuages,
    pour l’azur calme et tous les temps :
    grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.
  7. Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Eau qui est très utile
    et très humble précieuse et chaste.
  8. Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Feu
    par qui tu éclaires la nuit :
    il est beau et joyeux,
    indomptable et fort.
  9. Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,
    qui nous porte et nous nourrit,
    qui produit la diversité des fruits,
    avec les fleurs diaprées et les herbes.
  10. Loué sois tu, mon Seigneur, pour ceux
    qui pardonnent par amour pour toi  ;
    qui supportent épreuves et maladies :
  11. Heureux s’ils conservent la paix,
    car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés.
  12. Loué sois tu, mon Seigneur,
    pour notre sœur la Mort corporelle,
    à qui nul homme vivant ne peut échapper.
  13. Malheur à ceux qui meurent en péché mortel  ;
    heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
    car la seconde mort* ne pourra leur nuire
  14. Louez et bénissez mon Seigneur,
    rendez lui grâce et servez le
    en toute humilité !

 

 

 

 

Admonitions

 

 

1. le Corps du Seigneur

Le Seigneur Jésus dit à ses disciples : Je suis la voie, la vérité et la vie ; on ne va au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père ; mais bientôt vous le connaîtrez, et d’ailleurs vous l’avez déjà vu. Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui répondit : il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père. Le Père habite une lumière inaccessible ; Dieu est esprit ; personne n’a jamais vu Dieu. Puisque Dieu est esprit, on ne peut donc le voir que par l’Esprit, car c’est l’esprit qui fait vivre, la chair ne sert de rien.

Il en va de même pour le Fils : en tant qu’il est égal au Père, on ne peut le voir autrement que le Père, autrement que par l’Esprit.

Voilà pourquoi furent damnés tous ceux qui autrefois n’ont vu que l’homme dans le Seigneur Jésus Christ, sans voir ni croire, selon l’Esprit et selon Dieu, qu’il est vraiment le Fils de Dieu. Pareillement sont damnés tous ceux qui aujourd’hui leur ressemblent : ils voient bien, sous forme de pain et de vin, le sacrement du Corps du Christ, consacré sur l’autel par les mains du prêtre au moyen des paroles du Seigneur ; mais ils ne voient ni ne croient, selon l’Esprit et selon Dieu, que ce sont là réellement les très saints Corps et Sang de notre Seigneur Jésus Christ, au témoignage du Très Haut lui même qui affirme : Ceci est mon Corps, et le Sang de la Nouvelle Alliance, qui sera versé pour la multitude , et encore : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. ».

L’Esprit du Seigneur : il habite en ceux qui croient en lui ; c’est donc lui qui reçoit le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tous les autres, ceux qui n’ont point part à cet Esprit, s’ils ont l’audace de recevoir le Seigneur, mangent et boivent leur propre condamnation.

Race charnelle, combien de temps encore aurez vous le cœur si dur ? Pourquoi ne pas reconnaître la vérité ? Pourquoi ne pas croire au Fils de Dieu ? Voyez : chaque jour il s’abaisse, exactement comme à l’heure où, quittant son palais royal , il s’est incarné dans le sein de la Vierge ; chaque jour c’est lui même qui vient à nous, et sous les dehors les plus humbles ; chaque jour il descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre. Et de même qu’autrefois il se présentait aux saints apôtres dans une chair bien réelle, de même se montre-t-il à nos yeux maintenant dans du pain sacré. Les apôtres, lorsqu’ils le regardaient de leurs yeux de chair, ne voyaient que sa chair, mais ils le contemplaient avec les yeux de l’esprit, et croyaient qu’il était Dieu. Nous aussi, lorsque, de nos yeux de chair, nous voyons du pain et du vin, sachons voir et croire fermement que c’est là, réels et vivants, le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tel est en effet le moyen qu’il a choisi de rester toujours avec ceux qui croient en lui, comme il l’a dit lui même : Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde.

2.le péché de volonté propre

Le Seigneur dit à Adam : Tu peux manger des fruits de tous les arbres ; mais ne touche pas à l’arbre de la science du bien et du mal. Adam avait donc le droit de manger des fruits de tous les arbres du Paradis ; tant qu’il resta dans l’obéissance, il fut sans péché.

Manger les fruits de l’arbre de la science du bien signifie : s’approprier sa volonté, s’attribuer orgueilleusement le bien que l’on fait, alors qu’en réalité c’est le Seigneur en nous qui l’accomplit en paroles ou en actes. Mais on préfère écouter les insinuations du démon, on enfreint la défense ; alors le fruit de la science du bien se transforme en fruit de la science du mal, et il faut en subir le châtiment.

3. Obéissance parfaite et obéissance imparfaite

Le Seigneur dit dans l’Evangile : Celui qui n’abandonne pas tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple et encore : Qui veut sauver son âme doit la perdre. Comment faire pour abandonner tout ce que l’on possède ? Comment perdre son corps et son âme ? En se livrant tout entier à l’obéissance entre les mains de son supérieur. Tout ce que fait et tout ce que dit un sujet est acte d’obéissance véritable à deux conditions : d’une part qu’il s’agisse objectivement d’une bonne action ; d’autre part qu’on soit sûr de ne pas aller contre la volonté du supérieur.

Un sujet croit parfois sentir qu’une autre orientation serait meilleure et plus utile pour son âme que celle qui lui est imposée : qu’il fasse à Dieu le sacrifice de son projet, et qu’il se mette en devoir d’appliquer plutôt celui du supérieur. Voilà de la véritable obéissance, qui est aussi de l’amour : elle contente à la fois Dieu et le prochain.

Mais si le supérieur donnait un ordre contraire au salut de notre âme, il faudrait refuser de lui obéir, sans pour autant, rompre avec lui ou le quitter. Encourrait on les persécutions de certains à cause de cette attitude, on ne devrait que les en aimer davantage, pour l’amour de Dieu, car celui qui, bien loin de divorcer d’avec ses frères, préfère supporter leur hostilité, celui là reste dans l’obéissance parfaite : l’obéissance qui va jusqu’à donner sa vie pour ses frères.

Bien des religieux, malheureusement, s’imaginent découvrir qu’il y a mieux à faire que ce qu’ordonnent leurs supérieurs ; ils regardent en arrière et retournent à leur vomissement , c’est à dire à leur volonté propre. Ce sont des homicides, car leurs mauvais exemples sèment la mort dans beaucoup d’âmes.

4. ne pas s’approprier les charges

Ce n’est pas pour être servi que je suis venu, dit le Seigneur, mais pour servir.

Quand on a reçu autorité sur les autres, on ne doit pas plus en tirer gloire que si l’on était affecté à l’emploi de leur laver les pieds. Être plus désemparé de perdre un supériorat que de perdre l’emploi de laver les pieds, c’est amasser, comme Judas, un trésor frauduleux au péril de son âme ; et plus grand est le trouble, plus est coupable l’avarice.

5. Ne pas s’enorgueillir, mais placer sa fierté dans la Croix du Seigneur

Considère, ô homme, le degré de perfection auquel t’a élevé le Seigneur : il a créé et formé ton corps à l’image du corps de son Fils bien aimé, et ton esprit à la ressemblance de son esprit.

Et malgré cela, toutes les créatures qui sont sous le ciel servent leur créateur mieux que toi, elles le connaissent et lui obéissent mieux que toi, chacune selon sa nature. Bien pis, ce ne sont pas les démons qui l’ont crucifié : c’est toi qui, avec eux, l’as crucifié et le crucifies encore en prenant plaisir au vice et au péché. De quoi peux tu donc bien te glorifier ?

Même si tu avais tant de pénétration et tant de sagesse qu’aucune science n’aurait plus de secret pour toi ; même si tu savais interpréter toutes les langues et scruter les mystères divins avec une subtilité remarquable, de tout cela tu ne peux tirer aucune gloire. Le premier venu des démons a autrefois pénétré bien plus avant dans les mystères de Dieu, et connaît encore maintenant l’univers terrestre bien mieux que tous les hommes réunis (y compris celui qui reçut du Seigneur la grâce spéciale de la plus haute sagesse). De même, serais tu le plus beau et le plus riche des hommes, et ferais tu même des miracles au point de chasser les démons, tout cela peut se retourner contre toi, tu n’y es pour rien, et il n’y a rien là dont tu puisses tirer gloire. Mais ce dont nous pouvons tirer gloire, c’est de nos faiblesses. C’est de notre part quotidienne à la sainte Croix de notre Seigneur Jésus Christ.

6. L’imitation du Seigneur

Considérons frères, le bon Pasteur : pour sauver ses brebis, il a souffert la Passion et la Croix.

A sa suite, les brebis du Seigneur ont marché à travers les souffrances, les persécutions, les humiliations, la faim, les maladies, les tentations, et toutes sortes d’épreuves. En retour, elles ont reçu du Seigneur la vie éternelle.

Nous devrions avoir honte, nous, les serviteurs de Dieu. Car les saints ont agi : nous, nous racontons ce qu’ils ont fait, dans le but d’en retirer pour nous honneur et gloire.

7. Savoir, mais pour mieux agir

L’Apôtre dit : La lettre tue, mais l’esprit fait vivre.

La lettre tue ceux dont la curiosité s’arrête aux mots du texte ; ce qu’ils veulent, c’est paraître plus savants que les autres, et pouvoir acquérir ainsi de grandes richesses dont ils feront profiter leurs parents et amis, La lettre tue les religieux qui ne veulent pas approfondir l’esprit de la sainte Ecriture, mais qui préfèrent s’en tenir uniquement à la connaissance et au commentaire des mots.

L’esprit de la sainte Ecriture fait vivre ceux qui n’attribuent pas à leur valeur personnelle la science qu’ils possèdent ou désirent posséder, mais qui, par la parole et par l’exemple, en font hommage au Très haut Seigneur Dieu à qui appartient tout bien.

8. Éviter le péché d’envie

Sans le secours de l’Esprit Saint, dit l’Apôtre, nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ; sans le secours de l’Esprit Saint, nul, pas un seul homme, n’est capable de faire le bien.

C’est pourquoi celui qui est jaloux d’un de ses frères par l’intermédiaire duquel le Seigneur dit et fait du bien, celui là commet un véritable blasphème : c’est au Très Haut lui même que sa jalousie s’en prend, puisque c’est de Dieu seul que dérivent toute bonne parole et toute bonne action.

9. L’amour des ennemis

Aimez vos ennemis, dit le Seigneur.

Aimer vraiment son ennemi, c’est d’abord ne pas s’affliger des torts qu’on a subis soi même ; c’est ressentir douloureusement, mais comme une offense à l’amour de Dieu, le péché que l’autre a commis ; et c’est prouver à ce dernier, par des actes, qu’on l’aime toujours.

10. Réprimer les tendances égoïstes

A-t-on commis un péché ? C’est la faute au démon ! A-t-on subi une injustice ? C’est la faute au prochain ! Telle est l’attitude de beaucoup de chrétiens. Mais ce n’est pas sur autrui qu’il faut rejeter la faute : l’ennemi, chacun le tient à sa discrétion, l’ennemi c’est à dire l’égoïsme qui fait tomber dans le péché.

Heureux dès lors le serviteur qui gardera toujours enchaîné cet ennemi livré entre ses mains et saura sagement se prémunir contre lui : tant qu’il agira de la sorte, aucun autre ennemi, visible ou invisible, ne pourra lui nuire.

11. Ne pas se laisser ravager par le péché d’autrui

Un serviteur de Dieu ne doit éprouver de répulsion pour rien, si ce n’est pour le péché. Et même dans ce cas si grand que soit le péché commis, le serviteur de Dieu peut être atteint dans son amour pour Dieu offensé, mais jamais il ne doit perdre la paix de l’âme ni se mettre en colère : ce faisant, il s’attribuerait injustement un droit qui n’appartient qu’à Dieu : juger d’une faute.

Le serviteur de Dieu qui demeure inaccessible à la colère et au trouble dans ses rapports avec autrui, celui là mène une vie conforme à sa vocation, libre de tout attachement égoïste. Heureux celui qui ne s’arroge rien, qui rend à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

12. À quoi l’on reconnait l’Esprit du Seigneur

Voici comment reconnaître qu’un serviteur de Dieu possède l’Esprit du Seigneur : lorsque le Seigneur opère par lui quelque bien, la  » chair  » du serviteur de Dieu, alors, ne s’enorgueillit pas, cette chair toujours opposée à tout bien ; au contraire, il ne s’en méprise que davantage, et se juge plus indigne que tous les autres hommes.

Heureux les pacifiques : ils seront appelés fils de Dieu. Ce qu’un serviteur de Dieu possède de patience et d’humilité, on ne peut pas le savoir tant que tout va selon ses désirs. Mais vienne le temps où ceux qui devraient respecter ses volontés se mettent au contraire à les contester : ce qu’il manifeste alors de patience et d’humilité, voilà exactement ce qu’il en possède, et rien de plus.

13. L’Esprit de pauvreté

Heureux ceux qui ont l’esprit de pauvreté, car le royaume des cieux leur appartient. Il y en a beaucoup qui sont férus de prières et d’offices, et qui infligent à leur corps de fréquentes mortifications et abstinences. Mais pour un mot qui leur semble un affront ou une injustice envers leur cher  » moi « , ou bien pour tel ou tel objet qu’on leur enlève, les voilà aussitôt qui se scandalisent et perdent la paix de l’âme. Ceux là n’ont pas le véritable esprit de pauvreté : car celui qui a le véritable esprit de pauvreté se hait lui même, et chérit ceux qui le frappent sur la joue.

14. La paix de l’âme

Heureux les pacifiques : ils seront appelés fils de Dieu. Sont vraiment pacifiques ceux qui, malgré tout ce qu’ils ont à souffrir en ce monde, pour l’amour de notre Seigneur Jésus Christ, gardent la paix de l’âme et du corps.

15. La pureté du cœur

Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. Ont vraiment le cœur pur ceux qui méprisent les biens de la terre, cherchent ceux du ciel et ainsi purifiés de tout attachement de l’âme et du cœur, ne cessent jamais d’adorer et de voir rien d’autre que le Seigneur Dieu vivant et vrai.

16. Humilité du Serviteur de Dieu

Heureux le serviteur qui ne se glorifie pas plus du bien que le Seigneur dit et opère par lui, que du bien que le Seigneur dit et opère par un autre. On pèche quand on veut recevoir du prochain plus qu’on ne veut donner de soi au Seigneur Dieu.

17. Compassion pour le prochain

Heureux l’homme qui, dans les limites de sa propre faiblesse, soutient son prochain autant qu’il voudrait être soutenu par lui dans un cas analogue.

18. Rendre tout bien au Seigneur

Heureux le serviteur qui fait hommage de tout bien au Seigneur. Celui au contraire qui en revendique une part pour lui même, celui là cache au fond de lui même l’argent du Seigneur Dieu , et ce qu’il croyait posséder en propre lui sera enlevé.

19. Humilité malgré les louanges et les honneurs

Heureux le serviteur qui, lorsqu’on le félicite et qu’on l’honore, ne se tient pas pour meilleur que lorsqu’on le traite en homme de rien, simple et méprisable. Car tant vaut l’homme devant Dieu, tant vaut il en réalité, sans plus.

Malheur au religieux qui, appelé par ses frères à de hautes fonctions, refuse ensuite d’en descendre de son plein gré. Heureux le serviteur qui, appelé malgré lui à de hautes fonctions, n’a d’autre ambition que de servir les autres et de s’abaisser sous leurs pieds.

20. La vraie et la fausse joie

Heureux le religieux qui ne prend plaisir et joie que dans tout ce que le Seigneur a fait, et qui s’en sert pour porter les hommes à l’amour de Dieu en toute joie. Malheur au religieux qui se plaît aux histoires légères et frivoles, et qui s’en sert uniquement pour provoquer l’hilarité.

21. Légéreté et bavardage

Heureux le serviteur qui ne parle pas pour se faire valoir, qui ne fait pas étalage de sa valeur et qui n’est pas toujours avide de prendre la parole , mais qui s’exprime et répond avec sagesse et réflexion.

Malheur au religieux qui, au lieu de garder en son cœur les grâces dont le Seigneur le favorise, et au lieu d’en faire profiter les autres par ses actions, s’empresse en discours de les étaler aux yeux des hommes pour se faire valoir. Il en obtient la mesquine récompense qu’il convoitait, mais ceux qui l’écoutent n’en retirent que peu de fruit.

22. Acceptation des reproches

Heureux le serviteur qui supporte avec autant de patience que s’il se les infligeait lui même, les avertissements, accusations et réprimandes infligés par autrui.

Heureux le serviteur qui, lorsqu’il est repris, reconnaît facilement ses torts, cède volontiers, avoue humblement et répare de bon cœur.

Heureux le serviteur qui n’est pas prompt à s’excuser, et qui supporte humblement la honte d’être réprimandé pour une faute qu’il n’a pas commise.

23. La vraie humilité

Heureux celui que l’on trouve aussi humble au milieu de ses sujets que s’il était au milieu de ses supérieurs.

Heureux le serviteur qui reste toujours disposé à accueillir remarques et punitions.

Fidèle et prudent serviteur , celui qui, chaque fois qu’il en a offensé un autre, ne tarde pas à expier cet écart : intérieurement par le regret, extérieurement par l’aveu de sa faute et par des actes concrets de réparation.

24. L’amour fraternel

Heureux celui qui aimerait autant un frère malade et incapable de lui rendre service, qu’un frère bien portant qui peut lui être utile.

Heureux celui qui aimerait et respecterait autant son frère quand il est loin de lui que lorsqu’il est avec lui, et qui ne dirait pas derrière son frère ce qu’en toute charité il ne pourrait pas dire devant lui.

25. Honorer les clercs

Heureux le serviteur qui donne sa foi aux clercs qui vivent en accord avec l’enseignement et les institutions de la sainte Eglise romaine. Et malheur à ceux qui les méprisent : nul n’a le droit de juger les clercs, même pécheurs c’est le Seigneur qui se réserve de les juger lui même et lui seul.

En effet, ils sont les ministres des très saints Corps et Sang de notre Seigneur Jésus Christ ; c’est pourquoi, autant leur ministère surpasse les autres ministères, autant une faute contre eux surpasse en gravité une faute contre n’importe quel autre fidèle de ce monde.

26. Les vertus chassent les vices

Où règnent charité et sagesse,
Il n’y a ni crainte ni ignorance

Ou règnent patience et humilité,
Il n’y a ni colère ni trouble.

Ou règnent pauvreté et joie,
Il n’y a ni cupidité ni avarice.

Ou règnent paix intérieure et méditation,
Il n’y a ni désir de changement ni dissipation.

Où règne crainte du Seigneur pour garder la maison,
L’ennemi ne peut pratiquer nulle brèche pour y pénétrer.

Où règnent miséricorde et discernement,
Il n’y a ni luxe superflu ni dureté de cœur.

27. Discrétion sur les grâces de Dieu, de peur de les perdre

Heureux le serviteur qui amasse, mais dans le ciel, le trésor de grâces que le Seigneur lui offre et qui ne cherche pas, pour se faire valoir, à les manifester aux hommes ; car c’est le Très Haut lui même qui manifestera ses propres œuvres à qui il lui plaira. Heureux le serviteur qui conserve en son cœur les secrets du Seigneur.

Lettre à tous les fidèles
(Deuxième rédaction)

Adresse. But de la lettre

Au nom du Seigneur, Père, Fils et Saint Esprit. Amen.

A tous les chrétiens : religieux, clercs et laïcs, hommes et femmes, à tous les habitants du monde entier, le frère François, leur serviteur et leur sujet, hommage et respect, vraie paix du ciel et amour sincère dans le Seigneur.

Puisque je suis le serviteur de tous, je suis tenu de me mettre au service de tous, et de me faire pour vous tous le ministre des paroles toutes parfumées de mon Seigneur. Or je constate qu’il m’est impossible, à cause des maladies et de la faiblesse de mon corps, d’aller vous visiter tous et chacun ; c’est pourquoi j’ai eu l’idée de vous adresser la présente lettre et ce message, pour vous transmettre quand même les paroles de notre Seigneur Jésus Christ, qui est Parole du Père, et les paroles du Saint Esprit, qui sont Esprit et Vie.

I LE MYSTÈRE RÉDEMPTEUR

1. L’Incarnation

Ce Verbe du Père, si digne, si saint et si glorieux, le très haut Père du ciel annonça par son saint ange Gabriel qu’il viendrait dans le sein de la glorieuse Vierge Marie ; et de fait il reçut vraiment, dans son sein, la chair de notre fragile humanité. Lui qui était riche plus que tout, il a voulu, avec la bienheureuse Vierge sa mère, choisir la pauvreté.

2. L’Eucharistie

A l’approche de sa Passion, il célébra la Pâque avec ses disciples : prenant le pain, il rendit grâces, le bénit et le rompit, et déclara : Prenez et mangez : ceci est mon corps. Et prenant le calice il dit : Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle Alliance, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés.

3. L’offrande volontaire

Ensuite il pria son Père en disant : Père, si cela est possible, que ce calice s’éloigne de moi ! Et il lui vint une sueur comme de gouttes de sang tombant jusqu’à terre. Cependant, il mit sa volonté dans la volonté de son Père, en disant : Père, que ta volonté soit faite ; non pas comme je veux, mais comme toi tu veux.

4. La croix

Or, la volonté du Père fut que son Fils béni et glorieux, qu’il nous a donné et qui est né pour nous, s’offrît lui même par son propre sang, en sacrifice et en victime sur l’autel de la croix ; non pas pour lui même, par qui tout a été fait, mais pour nos péchés, nous laissant un exemple afin que nous suivions ses traces. Il veut que tous nous soyons sauvés par lui, et que nous le recevions dans un cœur pur et un corps chaste. Malheureusement, il en est peu qui aient la volonté de le recevoir et d’être sauvés par lui, bien que son joug soit doux et son fardeau léger.

II. LES EXIGENCES DE LA VIE CHRÉTIENNE

1. Amour et adoration de Dieu

Ceux qui ne veulent pas goûter combien le Seigneur est doux, qui préfèrent les ténèbres à la lumière, et qui refusent d’observer les commandements de Dieu, ceux là sont maudits ; c’est d’eux qu’il est dit par le Prophète : Maudits soient ceux qui s’écartent de tes commandements ! Mais, oh ! qu’ils sont heureux et bénis, au contraire, ceux qui aiment Dieu et qui pratiquent ce que le Seigneur lui même dit dans l’Evangile : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, et ton prochain comme toi même. Aimons donc Dieu et adorons le d’un cœur et d’un esprit purs, car c’est là ce qu’il requiert par-dessus tout quand il dit : Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tous ceux qui l’adorent doivent l’adorer dans l’Esprit de vérité. Adressons lui louanges et prières jour et nuit en disant :  » Notre Père qui es aux cieux !  » car il nous faut toujours prier et ne cesser jamais.

2. Vie sacramentelle

Nous avons aussi l’obligation de confesser au prêtre tous nos péchés, et de recevoir le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui ne mange pas sa chair et ne boit pas son sang ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Mais il faut manger et boire dignement, car celui qui le reçoit indignement, mange et boit sa propre condamnation, ne discernant pas le Corps du Seigneur, c’est à dire ne le distinguant pas des autres nourritures. Faisons, en outre, des actes concrets de pénitence.

3. Amour du prochain

Puis, aimons notre prochain comme nous mêmes. Et si quelqu’un ne veut pas ou ne peut pas aimer son prochain comme lui même, qu’au moins il n’aille pas lui faire de mal, mais qu’il lui fasse du bien.

 

 

Ceux qui ont été investis du pouvoir de juger autrui, qu’ils exercent leur charge de juge avec miséricorde, comme ils voudraient obtenir eux mêmes miséricorde du Seigneur. Car il sera jugé sans miséricorde, celui qui n’aura pas lui même exercé la miséricorde.

4. Aumône et jeûne

Ayons donc charité et humilité : faisons des aumônes, car elles lavent les âmes des souillures de leurs péchés. En effet, tout ce que les hommes doivent laisser en quittant ce monde est à jamais perdu pour eux, tandis qu’ils emportent avec eux le prix de leur charité et les aumônes qu’ils ont faites : ils en recevront de Dieu la récompense et une juste rémunération. Nous devons aussi jeûner, nous abstenir des vices et des péchés, de l’excès du manger et du boire ; et nous devons être catholiques.

5. Respect des églises et des prêtres

Nous devons aussi visiter fréquemment les églises, respecter et vénérer les clercs : non pas tellement à cause d’eux mêmes, car ils peuvent être pécheurs, mais à cause de leur charge, et parce qu’ils sont les ministres du Corps et du Sang très saints de notre Seigneur Jésus Christ, qu’ils sacrifient sur l’autel, qu’ils reçoivent eux mêmes, et qu’ils distribuent aux autres. Sachons bien, tous, que nul ne peut être sauvé que par les saintes paroles et par le Sang de notre Seigneur Jésus Christ, que les clercs prononcent, proclament et distribuent ; c’est à eux seuls qu’il revient de les distribuer, et non à d’autres.

6. Exigences particulières pour les religieux

Pour les religieux, qui ont renoncé au monde, il y a une obligation spéciale de faire plus et mieux, mais sans omettre le reste.

Nous devons avoir en haine nos corps, avec les vices et les péchés, parce que le Seigneur dit dans l’Evangile : Tous les vices et péchés sortent du cœur. Nous devons aimer nos ennemis et faire du bien à ceux qui nous haïssent. Nous devons observer, outre les préceptes, les conseils de notre Seigneur Jésus Christ.

 

De plus, nous devons nous renoncer nous mêmes et courber nos corps sous le joug de la servitude et de la sainte obéissance, comme chacun de nous l’a promis au Seigneur. Mais l’obéissance n’impose à personne d’obéir en matière de délit ou de péché.

Celui à qui a été confiée l’autorité, et qui est considéré comme plus grand que ses frères, qu’il soit comme le plus petit et le serviteur des autres frères ; il doit éprouver foncièrement et témoigner à chacun de ses frères autant de bonté qu’il voudrait s’en voir témoigner à lui même s’il était a leur place. Loin de s’irriter lorsqu’un frère aura commis une faute, en toute patience et humilité il saura donner un avertissement et l’aider avec une affectueuse douceur.

Nous ne devons être ni sages ni prudents selon la chair ; nous devons plutôt être simples, humbles et purs. Ne ménageons à nos corps ni les affronts ni le mépris, parce que tous, par notre faute, nous sommes misérables, pourris et fétides : des vers, comme dit le Seigneur par le Prophète : Je suis un ver et non un homme, le mépris des hommes et le rebut du peuple. Jamais nous ne devons désirer d’être au dessus des autres ; mais nous devons plutôt être les serviteurs et les sujets de toute créature humaine à cause de Dieu.

III. LES MERVEILLES DE LA VIE CHRÉTIENNE

Tous ceux et toutes celles qui agiront ainsi et qui persévéreront jusqu’à la fin, l’Esprit du Seigneur reposera sur eux et fera en eux son habitation et sa demeure, et ils seront les fils du Père céleste dont ils font les œuvres et ils sont époux frères et mères de notre Seigneur Jésus Christ. Ses époux lorsque, par l’Esprit Saint, l’âme fidèle est unie à Jésus Christ. Ses frères lorsque nous faisons la volonté de son Père qui est dans le ciel. Ses mères lorsque nous le portons dans notre cœur et dans notre corps par l’amour, par la loyauté et la pureté de notre conscience, et que nous l’enfantons par nos bonnes actions, qui doivent être pour autrui une lumière et un exemple.

 

 

Oh ! qu’il est glorieux et saint et grand d’avoir un Père dans les cieux ! Oh ! qu’il est saint et beau, magnifique et admirable, d’avoir dans les cieux un Epoux ! Oh ! que c’est chose sainte et chère, plaisante et humble, apaisante et douce, aimable et désirable plus que tout, d’avoir un tel frère et un tel fils, qui a donné sa vie pour ses brebis, et qui a prié son Père pour nous en disant :  » Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés. Père, tous ceux que tu m’as donnés en ce monde étaient à toi, et tu me les as donnés. Les paroles que tu m’as données, je les leur ai dites, et ils les ont reçues ; ils ont vraiment cru que je suis sorti de toi, et ils ont reconnu que c’est toi qui m’as envoyé. Je prie pour eux, non pour le monde : bénis les et sanctifie les. Pour eux, moi même, je me sanctifie, pour qu’ils soient sanctifiés tous ensemble, comme nous. Et je veux, Père, que là où je suis, eux aussi soient avec moi, pour qu’ils voient ma splendeur dans ton royaume. « 

Puisqu’il a tant souffert pour nous, puisqu’il nous a apporté et nous apportera encore tant de biens, que toute créature qui est dans le ciel et sur la terre, dans la mer et dans les abîmes, rende à Dieu louange, gloire, honneur et bénédiction, car c’est lui notre courage et notre force puisqu’il est le seul bon, le seul très haut, le seul tout puissant, admirable, glorieux et le seul saint, lui qu’il faut louer et bénir dans les siècles infinis des siècles. Amen.

 

 

 

IV. L’ESCLAVAGE DU PÉCHÉ

1. Les dupes du démon

Au contraire, tous ceux qui ne vivent pas dans la pénitence ; qui ne reçoivent pas le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ ; qui s’adonnent aux vices et aux péchés ; qui suivent leur pente vers le mal et leurs mauvais désirs ; qui n’observent pas ce qu’ils ont promis d’observer qui font de leur corps l’esclave du monde, des désirs charnels, des soucis et des agitations ambitieuses d’ici bas séduits par le diable dont ils sont les fils et dont ils accomplissent les œuvres, ce sont des aveugles, car ils ne voient pas la vraie lumière, notre Seigneur Jésus Christ. Ils ne possèdent pas la sagesse spirituelle, puisqu’ils n’ont pas en eux le Fils de Dieu, qui est la vraie Sagesse du Père. C’est d’eux qu’il est dit : Leur sagesse a été engloutie. Ils voient le mal, ils le reconnaissent comme tel, ils le font sciemment, et sciemment ils perdent leur âme.

 

 

Mais prenez garde, aveugles : vous vous êtes laissé séduire par vos ennemis, qui sont la chair, le monde et le diable, parce qu’il est bien agréable pour le corps de commettre le péché, et très amer de servir Dieu, parce que tous les vices et péchés sortent et procèdent du cœur de l’homme, comme dit le Seigneur dans l’Evangile. Vous n’avez rien à vous, ni en ce monde ni en l’autre. Vous croyez que vous allez conserver longtemps les biens de ce monde qui ne sont que vanité ; mais vous vous trompez car viennent le jour et l’heure auxquels vous ne pensez pas qui vous sont inconnus et que vous ignorez.

2. Illustration concrète : la mort du pécheur

Le corps s’affaiblit, la mort approche, parents et amis viennent dire :  » Prends tes dispositions ! « 

Et voilà sa femme et ses enfants, ses amis et ses proches qui font semblant de pleurer. Il regarde autour de lui, voit les siens en larmes et, se laissant aller à une émotion coupable, il pense en lui même et dit :  » Tant pis ! Mon âme, mon corps et tous mes biens, je les remets entre vos mains « . Vraiment cet homme est maudit, qui confie et remet son âme, son corps et tous ses biens en de telles mains. Aussi le Seigneur dit il par le Prophète : Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme.

Aussitôt on fait venir un prêtre qui lui dit :
– veux tu recevoir l’absolution de tous tes péchés ?
– Oui, répond il.
– Veux tu, dans la mesure où tu le peux, prendre sur ta fortune pour réparer tes fautes et restituer à ceux que tu as volés et trompés ?
– Non !
– Et pourquoi non ? dit le prêtre.
– Parce que j’ai tout remis entre les mains de mes parents et amis…
Et il commence à perdre la parole. Ainsi meurt il, le malheureux.

Or, que tous le sachent bien ; si un homme, – que ce soit ici ou là, aujourd’hui ou demain, de telle manière ou autrement, peu importe, – meurt en état de péché mortel, sans pénitence et sans réparation, alors qu’il avait la possibilité de réparer et qu’il ne l’a pas fait, le diable lui arrache l’âme du corps, lui causant tant d’angoisse et de tourment, que nul ne peut s’en faire une idée, sauf celui qui en est la victime. Talents, pouvoir et science, tout ce qu’il croyait avoir lui sera enlevé. Il le laisse à ses parents et amis qui emportent et se partagent ses biens, et qui disent ensuite : ; Maudite soit son âme ! Il aurait pu nous donner bien davantage, et amasser plus qu’il n’a amassé !  » Le corps est la proie des vers ; et ainsi perd il son âme et son corps en ce monde qui passe si vite, et il ira en enfer où il sera tourmenté sans fin.

 

 

CONCLUSION

Pratiquer et diffuser la parole de Dieu

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

Moi, frère François, votre petit serviteur, je vous prie et supplie, dans l’amour qu’est Dieu, et avec la volonté de vous baiser les pieds, d’accueillir comme vous le devez, avec humilité et charité, ces paroles toutes parfumées de notre Seigneur Jésus Christ, de les observer et de les mettre en pratique. Tous ceux et toutes celles qui accueilleront ces paroles avec bienveillance, qui les méditeront et en adresseront à d’autres des exemplaires, s’ils persévèrent jusqu’à la fin à en observer les enseignements, qu’ils soient bénis du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

 

Fête de S. François d’Assise 4 octobre

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Saint François d’Assise très certainement né le 5 avril 1182

Saint François d’Assise très certainement né le 5 avril 1182

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Saint François d’Assise meurt nu à même le sol près de la petite chapelle de la Portioncule, dans la nuit du 3 au 4 octobre 1226. Par sa joie de vivre, son amour de la Création, son humilité, il reste l’une des figures les plus attachantes de l’histoire du christianisme…

L’année précédente, presque aveugle, abattu par la fièvre et tourmenté par les mulots, voilà pourtant qu’il a fait monter vers le Père de toute la Création un chant d’amour qui est aussi le premier grand poème en langue italienne : le Cantique de frère Soleil ou Cantique des Créatures.

Voeu de pauvreté

Né 44 ans plus tôt dans la famille d’un riche drapier d’Assise, en Italie centrale (Ombrie) sous le nom de Giovanni Bernardone, il est surnommé Francesco (Français) par son père, coutumier des voyages en France. Ce surnom, dont nous avons fait François, sera appelé à une immense diffusion.

L’enfant mène joyeuse vie dans sa ville natale et ne rêve que plaies et bosses dans le contexte des guerres entre cités italiennes.

Saint François (par Cimabue, 1240 - 1302)À vingt ans, en 1202, il participe à une guerre contre Pérouse et est fait prisonnier. Il tombe malade puis part en pèlerinage à Rome. En chemin, il voit en songe le Christ qui lui demande de «réparer sa maison qui tombe en ruine». François pense qu’il s’agit de la chapelle où il prie, Santa Maria degli Angeli.

Il vend un cheval et des tissus qui sont à son père pour acheter des matériaux en vue de réparer la chapelle. Son père le déshérite et l’assigne en justice. Qu’à cela ne tienne. François en appelle à l’évêque et se dépouille devant lui de ses luxueux habits pour ne plus porter qu’un froc en mauvais drap.

En rupture avec les us de son époque, le jeune homme fait voeu de pauvreté sans être relié à un monastère. «On va plus vite au ciel d’une cabane que d’un palais», confie-t-il.

Des disciples le rejoignent dans son ermitage de la Portioncule, près de la chapelle de Santa Maria degli Angeli, et, avec eux, il va prêcher et mendier dans les villes. François exige le renoncement personnel et collectif à la propriété : «Si nous possédions des biens, il nous faudrait les défendre !»Par la vertu de son exemple, il développe chez les humbles gens la piété et la dévotion à l’enfant Jésus.

À une époque où l’étude est encore considérée comme un luxe, François s’en méfie :«Le Seigneur m’a dit qu’il voulait faire de moi un autre fou dans le monde et Dieu ne veut pas nous conduire par une autre science que celle-là». Toutefois, il se garde d’exiger des autres l’humilité qu’il s’impose à lui-même. Libre aux marchands et aux puissants de vivre dans le luxe.

L’ordre des «frères mineurs»

François se décide à organiser sa communauté et fonde l’ordre des «frères mineurs»sans être lui-même prêtre, chose rarissime dans l’histoire de l’Église. Il se rend avec ses compagnons à Rome où il obtient du pape Innocent III l’approbation de sa règle, en 1210, après que la Curie (le gouvernement pontifical) l’eût obligé à réécrire sa copie en y mettant moins de contraintes.

D’autres ordres se réclament bientôt du Pauvre d’Assise : les capucins, les conventuels et le tiers-ordre de saint François, sans parler de la communauté des Clarisses, ordre féminin fondé par Claire en 1212 sous le nom des «pauvres dames» .

Joie de vivre

La joie de vivre et l’amour de la nature caractérisent sa prédication et ses écrits. Ses compagnons nous le présentent comme un homme aimant la vie et riant tant et plus, à mille lieues de l’image que l’on se fait d’un saint.

On lui attribue la création des premières crèches de Noël : en 1223, avec la permission du pape Honorius III, il reconstitue à Greccio la Nativité dans une étable avec des personnages vivants, dans la tradition des scénographies médiévales. C’est aussi un poète. Son Cantique des créatures ou Cantique de frère Soleil est le premier grand poème en langue italienne.

En septembre 1224, en prière au Mont Alverne, à 100 km au nord-ouest d’Assise, il reçoit les stigmates de la Passion de Jésus (cinq plaies sur les mains, les pieds et le côté, qui rappellent les blessures du Christ sur la croix).

Ferveur populaire

François est canonisé deux ans seulement après sa mort et, un siècle plus tard, le peintre Giotto l’immortalise sur les murs de la basilique construite en son honneur sur les hauteurs d’Assise. Il le représente prêchant aux oiseaux ou apprivoisant le loup de Gubbio.

Sa vie donne aussi naissance à un récit naïf, les Fioretti di San Francesco. Plus proche de la légende que de l’Histoire, il a inspiré en 1950 un film atypique au cinéaste italien Roberto Rossellini.

Saint François d’Assise est l’un des saints les plus populaires de l’Occident chrétien. Sa personnalité radicale en appelle aux croyants comme aux non-croyants. Pour le philosophe Nietzche, il aurait été le seul chrétien authentique à part le Christ lui-même.

Aujourd’hui, c’est sous le patronage de saint François que les catholiques placent la protection de la Nature. Les ordres franciscains sont toujours prospères et estimés comme l’atteste l’immense popularité du moine Francesco Forgione (le Padre Pio, 1887-1968), récemment canonisé.

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Saint François et l’islam

En 1212, François prend la direction du Maroc en vue de convertir le souverain almohade ! La Reconquista de l’Espagne est bien engagée avec la victoire des chrétiens à La Navas de Tolosa et le Pauvre d’Assise, qui a conservé l’exaltation de la jeunesse, voit le moment venu de convertir les musulmans par la prédication et l’exemple plutôt que par la force. Mais il tombe malade sur le chemin, en Espagne, et doit regagner l’Italie…

En septembre 1219, infatigable, il part à nouveau à la rencontre des musulmans, comme quelques autres de ses disciples. Cette fois, il débarque en Terre sainte, à Saint-Jean d’Acre, puis de là, rejoint la cinquième croisade, à Damiette, dans le delta du Nil. Profitant d’une trêve, le saint franchit les lignes simplement accompagné d’un disciple et se fait conduire auprès du sultan d’Égypte Mélik el-Kâmil (Al-Kamel).

Celui-ci, neveu de Saladin et dont le père avait manqué d’épouser la soeur deRichard Coeur de Lion, est un homme d’ouverture à l’esprit chevaleresque. Il organise une confrontation verbale entre François et des théologiens de l’islam, puis, rempli d’estime pour l’homme d’Église, le fait reconduire dans son camp.

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Canticum Fratris Solis 

1225 Cantique de Frère Soleil

 

Jusqu’à la fin – car c’est presque moribond qu’il composa son plus joyeux cantique – saint François d’Assise voulut mettre le monde en état de louange.

Durant l’automne 1225, épuisé par la stigmatisation et par les maladies, il s’était retiré à Saint-Damien. Presque aveugle, seul dans une cabane de roseaux, abattu par la fièvre et tourmenté par les mulots, voilà pourtant le chant d’amour qu’il fit monter vers le Père de toute la Création.

L’avant-dernière strophe (v 10-11), hymne au pardon et à la paix, fut composée en juillet 1226, au palais épiscopal d’Assise, pour mettre fin à une lutte acharnée entre l’évêque et le podestat de la ville. Ces quelques vers de l’apôtre de la paix suffirent à empêcher la guerre civile. Quant à la dernière strophe (v 12-13), c’est pour accueillir par un chant notre soeur la Mort qu’elle fut composée au début d’octobre 1226.

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VERSION FRANÇAISE

 Le Cantique de frère Soleil ou Cantique des créatures
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1 – Très haut, tout puissant et bon Seigneur,
à toi louange, gloire, honneur,
et toute bénédiction ;

2 A toi seul ils conviennent, O Très-Haut,
et nul homme n’est digne de te nommer.

3 Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière ;

4 il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole.

5 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur Lune et les étoiles :
dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.

6 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
et pour l’air et pour les nuages,
pour l’azur calme et tous les temps :
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

7 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre soeur Eau,
qui est très utile et très humble,
précieuse et chaste.

8 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu,
par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux,
indomptable et fort.

9 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.

10 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi ;
qui supportent épreuves et maladies :

11 heureux s’ils conservent la paix,
car par toi, le Très-Haut, ils seront couronnés.

12 Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre soeur la Mort corporelle,
à qui nul homme vivant ne peut échapper.

13 Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;
Heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.

14 Louez et bénissez mon Seigneur,
rendez-lui grâce et servez-le

Traduction du Père Damien Vorreux, ÉCRITS DE SAINT FRANÇOIS ET SAINTE CLAIRE – format de poche – parue aux Éditions Franciscaines, 6e édition 2001.

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Image illustrative de l'article François d'Assise

VERSION OMBRIENNE

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CANTICUM FRATRIS SOLIS vel LAUDES CREATURARUM

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1 – Altissimu onnipotente bon signore, tue so le laude, la gloria e l’onore et onne benedictione.

2 Ad te solo, Altissimo, se konfano, et nullu homo ene dignu te mentovare.

3 Laudato sie, mi signore, cun tucte le tue creature, spetialmente messor lo frate sole, lo qual’è iorno, et allumini noi per loi.

4 Et ellu è bellu e radiante cun grande splendore, de te, Altissimo, porta significatione.

5 Laudato si, mi signore, per sora luna e le stelle, in celu l’ài formate clarite et pretiose et belle.

6 Laudato si, mi signore, per frate vento, et per aere et nubilo et sereno et onne tempo, per lo quale a le tue creature dai sustentamento.

7 Laudato si, mi signore, per sor aqua, la quale è multo utile et humile et pretiosa et casta.

8 Laudato si, mi signore, per frate focu, per lo quale enn’allumini la nocte, ed ello è bello et iocundo et robustoso et forte.

9 Laudato si, mi signore, per sora nostra matre terra, la quale ne sustenta et governa, et produce diversi fructi con coloriti flori et herba.

10 Laudato si, mi signore, per quelli ke perdonano per lo tuo amore, et sostengo infirmitate et tribulatione.

11 Beati quelli kel sosterrano in pace, ka da te, Altissimo, sirano incoronati.

12 Laudato si, mi signore, per sora nostra morte corporale, da laquale nullu homo vivente poskappare.

13 Guai a quelli, ke morrano ne le peccata mortali: beati quelli ke trovarà ne le tue sanctissime voluntati, ka la morte secunda nol farrà male.

14 Laudate et benedicete mi signore, et rengratiate et serviateli cun grande humilitate.

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Sources :

hérodote.net

André Laranné

MOI

le WEB

La «  »Meuh Cola «  » , soda « made in » Normandie

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La «  »Meuh Cola «  »

boisson artisanale et équitable

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Il y a trois ans, le soda « made in » Normandie débarquait sur les étals pour se mesurer aux géants américains.

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Depuis le concept a séduit le public et fait des petits.
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« Je buvais du soda mais je voulais avoir une démarche artisanale, alors je suis devenu limonadier. » Sébastien Bellétoile résume son aventure d’entrepreneur du soda en une phrase. Installé à Saint-Pair-sur-Mer, cet artisan de 36 ans a pourtant investi corps et biens dans son entreprise. « Pour obtenir un semblant de recette qui convenait à ma femme et mes trois enfants, j’ai mis 3 mois et pris 4 kg, explique-t-il. J’ai vendu ma maison, une partie de la somme a permis de lancer l’entreprise Solibulles. »

Sébastien Bellétoile a misé sur une image normande et décalée pour ses sodas, devenus des produits emblématiques de la région.

Sébastien Bellétoile a misé sur une image normande et décalée pour
ses sodas, devenus des produits emblématiques de la région.

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site officiel de la boisson 

http://www.la-meuh.fr/

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pour en goûter …les commerces 

en distribuant , ici :

http://www.la-meuh.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=3&Itemid=6

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À l’origine carrossier, le jeune entrepreneur s’était d’abord reconverti dans le commerce équitable avec un site Internet où il distribuait notamment un cola artisanal, jusqu’à un arrêt de la production. « J’ai décidé de me lancer. En trois semaines, le concept de la Meuh Cola était né. » Suivie de près par sa mascotte, une vache, choisie pour « le côté normand et décalé ». Au début, Sébastien Bellétoile a recours à un prestataire, installé à Cognac, pour réaliser l’embouteillage. « Il n’y avait pas plus près, les limonadiers de Normandie avaient tous disparu. »
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Démarche éco-responsable

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Le « limeuhnadier » choisit d’utiliser des produits biologiques locaux ou issus du

" Camemberts de Normandie envahissant... ...

 » Camemberts de Normandie envahissant… Magny en Vexin !  » (Photo credit: Pierre Marcel)

commerce équitable, refusant l’acide phosphorique ou la caféine. « Je cherchais un produit de substitution pour le caramel colorant, trop controversé, et j’ai trouvé le marc de raisin. » Un retour aux sources puisqu’à l’origine du soda américain connu de tous, on trouve le « vin mariani, mélange de vin et de coca, succès du XIXe siècle. Le créateur du Coca-Cola l’a copié, mais avec la prohibition, il a remplacé le vin par du caramel pour garder la couleur d’origine ».

L’année dernière, la Meuh Cola et son goût citronné ont décroché le prix du commerce équitable, remis par la ministre Roselyne Bachelot. Jamais à cours d’idées et d’humour, Solibulles a décidé d’appeler sa nouvelle boisson rose, aux extraits de raisin, la Meuh Cola

Roselyne Bachelot - Narquin

Roselyne Bachelot – Narquin (Photo credit: Wikipedia)

Roseline. Destinée à un public féminin, elle sera distribuée cet été. La diversification de la production est aussi passée par la création d’une Limeuhnade, avec un goût à l’ancienne et une version allégée à la stévia. La Meuhlk, boisson énergisante, devrait être lancée en début d’année prochaine.
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Une marque bien implantée

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Pour accompagner le rythme croissant de la demande, passé de 25 000 litres en 2009 à 70 000 aujourd’hui, Sébastien Bellétoile a investi il y a peu 85 000 € dans une petite chaîne de production. « On a choisi volontairement de fournir des petites surfaces au début pour arriver à suivre », explique l’artisan, qui travaille avec une salariée et un intérimaire.

English: I took photo with Canon camera.

I took photo with Canon camera. (Photo credit: Wikipedia)

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Aujourd’hui, l’entreprise compte 530 clients qui sont à « 70 % en Basse-Normandie, les autres sont répartis dans toute la France ». La société va être amenée à se développer. « On compte s’installer dans un bâtiment plus adapté, dans le pays de la baie. Si tout va bien, le projet devrait aboutir d’ici avril prochain », confie-t-il avec l’espoir de doubler la production et un chiffre d’affaires de 130 000 €, certes à l’équilibre, mais qui ne lui permet pas encore de verser de gros salaires, ni d’embaucher. Il mise également sur la Prodicop, une coopérative de transformateurs, créée en avril dernier, qui distribue les produits de Solibulles et d’autres boissons artisanales.


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Une petite troupe d’acteurs pourrait également endosser le costume de la vache mascotte pour des vidéos « meuhrantes » sur Internet. Une manière de renforcer le lien avec le public, de plus en plus attaché à la marque.

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Patrick

sources :

Ouest-France

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 article et images Wikipédia

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Meuh Cola est un soda équitable au cola, élaboré par Sébastien Bellétoile1, fabriqué dans la Manche et commercialisé en Normandie depuis le printemps 2010.

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Meuh Cola
Illustration.

Pays d’origine Drapeau de la France France
Date de création 2010
Type Gazeuse
Principaux ingrédients Sucre de canne
Site web www.la-meuh.fr/


Au ton décalé, il a un goût original de cola légèrement citronné et son ingrédient principal est le sucre de canne. Sa caractéristique est d’être bio sans caféine.


La Meuh Cola est produite selon la démarche du commerce équitable avec des producteurs de canne à sucre des pays du sud comme le Paraguay .

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Ces derniers sont souvent rassemblés en coopératives. Leur démarche et celle de la Meuh sont identiques : (sur)vivre dignement de son travail.

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La Meuh Cola s’inscrit parmi les colas alternatifs locaux tels le Breizh Cola et le Beuk Cola en Bretagne, Anjou Cola en Anjou, Corsica Cola en Corse, Chtilà Cola dans le Nord de la France, Elsass Cola en Alsace, Fada Cola à Marseille, Auvergnat Cola et Bougnat Cola en Auvergne, Vendée Cola en Vendée, Alp’Cola et Montania Cola dans les deux Savoies et en Isère.

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site officiel de la boisson 

http://www.la-meuh.fr/

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pour en goûter …les commerces 

en distribuant , ici :

http://www.la-meuh.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=3&Itemid=6

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Chasse aux trophées d’animaux : de la polémique au scandale

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Chasse aux trophées d’animaux :

de la polémique au scandale

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Busto del Rey Juan Carlos I de España en su vi...

Busto del Rey Juan Carlos I de España en su visita de estado a Estonia en mayo de 2009 (Photo credit: Wikipedia)

L’accident de Juan Carlos au cours d’une chasse à l’éléphant au début de l’année a relancé la polémique de la chasse aux trophées, pratiquée dans certains pays d’Afrique, sous couvert de gestion des populations. L’association One Voice prend position, pointant du doigt la cruauté d’un tel loisir.

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Retour sur l’accident

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En avril dernier, le roi d’Espagne se fracturait la hanche au cours de l’une de ses parties de chasse à l’éléphant au Bostwana. Il provoque ainsi une polémique internationale, principalement concernée par le coût exorbitant d’un tel loisir alors que son pays est confronté à une crise économique sans précédent. Mais ce qui a également choqué la planète, c’est que Juan Carlos n’est autre que le président d’honneur du WWF, ONG de protection de la nature mondialement connue…

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Chasse aux trophées et conservation

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La chasse aux trophées est une pratique qui permet, moyennant finance, de chasser l’animal de son choix, y compris d’espèce protégée telle que l’éléphant ou le rhinocéros noir. D’un point de vue légal, cela est rendu possible notamment grâce à la chasse en boîte (d’animaux nés en captivité et chassés dans de grands enclos) ou en intégrant ces actions de chasse à des plans de gestion des populations. Dans certains pays par exemple, la population d’éléphants est considérée comme trop importante et occasionne des dégâts sur les cultures voire constitue un danger pour les villageois : plus d’éléphants sur un territoire réduit par les activités humaines pose d’importants problèmes de cohabitation. Pour justifier ce loisir cruel, les prétextes ne manquent pas. Il constituerait donc aussi une ressource financière importante pour les pays concernés qui en utiliseraient les gains pour financer… des actions de conservation ! Cette chasse rapporterait ainsi plus de 115 millions d’euros à l’Afrique du Sud chaque année mais, selon la League Against Cruels Sports, seulement 5% des taxes de chasse bénéficieraient réellement à la conservation…

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Des dommages pourtant réels

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Dans le milieu de la conservation, cette forme de chasse ne fait pas l’unanimité. Si des organisations comme TRAFFIC et même le WWF ne s’y opposent pas, lorsque la chasse aux trophées fait partie d’une stratégie mise en place par le gouvernement et strictement contrôlée, des conséquences notables de cette pratique permettent de douter de sa réelle pertinence à s’intégrer à un projet de conservation d’espèce menacée. Pour les lions, qui doivent déjà faire face à de gros problèmes de cohabitation avec les éleveurs de bétail, la chasse aux trophées est une catastrophe de plus. La forte demande de la part des américains en peaux de lion et autres pièces détachées du roi de la jungle fait des chasseurs américains un facteur important de la diminution de leurs populations : des 5 663 individus tués en Afrique entre 1999 et 2008, 64 % sont partis vers l’Amérique. Et en dix ans, le nombre de lions tués pour les trophées a plus que doublé (d’après un rapport commandé par la Maison Blanche à une coalition américaine pour la défense de la vie sauvage en 2011).

Des 200 000 lions présents sur le continent africain il y a un siècle, il ne reste qu’une population de moins de 40 000 individus, voire 16 000 pour les estimations les plus pessimistes… Éteint dans 26 pays, le lion a ainsi disparu de 80% de son territoire d’origine. Mais on continue de le chasser !

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Et l’éthique ?

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Au-delà des questions – certes cruciales – de conservation de la biodiversité, la dimension éthique fait une fois de plus cruellement défaut à ces débats dont elle devrait être le cœur. Pour justifier l’innommable, on parle de gestion, de régulation, d’impact économique… Pourtant, qu’il s’agisse de lions, d’éléphants, de girafes, d’ours polaires ou de tout autre victime de ces chasses, ce sont des vies, voire des familles, qui sont détruites, des individus qui sont effacés dans les pires conditions qui soient : combien de coups de feu faut-il pour abattre un éléphant ? On sait pourtant les liens qui unissent les membres d’une famille d’éléphants. On sait qu’ils se souviennent de ceux qu’ils ont aimés jusqu’à la fin de leur vie. On sait qu’ils se reconnaissent dans un miroir et n’abandonnent pas leurs proches blessés mais s’organisent pour les aider… Ces êtres sont des êtres sentients avec lesquels nous partageons une planète qui ne nous appartient pas. Apprendre à cohabiter en paix, tel doit être l’objectif !

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Patrick

sources

http://www.notre-planete.info

http://www.one-voice.fr/

Ecologie

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La transition vers

l’économie verte

pourrait créer

jusqu’à 60 millions d’emplois

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La conversion à une économie plus respectueuse de l’environnement pourrait générer de 15 à 60 millions d’emplois supplémentaires à l’échelle mondiale au cours des vingt prochaines années et sortir des dizaines de millions de travailleurs de la pauvreté, selon un nouveau rapport conduit par l’Initiative en faveur des emplois verts.

L’étude « Vers le développement durable : Travail décent et intégration sociale dans une économie verte » (Working towards sustainable development : Opportunities for decent work and social inclusion in a green economy) rappelle que ces gains dépendront de la mise en place effective d’une série de mesures appropriées.

« Le modèle de développement actuel s’avère inefficace et non viable, pas seulement pour l’environnement, mais aussi pour les économies et les sociétés », a déclaré le Directeur général du BIT, Juan Somavia. « Nous devons de toute urgence nous orienter vers le développement durable avec un ensemble cohérent de politiques qui placent l’homme et la planète au centre ».

« La prochaine Conférence des Nations Unies Rio+20 sera un moment crucial pour s’assurer que le travail décent et l’inclusion sociale fassent partie intégrante de toute future stratégie de développement », a-t-il ajouté.

Achim Steiner, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a déclaré que les conclusions du rapport « soulignent qu’elle pourrait permettre à des millions d’autres personnes de surmonter la pauvreté et offrir de meilleures conditions de vie à cette génération et celles à venir. C’est un message positif qui offre des perspectives dans un monde troublé, plein de défis, que nous relayons dans les capitales du monde entier alors que les dirigeants préparent et planifient le Sommet Rio+20 ».

Le rapport – publié près de quatre ans après la première étude de l’Initiative en faveur des emplois verts – s’intéresse à l’impact que l’écologisation de l’économie peut avoir sur l’emploi, les revenus et le développement durable en général.

Au moins la moitié de la main-d’œuvre mondiale – l’équivalent d’1,5 milliard de personnes – sera affectée par la transition vers une économie verte. Alors que les changements se feront sentir dans l’ensemble de l’économie, huit secteurs clés devraient jouer un rôle central et être particulièrement touchés : agriculture, sylviculture, pêche, énergie, industrie manufacturière à forte intensité de ressources, recyclage, construction et transports.

Des dizaines de millions d’emplois ont déjà été créés grâce à cette mutation. Par exemple, le secteur des énergies renouvelables emploie maintenant près de 5 millions de personnes, soit plus du doublement des effectifs entre 2006 et 2010. L’efficacité énergétique est un autre gisement d’emplois important, en particulier dans la construction, le secteur le plus touché par la crise économique.

Aux Etats-Unis, trois millions de personnes sont employées dans la production de biens et services écologiques. En Espagne, on recense actuellement plus d’un demi-million d’emplois dans ce secteur.

Des gains d’emploi de l’ordre de 0,5 à 2 pour cent de l’emploi total sont possibles. Dans les économies émergentes et les pays en développement, les gains seront probablement plus élevés que dans les pays industrialisés, parce que les premiers peuvent opérer un saut vers les technologies vertes plutôt que remplacer des infrastructures hautement consommatrices de ressources devenues obsolètes. Le Brésil a déjà créé un peu moins de trois millions d’emplois, soit quelque 7 pour cent de l’emploi formel.

Pas de gains sans politiques pertinentes

Ces bons résultats ont une chose en commun : la reconnaissance que les défis environnementaux et socio-économiques doivent être abordés de manière globale et complémentaire.

Premièrement, cela signifie promouvoir et mettre en œuvre des processus de production durables au niveau des entreprises elles-mêmes, en particulier parmi les petites et moyennes entreprises dans les secteurs clés mentionnés ci-dessus.

Deuxièmement, l’extension de la protection sociale, le soutien au revenu et la formation qualifiante sont essentielles pour garantir aux travailleurs d’être en mesure de tirer parti de ces nouvelles perspectives.

Troisièmement, les normes internationales du travail et les droits des travailleurs peuvent fournir un cadre juridique et institutionnel, ainsi qu’une orientation pratique, pour travailler dans une économie plus durable et respectueuse de l’environnement, en particulier lorsqu’il s’agit de la qualité des emplois et de la sécurité et la santé au travail.

Enfin, un véritable dialogue social impliquant les employeurs et les syndicats est indispensable à la gouvernance du développement durable.
« Le développement écologique ne détruit pas l’emploi, comme on le dit souvent. Au contraire, si il est bien géré, il peut déboucher sur de nouveaux emplois, de meilleure qualité, sur la réduction de la pauvreté et l’inclusion sociale », a conclu le Directeur général du BIT.

Quelques chiffres-clés sur emploi et environnement

Dans l’Union Européenne, 14,6 millions d’emplois directs et indirects concernent la protection de la biodiversité et la réhabilitation des ressources naturelles et des forêts.
Des investissements internationaux de 30 milliards de dollars par an destinés à réduire la déforestation et la dégradation des forêts pourraient financer jusqu’à 8 millions d’emplois à temps plein supplémentaires dans les pays en développement.

Des expériences menées en Colombie, au Brésil et dans d’autres pays montrent que l’officialisation et l’organisation de quelque 15 à 20 millions de ramasseurs de déchets informels pourraient être très bénéfiques au plan économique, social et environnemental.

En Allemagne, le programme de rénovation des bâtiments pour gagner en efficacité énergétique illustre que l’on peut obtenir des résultats gagnant-gagnant : il a mobilisé cent milliards d’euros d’investissements, allégé les factures d’énergie, réduit les émissions de CO2 et permis de créer 300 000 emplois directs chaque année.

La surexploitation des ressources naturelles a déjà provoqué de grandes pertes, y compris plus d’un million d’emplois parmi les travailleurs forestiers, essentiellement en Asie, en raison de pratiques de gestion non durable des forêts.

Le secteur de la pêche va probablement être confronté à un défi majeur, quoique temporaire, de transition pour les travailleurs en raison de la surpêche. La limitation temporaire des prises s’imposera dans de nombreuses pêcheries pour éviter que les stocks de poissons s’épuisent et leur permettre de se reconstituer. Le plus préoccupant est que 95 pour cent des 45 millions de travailleurs du secteur sont souvent de pauvres artisans-pêcheurs qui travaillent sur les littoraux des pays en développement.

Dans une bonne partie de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique latine et dans certaines régions d’Europe, la proportion des dépenses consacrées à l’énergie par les ménages pauvres est trois fois supérieure – voire jusqu’à vingt fois – à celle des ménages aisés.

La Loi de garantie nationale de l’emploi rural en Inde et les programmes de logement social et de « bourses vertes » au Brésil sont de bons exemples de politiques de protection sociale qui contribuent au développement durable.

Les femmes pourraient figurer parmi les principaux bénéficiaires d’une économie verte, plus inclusive au plan social, offrant de meilleures perspectives d’emploi, notamment dans les énergies renouvelables, et des revenus plus élevés, surtout dans l’agriculture, et donnant une existence officielle à l’emploi, en particulier parmi les 15 à 20 millions de travailleurs du recyclage. L’accès aux énergies propres, à une sécurité alimentaire renforcée, à un logement social à haut rendement énergétique, pourraient, entre autres, réduire le fardeau qui pèse sur elles.

A peine 8 à 12 pour cent de la main-d’œuvre des pays industrialisés, par exemple, sont employés dans 10 à 15 secteurs qui génèrent de 70 à 80 pour cent des émissions de CO2. Seule une fraction d’entre eux risque de perdre leur emploi si l’on adopte des politiques pour écologiser les entreprises existantes et pour promouvoir l’emploi.

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La perte de biodiversité menace l’humanité

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Quel est l’impact sur l’humanité de la perte accélérée de biodiversité constatée sur l’ensemble de la planète ? Pour répondre à cette question, un groupe de 17 chercheurs en écologie, parmi lesquels Michel Loreau, de la Station d’écologie expérimentale du CNRS à Moulis, a dressé le bilan de deux décennies de recherche scientifique au niveau mondial.

Leur but : établir une série de points qui fait consensus pour l’ensemble de la communauté scientifique et signaler les aspects sur lesquels il y a un déficit de recherche. Les chercheurs analysent l’impact de la perte de biodiversité sur le fonctionnement et la stabilité des écosystèmes, et réalisent une analyse nouvelle de l’effet de cette perte sur les services écologiques dont l’humanité tire profit. Cet article unique en son genre a été publié le 7 juin 2012 dans Nature, quelques jours avant le début de la conférence internationale Rio +20. Il devrait aider les décideurs à mettre en place des politiques appropriées pour freiner l’alarmante perte de biodiversité.

Un peu à la manière des rapports sur le changement climatique réalisés par le GIEC, le consortium de chercheurs souhaite dégager dans l’article de Nature un consensus scientifique à partir de l’analyse de quelques 2000 papiers publiés ces 20 dernières années. À l’heure où les activités humaines détruisent des écosystèmes entiers, les chercheurs dégagent six points qui font l’unanimité dans la communauté scientifique. Une de ces affirmations importantes est que la perte de biodiversité affecte négativement le fonctionnement et la stabilité des écosystèmes. Cette perte réduit notablement l’efficacité avec laquelle les écosystèmes captent des ressources essentielles, produisent de la biomasse, décomposent et recyclent des ressources biologiques.

Les chercheurs présentent par ailleurs une série de résultats émergents, qui, s’ils doivent encore être confirmés par la recherche, pourraient changer notre façon d’appréhender la biodiversité. Par exemple, les effets de la disparition d’espèces et de gènes sont plus importants lorsque l’échelle temporelle ou spatiale considérée est plus grande. Ainsi, si un nombre limité d’espèces peut constituer un petit écosystème en apparence stable sur une courte période de temps, des écosystèmes plus vastes, pris dans des conditions variant au fil du temps, ont besoin d’un plus grand nombre d’espèces pour maintenir leur fonctionnement.
Autre point mis en avant par les chercheurs : les données récentes tendent à montrer que l’impact de la perte de biodiversité dans le monde est comparable à celui d’autres changements globaux comme le réchauffement climatique ou l’excès d’azote déversé par l’agriculture.

L’article offre aussi une analyse nouvelle de l’impact de la perte de biodiversité sur de nombreux services écologiques dont dépend le bien-être des sociétés. Ainsi, un consensus se dégage sur le fait que la diversité en espèces et la diversité génétique au sein de celles-ci permettent d’augmenter la productivité des cultures, des pêcheries et des plantations d’arbres. En revanche, l’importance de la biodiversité semble moins claire pour d’autres services comme la pollinisation par les insectes ou la purification de l’eau dans les zones humides. Ceci constitue une invitation à approfondir les recherches sur ces aspects.

L’un des buts poursuivi par les chercheurs est d’alimenter les discussions lors de la conférence internationale Rio +20, qui se tiendra en juin 2012. Ce travail servira aussi de base de travail à l’IPBES (Intergovernmental science-policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services), l’équivalent du GIEC pour la biodiversité qui doit être mis en place cette année. De plus, en mettant en évidence les lacunes scientifiques, il pourrait servir à mettre en place des programmes de recherche visant à les combler. Enfin, il devrait aider les décideurs à mettre en place des politiques appropriées pour freiner la dramatique perte de biodiversité.


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Patrick

sources

http://www.notre-planete.info/actualites/

http://www.nature.com/nature/journal/v486/n7401/full/nature11148.html

http://www.cnrs.fr/

http://www.ilo.org/global/lang–fr/index.htm

http://www.unep.org/

http://www.ituc-csi.org/?lang=en

Nouveautés, livres … « écolo…. » !

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La fin des terres

Comment mangerons-nous demain ?

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Hauts plateaux

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Si l’on ne réagit pas rapidement, l’humanité ne produira bientôt plus assez pour se nourrir et le prix des aliments sur le marché seront hors de portée de la majorité de la population.
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En France aujourd’hui, disparait l’équivalent d’un département de terres agricoles tous les 7 ans ! Augmentation de la démographie, migrations de population, sur-exploitation des terres agricoles, urbanisation intensive, les causes sont multiples. Loin des recommandations du Grenelle de l’environnement, la France continue à consommer ses terres et à réduire chaque année sa capacité de production agricole s’obligeant à importer au prix fort de l’énergie des produits alimentaires et risquant à terme de mettre en péril sa souveraineté alimentaire.
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Plus largement, partout dans le monde, les terres sont menacées par l’accaparement des sols par les pays riches et les entreprises puissantes (exemple de l’Ethiopie où les autorités ont cédé 350 000 hectares aux compagnies étrangères entre 2008 et 2011), la pression foncière (en ces temps de crise, le sol représente une valeur refuge), l’exploitation trop intensive (qui est en passe d’anéantir la richesse biologique des sols) et le poids des lobbies (qui influencent souvent les décisions des gouvernements).

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champ de lavandin
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Si des initiatives locales sont déjà prises, signe d’un réveil et montrant que ces solutions sont viables, elles demeurent encore trop rares. S’appuyant sur l’exemple de Mouans-Sartoux (où la ville propose aux cantines scolaires une alimentation biologique de qualité et de proximité, restant très raisonnable en terme de coût) et de quelques communes exemplaires, et sur le rapport de l’ONU sur l’agroécologie (« L’agroécologie peut doubler la production alimentaire en 10 ans », présenté le 8 mars 2011), les auteurs de ce livre s’attachent à démontrer qu’il est possible de nourrir la planète avec une agriculture raisonnée, contrairement à ce que les lobbies industriels et agroalimentaires voudraient laisser penser !
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Editeur : Scrineo
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Auteur(s) : André Aschieri, Maud Lelièvre
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parution : 18/05/2012
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prix indicatif : 19 Euros

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Au secours une bestiole !
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Manuel antistress face aux bêtes qui nous embêtent

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araignees

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Les araignées vous affolent ? Les guêpes vous tyrannisent ? Les blattes vous dépriment ? Les crapauds vous dégoûtent ? Les souris vous paralysent ? Les serpents vous stressent ?

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Maisons et jardins semblent envahis par… l’ennemi. Comment dès lors survivre dans cette jungle ordinaire ? En déstressant ! Car l’ennemi, à poils, à plumes, à pinces, à dards, n’en est pas un. Rares en effet sont les bestioles qui piquent, mordent, pincent, attaquent, bref, aucune d’entre elles ne nous en veut, qu’on se le dise, au contraire… Ce petit manuel pratique de réconciliation réhabilite une minifaune utile autant que sympathique en mettant fin aux idées reçues et en délivrant des conseils de pro pour vivre sereinement avec les bestioles.

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Un petit livre très utile et clair pour comprendre et mieux appréhender ces animaux qui nous semblent hostiles et qui, pourtant, nous craignent et bien souvent nous aident !

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Editeur : Delachaux et Niestlé

Auteur(s) : François Lasserre, Roland Garrigue

parution : 10/05/2012,

prix indicatif : 12.5 Euros

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insectes

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Patrick

sources :

== http://www.notre-planete.info/

Biodiversité et diversité linguistique intimement liées

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Biodiversité et diversité linguistique
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sont intimement liées

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La Terre abrite des régions linguistiques les plus diverses. Or, celles-ci se trouvent dans des zones de biodiversité sauvage importantes, comme le démontre une nouvelle étude anglo-américaine. Présentés dans la revue PNAS, les résultats suggèrent que près de 70% de toutes les langues ont trouvé une niche dans ces régions. L’étude met en lumière les vies des résidents de ces régions et introduit de nouvelles informations sur la conservation de cette biodiversité.

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peuples_autonomes
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Les conservateurs de l’université d’Oxford au Royaume-Uni et de l’université de l’état de Pennsylvanie (Penn State) aux États-Unis soutiennent que les langues en question sont majoritairement spécifiques à des régions particulières et pourraient disparaître ultérieurement.

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Les espèces disparaissent à une vitesse 1000 fois plus rapide que les taux historiques. Les linguistes, eux, pensent que 50 à 90% des langues parlées dans le monde actuel disparaîtront d’ici la fin du XXIe siècle.
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Antérieurement, les chercheurs ont identifié un lien entre la diversité linguistique et la biodiversité. Les données n’étaient pourtant pas géographiquement correctes.
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Paul R. Ehrlich

Paul R. Ehrlich (Photo credit: Wikipedia)

« Paul Ehrlich comparait la disparition d’espèces à enlever les rivets des ailes d’un avion », commentait le professeur Larry J. Gorenflo de Penn State. « Combien de rivets peut-on enlever avant que l’aile de l’avion ne se casse et que l’avion s’écrase au sol ? De même, combien d’espèces doivent disparaître avant que ne meure un écosystème ? Malheureusement, arrêter la perte d’espèces dans un monde où vivent 7 milliards de personnes est un vrai défi. Nous avons mené cette étude pour comprendre les personnes vivant dans des régions importantes pour la conservation de la biodiversité. »
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Pour les besoins de l’étude, le professeur Gorenflo et ses collègues se sont appuyés sur deux ensembles de données : les endroits sensibles et zones de biodiversité sauvage élevée, et les emplacements géographiques de plus de 6900 langues. Le premier ensemble de données a été compilé pour des applications de SIG (Système d’Information Géographique) par Conservation International et des données fournies par Global Mapping International.
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« Nous avons observé les régions importantes pour la conservation de la biodiversité et mesuré leur diversité linguistique dans l’effort de comprendre la part de la dimension humaine de ces régions », commente le professeur Gorenflo.
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L’équipe a observé que les habitats intacts de 35 zones sensibles contenaient plus de 50% des plantes vasculaires mondiales et 43% des espèces de vertébrés terrestres. Les habitats intacts représentaient seulement 2,3% de la surface de la planète. En général, 3202 langues, ou pratiquement la moitié des langues parlées, se retrouvent dans ces 35 zones. Elles se trouvent partout dans le monde, sauf en Antarctique.
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Se penchant notamment sur 5 zones de biodiversité sauvage élevée, qui représentent plus de 6% de la surface de la planète et abrite 17% des plantes vasculaires et 6% des espèces vertébrés terrestres, les chercheurs ont identifié 1622 langues. Le caractère unique de ces langues les rend vulnérables et renforce leur risque d’extinction.

Proceedings of the National Academy of Science...

Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (Photo credit: Wikipedia)

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« Quand nous perdons de la diversité linguistique, nous perdons plusieurs petits groupes vivant d’économie traditionnelle », commente le professeur Gorenflo. « Les langues indigènes sont souvent remplacées par celles associées à une économie moderne industrielle accompagnée par d’autres changements, dont l’introduction de la scie à chaîne. En ce qui concerne la conservation de biodiversité, les paris sont finis. »
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La perte d’une langue peut engendrer de nombreux problèmes. Les informations environnementales disparaissent, menaçant la culture, la langue et le vocabulaire. Les chercheurs expliquent qu’il est important d’agir et de protéger la diversité linguistique et culturelle.
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« Je pense que cela souligne des efforts de conservation concertés intégrés et que nous devons maintenir la biodiversité et la diversité culturelle », fait remarquer le professeur Gorenflo.
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Selon ce dernier, sans diversité culturelle et linguistique, cette dernière souvent associée à la diversité biologique, la perte de biodiversité se poursuivra à une vitesse alarmante.
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« Dans de nombreux cas, il semble que les causes provoquant la disparition des espèces entraînent la disparition des langues », ajoute-t-il.
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Ces travaux aideront d’autres à approfondir le lien entre la diversité biologique et la diversité culturelle/linguistique.

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Patrick

sources

http://www.ox.ac.uk/

http://www.psu.edu/

http://www.notre-planete.info/

http://cordis.europa.eu/

http://www.pnas.org/content/early/2012/05/03/1117511109