Histoire de l’Institut de France

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 Histoire de l’Institut de France 

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L’Institut de France est une institution de l’État, composée de cinq académies à la longue histoire. Pour le monde entier, il s’identifie avec la Coupole sous laquelle se tiennent les cérémonies solennelles des cinq académies, celles pour lesquelles les académiciens revêtent le costume de drap bleu foncé, brodé de ces rameaux d’olivier vert et jaune, qui lui valent son nom d’habit vert. L’épée de cour, par laquelle Napoléon remplaça la canne, est souvent une création originale, ornée des symboles qu’a choisis chaque académicien. Les amis du nouvel élu la lui offrent au cours d’une cérémonie qui précède la réception officielle.

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La naissance des Académies et la création de l’Institut de France

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Les académies forment un « parlement de savants », riche de son histoire, mais aussi de son rôle actuel. C’est l’essor des salons et des cénacles littéraires sous le règne de Louis XIII qui donne en 1635 à Richelieu l’idée de créer l’Académie française, dont il se déclare protecteur et à laquelle il confie le soin de veiller sur la langue française et d’en rédiger le dictionnaire. Ce Dictionnaire, toujours tenu à jour, a déjà connu huit éditions. D’une commission de l’Académie constituée pour rédiger les Inscriptions des médailles et des bâtiments royaux, Colbert fait en 1663 l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Elle est vouée à l’histoire, à l’archéologie et à la philologie, aussi bien pour l’Antiquité classique et le Moyen Âge occidental que pour les civilisations orientales. Une Académie des sciences s’imposait. Elle voit le jour en 1666. Lavoisier y fait établir en 1785 deux sections, une pour les sciences exactes et une pour les sciences de la nature. Cela explique qu’elle ait encore aujourd’hui deux secrétaires perpétuels. L’Académie des beaux-arts est née de la réunion de l’Académie de peinture et de sculpture créée par Mazarin lui-même en 1648, de l’Académie de musique créée en 1669 et de l’Académie d’architecture, créée en 1671. Elle comprend des artistes, des écrivains, des mécènes. Elle s’est élargie en 1985 par une section formée pour les arts du cinéma et de l’audiovisuel.

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.Napoléon Bonaparte siégeant en habit d'académicien. Aquarelle d'Edouard Detaille.

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Les académies de l’Ancien Régime ont été dissoutes, comme les autres institutions royales, en 1793. Mais le besoin demeurait d’une assemblée d’écrivains, de savants et d’artistes et la Convention, en son avant-dernière séance, le 25 octobre 1795, créait l’Institut de France. Il était formé de trois classes, puis en 1803 de quatre classes. Celle des sciences morales et politiques se vit supprimée par Bonaparte, qui était membre de l’Institut en sa section de mécanique mais reprochait à ceux qu’il appelait les « idéologues » leur hostilité de principe au régime. Elle est reconstituée en 1832 à l’initiative de Guizot. Désormais, il y a bien cinq Académies. Car, dès 1816, les classes de l’Institut ont repris leur nom d’autrefois : elles sont de nouveau des académies. Demeure l’Institut, qui les regroupe mais respecte leur indépendance. Les anciennes académies siégeaient au Louvre. Celui-ci étant devenu le grand musée que l’on sait, Napoléon décida de donner à l’Institut un nouveau siège, particulièrement prestigieux. Le 20 mai 1805, les membres de l’Institut franchissaient la Seine et s’installaient au Collège des Quatre-Nations.

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Le Collège des Quatre-Nations

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Comme tout homme d’État, Mazarin voulait laisser des traces de son passage. Proviseur du collège de Sorbonne, Richelieu avait fait édifier la superbe chapelle où s’élève encore aujourd’hui son tombeau. Trois jours avant sa mort, en mars 1661, Mazarin fondait un collège nouveau, destiné à assurer l’éducation gratuite de soixante jeunes gens originaires de quatre provinces qu’avait réunies à la France les traités de Wesphalie en 1648 et le traité des Pyrénées en 1659. C’étaient l’Artois, l’Alsace, une petite partie de la Savoie, le Roussillon et la Cerdagne. On appela cette nouvelle institution le Collège des Quatre-Nations.

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.Le cénotaphe de Mazarin. Sculpture de marbre blanc d'Antoine Coysevox (1640-1720)

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Le cardinal léguait quatre millions de livres pour financer la construction et une rente de soixante-cinq mille livres par an pour le fonctionnement, avant tout pour les bourses des étudiants. Son tombeau devait être placé dans la chapelle. Ce sera seulement son mausolée, le corps n’y ayant jamais été déposé. L’homme de confiance de Mazarin, Colbert, désigna l’architecte : Louis Le Vau, déjà architecte des agrandissements du Louvre. Il sera le principal architecte de Versailles. Le site choisi était prestigieux : sur l’emplacement de la porte de Nesles, face au Louvre. Le bâtiment sera une véritable scénographie urbaine : deux pavillons carrés encadrant la chapelle et sa coupole, le tout réuni en une vaste courbe. À la mort de Le Vau en 1670, François d’Orbay lui succède. C’est lui qui conçoit cette coupole haute de 44 mètres, une coupole circulaire à l’extérieur et en ellipse à l’intérieur. Le décor en est fait des médaillons des douze apôtres, des initiales de saint Louis  et d’une citation du prophète Ezéchiel  : « il siégera sous son ombre au milieu des nations ». Trois sculpteurs, Coysevox, Tuby et le Hongre collaborent pour élever le mausolée. Le Collège accueille ses premiers élèves en 1688. Il sera prospère jusqu’à sa fermeture en 1791. Il avait reçu les quarante mille ouvrages réunis par le cardinal dans son hôtel de la rue Vivienne, celui-là même qui allait accueillir la Bibliothèque royale et où se trouve encore aujourd’hui une notable partie de la Bibliothèque nationale de France. Ces livres forment la base de la bibliothèque Mazarine, ouverte au public dès ses débuts et aujourd’hui riche d’un demi-million de manuscrits et d’imprimés.

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Patrick

sources :

== Institut de France 

== le net 

 

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Aujourd’hui comme au Moyen-âge, l’Europe unie par sa littérature ?

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Aujourd’hui comme au Moyenâge, l’Europe unie par sa littérature ?

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Le point de vue de Michel Zink


Extrait de « L’essentiel avec… » Michel Zink, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Entretien avec Jacques Paugam.

Institut de France - Paris, France

Institut de France – Paris, France (Photo credit: Thomas Leplus)

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En cette semaine dédiée à l’Europe, retrouvons l’académicien et Secrétaire perpétuel, depuis le 28 octobre 2011, de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Michel Zink, professeur au Collège de France, grand philologue et spécialiste de la littérature médiévale (XII, XIII, XIVe siècles). Il nous parle, dans cette émission extraite de notre série « l’Essentiel » animée par Jacques Paugam, de sa vision de l’Europe, de ses espoirs et de ses attentes la concernant.
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 http://www.canalacademie.com/ida8905-Aujourd-hui-comme-au-Moyen-age-l-Europe-unie-par-sa-litterature-Le-point-de-vue-de-Michel-Zink.html

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Quand Jacques Paugam demande à Michel Zink, philologue et médiéviste de renom, spécialiste de la littérature du Moyen-âge, quel évènement ou tendance de ces dernières années lui laissent le plus d’espoir, c’est avec réalisme et nostalgie que ce grand universitaire évoque tout d’abord les atteintes envers la dignité de chacun (aujourd’hui reconnues pour ce qu’elles sont : des actes insupportables ), mais aussi par la suite, avec un enthousiasme contenu, cette Europe dont on parle tant, porteuse d’espoirs et de désillusions.
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Qu’espère-t-il de cette Europe dont il a étudié en profondeur la littérature du passé ? S’il avoue (« comme tout le monde » nous dit-il) qu’elle a toujours suscité en lui un grand espoir, il reconnait cependant qu’elle semble aujourd’hui, non pas finie, mais « faite ».
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Un aboutissement qui serait accompagné pour ce grand médiéviste d’une déception, déception devant toutes les « choses essentielles qui ne sont pas venues » et devant l’« accessoire » qui, lui, s’est trop souvent invité.
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Français : Michel Zink au Collège de France en...

Français : Michel Zink au Collège de France en avril 2009. (Photo credit: Wikipedia)

Mais l’espoir demeure, espoir en une Europe unifiée derrière une très riche tradition littéraire, en atteste le bel ouvrage auquel Michel Zink a participé, Identité littéraire de l’Europe (dirigé par Marc Fumaroli). Car si l’Europe a en effet été un jour unie, c’est parce qu’elle a existé et s’est définie à travers une littérature et une vie intellectuelle « communes ».
Le Moyen Âge, période de conflits constants, s’est révélé être une époque où l’unité de l’Europe (en particulier de l’Europe latine) allait de soi. Il y avait bien une Europe dans la littérature du Moyen Âge, littérature latine homogène à tout le continent européen, mais également au sein des langues vernaculaires qui se plaisaient à se traduire et à s’imiter les unes les autres en permanence.
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La littérature devint ainsi un lien universel entre tous les peuples : il n’était pas étonnant qu’un roi de Norvège envoie un de ses émissaires en France pour en apprendre plus sur les troubadours, ou que ce même roi fasse traduire systématiquement en norrois la littérature française, à tel point que certaines œuvres perdues ont été retrouvées grâce aux traductions scandinaves.
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La littérature aurait-elle alors vocation à traduire l’âme d’un pays, voire même d’un continent ? Michel Zink, en se gardant bien d’une vision purement romantique de la question (rappelons que les Romantiques voient dans la production littéraire un moyen pour le peuple d’exprimer son génie), met en avant l’aspect concret des œuvres littéraires, véritable reflet de la vie, des préoccupations et de la sensibilité des groupes humains.
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En quelques mots Michel Zink livre donc à Jacques Paugam et au public sa conviction « essentielle » : la littérature contient la mémoire d’une identité commune, identité notamment européenne qu’il serait important de ne pas oublier en ces temps agités.

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patrick

sources

http://www.canalacademie.com/