PAPE FRANCOIS : Travailler sans cesse pour un monde plus juste et plus solidaire !

.

Le pape François lance un appel très vigoureux à la justice sociale et à la solidarité, à rassasier la « faim de dignité » qu’ont les plus pauvres, ce 25 juillet, en visite une favela de Rio de Janeiro, la communauté de Varginha, où il a été accueilli par un couple marié engagé dans la paroisse .

(cf. Zenit du 25 juillet 2013, pour leur témoignage, http://www.zenit.org/fr/articles/temoignage-de-rangler-dos-santos-irineu).

Une « favela  » de 50 000 personnes, sur un ancien marais. Le pape a traversé le quartier à pied malgré la pluie et il a été reçu chez une famille de 4 enfants, une visite prévue seulement hier. Quand la télévision lui a demandé: qu’est-ce que vous direz au pape quand il arrivera?  La mère de famille a répondu: « Attention, baissez la tête la porte est basse… » La maman avait l’intuition que le pape pourrait venir. Elle avait demandé à son mari de repeindre la maison dedans et dehors. Du coup, il a aussi repeint la maison des voisins.

Le pape était accompagné de ses proches collaborateurs: le secrétaire d’État, le cardinal Tarcisio Bertone, le cardinal Marc Ouellet – rayonnants devant l’accueil réservé au pape – , l’immense cardinal brésilien Joao Braz de Aviz, le cardinal Stanislas Rylko, cheville ouvrière de la JMJ, l’archevêque de Rio, Mgr Orani Joao Tempesta, et du curé de la paroisse Saint-Jérôme-Emilien, le père Marcio Queiroz.

Le pape a dit notamment: « Je voudrais lancer un appel à celui qui possède plus de ressources, aux autorités publiques et à tous les hommes de bonne volonté engagés pour la justice sociale : ne vous lassez pas de travailler pour un monde plus juste et plus solidaire ! Personne ne peut rester insensible aux inégalités qu’il y a encore dans le monde! »

Et d’insister: « Que chacun, selon ses possibilités et ses responsabilités, sache offrir sa contribution pour mettre fin à beaucoup d’injustices sociales. Ce n’est pas la culture de l’égoïsme, de l’individualisme qui souvent régule notre société, à construire et à mener vers un monde plus habitable, mais la culture de la solidarité qui voit dans l’autre non un concurrent ou un numéro, mais un frère. »

 

Allocution du pape François à Varginha

Chers frères et sœurs, bonjour!

C’est beau de pouvoir être ici avec vous ! Dès le début, en programmant ma visite au Brésil, mon désir était de pouvoir visiter tous les quartiers de cette Nation. J’aurai voulu frapper à chaque porte, dire  » bonjour « , demander un verre d’eau fraîche, prendre un  » cafezinho  » (un « petit café », ndlr) – pas un verre de rhum – parler comme à des amis de la maison, écouter le coeur de chacun, des parents, des enfants, des grands-parents… Mais le Brésil est si grand ! Et il n’est pas possible de frapper à toutes les portes ! Alors j’ai choisi de venir ici, de visiter votre ‘Communauté’ qui représente aujourd’hui tous les quartiers du Brésil. Qu’il est beau d’être accueillis avec amour, avec générosité, avec joie ! Il suffit de voir comment vous avez décoré les rues de cette ‘Communauté’ ; cela aussi est un signe d’affection, il naît de votre coeur, du coeur des Brésiliens qui est en fête ! Merci beaucoup à chacun de vous pour le bel accueil ! Je remercie les époux Rangler et Joana pour leurs chaleureuses paroles.

1. Dès le premier moment où j’ai mis pied sur la terre brésilienne et aussi ici, au milieu de vous, je me sens accueilli. Et il est important de savoir accueillir ; c’est encore plus beau que tout embellissement ou décoration. Lorsque nous sommes généreux dans l’accueil d’une personne, je vous le dis, et que nous partageons quelque chose avec elle – un peu de nourriture, une place dans notre maison, notre temps – non seulement nous ne restons pas plus pauvres, mais nous nous enrichissons. Lorsqu’une personne qui a besoin de manger frappe à votre porte, je sais bien que vous trouvez toujours une façon de partager la nourriture ; comme dit le proverbe, on peut toujours  » ajouter plus d’eau aux haricots  » ! Est-ce qu’on peut ajouter de l’eau aux haricots? Toujours! Et vous le faites avec amour, montrant que la véritable richesse n’est pas dans les choses, mais dans le coeur !

Et le peuple brésilien, en particulier les personnes plus simples, peut offrir au monde une précieuse leçon de solidarité, ce mot de solidarité, un mot souvent oublié ou tue, parce qu’elle gêne, quasi un gros mot!. 

Je voudrais lancer un appel à celui qui possède plus de ressources, aux autorités publiques et à tous les hommes de bonne volonté engagés pour la justice sociale : ne vous lassez pas de travailler pour un monde plus juste et plus solidaire ! Personne ne peut rester insensible aux inégalités qu’il y a encore dans le monde ! Que chacun, selon ses possibilités et ses responsabilités, sache offrir sa contribution pour mettre fin à tant d’injustices sociales. Ce n’est pas la culture de l’égoïsme, de l’individualisme qui souvent régule notre société, à construire et à mener vers un monde plus habitable, ce n’est oas elle, mais la culture de la solidarité, qui voit dans l’autre non un concurrent ou un numéro, mais un frère. Et nous sommes tous frères.

Je désire encourager les efforts que la société brésilienne fait pour intégrer toutes ses composantes, même les plus souffrantes et nécessiteuses, dans la lutte contre la faim et la misère. Aucun effort de “pacification” ne sera durable, il n’y aura ni harmonie, ni bonheur pour une société qui ignore, qui met en marge et abandonne dans la périphérie une partie d’elle-même. Une telle société s’appauvrit ainsi simplement et perd même quelque chose d’essentiel pour elle-même. Le laissons pas entrer dans notre coeur cette culture du déchet, parce que nous sommes des frères, personne n’est un déchet!

Rappelons-nous toujours ceci: c’est seulement quand nous sommes capables de partager que nous nous enrichissons vraiment ; tout ce qui se partage se multiplie ! Pensons à la multiplication des pains de Jésus. La mesure de la grandeur d’une société est donnée par la façon dont elle traite celui qui est le plus nécessiteux, qui n’a rien d’autre que sa pauvreté !

2. Je voudrais vous dire aussi que l’Église, “avocate de la justice et défenseur des pauvres contre les inégalités sociales et économiques intolérables qui crient vers le ciel” (Document d’Aparecida, p. 395), désire collaborer à toute initiative ayant le sens du vrai développement de tout homme et de tout l’homme. Chers amis, il est certainement nécessaire de donner du pain à celui qui a faim ; c’est un acte de justice. Mais il y a aussi une faim plus profonde, la faim d’un bonheur que seul Dieu peut rassasier. La faim de dignité! 

Il n’y a ni de véritable promotion du bien commun, ni de véritable développement de l’homme quand on ignore les piliers fondamentaux qui soutiennent une Nation, ses biens immatériels : la vie, qui est don de Dieu, valeur à préserver et à promouvoir toujours ; la famille, fondement de la vie ensemble et remède contre l’effritement social ; l’éducation intégrale, qui ne se réduit pas à une simple transmission d’informations dans le but de produire du profit ; la santé, qui doit chercher le bien-être intégral de la personne, aussi dans sa dimension spirituelle, essentielle pour l’équilibre humain et pour une saine vie en commun ; la sécurité, dans la conviction que la violence peut être vaincue seulement à partir du changement du coeur humain.

3. Je voudrais dire une dernière chose. Une dernière chose. Ici, comme dans tout le Brésil, il y a beaucoup de jeunes. Vous, chers jeunes, vous êtes particulièrement sensibles aux injustices, mais souvent vous êtes déçus par des faits qui parlent de corruption, de personnes qui, au lieu de chercher le bien commun, cherchent leur propre intérêt. À vous aussi et à tous, je répète : ne vous découragez jamais, ne perdez pas confiance, ne laissez pas s’éteindre l’espérance. La réalité peut changer, l’homme peut changer. Cherchez, vous les premiers, à apporter le bien, à ne pas vous habituer au mal, mais à le vaincre par le bien. L’Église vous accompagne, vous apportant le bien précieux de la foi, de Jésus Christ qui est « venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10, 10).

Aujourd’hui à vous tous, en particulier aux habitants de cette ‘Communauté’ de Varginha je dis : vous n’êtes pas seuls, l’Église est avec vous, le Pape est avec vous. Je porte chacun de vous dans mon coeur et je fais miennes les intentions que vous avez au fond de vous-mêmes : les remerciements pour les joies, les demandes d’aide dans les difficultés, le désir de consolation dans les moments de peine et de souffrance. Je vous confie tous à l’intercession de Notre Dame d’Aparecida, Mère de tous les pauvres du Brésil, et je vous donne avec grande affection ma Bénédiction.

Merci!

Pape François

ROME, 25 juillet 2013 

Source http://www.zenit.org

Publicités

Béatification du vénérable père Pierre-Adrien Toulorge

 

Béatification du vénérable père Pierre-Adrien Toulorge

——===ooOoo===————===ooOoo===——

.

Le père Pierre-Adrien Toulorge, martyr de la vérité, a été béatifié le dimanche 29 avril 2012 à la cathédrale de Coutances
Coutances, le 21 octobre 2011

.

——===ooOoo===————===ooOoo===——

.

——===ooOoo===——

Cérémonies

——===ooOoo===——

.

Le père Pierre-Adrien Toulorge (1757 – 1793), sera béatifié dimanche 29 avril 2012 à 15h30 en la cathédrale Notre Dame de Coutances dans le diocèse de Coutances et Avranches, dont l’évêque est Monseigneur Stanislas Lalanne. La célébration solennelle se déroulera sous la présidence du cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, qui viendra spécialement de Rome et représentera le pape Benoît XVI.

Français : La cathédrale Notre-Dame de Coutanc...

La cathédrale Notre-Dame de Coutances (Manche). (Photo credit: Wikipedia)

Elle sera précédée et suivie d’autres manifestations :

Vendredi 27 avril en soirée : conférence sur le père Toulorge à l’abbaye de l’ordre prémontré de Juaye-Mondaye dans la Calvados.

Samedi 28 avril à Coutances : 18h vêpres, 18h30 conférence du père Bernard Ardura, président du Comité pontifical pour les sciences historiques, à la cathédrale, 21h spectacle à l’église Saint Pierre suivi des complies.

Dimanche 29 avril à Coutances : 15h30 célébration de la béatification à la cathédrale.

Lundi 30 avril : 11h célébration d’action de grâces à l’église de Muneville-Le-Bingard.

Mardi 1er mai : journée randonnée-Évangile pour les familles sur les lieux du père Toulorge au départ de Blanchelande à 10h30 et messe à Doville à 16h.

Mercredi 2 mai : messe au Centre d’ Accueil Diocésain à Coutances.

Par ailleurs, des expositions sont prévues rappelant la vie du père Toulorge et l’iconographie de martyrs. À cette occasion également, les figures de saints et bienheureux originaires de la Manche seront mises à l’honneur. Un comité de pilotage diocésain, sous l’égide du père Michel Le Blond, vicaire général, en collaboration étroite avec les responsables prémontrés, notamment, le père Gabriel Wolf, postulateur de la cause, est mis en place, afin de préparer ces manifestations concernant l’ensemble de l’Église, mais en particulier, le diocèse de Coutances et Avranches. C’est la première fois qu’une célébration de béatification se déroulera dans la Manche. En effet, depuis la communication de la Congrégation pour les Causes des Saints du 29 septembre 2005, chaque béatification, qui reste un acte pontifical, a lieu dans le diocèse concerné.

Français : Cathédrale de Coutances, Manche. Cr...

Cathédrale de Coutances, Manche. Croisée du transept et lanterne. (Photo credit: Wikipedia)

Le 2 avril 2011, le pape Benoît XVI avait autorisé la Congrégation pour les Causes des Saints à promulguer au titre de « martyr de la vérité », le décret de la prochaine béatification du religieux français originaire de la Manche et tué pendant la Révolution.

.

——===ooOoo===———–===ooOoo===——

.

——===ooOoo===——

SA VIE 

——===ooOoo===——

.

Pierre-Adrien Toulorge naquit le 4 mai 1757 à Muneville-le-Bingard. Formé au collège puis au séminaire de Coutances, il fut ordonné prêtre, et devint vicaire séculier de Doville, en décembre 1782, à 25 ans. Son curé prémontré, le père Jacques-François Le Canut (44 ans), était plein de zèle pastoral pour les 618 habitants de sa paroisse, dont la plupart connaissaient la misère. Dans les sermons conservés, le jeune vicaire Pierre-Adrien exalte la bonté miséricordieuse de Dieu, mais affirme avec force son inexorable justice à l’égard du pécheur endurci.

Depuis Doville, Pierre-Adrien Toulorge se rendait souvent à l’abbaye prémontrée de Blanchelande, fondée au XIIe siècle, quelques années après la fondation de l’ordre de Prémontré par saint Norbert. Conquis par cet idéal, Pierre-Adrien fut sans doute présenté par son propre curé. Comme Blanchelande était dépourvue de noviciat, le novice fut envoyé pour deux années à l’abbaye de Beauport.


Après le vote de la Constitution civile du Clergé, le père Toulorge poursuivit son ministère dans les paroisses des alentours, mais il n’était pas devenu fonctionnaire public. Lorsqu’il entendit parler de la loi du 26 août 1792 condamnant à la déportation tous les prêtres fonctionnaires publics qui n’avaient pas prêté serment, il se crut visé et décida, dans sa méprise, de partir pour l’île anglaise de Jersey. Ayant obtenu son passeport à la mairie de Neufmesnil, il le fit viser à Saint-Germain-sur-Ay, le 12 septembre. Les officiers municipaux ne prêtèrent pas attention à la méprise du père Toulorge et le laissèrent partir. A Jersey, il apprit qu’il n’était pas visé pas la loi de bannissement des prêtres réfractaires et qu’il aurait pu rester en France sans être inquiété. A la première occasion, il débarqua clandestinement à Portbail, puis s’enfonça dans le maquis. L’année suivante, en septembre 1793, Pierre-Adrien Toulorge fut capturé et jugé.
Le tribunal était convaincu de son bref séjour à Jersey, mais n’en possédait aucune preuve. Après quelques hésitations, et au risque de sa vie, Pierre-Adrien décida de dire toute la vérité, sachant qu’il était en fait poursuivi parce que prêtre catholique. La nuit précédant sa mort, il se confessa et, tandis que tous les autres clercs incarcérés s’endormaient, écrivit trois lettres impressionnantes – à son frère, à un ami et à une inconnue, où il ajoutait: « Je vous souhaite la bénédiction de Dieu. Le 12 octobre 1793, la veille de mon martyre. »

Le lendemain – dimanche – il se leva avec joie, déjeuna comme de coutume, montrant une grande sérénité. Après avoir prié son bréviaire, il demanda à plusieurs compagnons de lui accommoder les cheveux et de lui faire la barbe. Enfin, il demanda à ses confrères de dire avec lui les Vêpres. Arrivé à Complies, il entonna l’hymne Grates peracto jam die. Parvenu à l’avant-dernière strophe:

il ferma son Bréviaire et s’écria tout joyeux: « Ô, mes chers amis, il faut en rester là, je chanterai bientôt ce cantique en action de grâces au Ciel ! Il n’est pas encore temps pour moi de le chanter. Ô mes chers frères, je ne vous oublierai pas ! Je demande à Dieu qu’il vous protège ; je le prierai pour tous mes bienfaiteurs, mes amis et ennemis même. » Ses confrères tombèrent à genoux et implorèrent sa bénédiction. Il les bénit, le visage tout resplendissant d’une paix divine.
D’après un témoin oculaire, la guillotine était dressée en face de la maison du maire de Coutances. La foule était muette d’émotion en voyant ce jeune prêtre aller à la mort avec sérénité et paix. Conduit au pied de l’échafaud, revêtu d’une longue redingote verte, boutonnée jusqu’au col, le père Toulorge dit seulement : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains ! Je vous demande le rétablissement et la conservation de votre Sainte Église. Pardonnez, je vous prie, à mes ennemis. » Après l’exécution, le bourreau saisit la tête sanglante par les cheveux et la montra à la foule. Il était quatre heures et demie. Une charrette emporta le corps au cimetière Saint-Pierre.


Le procès de béatification fut entrepris en 1922 avec celui de 56 autres prêtres normands, mais tomba dans l’oubli à partir des années 1928-1930. A l’occasion du bicentenaire de la mort du Serviteur de Dieu, constatant l’attachement des fidèles de la région où il vécut et mourut, l’abbé général Mgr. Marcel van de Ven décida de reprendre la Cause de canonisation. Le procès informatif diocésain fut ouvert à Coutances le 1er décembre 1995 et conclu le 29 juillet 1996. L’excellente Positio sur le martyre de Pierre-Adrien – écrit du père Bernard Ardura OPraem (Frigolet/Rome) – a été examinée par les Consulteurs Historiens de la Congrégation pour les Causes des Saints, qui, lors du Congrès du 5 décembre 2000, ont émis un jugement unanime et positif. Nous attendons maintenant le jugement des cardinaux et puis des théologiens.

.
—–===ooOoo===——

La lettre d’adieu

—–===ooOoo===——

.
Mon cher frère [Jean-Baptiste]
Réjouis-toi, tu auras demain un protecteur dans le ciel, si Dieu, comme j’espère, me soutient comme il a fait jusqu’ici. Réjouis-toi de ce que Dieu m’ait trouvé digne de souffrir, non seulement la prison, mais la mort même pour notre Seigneur Jésus-Christ; c’est la plus grande grâce qu’il pouvait m’accorder; je le prierai pour toi de t’accorder une pareille couronne. Ce n’est pas aux biens périssables à qui il faut s’attacher. Tourne donc tes vües vers le ciel, vis en honnête homme et surtout en bon chrétien, élève tes enfants dans la sainte Religion Catholique, apostolique et romaine, hors laquelle il n’y a point de salut. Regardes toujours comme le plus grand honneur d’avoir eu dans ta famille, un frère qui ait mérité de souffrir pour Dieu. Loin donc de t’affliger de mon sort, réjouis-t-en et dis avec moi : Que Dieu soit béni ! Je te souhaite une sainte vie et le paradis à la fin de tes jours, ainsi qu’à ma sœur, à mon neveu et ma nièce, à toute ma famille. Je suis toujours avec une parfaite amitié ton frère Toulorge.

Le 12 octobre 1793.


.
—–===ooOoo===——

La prière pour sa béatification

—–===ooOoo===——

.
Seigneur notre Dieu, tu as accordé à ton Serviteur Pierre-Adrien Toulorge de demeurer, au milieu des épreuves, fidèle à sa foi, à l’Église, au Pape, à son Ordre religieux et à son Pays. Plutôt que conserver la vie et recouvrer la liberté au prix d’un mensonge, il préféra se sacrifier par amour de la Vérité, afin de gagner la Vie qui n’aura pas de fin et partager ta gloire. Tu l’as tellement comblé de ton Amour, qu’il pardonna à ses bourreaux, avant de remettre son âme entre tes mains.
Daigne, Seigneur, glorifier ton Serviteur Pierre-Adrien Toulorge et m’accorder, pas son intercession, la grâce de …, que j’implore avec confiance. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

.
—–===ooOoo===——

L’association des amis

—–===ooOoo===——

.

L’association (crée début 1994) regroupe aujourd’hui plus de 80 adhérents ne résidant pas tous à Muneville-le-Bingard et qui suivent régulièrement toutes nos actions entreprises. Nous commémorons au début du mois de mai la naissance du père Pierre-Adrien. Les deux premières années nous avons pu célébrer cet office devant les ruines de la maison natale du père Toulorge à la « Quièze ».

Le dernier dimanche du mois de juillet de chaque année, nous organisons un pèlerinage sur le mont de Doville : Nous nous retrouvons dans la chapelle St Martin de Doville pour un office concélébré par le père Lechat et le père Couppey. Cet office est préparé par le père Onfroy, curé de la paroisse St Jean Eudes et nous sommes plus de 80 personnes, dont une vingtaine d’habitants de Doville qui viennent se joindre à nous, ce qui est très important. Puis l’association offre le verre de l’amitié et nous prenons le repas en commun. Au début de l’après-midi nous descendons le mont de Doville et nous passons vers les points importants de l’histoire du père Toulorge (le moulin Regnault et le Hameau Roulland). Le deuxième dimanche d’octobre, nous commémorons sa mort, et le midi environ 170 convives participent au repas.

L’exposition préparée pour le bicentenaire a été renouvelée et se trouve en permanence dans l’église de Muneville-le-Bingard. De nombreux visiteurs passent, et il m’arrive même d’accompagner certains d’entre eux pour fournir les explications dont ils ont besoin.
A partir de 2004, l’accociation édite un bulletin d’information adressé à tous les adhérents lequel va porter à la connaissance de tous les membres la vie du père Toulorge, les évolutions éventuelles et les décisions que l’association prend tout au long de l’année.

.

—–===ooOoo===——

Le souvenir vivant

—–===ooOoo===——

.
La mort du père Toulorge fit une profonde impression sur la population de Coutances et des environs ; en particulier les curés de Muneville-le-Bingard s’emploient à développer son souvenir, à l’occasion des fêtes liturgiques : des Quarante Heures chaque année de 1858 et la célébration du centenaire de sa mort en 1893. A certains jours on compta 260 hommes et 340 femmes à la communion générale sur une population totale de 854 habitants. On profitait, en effet, des prédications du triduum eucharistique pour évoquer le souvenir de Pierre-Adrien – particulièrement durant les vêpres. Le père Jean-Baptiste Lechat (vice-postulateur) a rassemblé de nombreux témoignages de la vénération populaire pour le « martyr de la vérité ».
Cette vénération envers le Serviteur de Dieu est jusqu’à nos jours bien vivante. Elle se manifeste notamment par des pèlerinages – à Muneville, lieu de la naissance, ou dans les bois où il s’est caché pendant une partie de la période révolutionnaire.

Un pèlerin raconte : « Plus d’une cinquantaine de personnes [et parfois bien d’avantage] se rassemblent dans la vieille église du Mont de Doville, celle où Pierre-Adrien exerça son ministère de vicaire de 1782 à 1786. On y célèbre la messe dans un mélange de gravité, de ferveur et de jubilation. Après la collation champêtre qui suit la messe, se forme une colonne qui parcourt dans l’après-midi, sur les flancs du Mont de Doville, les chemins creux bordés de buissons et d’épines (les „buissonnières“) les lieux parcouru dans la clandestinité par le maquisard du Bon Dieu. On va jusqu’au Hameau Roulland où il fut reconnu le 3 septembre 1793, aux abords de l’abbaye Saint Nicolas de Blanchelande. » Le dimanche 25 juillet 2004, fête de saint Jacques, le postulateur général présida le pèlerinage toulorgien. Il le compara dans son homélie à la vie du Serviteur de Dieu et à la grande fête jacquaire de Compostelle.

Chaque année on fête à Muneville-le-Bingard l’anniversaire de la mort de Pierre-Adrien. Voici quelques extraits des allocutions ou des homélies de ces messes :

P. Bernard Ardura OPraem 1993 : Pierre-Adrien Toulorge mérite de devenir un exemple à l’aube du 3e millénaire. .. Ce prêtre est extrêmement actuel. Il nous montre comment un homme a pu passer d’une personnalité ordinaire à la sainteté. Il a compris combien Dieu l’appelait à l’absolu de l’amour.

P. Donatien De Clerck OPraem 1996 : On peut le dire, frères et sœurs : Les saints, les martyrs forment l’épine dorsale de la famille humaine. Si le monde, au cours des siècles, est resté habitable, en dépit de la haine, des abus, des oppressions, c’est grâce aux saints qui ont assumé leur devoir, qui n’ont pas fléchi devant l’injustice et le mensonge, qui à travers tout ont servi Dieu et leur prochain – comme notre cher Pierre-Adrien Toulorge.

P. Gabriel Wolf OPraem 2003 : Pierre-Adrien – un homme, par qui le soleil rayonne. Dieu nous donne son amour en toute liberté, et il en donne à chacun et à tous. Il nous faut être transparents pour lui. Vous avez appliqué cette transparence d’une très belle manière dans votre église de Muneville avec le splendide petit vitrail du Serviteur de Dieu. Il était un homme tout à fait baigné de l’Esprit Saint.


Mgr. Thomas Handgrätinger OPraem 2005 : Comme Pierre-Adrien dire et vivre chaque jour son « adsum ».

Louis Onfroy, le curé de la paroisse St-Jean Eudes, écrit sur l’actualité de Pierre-Adrien Toulorge : « Depuis que Muneville-le-Bingard fait partie de la paroisse Saint-Jean Eudes, le Père Pierre-Adrien Toulorge devient pour moi comme une présence vivante à toujours apprendre à connaître. Pierre-Adrien, je le reçois et je l’annonce, auprès des enfants et des jeunes comme un témoin, martyr de la vérité. Il est trop tôt pour dire ce qui est reçu, mais c’est accueilli et on pose des questions sur lui, sa vie, son combat pour la vérité, pour la foi. ‘ Il n’avait pas peur’, disait un jeune qui se préparait à la Confirmation. Pour moi, c’est un témoin pour aujourd’hui dans un monde de mensonge, d’égoïsme, d’individualisme. Les jeunes ont besoin de témoins d’aujourd’hui et d’hier.


Pierre-Adrien – sans que je m’y attache – c’est une présence vivante qui m’interpelle au travers de la vie des personnes, avec qui la référence que je fais à lui, les interpelle vraiment. Un signe (un petit): l’accueil sympathique qui est fait par les chrétiens de chez nous au fait qu’une grande salle de réunion à Saint-Sauveur porte son nom – un nom qui fait partie de la famille ! Pierre-Adrien cesse d’être doucement la propriété de la communauté de Muneville-le-Bingard, qui en est jalouse, qui l’entretient (l’Association des amis du P. Toulorge, l’entretien de la façade de sa maison natale, la marche sur les traces de ses cachettes pendant la Révolution). C’est légitime et on accueille positivement que son nom déborde l’ancienne paroisse. Dans cet accompagnement, j’ai le soutien de notre évêque Jacques Fihey et des deux prêtres, les P. Couppey et Lechat qui y sont très attachés. Je pourrais dire autre chose … tellement, c’est sa présence qui est là, mais c’est toujours au travers de la vie et de la pastorale que je vis avec d’autres, aujourd’hui. »

.
—–===ooOoo===——

Saint patron

—–===ooOoo===——

.

« J’ai eu l’idée de mon nom religieux en lisant l’Hagiologe édité à cette époque. Pour moi, le courage et l’engagement pour la vérité étaient le motif de choisir le nom de ce défunt confrère et ‘martyr’, et d’en faire le compagnon spirituel de ma vie religieuse. Si on reste sur le chemin de la recherche de la vérité, on est toujours sur la bonne voie. En ce sens je confie mon avenir à l’aide de Dieu et à l’intercession de Pierre-Adrien. Puissé-je suivre courageux, droit et conséquent le chemin de mon patron ! »

 .

—–===ooOoo===——

.

Causa Pierre-Adrien Toulorge

.
—–===ooOoo===——

.

Prières exaucées

.
—–===ooOoo===——

.

Le peuple chrétien invoque Pierre-Adrien Toulorge et obtient des grâces par son intercession. Ce religieux mort pour sa fidélité au Christ est vraiment un stimulant pour l’Église de Coutances et Avranches, ainsi que pour l’Ordre de Prémontré ; il l’est par-dessus tout pour les jeunes laïcs et religieux à la recherche d’authentiques valeurs pour leur vie à l’aube du nouveau millénaire. Ci-dessous quelques lettres avec mention de prières exaucées :

F.B. de M.-C. (F) a demandé l’intercession de Pierre-Adrien Toulorge auprès de Dieu pour que sa fille obtienne du travail ; elle vient de l’obtenir (1993). – G.L. de C. (F) a appelé 4 semaines le Seigneur et Adrien Toulorge pour qu’ils lui donnent d’accepter sa réalité avec ses difficultés de dialogue dans le couple (mariée depuis 19 ans, 7 enfants) ; elle a reçu une grande paix (1998). – L.L. de B. (F) remercie Pierre-Adrien Toulorge, Sœur Emilie Podoska et la bienheueuse Bronislave pour sa réussite scolaire au BEPC. – F.B. de M.-C. (F) a prié Pierre-Adrien Toulorge avec sainte Rita et bien d’autres pour la conversion de sa fille, agée de 39 ans ; elle est retournée vers l’Eucharistie ; les deux enfants de sa fille ont participé au catéchisme (1998, 2000). – J.V. de la Belgique a reçu la grâce d’être opérée avec succès ; elle remercie Dieu, tous les saints et surtout le père Pierre-Adrien Toulorge (2002). – Le vice-postulateur J.B.L. de L.G. (F) remercie P.A.T. qui à deux reprises, en 1998 et en 2003, l’a protégé (pas une égratignure) lors d’accidents de voitures, réduites à l’état d’épaves. – L.O. de St S.L., confie sa mission au service de l’Evangile qu’a vécu P.A. dans le don total au service de la vérité, il pense aux enfants, aux jeunes, aux travailleurs, aux retraités, aux malades, aux jeunes qui se préparent au mariage, à tous ceux qui ont des responsabilités à servire du bien commun dans nos cités (2003). – C. de ? (F), qui connaît tout le parcours autour de Blanchelande, remercie le père Toulorge pour son courage et sa loyauté de chrétien ainsi pour la protection de toute la famille et prie pour sa béatification (2003). – ? (F) a reçu des grâces par son intercession (2003). – ? (F) confie au Pierre-Adrien les soucis de sa famille, l’enfant malade à répétitions et inquiétant (2004). – Deux jeunes J. et J. de L. (F) disent « merci » au père Adrien Toulorge (2004) – et une autre E. prie de pouvoir continuer à apprendre la vie de Jésus, à l’exemple du père Toulorge (2004). – P.L. de ? (F) demande la grâce de veiller sur sa petite famille et que ses fils soient toujours remplis d’amour (2004). – M.F. et J.L. de ? (F) confient à Pierre-Adrien leurs enfants et petits-enfants (2004), – et E.O. de ? (F) son mari, sa mère, ses frères, son neveux et sa nièce (2004) – .J.H. de A. (F) remercie Dieu pour tous les prières exaucées sur l’intercession de Pierre-Adrien (2007), – D.M.M. de B. (Congo) pour sa santé, sa protection et le succès de ses études, pour sa femme, ses enfant et pour sa vigilance dans les tentations (2009), – M.L. de L.F. (F) constate, après une prière insistante, une amélioration de la situation de santé de sa mère, après une attaque cérébrale et des crises d’épilepsies : il est possible d’arrêter les médicaments (2009). – M.R. de C.F. (F) a trouvé, par l’intercession de Pierre-Adrien, un travail pour son fils (2009). – L.D.-B. de L. (F) éprouve la proximité du Serviteur de Dieu dans ses difficultés (2009). – F.O. de Y. (Cameroun) remercie pour la grande force reçue dans une période difficile : il a résisté à une secte, où il était enfermé malgré lui depuis 10 ans, un feu a détruit sa maison où se trouvait son enfant de deux mois (2009). – Nous avons reçu aussi des lettre écrites en prison avec des témoignages impressionnantes, p.ex. S.O. de T. (Cameroun), membre d’une groupe de prière et de la chorale de prison, a senti de nouveau force (2009) et M.-C. de K.-Z. (Afrique-central) peut penser plus positive (2009) ; le chapelain S.T. parle souvent de Pierre-Adrien. – Le prêtre G.J. de C. (Inde) remercie pour une grâce et veut propager la vénération du Serviteur de Dieu, – M.C. S.-E. de C.I. (Australie) serve après la lecture de la biographie plus d’intensivement son église (2009) – et Frère A.B. de K. (D) est devenu plus calme dans son cœur après des prières (2009).

Conformément aux décrets de Pape Urbain VIII, on doit déclarer, qu’on n’attribue pas un caractère surnaturel aux événements décrits, tant que l’autorité la plus élevée de l’Eglise ne s’est pas prononcée à leur sujet.

 

 

 

—–===ooOoo===——

Étapes importantes du procès:

—–===ooOoo===——

1922 Ouverture du procès de béatification, 1993 reprise, 1994 Nihil obstat
01.12.1995-29.07.1996 Procès diocésain à Coutances
05.12.2000 Jugement positif des Consulteurs historiens de la Congrégation pour les Causes des Saints sur la Positio super martyrio et fama martyrii (372 pages)
15.07.2010 Jugement positif des Consulteurs théologiens de la Congrégation
01.03.2011 Jugement positif des Cardinaux et Évêques de la Congrégation
02.04.2011 Le Pape Benoît XVI. a autorisé la Congrégation à promulguer le décret

 .

—–===ooOoo===————===ooOoo===——

.
patrick

sources

http://www.postulatio.info/