Quelques mots sur Saint François d’Assise, mon ami depuis toujours

 

Quelques mots sur Saint François d’Assise, mon ami depuis toujours, celui grâce à qui j’ai passé diverses épreuves de ma vie…..
 
en premier lieu une petite histoire de St François, Ste Claire et des ordres Franciscains et des Clarisses … et par la suite je reviendrai régulièrement vous donner des nouvelles de ce couple exceptionnel de l’Histoire religieuse !!!
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English: Saint-François-d'Assise's church, in ...

English: Saint-François-d’Assise’s church, in Paris (Paris XIX, France) Français : Église Saint-François-d’Assise, à Paris (Paris 19è, France) (Photo credit: Wikipedia)

 
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Biographie de François d’Assise et Claire d’Assise
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Sa jeunesse et conversion
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François (baptisé Jean) est né en 1181 ou 1182 dans la ville italienne d’Assise. Son père, un négociants d’étoffes précieuses nommé Pierre Bardonne, a sans doute donné ce prénom à son premier né à cause des rapports commerciaux étroits qu’il entretient avec la France. Il mène une jeunesse facile et heureuse auprès de sa famille et des ses amis. Il est le chef de la jeunesse dorée d’Assise. Il découvre l’amour courtois et la vie de troubadour. Son désir de devenir chevalier le poussera à participer à la guerre contre Pérouse, mais il sera fait prisonnier et restera en captivité pendant un an. Après une convalescence à Assise, il repart pour le front mais fera en chemin une rencontre marquante.
« Issu du monde des communes, il en partage l’idéal de liberté et d’association. […] Mais bientôt il découvre l’envers de la société nouvelle: la domination de l’argent, avec ses conflits et ses détresse. » Sur le chemin de Spolète, il rencontre un chevalier pauvre. Ne pouvant supporter d’éclabousser de ses richesses la véritable noblesse, François lui donne son équipement et rentre à Assise. Dès lors son attitude, déjà quelque peu changée par sa longue maladie, sera de plus en plus différente avec celle de sa jeunesse. Il cherche dans la méditation la présence de Dieu. Sa soif grandissante l’amène à s’occuper des lépreux. Il dit dans son testament:
Quand j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable, mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je les soignai avec compassion. Et quand je les quittai, ce qui m’avait semblé amer s’était changer pour moi en douceur, pour l’esprit et pour le corps.
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Le début de sa vie de pauvreté
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Église Saint-François-d’Assise, à Paris (Paris 19è, France) (Photo credit: Wikipedia)

 
Quittant sa famille, il se fit ermite. Un jour qu’il méditait à la campagne, il s’arrête pour prier dans l’église presque en ruine de Saint Damien. C’est alors que le crucifix devant lequel il est agenouillé lui parle et lui dit: « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine ». Prenant cette directive au sens littérale, François se met à restaurer les petites églises périphériques d’Assise. Pour ce faire, il vend à Foligno des étoffes prises à la boutique de son père pour offrir l’argent au prêtre de l’Église de Saint Damien, qui par crainte le refuse. À cause de ses origines, sa conduite fit scandale et son père, dans sa fureur, le traîne en justice devant l’évêque. C’est alors que François, accomplissant un geste hautement significatif pour lui et pour l’assemblée, se met à nu et donnant ses vêtements à son père, il dit: « Désormais, c’est en toute liberté que je pourrai dire: « Notre Père qui êtes aux cieux! » Pierre Bernardone n’est plus mon père, et je lui rends non seulement son argent que voici mais encore tous mes vêtements. » [Les mots changent selon les traductions mais le sens demeure le même.]
À partir de ce moment, François se fait maçon et rénove les églises et chapelles des environs d’Assise pendant trois ans. Il mendie pour se nourrir et couche dans les lieux qu’il restaure. Il reconstruit Saint Damien, Saint-Pierre et la Portioncule. C’est à celle-ci que François connaîtra un autre tournant de sa vie. Alors qu’il assiste à la messe, « il entendit lire l’évangile de l’envoi des disciples en mission » . Il découvre à ce moment ce que le Christ attend de lui et comprend le vrai sens des paroles de l’épisode du crucifix de Saint Damien. Il sait maintenant qu’il doit reconstruire l’Église en prêchant l’évangile et la paix. C’est donc en février 1208 que commence sa prédication itinérante.

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La création de l’Ordre et la première règle; croissance de l’ordre
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En avril suivant, ses premiers compagnons, vendant leurs richesses et les distribuant aux pauvres, se joignent à lui: il y a Bernard de Quintavalle, Pierre de Catane, Egide, Gilles, etc., portant ainsi le nombre de fils de François à six, et qui augmentera à sept, puis à douze. François ressent alors le besoin d’écrire une règle pour l’Ordre naissant et de la faire approuver par le pape.
Cette première règle est toute simple. Elle dit simplement de vivre selon l’Évangile. Cela implique une mobilité apostolique, de la même manière que les apôtres du Christ ont répandu la Bonne Nouvelle. Cette même mobilité les empêche d’exploiter un domaine comme le font les ordres monastiques; ils sont dès lors vouer à une pauvreté pascale, deuxième principe de la règle. L’absence de richesse met les premiers Franciscains sur un pied d’égalité: ils sont frères et forment une fraternité. Non seulement il n’y a pas de hiérarchie entre eux, mais ils se veulent les plus humbles de la sociétés; ils se font appelés les « Frères mineurs ». Enfin, le dernier principe de la règle est la soumission à l’Église.
François se rend à Rome en 1209 avec ses compagnons où le pape Innocent III, après réflexion, approuve l’Ordre des Frères mineurs et leur règle. Mieux encore, il leur permet de pratiquer la tonsure, ce qui les fait clercs et les soustrait de l’autorité des laïcs pour les placer sous la seule juridiction de l’Église.
François et ses compagnons reviennent à Assise et s’installent à côté de la ville, à la Portioncule. Dès ce moment, l’expansion de la fraternité franciscaine sera très rapide. Beaucoup d’hommes vinrent les rejoindre dans leur petite communauté, qui s’agrandit rapidement. « Le recrutement, sauf exception, se faisait parmi les gens simples, car François n’exigeait pas de ses frères les qualités intellectuelles et la formation réclamées chez les dominicains. » Des gens de toutes conditions furent admis: les clercs comme les laïcs, les célibataires et les gens mariés. En 1212 arriva pour la première fois une femme, Claire d’Assise.

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La fonda
tion de la branche féminine de l’Ordre
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Église Saint-François-d’Assise, à Paris (Paris 19è, France) (Photo credit: Wikipedia)

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Claire Favarone, jeune fille de petite noblesse d’Assise, entend parler de François et cherche à le rencontrer à partir de ses 16 ans, soit vers 1210. L’attachement que se portent mutuellement François et Claire décide celle-ci à entrer en religion. La nuit des Rameaux de l’an 1212, elle se consacre définitivement à Dieu dans la chapelle de la Portioncule. François lui coupe les cheveux puis elle reçoit sa vêture de religieuse. Elle s’installe à Saint Damien et fonde l’ordre des Pauvres Dames devenu les Clarisses. La première novice de Claire sera sa propre soeur. Puis de nombreuses femmes se joignent à elles. Mais toujours est-il qu’elles n’ont pas de règle précise. Quoiqu’il en soit, François eut raison de séparer les hommes et les femmes. En effet, chez les vaudois, cette distinction ne se dit pas. « Des abus en avaient été la conséquence. »
Le succès de cette branche féminine sera aussi considérable que le premier ordre. Cependant, les Clarisses n’avaient de règle officielle, bien qu’elles suivait celle que Claire leur prescrivait, c’est-à-dire vivre selon l’évangile. La règle officielle n’arriva qu’en 1253. La seule différence avec la règle des frères est qu’elle ne permettait pas l’apostolat mobile. C’est ainsi que le deuxième ordre franciscain devint officiel.

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L’ordre franciscain s’étend de par le monde
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En 1212, François essaie de gagner en vain l’Islam une première fois en passant par la mer, mais il est rejeté sur le rivage. Il effectue une deuxième tentative par le Maroc, mais il tombe malade et ne peut aller plus loin. Il retourne alors à la Portioncule.
Les Fraternités se développent de plus en plus en Italie et le nombre de frères croît sans cesse. Le contact avec son fondateur et l’unité qu’il inspirait devient plus difficile.
En 1215, François se rend au VIe Concile de Latran. Il y rencontre sans doute saint Dominique. Du concile ressort la décision d’interdire la fondation d’ordres religieux nouveaux. Cela pose problème pour les Pauvres Dames, qui, bien qu’étant une extension de l’ordre franciscain, ne sont pas encore reconnues officiellement.
En 1217, à la Pentecôte, il se tient un chapitre général dans les champs qui entourent la Portioncule. Les multiples fraternités contiennent alors plusieurs milliers de « frères mineurs ». L’envoi de ceux-ci en Europe, afin de répandre l’ordre, est décidé. François doit partir en France, mais le cardinal Hugolin d’Ostie, rencontré à Florence, l’en empêche.
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Le désordre de la Fraternité; la deuxième règle
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Après le chapitre de la Pentecôte à la Portioncule en 1220, François part pour l’Égypte, confiant l’Ordre à deux vicaires, frère Mathieu et frère Grégoire de Naples. Il essaie d’y rencontrer le sultan pour le convertir, ce qu’il ne réussira pas, malgré l’entrevue courtoise qu’il a obtenu.
Malheureusement, « l’absence prolongé de François jeta l’Ordre dans un grand vide, encore aggravé par le manque total de nouvelles. » Deux tendances apparaissent: l’une va vers une nouvelle règle s’inspirant des anciens Ordres monastiques, l’autre conserve l’idéologie première. Une rupture est à craindre. Un frère rejoint François en Syrie, où il visite les Lieux Saints, et lui apprend les problèmes de l’Ordre. Il revient revient en catastrophe et se rend chez le pape Honorius III, lui demandant son aide, celui-ci lui accorde en la personne du cardinal Hugolin, un ami de François. Il le convainc alors que la règle est trop simple et que c’est cette même simplicité qui menace l’ordre. Il faillait également gouverner l’Ordre, ce qu’il ne peut se résoudre à faire personnellement, aussi donne-t-il sa démission et laisse la place à Elie Bombarone, qui devient alors vicaire général de l’ordre.
Reste le problème de la règle. François, aidé par plusieurs frère, écrit en 1221 une admirable règle que le Pape et les responsables de l’ordre rejettent. Elle est trop longue, trop dure, trop lyrique. Il retourne alors dans la solitude et rédige en 1223 une deuxième règle plus courte, plus précise qui est finalement adoptée.

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Ses dernières années
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Français : Vitrail représentant Saint François...

Français : Vitrail représentant Saint François d’Assise, dans l’église abbatiale Saint-Michel à Saint-Mihiel. (Photo credit: Wikipedia)


La transformation de son ordre attristait François au plus haut point. « La constitution d’un grand ordre à ses yeux à terme la tentation de posséder. Il ressentait cruellement chaque changement de son idéal primitif, chaque aménagement avec l’absolu. » Il se retira alors dans la solitude de la méditation avec quelques amis fidèles en ermitage de montagne. De plus en plus il cherchait la solitude pour cacher et oublier sa profonde tristesse. Soeur Claire l’aide à supporter cette amertume.
En décembre 1223, François fête Noël à Greccio d’une manière toute originale, c’est-à-dire en recréant la crèche de la Nativité. « Cette nuit-là, la Chrétienté retrouvait des yeux d’enfant. »
Au mois d’août 1224, François se retire pour méditer et jeûner sur le mont Alverne, qu’a mis à sa disposition le compte Roland de Chiusi, avec quelques frères. Un matin de méditation lui apparaît un séraphin au corps d’homme crucifié. C’est alors que le miracle se produit: les stigmates du Christ s’imprègne dans sa chair. Lorsqu’il retourne en société, la nouvelle du miracle se répand rapidement, malgré le fait qu’il essaie de cacher les marques. À dos d’âne, il reprend une tournée de prédication Mais bientôt une maladie d’yeux, l’ophtalmie, et ses saintes blessures l’empêche de continuer et il rentre, très malade, à la Portioncule.
Il se réfugie en 1225 à Saint Damien auprès de Claire, dans le jardin, où il compose le Cantique du Soleil. « Ce chant est considéré, à juste titre, comme le joyau le plus ancien et le plus précieux de la poésie italienne naissante. »
Pendant l’été 1225, Hugolin, qui est à Rietti avec le Pape, le fait venir pour qu’il se soigne. En 1226 François va à Sienne, où il rédige son testament. Il passe l’été à Bagnana et son état empirant, on le ramène à Assise. Il revient à la Portioncule où il meurt le 3 octobre. Son corps, après être passé à Saint Damien pour que Claire puisse le voir une dernière fois, est inhumé à l’Église de Saint-Georges devenue Sainte Claire.
En 1227, Hugolin est élu Pape et devient Grégoire IX. Il canonise son ami François en juillet 1228 à Assise.
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Le Christ et la Vierge apparaissant à saint Fr...

Le Christ et la Vierge apparaissant à saint François d’Assise, H/t, 48×32 cm, Louvre, Paris (Photo credit: Wikipedia)

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Si vous voulez voir la crypte de Saint-François , mode d’emploi ci-dessous ….
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http:www//.sanfrancescopatronoditalia.it/webcam_tomba_san_francesco.php
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LA CRYPTE DE SAINT-FRANÇOIS
La crypte de Saint-François
En ce moment vous êtes au cœur des Franciscains, sur le tombeau de saint François
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Envoyer votre prière au tombeau de saint François
à l’adresse e-mail latuapreghiera@sanfrancesco.org
Les frères de la Sacro Convento confier le Saint Patron de l’Italie
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Patrick
sources : divers sites du net et wikipédia
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Renaissance du Collège des Bernardins à Paris

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Le Collège des Bernardins à Paris :
Renaissance d’un haut-lieu de la
spiritualité et de la culture

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Le Collège des Bernardins à Paris : Renaissance d’un haut-lieu de la spiritualité et de la culture
La chronique « Sites et Monuments » de Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts
En juin 2010, récompensant une restauration exemplaire débutée en 2004, le Collège des Bernardins, situé dans le 5e arrondissement de Paris, a reçu le Prix du Patrimoine culturel de l’Union Européenne. Une consécration pour ce chef-d’œuvre de l’architecture médiévale, un des joyaux du patrimoine historique de la Ville de Paris. Robert Werner, correspondant de l’Institut de France, après avoir effectué un bref survol de quelques uns des plus beaux vestiges du Moyen Age parisien, nous conte l’histoire de ce monument datant du XIIIe siècle, à l’existence tourmentée, haut lieu de spiritualité devenue tour à tour prison, entrepôt et caserne de pompiers, et qui retrouve aujourd’hui son éclat d’antan.


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Paris, où affluent chaque année des millions de touristes avides de beauté et d’histoire, conserve relativement peu de vestiges médiévaux.
Les urbanisations successives, la Révolution, le vandalisme en sont les causes principales. Il y a naturellement la cathédrale Notre-Dame de Paris, construite entre 1163 et 1260 sous l’évêque Maurice de Sully, où, avec l’art gothique, les réalisations parisiennes deviennent exemplaires de l’art français ; l’église Saint-Pierre de Montmartre aussi, fondée en 1134. Au Haut-Moyen Age, la tour Clovis aujourd’hui intégrée au lycée Henri IV et l’église Saint-Julien le Pauvre même antérieure à l’an 1000, certes très transformée et aujourd’hui dédiée au culte melkite des Grecs catholiques.


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Vue extérieure du Collège des Bernardins

Vue extérieure du Collège

des Bernardins

© Laurence de Terline
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Remontons encore un peu le temps à l’époque où Childebert 1er, roi franc du territoire contenant Paris, fils de Clovis et de Clotilde et qui règne dès la mort de son père en 511, veut une abbaye grandiose pour sa ville : elle s’appellera Saint-Germain des Prés. Celle-ci sera de nombreuses fois restaurée mais y subsistent, en plus du chœur de l’église et au fond, des vestiges de l’époque romane que les visiteurs connaissent insuffisamment. Quant à la Conciergerie, dans l’Ile de la Cité, le palais des premiers rois Capétiens avec la Sainte-Chapelle voulue par Saint-Louis, elle possède encore des parties datant du XIVe siècle.
Allais-je oublier la Tour Jean sans Peur dans le quartier des Arts et Métiers et la fin du gothique signalé par les églises Saint-Germain l’Auxerrois, Saint-Gervais, Saint-Séverin, Saint-Etienne du Mont, et, enfin, l’hôtel des abbés de Cluny : ce bref survol est probablement incomplet…
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la grande nef du Collège des Bernardins en travaux

la grande nef du Collège des

Bernardins en travaux


(c) Collège des Bernardins
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Quand on se promène dans Paris, et qu’on a le temps de se perdre dans l’histoire de la ville, de regarder comme il convient, on ne peut qu’être frappé par l’harmonie des bâtiments, par ses monuments, comme autant de souvenirs vivaces du temps passé. Ainsi, nous voici arrivés devant le couvent des Bernardins, initié à l’époque du règne de Saint-Louis.
Situé au 18, rue de Poissy, une petite rue qui donne dans le faubourg Saint-Germain en direction de l’Institut du monde arabe, l’ancien collège des Bernardins a pendant longtemps été un haut-lieu de l’enseignement de la théologie. En partie défiguré au cours du XIXe siècle, le site abritait encore il y a quelques années une caserne des pompiers installée en ce lieu depuis la fin du règne de Louis-Philippe.
Il s’agit en vérité d’un chef-d’œuvre de l’architecture médiévale, longtemps ignoré et heureusement redécouvert grâce, principalement, à la volonté de Monseigneur Lustiger alors archevêque de Paris. C’est Etienne de Lexington, un moine d’origine anglaise, abbé de Clairvaux, qui crée, en 1245, le collège Saint-Bernard bientôt désigné comme Collège des Bernardins soutenu par le pape Innocent IV.
Dédié à la spiritualité, il est vite célèbre et reconnu dans toute l’Europe moyenâgeuse d’où l’on vient étudier les textes savants des religieux de renom. On y enseignait chaque jour la théologie, de six heures du matin à neuf heures du soir et les élèves devaient argumenter en latin.

La nécessité de faire bénéficier les moines de l’enseignement universitaire à Paris, alors capitale intellectuelle de l’Europe, et le retard pris par rapport aux Dominicains et aux Franciscains, ont poussé les Cisterciens à engager la construction du Collège des Bernardins installé au clos du Chardonnet, comme lieu d’études et de recherches au cœur de la pensée chrétienne. C’est alors, dans la première moitié du XIIIe siècle, qu’est construit le principal bâtiment qui a survécu.
A l’instar du collège parisien qui veut promouvoir l’étude parmi ses moines, d’autres collèges cisterciens sont créés, le chapitre général confirmant la prééminence du Collège des Bernardins sur tous les autres collèges de l’Ordre.

Au XIIe siècle, une révolution intellectuelle secoue l’Europe. Les monastères, jusqu’alors principaux centres intellectuels cèdent peu à peu le pas aux universités nouvellement créées dans les grandes villes : Bologne, Paris, Oxford, Cambridge, Heidelberg… Dans une bulle de 1245, le pape encourage vivement les cisterciens à aller faire des études à Paris pour y étudier la théologie et transmettre ensuite leur enseignement à leurs confrères.

Grande Nef du Collège des Bernardins

Grande Nef du Collège des Bernardins
(c) Domitille Chaudieu

Prévu à l’origine pour accueillir une vingtaine d’étudiants, le Collège formera, entre le XIIIe et le XVe siècle, plusieurs milliers de jeunes moines cisterciens, l’élite de leur Ordre venant du nord de la France, de Flandre, d’Allemagne et d’Europe centrale. Les registres de la faculté de théologie de Paris témoignent de la vitalité de ce haut-lieu qui joue un rôle encore plus important lorsqu’il devient le quartier général de l’« Étroite Observance », réforme encouragée par le cardinal de La Rochefoucauld et confirmée par Richelieu devenant lui-même abbé de Citeaux en 1635.


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Les travaux au Collège des Bernardins, vue du toit

Les travaux au Collège des

Bernardins, vue du toit


(c) Collège des Bernardins
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La réputation du Collège s’étendit, le nombre des élèves en témoigne. Ils joueront un rôle illustre dans l’histoire de l’église médiévale : Jacques Fournier, un ancien étudiant du Collège, reçu docteur en théologie en 1314, sera plus connu sous le nom de Benoît XII, pape en Avignon de 1334 à 1342. Son lointain successeur, le pape actuel, Benoît XVI, s’est d’ailleurs rendu au Collège des Bernardins dès l’achèvement de sa restauration en rappelant le prestigieux passé de cette institution du Quartier Latin.
Il précède de trente ans la Sorbonne, élevée en 1257 sous l’autorité d’un autre théologien, Robert de Sorbon. En ce temps-là, l’essor de la ville de Paris fortifiée depuis l’avènement des Capétiens, ne faiblit pas encore. C’est le temps où  » les marchands de l’eau  » ont tout pouvoir sur le commerce fluvial.
Quelques décennies plus tôt, Paris, sous Louis VI le Gros, voit la construction des premières grandes Halles, de Notre-Dame de Paris et du tracé des grandes artères qui subsistent en partie aujourd’hui. Philippe Auguste, le grand-père de Saint Louis, ordonne l’érection d’une seconde enceinte alors que le prévôt des marchands, tout puissant, devient le véritable maire de Paris.

Mais revenons au Collège et descendons un instant, au sous-sol, au cellier dont on dit qu’il est le plus grand de Paris, peut-être le plus beau dans toute l’ampleur de ses trois nefs. Le sol de béton ciré, très sobre, évoque la terre battue de l’origine et aujourd’hui, étudiants, professeurs et chercheurs ont la possibilité de travailler dans ce vénérable cellier. Son déblaiement et les travaux de terrassement ont occasionné de multiples surprises. Parmi ces dernières, la découverte d’un affluent de la Bièvre.
Elle permit de comprendre pourquoi, dès sa construction, le Collège des Bernardins, reposant sur un sol alluvionnaire, s’affaissait sous son propre poids… D’ailleurs, rapidement à cette époque, ce grand cellier sera comblé à mi-hauteur pour stabiliser l’ensemble ce qui n’empêcha pas le bâtiment de continuer à bouger, affaiblissant les piliers qui supportaient la voûte, une situation qui prit fin avec le renforcement des fondations et la restauration complète du bâtiment intervenue ces dernières années.
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le cellier du Collège des Bernardins

le cellier du Collège des Bernardins
(c) Sabato Renzullo
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Notons qu’à l’époque du projet de réhabilitation, la reprise des Bernardins par le Diocèse fut approuvée à l’unanimité par le Conseil de Paris. Le bâtiment jugé d’intérêt national menaçait ruine si une opération d’envergure n’était pas menée. Or, son ouverture au public dans des conditions satisfaisantes exigeait des aménagements importants qui n’entraient pas dans les attributions des Monuments de France.
Un double chantier fut entrepris conjointement, en 2004, par l’architecte en chef des Monuments historiques, Hervé Baptiste, pour la restauration extérieure, et par le cabinet de l’architecte Jean-Michel Wilmotte pour l’aménagement intérieur. Une convention est signée entre la Ville, l’État, la Région et l’Association Diocésaine de Paris avec le concours des services du ministère de la Culture afin de financer les travaux sur les 4500m2, de la future  » école cathédrale  » comprenant des salles de classe, un auditorium, sous le toit, pour des concerts, des colloques, des conférences et des expositions…

Grâce à la restauration de l’ancien Collège des Bernardins, les piliers de la galerie retrouveront, après creusement, leur hauteur originelle. Les occupants successifs ont fragilisé les étages supérieurs en modifiant des ouvertures au gré des réaménagements ce qui posa plusieurs problèmes et, entre autres, celui-ci : en effet, comment consolider le bâtiment de manière à satisfaire les exigences en matière d’accueil du public, et comment restituer la vaste toiture en accord avec les Monuments historiques et le budget de restauration qui s’élevait à 50 millions d’euros ?
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Le Cellier du Collège des Bernardins en travaux

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Le Cellier du Collège des Bernardins

en travaux


(c) Collège des Bernardins

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Des centaines de micro-pieux, enfouis à une profondeur de 15 à 25 mètres viennent soutenir de manière invisible les murs périphériques et les piliers. Ceux-ci reçoivent un cerclage métallique pour les consolider. Une telle assise permet de stabiliser les voûtes à l’aide de vérins identiques à ceux utilisés pour le tablier du viaduc de Millau. La situation critique du Collège réclamait des solutions inédites. La restitution du toit a été réalisée dans ses dimensions médiévales par une charpente métallique. Sur cette charpente, très vaste, une couverture de tuiles plates artisanales confère un aspect ancien à la toiture : pas moins de 10 000 tuiles de sept nuances différentes.

Pendant ce temps, les terrassiers ont dégagé une pierre tombale, datée de 1306, celle d’un moine cistercien prénommé Günther, originaire de Thuringe. Sa présence atteste du rayonnement européen du Collège des Bernardins à son origine.
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Nef du Collège des Bernardins

Nef du Collège des Bernardins
(c) Laurence de Terline
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Situé non loin de l’enceinte Philippe Auguste, le bâtiment est à présent magnifique. Il est loin, le temps où, sous la Révolution, vendu comme bien national, il fut défiguré et ensanglanté par les Sans-culottes qui y massacrèrent les derniers prêtres de la paroisse avant que le cloître ne devienne le bureau du receveur des Domaines. Ce dernier y gérait les innombrables exigences et doléances reçues à longueur de journée. Devenu prison pour les galériens, il sera relégué comme entrepôt – le grand jardin sera même cédé à une association de marchands de bestiaux qui en fera un marché couvert pour les veaux !

Enfin, le Collège, autrefois centre de la spiritualité, se verra transformé en caserne des pompiers, une chance finalement car le bâtiment est occupé et entretenu jusqu’à la veille du chantier. Cet admirable monument dont l’église fut malheureusement démolie en grande partie par le tracé de la rue de Pontoise et ses ruines rasées en 1859 lors du percement du boulevard Saint-Germain, est resté longtemps méconnu en dépit de son classement en1887.
Y entrer est un vrai bonheur, les éclairages incorporés au sol pour ne pas altérer la pureté des voûtes font naître une ambiance apaisante en ce lieu qui renoue avec sa vocation initiale. Oui, l’ancien Collège des Bernardins retrouve aujourd’hui son éclat originel.


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Robert Werner
Correspondant de l’Institut
Rédacteur en chef de la revue Sites et Monuments
Vice-président de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France

 

 

 

 

 

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Patrick

sources :

== canal académie