Apparence …. Les GROS ont aussi une Histoire

Apparence….

Les GROS ont aussi une Histoire

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Obélix, image tirée de l'album Astérix de Goscinny et Uderzo (DR)

L’obésité serait devenue une maladie et même une épidémie

qui menace l’humanité ! Qui l’eut cru il y a trois ou quatre

décennies, quand le monde vivait encore dans la hantise de la famine ?

L’embonpoint n’a pas toujours eu mauvaise presse au cours de l’Histoire.

Il lui est même arrivé d’être apprécié, avec des nuances toutefois selon

qu’il concerne les hommes ou les femmes.

C’est ce que nous vous proposons de découvrir par le texte et l’image…

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L’Antiquité ne se soucie pas de l’embonpoint

Ô surprise, ce sont des femmes obèses qui inaugurent l’Histoire.

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La Vénus de Willendorf (Vienne, Autriche), 22000 à 25000 av. J.-C.)Les premiers témoignages que nous possédons des sociétés humaines concernent en effet les «Vénu du Paléolithique supérieur, statuettes féminines aux fesses protubérantes (elles sont appelées en termes savants «Vénus stéatopyges», du grec ancien «stéatos», graisse, et«pygê», fesse).

L’une des plus célèbres est la Vénus de Willendorf (Autriche), vieille d’environ vingt-cinq mille ans.

Gardons-nous de faire parler ces statuettes plus que de raison… On peut supposer qu’en ces temps très anciens, les humains avaient besoin d’une épaisse enveloppe de graisse pour supporter un climat beaucoup plus froid qu’aujourd’hui.

On peut aussi supposer que ces Vénus n’expriment pas la norme sociale mais la vision qu’avaient les hommes du Paléolithique de la Déesse Mère et de la fécondité.

Peut-être le cinéaste italien Federico Fellini avait-il une pensée pour elles quand il introduisait dans ses films des matrones opulentes et généreuses (à tous points de vue)?

Faisons un grand bond en avant. Nous voici sur les bords de la Méditerranée, sous la férule de Rome, au début de notre ère.

De femmes obèses, point, quoiqu’en pensent les cinéastes Fellini et consorts. Mais voilà le cortège de Bacchus (Dionysos en grec), dans lequel figure le satyre Silène, père adoptif du dieu, reconnaissable entre tous à sa joviale ivresse et à son ventre bedonnant (obésité androïde).

Faut-il en déduire que l’obésité chez les mâles romains est associée à la puissance, voire la démesure? Quelques bustes tardifs de notables et empereurs romains pourraient le donner à penser. Mais en l’absence de témoignages précis, gardons-nous de conclure. Nous pouvons seulement constater que la question du poids ne se pose pas chez les Romains.

Silène (maison de Silène, mosaïque, el-Jem, Tunisie, IIIe siècle)

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L’obésité et la guerre

Glissons sur le haut Moyen Âge. L’époque féodale, à partir des Carolingiens (Charlemagne et ses descendants), met en lumière trois catégories de populations : la paysannerie, le clergé et les guerriers.

On peut penser que les paysans n’ont pas de problème d’obésité avec une nourriture à base de choux, légumineuses, fèves, châtaignes… Peu de viande et de poisson ; pas de sucre.

Les curés de paroisse ne sont guère mieux nourris que leurs ouailles. Quant aux moines, nombreux en ce temps, ils bénéficient dans les grandes occasions de quelques agréables compléments (salaisons et poisson fumé, vin) ainsi que de pain. Ils sont assurés d’un approvisionnement plus régulier.

La sédentarité et les travaux d’écriture leur valent de prendre facilement de l’embonpoint. D’où une réputation, parfois méritée, de personnages jouisseurs et hédonistes, portés sur la bonne chère… et la chair tendre.

Les guerriers, seigneurs et souverains, qui tiennent le territoire à la pointe de leur épée, bénéficient, cela va sans dire, des meilleurs mets : gibier, pigeons, vins etc. Grossissent-ils pour autant? Rien n’est moins sûr. Les exercices physiques, la chasse, les tournois et la guerre les en empêchent…

Mais les excès de table et les excès d’exercices leur sont souvent fatals. Le flamboyant Gaston Fébus, comte de Foix, meurt ainsi d’apoplexie à soixante ans, en 1391, au retour d’une chasse à l’ours.

Les chroniques font aussi état de quelques personnages dont la forte corpulence a dégénéré en obésité, avec des conséquences handicapantes.

C’est le cas du très illustre Guillaume le Conquérant, qui connaît une fin de vie douloureuse, privé de sa chère Mathilde et en butte à l’hostilité de ses fils. Il meurt à soixante ans, des suites d’une glissade de son cheval, sur le chemin de la guerre.

Son contemporain et rival, le roi de France Philippe 1er, connaît une situation bien plus humiliante. Ayant répudié sa première épouse, Berthe de Hollande, après vingt ans de mariage, il se remarie au grand scandale du clergé et de l’opinion. Menant une vie dissolue, il devient obèse au point de ne plus même pouvoir monter à cheval.

Quand il meurt à 56 ans, en 1108, son fils et successeur Louis VI hérite de sa propension à l’obésité au point de rester pour la postérité Louis le Gros. Mais il se montre excellent administrateur et grand batailleur, même si à la fin de sa vie, comme son père, il est incapable de monter à cheval et combattre.

Il faut sauter quatre siècles et traverser la Manche pour rencontrer une situation semblable avec le roi d’Angleterre Henri VIII. Tôt atteint par l’obésité, il ne ressemble en rien à l’éphèbe qui joue son rôle dans le feuilleton anglais Les Tudors. Dans les dernières années de sa vie, le roi aux six épouses doit être hissé dans les étages de son palais par un monte-charge. Ses portraits officiels témoignent cependant d’une forte autorité naturelle.

À défaut d’autorité naturelle, le roi de France Louis XVI ne manque pas de prestance, avec une taille de près de deux mètres et une forte corpulence musculaire. Cela ne le préserve pas d’une triste fin. Son contemporain le feld-maréchal russe Mikhaïl Koutouzov est mieux servi par la chance. Ce courtisan obèse, qui doit diriger les batailles en position assise, arrive grâce à son entregent à s’attribuer le mérite de la victoire sur Napoléon.

Winston Churchill (1874-1965)Ces exemples malheureux n’entament pas l’idée que l’on peut être gros et batailleur. Le meilleur exemple est, près de nous, Winston Churchill.

Jeune aristocrate au visage poupin, il fait preuve de témérité et d’audace dans les guerres coloniales tout comme dans les batailles électorales.

L’âge, l’embonpoint, les cigares et le whisky ne modèrent en rien son énergie. Quand, à 66 ans, le 10 mai 1940, il est appelé à diriger la lutte contre l’Allemagne nazie, c’est une force de la nature que découvrent ses compatriotes ; l’exact contraire de l’ascétique Hitler, 50 ans, buveur d’eau et végétarien. Cette prestance physique d’ours mal léché a sans doute contribué à la victoire sur le Mal.

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Les méfaits du sucre

Nos ancêtres du Moyen Âge n’avaient guère d’occasion de prendre du poids même si, après l’An Mil, le perfectionnement des techniques agricoles, l’urbanisation et l’avènement d’une classe bourgeoise entraînent une très nette amélioration de l’alimentation.

Tout change au XVIe siècle à cause de… Christophe Colomb. Ayant posé le pied en Amérique, les Européens voient l’opportunité de produire désormais eux-mêmes le sucre dont raffolent les riches bourgeois. Ils transportent dans le Nouveau Monde les grandes plantations esclavagistes mises au point par les musulmans du sud de la Méditerranée.

Comme prévu, le sucre, plus abondant, devient d’un prix plus abordable. Sa consommation se diffuse dans la bourgeoisie et l’aristocratie, avec une conséquence prévisible : le développement de l’obésité.

Contre cette obésité, les femmes luttent en corsetant la poitrine et l’abdomen. On utilise pour cela les fanons des baleines. La vogue des corsets à «baleines» contribue du coup à intensifier la chasse aux cétacés. C’est, avec la traite négrière atlantique, l’une des conséquences de notre innocent attrait pour le sucre. Petite cause, graves conséquences.

Si les femmes se corsètent, les hommes, eux, souffrent plus classiquement de la goutte et l’hydropisie. Ces maladies liées à l’obésité et aux excès alimentaires atteignent les hommes mûrs de l’aristocratie du XVIIe et du XVIIIe siècles.

L’obésité devient un sujet de préoccupation tant pour les hommes que pour les femmes. Les médecins l’associent au tempérament flegmatique (paresse) et voient à l’opposé dans l’extrême maigreur un symptôme de mélancolie (dépression).

On commence à se soucier de régime alimentaire. Les premiers restaurants, qui apparaissent à Paris vers 1766, affichent clairement leur vocation diététique. On y sert des eaux minérales et des bouillons de viande dégraissée.

Mme de Sévigné, par Robert Nanteuil (Paris, musée Carnavalet)Au XVIIe siècle, Madame de Sévigné, dont les portraits révèlent les formes rondes, craint de ne plus pouvoir entrer dans ses vêtements et redoute de devenir une «grosse crevée».

Au siècle suivant, l’avocat Élie de Beaumont s’afflige dans ses mémoires de son obésité qui va de pair avec la mésestime de soi et l’impuissance sexuelle.

Plus près de nous, le journaliste Henri Béraud reçoit le prix Goncourt en 1922 avec Le martyre de l’obèse, un roman en partie autobiographique, qui exprime sa honte d’être réduit à un «bon gros» après avoir combattu dans les tranchées. Il est en 1944 condamné à mort pour faits de collaboration et in fine gracié par le général de Gaulle.

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Embonpoint et pouvoir

Retable de la vierge au buisson ardent (détail: René 1er d'Anjou), cathédrale d'Aix-en-ProvenceDevenu un mal caractéristique des classes supérieures, l’embonpoint est, dès la fin du Moyen Âge, associé à l’image de l’autorité et du pouvoir. Au XIIIe siècle, l’oligarchie marchande, à Florence, est qualifiée de «popolo grasso» («les gras») par le petit peuple maigre qu’elle domine et oppresse.

René d’Anjou, beau-frère du roi de France Charles VII, se fait représenter à la fin de sa vie aux côtés de son épouse sans rien cacher de ses bourrelets. Autre portrait célèbre de la même époque, celui du chancelier Jouvenel des Ursins révèle là aussi un homme mûr et très corpulent, le genre de personne qu’il convient de ne pas contrarier.

Sautons les siècles et passons la Révolution. Nous arrivons à l’époque de Louis-Philippe 1er. En France comme dans le reste de l’Europe, la bourgeoisie d’affaires a pris le pouvoir. Cette bourgeoisie affiche son dédain des valeurs aristocratiques de l’Ancien Régime. Fi de la chasse, de la guerre et des exercices physiques. Seul compte à ses yeux le travail de bureau, obstiné et ingrat. L’embonpoint devient sa marque de fabrique.

Le romancier Honoré de Balzac, lui-même très enveloppé, dresse le portrait sans complaisance de cette bourgeoisie louis-philipparde. Le peintre Jean-Dominique Ingres en dresse le portrait tout court avec son étonnant Monsieur Bertin (1832).

Ce portrait de l’imprimeur et directeur du Journal des Débats montre un homme de 66 ans, considérable dans tous les sens du terme : autoritaire, brutal, solide… et très nettement en surpoids (le surpoids est un stade intermédiaire entre le poids «normal»et l’obésité).

Portrait de Monsieur Bertin (Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1832, Louvre-Lens)

Les femmes de pouvoir en imposent également, de Catherine de Médicis et Marie de Médicis, régentes de France aux XVIe et XVIIe siècles, à l’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg et à la tsarine Catherine de Russie, au XVIIIe siècle. Toutes accèdent au pouvoir suprême à l’âge mûr.

Leurs portraits montrent des femmes très enrobées. Il est vrai qu’à l’exception de Catherine II, elles ont connu de très nombreuses grossesses et gagné à chaque fois quelques kilos supplémentaires. L’embonpoint ne les contrarie en rien dans l’exercice de l’autorité. Il ne les aide pas davantage.

La reine Victoria, au XIXe siècle, se classe à part. Petite et ronde, elle affiche dans ses jeunes années un certain charme que les grossesses, les tracas et les deuils ont vite fait de transformer en surpoids. Devenue veuve, elle ne s’habille plus qu’en noir, ce qui atténue son tour de taille et lui donne l’air respectable d’une grand-mère.

Rondeurs érotiques

Jusqu’au début du XXe siècle, les femmes du monde usent d’artifices vestimentaires de plus en plus contraignants pour dissimuler leurs excès pondéraux (corsets rigides, robes à crinoline).

Elles procèdent ainsi dans la crainte de déplaire mais c’est au détriment de leur confort et de leur liberté gestuelle. Inutile de dire qu’une dame en corset et robe à cerceaux est mal partie pour exercer une profession active.

Andromeda (Pierre-Paul Rubens, Gemaldegalerie, Berlin)

Les hommes leur en sont-ils reconnaissants? Dans Les vies des dames galantes, Brantôme raconte avec beaucoup de verve la vie amoureuse à la cour des derniers Valois. Ses propos illustrent l’ambivalence du regard masculin. Les canons de la beauté, de son point de vue, passent par la finesse de la taille. Mais quand il évoque les femmes qu’il a aimées, c’est à leurs rondeurs qu’il s’attache. Ainsi dissocie-t-il la beauté formelle du désir sexuel.

Les artistes contemporains, tels Véronèse, Titien ou les élèves du Primatice, apprécient tout autant les formes non pas obèses mais pulpeuses. Leurs modèles féminins ne seraient sans doute pas aujourd’hui acceptés par les agences de photos de mode… Un demi-siècle plus tard, Rubens, le grand peintre du baroque, témoigne d’une étrange attirance pour les débordements de la chair, bourrelets, menton, seins, fesses… dans ses évocations mythologiques. Quand il réalise le portrait de sa jeune femme Hélène Fourment, il se montre toutefois plus mesuré et réaliste, sans cacher sa tendresse pour ses rondeurs flamandes.

Un siècle plus tard, François Boucher, peintre de la gaudriole, témoigne sans retenue de son appétence pour les jeunes femmes bien en chair, appétence dont il n’a pas l’exclusivité. On peut le voir dans le portrait de Mlle O’Murphy, 17 ans, qui fut sa maîtresse et celle du roi Louis XV. À l’orée du XXe siècle, Auguste Renoir montre le même attachement pour les femmes aux formes pulpeuses, à commencer par la sienne.

Rien de tel e nos jours, à notre connaissance. Quand Botero sculpte ses personnages difformes, difficile d’y voir une quelconque empathie, encore moins une attirance sexuelle.

La tyrannie de l’hygiénisme

L’embonpoint et plus encore l’obésité connaissent un début de stigmatisation au milieu du XIXe siècle.

Le Second Empire réhabilite les valeurs aristocratiques. Les guerres coloniales remettent au goût du jour les hommes d’action, officiers de marine et aventuriers au profil émacié, tel le beau Savorgnan de Brazza.

Enfin, l’hygiénisme et le culte du surhomme, à la fin du XIXe siècle, exaltent la figure de l’athlète et homme du monde, aussi à l’aise dans les salles d’escrime que dans les salons. Ce mouvement est porté par le baron Pierre de Coubertin, qui restaure les Jeux Olympiques pour le seul profit de l’élite d’amateurs éclairés à laquelle il appartient.

L’émancipation féminine conduit aussi les femmes à cultiver la minceur. Avec la pratique de la bicyclette, très en vogue à la veille de la Première Guerre mondiale, elles acquièrent le droit de porter même des pantalons.

Dans les «Années folles» s’impose la femme libérée, du moins dans les classes supérieures. En 1922, tandis que le prix Goncourt récompense l’obèse Henri Béraud, Victor Margueritte fait scandale avec le roman La garçonne, archétype de ce nouveau modèle féminin, à la silhouette longiligne et sans rondeurs apparentes.

L’obésité devient dès lors vulgaire. Par un total renversement historique, elle devient le lot des classes populaires, jugées incapables de se maîtriser et se bien nourrir. Ainsi que le souligne l’historien Georges Vigarello (Les métamorphoses du gras, Seuil, 2010), on entre dans une nouvelle tyrannie pire que la tyrannie vestimentaire : la tyrannie mentale. Si l’on est gros, c’est qu’on le veut bien ou qu’on ne fait rien pour l’éviter.

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Christophe de Margerie (1951)

Certaines personnalités échappent à la stigmatisation.

Churchill n’en est pas affecté. Plus près de nous, quelques rares patrons allient rondeur et compétence. Au premier rang de ceux-ci, Christophe de Margerie (62 ans), Pdg de Total, l’une des plus grandes entreprises du monde.

Un mouvement d’opinion encore timide prend naissance en Occident afin de rendre estime de soi et dignité aux personnes obèses ou en surpoids. Bagdad Café, un film de Percy Adlon (1987), fait figure de précurseur en montrant avec tendresse l’histoire d’amour entre une femme forte et un vieux cow-boy.

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Menace sur la planète

Tout cela serait réconfortant si nous n’étions désormais menacés par une obésité inédite, produite par des nourritures industrielles frelatées dont on met à jour peu à peu les méfaits (vache folle, fromage à la légionellose, viandes aux hormones, saumon aux pesticides, «junk food» surdosée en sucre etc).

Les conséquences de cette aliénation se lisent dans la phénoménale croissance du taux de personnes en surpoids et obèses dans les pays développés comme dans les pays émergents (près d’un dixième de la population mondiale est d’ores et déjà considérée obèse). Plus grave que tout est le développement de l’obésité chez les enfants de moins de cinq ans, dont on sait qu’ils auront le plus grand mal, à l’âge adulte, à retrouver leur équilibre.

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Bibliographie

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Les métamorphoses du gras, histoire de l'obésité (Georges Vigarello, Seuil, 2010)

L’obésité est un sujet délaissé par les historiens.

La principale synthèse que nous connaissons sur le sujet est l’essai de Georges Vigarello : Les métamorphoses du gras, Histoire de l’obésité (Seuil, 2010).

L’auteur analyse avec beaucoup de perspicacité l’évolution de l’obésité dans les mentalités occidentales depuis le Moyen Âge. Il montre le passage de la prise de conscience à la stigmatisation.

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sources :
hérodote.net
André Larané
Ma pom’
le net
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Les mots des religions

Français : ange protant la bible, la parole de...

ange protant la bible, la parole de Dieu ou la table de la loi. Galerie des rois. (Photo credit: Wikipedia)

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Les mots des religions : Prophétisme,
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Hildegarde de Bingen, Nostradamus

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Qu’est-ce qu’un prophète ? Pas un homme qui dit l’avenir mais unhomme dont la parole est habitée d’un souffle divin. Sylvie Barnay a collaboré à l’ouvrage collectif dirigé par l’historien médiéviste André Vauchez, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, en rédigeant justement le chapitre consacré au prophétisme. Elle est également l’auteur d’un livre paru début 2012 consacré à ce sujet « La parole habitée ». Elle offre ici deux portraits de prophètes : Hildegarde de Bingen et Nostradamus.

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http://www.canalacademie.com/ida8787-Les-mots-des-religions-Prophetisme.html

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Définition du prophétisme

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Les prophètes sont des hommes à la parole habitée. Une parole au souffle inspiré les habite autant qu’ils habitent cette parole devenue leur propre chair et leur propre sang. La prophétie est une empreinte de Dieu en l’homme, le souffle de l’Esprit divin défini comme saint. Emportés par ce souffle, les prophètes dénoncent l’insupportable et annoncent l’inimaginable au cœur du monde. Ils apportent la lumière quand les hommes sont plongés dans l’ombre. Leur parole est « comme un feu », «  comme un marteau qui fracasse le roc » (Jr 23,29). Ils ne peuvent la taire, mais seulement la transmettre : « Et celui qui tient de moi une parole, qu’il délivre fidèlement ma parole ! »(Jr 23,28). Les prophètes parlent la parole divine et non « sur Dieu » ou « à propos de Dieu ». Aussi, ils ne possèdent ni l’origine ni la fin de cette parole qu’ils portent et qui les porte.

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Depuis la plus haute Antiquité des hommes au regard perçant sont chargés de dire la parole des dieux. Mais le monde de la Bibledonne sa coloration propre à ce phénomène religieux dont on repère la trace dans l’ensemble du Proche-Orient ancien. Elle est le reflet de sa théologie, c’est-à-dire de sa manière de concevoir la relation entre l’homme et son Dieu. Pour la pensée biblique, en effet, la parole divine est vivante, elle établit une relation entre la vie divine et la vie humaine. Cette relation est également décrite comme une « Alliance », structure particulière de contrat entre les hommes et Dieu supposant des droits et des devoirs . Les prophètes sont les yeux de Dieu, dénonçant ce qui brise l’Alliance et annonçant ce qui la fait vivre. Quand vient le désarroi des corps devant la folie destructrice de la violence ou du pouvoir, un prophète se dresse pour que l’humanité ne s’aveugle pas davantage et lui montrer où est le sens de la vie. Quand il est minuit dans l’histoire, sa vision dénonce le mal en puissance. Et son souffle inspiré annonce un matin qui vient.

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Cette première définition sous-tend toute l’aventure culturelle du prophétisme. Mais la parole inspirée est également le reflet d’une époque, que ce soit celle des temps anciens ou celle des temps contemporains. Aussi chaque voix prophétique est d’abord celle d’un homme ou d’une femme qu’imprègnent la sensibilité et la culture propres à leur siècle

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Un exemple de figure prophétique au Moyen Age : Hildegarde de Bingen

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La parole inspirée d’Hildegarde de Bingen plonge droit au cœur des Livres prophétiques et des ultimes énoncés de l’Apocalypse de Jean. La moniale définit la prophétie en même temps qu’elle se définit elle-même comme « un faible son de trompette provoquée par la lumière vivante ». L’image de l’instrument de musique n’est pas anodine : elle montre que le prophète est un être humain animé par un souffle divin qui seul lui permet de tirer des sons harmonieux de son instrument, c’est-à-dire de parler avec justesse la parole divine. Pour Hildegarde la prophétie est « dans l’homme comme l’âme dans le corps » : « de même que l’âme est obscurcie dans le corps et que celui-ci est dirigé par elle, de même la prophétie issue de l’Esprit de Dieu qui gouverne toute créature est invisible ». Invisible, elle est l’empreinte de la divinité sise au cœur de tout homme depuis Adam. Elle donne aux prophètes les yeux de Dieu : « Ô hommes admirables qui passez, en voyant les mystères par les yeux de l’Esprit et en annonçant dans l’ombre lumineuse la lumière aigüe et vivante ». Aussi le prophète est-il, , l’homme qui donne à l’humanité une lumière quand tout est obscurité et qu’il fait nuit dans l’histoire. A ce titre, la prophétie est également cette « science mystérieuse » du regard qui permet au prophète inspiré par l’Espritd’esssayer de comprendre l’essence divine des phénomènes de la nature et du monde. Les prophètes de l’Ancien Testament en sont les témoins autant que la prophétesse elle-même.

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Hildegarde recevant l'inspiration divine, manuscrit médiéval

Hildegarde recevant l’inspiration

divine, manuscrit médiéval

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Retraçant l’histoire du prophétisme, la bénédictine Hildegarde montre encore que la prophétie a été revivifiée avec la venue sur terre du Fils de Dieu , elle s’est alors montrée aux hommes parée d’un nouvel éclat, d’une nouvelle manière de comprendre et d’exposer la parole divine. C’est pourquoi Hildegarde proclame la parole divine en pleine lumière de la Révélation du Christ, réactualisant et revivifiant le message de l’Évangile pour son époque. Expliquant ainsi le mouvement prophétique dans l’histoire depuis Adam, présenté comme le premier prophète, la moniale de Bingen montre que la bouche humaine, à l’origine, ne parlait que la parole de Dieu, ne cessait donc de prophétiser. Elle continue de prophétiser dans l’histoire par la grâce de l’Esprit-saint
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A ce titre, l’abbesse annonce les malheurs à venir mais dit aussi l’espérance au cœur de ce temps, paroles révélatrices de sa pensée prophétique : « Tantôt surgira l’injustice, avant de tomber à nouveau, tantôt des guerres, famines, pestes et mortalité séviront, pour disparaître à nouveau : rien ne durera, ni ne persistera bien longtemps dans un même état, tout sera en mouvement, apparaissant, disparaissant » ; « Viendront des temps pires, dans lesquels (…) le trône catholique (sera) ébranlé dans les erreurs, et ainsi les derniers de ces temps seront pleins de blasphèmes, comme des cadavres dans la mort. Alors il s’ensuivra la fumigation de la douleur dans les vignes du Seigneur. Ensuite surgiront des temps plus forts que les premiers, au cours desquelles la justice de Dieu se dressera quelque peu et l’injustice du peuple spirituel sera reconnue comme devant être totalement balayée ».

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Ces images puissantes , qui réalisent le Verbe de Dieu, sont écrites dans l’urgence : La Rhénanie où vit la prophétesse du XIIe siècle vit une époque de schismes et de violents conflits entre partisans de la papauté et partisans de l’empereur : « Dans ce monde règnent les ténèbres, les nuées et le grand remuement de toutes les tempêtes ». Tandis que le christianisme se défait dans les luttes intra-religieuses et que ceux qui ont pour mission de transmettre son héritage culturel le dilapident, Hildegarde, vivement blessée, part pour Cologne, Trêves, Metz, Wurzbourg et Bamberg. Sur ordre de l’Esprit, elle annonce au clergé et au peuple la volonté divine et proclame la nécessaire Réforme de l’Église : « Mais de nos jours, la foi catholique vacille parmi les peuples et l’Évangile claudique ; même les ouvrages très puissants que d’incontestables docteurs avaient examiné avec un zèle immense sont dispersés dans une boue honteuse, et la nourriture de vie des Écritures divines est corrompue. C’est pourquoi je parle désormais par la bouche d’un [humain] n’enseignant pas les Ecritures, ni éduqué par un enseignement terrestre, mais moi qui suis, j’annonce par lui de nouveaux secrets et de nombreux mystères, restés jusque là cachés dans les livres ». 

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Cette vision vient_ des yeux du Dieu dont elle affirme être la messagère et avoir reçu le don de comprendre l’histoire du salut. Hildegarde annonce la persécution générale vers laquelle va l’Église si elle n’opère pas une conversion, si elle ne renonce pas à sa mondanité et à sa richesse. Aux « maîtres et prélats endormis qui ont délaissé la justice de Dieu », elle annonce la venue d’un nouvel ordre religieux secondé par des princes restaurateur du bien commun donné en partage à tous les hommes… La prophétesse n’est pas pour autant considérée comme une devineresse. C’est en termes de « rayonnante lumière » que le pape Eugène III décrit sa parole, défaisant toute suspicion d’hérésie à son encontre. Le prophétisme de la moniale opère en effet au sein même du magistère sans attenter à l’unité constitutive de la définition de la chrétienté, à l’époque qui voit le début de l’élévation des cathédrales. Il n’est pas non plus millénariste : il décrit la fin d’un monde, non la fin du monde. Il se présente enfin comme un éclairage ou un guide pour le présent, reformulant la manière dont s’opère la relation entre l’homme et Dieu, rappelant la Loi. C’est ce qui rend sans doute la parole habitée de la visionnaire acceptable par la hiérarchie ecclésiale.

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Portrait de Nostradamus. Par son fils, César de Nostredame.

Portrait de Nostradamus. par
son fils, César de Nostredame.
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Un exemple de figure prophétique à l’époque de la Renaissance : Nostradamus

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Nostradamus est un poète-prophète emblématique de la Renaissance. Contrairement aux idées reçues, son prophétisme n’est pas de l’ordre de la prédiction du futur. C’est la postérité qui donnera en effet à Nostradamus les allures d’un devin aux paroles énigmatiques qui aurait prédit jusqu’aux catastrophes de la seconde guerre mondiale. Elle contribuera aussi à assimiler le médecin et astrophile de la Renaissance à un diseur de bonne aventure. 

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C’est pour son fils César que Michel de Nostredame, dit Nostradamus, rédige les Prophéties dont une première édition paraît à Lyon, le 4 mai 1555. Voir dans le recueil paru chez l’imprimeur Macé Bonhomme une lecture prévisionnelle de l’histoire relève cependant d’un contre-sens que la forme énigmatique des Prophéties contribue pourtant paradoxalement à susciter. En effet, dans la continuité de la théologie médiévale du prophétisme, Nostradamus assimile la prophétie au don divin d’une lumière, à un outil qui, par grâce, permet de dépasser l’ordre de la connaissance naturelle. Mais, il raisonne désormais en homme du XVIe siècle et avec les cadres épistémologiques qui sont les siens : ceux du médecin tout d’abord ; ceux de l’astrologue lecteur des signes du ciel, reçu à la cour de Henri II   et consulté par Catherine de Médicis et son fils Charles IX dans le contexte d’un engouement collectif pour le langage des astres, ensuite ; ceux de l’encyclopédiste pour lequel le genre littéraire de l’encyclopédie représente, non pas une clôture circulaire du savoir, mais un effort pour organiser le savoir en une succession de cercles concentriques de façon à ce que chacun puisse à la fois l’élargir et le mener à sa propre guise. 

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Témoin des guerres de religion et de la déstabilisation qu’elles provoquent chez ses contemporains, Nostradamus cherche, en médecin, à soigner son époque. Comme dans les Prognostica d’Hippocrate, il tente de faire un « pronostic » : analyser les symptômes, prévoir l’évolution de la maladie pour parvenir à la traiter, dire le futur de cette maladie au patient. Pronostic qui diffère d’une voyance annonçant ce qui va se réaliser même s’il lui ressemble dans sa forme. Les quatrains rassemblés en centuries, ou unités de cent vers, qui composent les Propheties semblent ainsi présenter comme un panoptique de la folie et de la cruauté humaine. Ils sont destinés à montrer le mal en action. 

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A l’encontre des autres approches futurologiques qui vont ultérieurement capturer et plagier sa pensée, Nostradamus n’écrit donc pas pour prophétiser le malheur au sens d’un châtiment irrémédiable mais pour y remédier. Précisant lui-même son positionnement dans la « Préface » adressée à son fils César, il dit que ce n’est ni par le biais des pratiques magiques, ni par le biais de l’astrologie qu’il est devenu un « voyant », mais par divine inspiration : « veu que toute inspiration prophétique reçoit son principe movant de Dieu le créateur » . Dans son optique, en effet, l’intelligence humaine est incapable par elle-même d’accéder à la compréhension des choses cachées recouvertes par le voile du mystère divin à moins qu’elle ne soit secourue par ce que Nostradamus appelle « la flamme missive » permettant d’appréhender le futur, mais aussi le passé et le présent. Nostradamus ne cherche donc pas à prédire mais à faire surgir une conscience de la présence divine dans le monde humain : ce qui « doit être », et non pas ce qui « sera ». 

Portrait de Nostradamus par le Dr Niel.

Portrait de Nostradamus par le Dr Niel.

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L’homme ici-bas voit Dieu non pas face-à-face, mais toujours « en énigmes », ainsi que le rappelle saint Paul. Pour dire ce que les « yeux » de Dieu lui ont confié, Nostradamus choisit alors de parler cette langue biblique « en énigmes », qui est sa propre manière de prophétiser. Nostradamus pose ainsi en définitive une parole pour aider l’homme de son temps à entendre qui parle au nom de Dieu. Ce n’est pas l’apocalypticien, qui prend la parole et la place de Dieu pour annoncer que la fin des temps est imminente. Ce n’est pas non plus le prédicateur qui, au nom de Dieu, prend partie contre les détenteurs de l’autorité politique en les accusant de gouverner contre la Loi divine – à l’exemple de Jean de Hans ou de Simon Vigor – autre forme de toute puissance. Ce n’est pas davantage le devin inspiré de la tradition platonicienne cher aux humanistes de son temps, le mage ou le théurge inspiré dont se moque par ailleurs Nostradamus. Le prophète – titre que Nostradamus ne cherche aucunement à s’attribuer – « Encores, mon fils, que j’ay inseré le nom de Prophete, je ne me veux attribuer titre de si haulte sublimité pour le temps présent » – est celui qui dénonce le mal contre lequel il propose un antidote porteur d’espérance à l’homme qui se demande par quel chemin aller au milieu du XVIe siècle.

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Il est ainsi possible de repérer au fil des siècles les figures prophétiques qui incarnent la parole habitée.

Sylvie Barnay à Canal Académie

Sylvie Barnay 

Le texte ci-dessus est extrait, avec son aimable assentiment, de : Sylvie Barnay, La parole habitée, Points Sagesse, Paris, Seuil, 2012 (copyright Éditions du Seuil). Les références des textes cités sont données dans le texte original.

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Sylvie Barnay, Maître de conférences à l’Université de Lorraine Chargée d’enseignement à l’Institut catholique de Paris …. ses écrits ci dessous ….

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Présentation de

«  »la parole  habitée » »

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Confusément assimilé à Nostradamus, le prophète irait de par le monde, marginal, extatique et détenteur des sombres secrets de l’avenir, toujours apocalyptiques. Mais si la parole prophétique est effectivement  » habitée  » par un savoir qui dépasse celui du commun des mortels, elle n’est pas toujours noire et menaçante. L’identité du prophète a évolué au cours de l’histoire : devin dans l’Antiquité, médiateur entre l’homme et Dieu dans le judaïsme, tour à tour contestataire annonciateur de l’Apocalypse et interprète de la Parole divine dans le christianisme, il a contribué à définir la spécificité de l’islam, avec la figure de Muhammad, il a pris le visage de l’utopiste et du révolutionnaire dans le monde moderne… Ainsi, du mésopotamien Marduk à Isaïe, Ezéchiel puis Moïse, de Joachim de Flore à Nostradamus, de Sabbataï Tsevi à Martin Buber, de Marx à Emmanuel Mounier, les grandes voix prophétiques résonnent d’échos différents selon qu’elles veulent bouleverser le monde ou l’interpréter, le mobiliser ou accélérer la réalisation sur terre d’une promesse divine, annoncer la fin du monde ou préparer l’homme au changement. Ce recueil de textes, accompagnés de présentations qui les contextualisent, rend ainsi compte de la diversité des voix prophétiques dans l’histoire tout en dessinant les figures caractéristiques du prophète.

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 Biographie de l’auteur

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Historienne, elle a notamment publié :

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— La Vierge, femme au visage divin

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— La parole habitée : Les grandes voix du prophétisme

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— Langue de bois et parole en or
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— Les Saints : Des êtres de chair et de ciel
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— Jésus, compléments d’enquête
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— Almanach des traditions et de la gourmandise : Fêtes, dictons, recettes
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Détails sur ce livre

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Poche: 296 pages
Editeur : Points (9 février 2012)
Collection : Points Sagesses
Langue : Français
ISBN-10: 2757817388
ISBN-13: 978-2757817384

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Patrick

sources : 

Canal Académie

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http://www.canalacademie.com/ida8787-Les-mots-des-religions-Prophetisme.html

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http://www.canalacademie.com/idr20-Les-mots-des-religions-.html

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http://www.canalacademie.com/ida8802-Sous-la-direction-d-Andre-Vauchez-Prophetes-et-prophetisme-d-hier-a-aujourd-hui.html

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Diverses sur Internet 

Portrait d’Annie Bélis

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Portrait d’Annie Bélis

au sein de la musique antique

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Annie Bélis, à 18 ans, rêve d’être concertiste. Elle apprend le piano sous la direction d’Yvonne Lefébure, pianiste favorite des compositeurs de son temps, Fauré, Ravel, Dukas… Mais le rêve se heurte à l’autorité paternelle qui projette d’autres ambitions. La musique est abandonnée au profit des Lettres classiques mais pas lpour ongtemps . En hypokhâgne, l’étudiante fait une découverte qui décide du reste de sa vie : un traité de musique antique. Une curiosité et une soif d’apprendre inextinguibles font le reste.
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Annie Bélis se définit comme un « chercheur heureux ». École normale supérieure, École française d’Athènes, direction de recherches au CNRS-IRHT, professeur associé de l’Université de São Paulo (Brésil)… Sans compter les prix, médailles et cooptations dans de prestigieux cénacles scientifiques, telles l’Association internationale des papyrologues, l’Association des études grecques, l’American Society of Musicology, l’International Council for Music Archaeology…
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Portrait d'Annie Bélis

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Elle fait des rencontres de maîtres bienveillants et exigeants parmi lesquels l’helléniste Raymond Weil (1923-1995), membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, l’historien Pierre Vidal-Naquet (1930-2006), et Olivier Picard, directeur de l’École d’Athènes de 1981 à 1992. Certes, son chemin a sillonné durant un an avec bonheur les trésors de la bibliothèque de Yale (États-Unis). Certes, il a connu les joies de la découverte, tel ce papyrus, déplié avec Laurent Capron, de l’Institut de papyrologie de la Sorbonne. Ce document, qui dormait dans les réserves du musée du Louvre depuis 120 ans, se révèle être une partition inédite de Carcinos le Jeune, datée vers 360 av. J.-C. Certes, l’itinéraire est bercé par l’ensemble Kérylos, fondé en 1990 (lire l’encadré) et de très émouvants concerts de musique antique produits à Delphes, à Cracovie, ou à Sao Paulo…
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Son parcours est aussi semé d’embûches. Le premier demeure le vol de tout son travail de thèse sur Aristoxène de Tarente et Aristote : le Traité d’Harmonique. Des années de labeur anéanties. Raymond Weil, son maître vénéré, l’avertit : « Ou vous devenez folle, ou vous surmontez cette épreuve et vous surmonterez toutes les autres. »
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Annie Bélis se remet au travail, malgré ce remord inconsolable, « Et si ma traduction volée avait été meilleure que la présente ? » La thèse est finalement soutenue, brillamment, et éditée.
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Du courage, elle en a besoin encore pour supporter « le tripatouillage » opéré lors de l’examen de candidature au CNRS. Reçue première, elle est déclassée onzième, sans justification. Ce scandale, qui fit du bruit à l’époque, lui ouvre les portes de l’École d’Athènes où Olivier Picard l’attend fermement. « Je n’avais que deux mois pour préparer le concours d’entrée, je n’y croyais pas vraiment », se souvient-elle. Elle est reçue première.
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Comment définir un chercheur qui est à la fois mathématicienne, papyrologue, helléniste, historienne, musicologue et archéologue ? « Après la musique, vous comptez faire quoi ? » « Et maintenant vous donnez dans la lutherie… » Les moqueries déferlent.
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Sa reconnaissance est internationale. L’imposition de la musique antique comme discipline à part entière, elle le doit à une double intuition. La première est d’avoir compris que les Grecs ne pensaient pas la musique comme nous.
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Auteur Annie Belis
Edition Hachette Littératures
Année 1999

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La seconde que seule une approche pluridisciplinaire pourrait permettre de réunir des éléments épars d’un puzzle que personne n’avait su encore reconstituer. Ainsi peut-on désormais comprendre la musique gréco-romaine dans son histoire, la déchiffrer et la jouer. Si Annie Bélis tient à rappeler ce qu’elle doit à ses aînés, depuis Marc Meibom, au XVIIe siècle, jusqu’à Théodore Reinach, au début du XXe, ceux qui la connaissent pensent que l’élève a largement dépassé ses maîtres.
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Au sein de l’École normale, une équipe de recherche pluridisciplinaire sur la musique de l’Antiquité devrait voir le jour prochainement. En attendant, en vue de son soixantième anniversaire, ses élèves travaillent à l’édition en cinq volumes de tous ses articles. Un bel hommage à celle qui leur a ouvert les chemins d’une musique savante trop longtemps oubliée.

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Parcours musical

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Piano (Yvonne Lefébure), orgue et contrepoint (Arsène Bedois), flûte (Serge Kalisky), violoncelle (Jeoffrey Walz).

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Divers

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Médaille Georges-Perrot de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1986)

Français : Médaille de l'Académie des inscript...

Médaille de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (Photo credit: Wikipedia)

Médaille de la Fondation Singer-Polignac (1992)
Membre de l’Association Internationale des Papyrologues, Association des Études grecques, American Society of Musicology, Membre de l’International Council for Music Archaeology.
Membre du Conseil scientifique de la Bibliothèque Nationale de France (2000-2004).
Bibliographie abrégée
Aristoxène de Tarente et Aristote ; le Traité d’Harmonique, Paris, Klincksieck, coll. « Études et Commentaires », vol. 100, 1986 (médaille Georges Perrot de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres).
Les hymnes à Apollon, étude épigraphique et musicale, vol. III du Corpus des Inscriptions de Delphes, Paris, De Boccard, 1992.
La pluridisciplinarité en archéologie musicale, co-éditeur des Actes du Colloque de Saint-Germain-en-Laye, 2 volumes, 555 pages, Paris 1994, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme.
Les musiciens dans l’Antiquité, Paris, Hachette-Littératures, coll. « La vie quotidienne », 1999, 320 p., 10 pl., notes, indices et bibliographie

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Compact-Disques :

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Musiques de l’Antiquité grecque ; de la pierre au son, par l’Ensemble Kérylos, sous la direction d’Annie Bélis (1993) [épuisé].
Musiques de l’Antiquité grecque ; de la pierre au son, par l’Ensemble Kérylos, sous la direction d’Annie Bélis (48 mn), édité par K 617-069 (1996). Récompensé de 5 « Diapasons ».
L’Ensemble KÉRYLOS
Créé en 1990 par Annie Bélis, l’Ensemble KÉRYLOS se consacre exclusivement à l’interprétation des partitions vocales et instrumentales qui nous sont parvenues de l’Antiquité grecque et romaine, que ce soit en formation de « musique de chambre » ou avec son chœur d’hommes.

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CONCERTS de MUSIQUE ANTIQUE

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Mots- clés : musique, musiciens, instruments de musique, théorie musicale, notation musicale, papyrus, Ensemble Kérylos

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Patrick

sources :

== http://www.franceculture.fr/

== http://www.archeo.ens.fr/

==http://www.mondedelabible.com