Joséphine de Beauharnais – L’égérie de Napoléon

Joséphine de Beauharnais (23 juin 1763 – 1814)

L’égérie de Napoléon

Joséphine de Beauharnais en impératrice (1763-1814)Elle est née le 23 juin 1763 à la Martinique, dans la riche plantation sucrière d’un lieutenant d’infanterie de marine, sous le nom de Marie-Josèphe-Rose de Tascher de la Pagerie, mais elle entrera dans la postérité sous celui de Joséphine de Beauharnais…

Cette belle créole épouse en premières noces, à 16 ans, le vicomte Alexandre de Beauharnais, un bel officier de trois ans son aîné. Le couple aura deux enfants : Eugène etHortense (future mère de Napoléon III). Mais Alexandre ne tarde pas à courir le guilledou en dépensant la fortune de sa femme.

Lasse d’être trompée, Rose se sépare de son mari dès avant la Révolution. Elle le retrouve alors qu’il s’est déjà illustré comme député aux états généraux, président de l’Assemblée nationale constituante puis général de la 1ère armée du Rhin. Ses états de service, notamment la prise de Mayence en 1793, ne l’empêchent pas d’être guillotiné en 1794.

Inattendue revanche

Incarcérée à son tour au couvent des Carmes, Rose noue une liaison avec un autre prisonnier, le beau général Lazare Hoche. Mais cette félicité ne dure pas. Après avoir vu son mari partir pour la guillotine, la jeune femme comprend que son tour va venir. Elle en tombe malade et ses geôliers sursoient à l’exécution de deux jours. C’est assez pour la sauver. Avec la chute de Robespierre, qui intervient entre-temps, tous les suspects – dont elle – sont libérés.

Veuve et pauvre, Rose est aussi très éprouvée par son incarcération. Sans doute viendra de là son incapacité à enfanter de nouveau…

Énergique, elle surmonte l’adversité et se rattrape en devenant l’une des femmes les plus en vue de la bonne société du Directoire et la maîtresse du «roi» Barras (séduisante, elle a néanmoins les dents si gâtées que les portraitistes veillent à la représenter lèvres serrées).

C’est ainsi qu’elle fait la connaissance du général Bonaparte, devenu un intime de Barras suite à la répression de l’insurrection royaliste de Vendémiaire. Éperdument amoureux de celle qu’il appelle Joséphine (pour n’avoir pas, dit-on, à prononcer le prénom usité par ses précédents amants), Bonaparte demande sa main. Il l’épouse sans formalités le 9 mars 1796 devant un officier d’état-civil. Coquette, la mariée se rajeunit à cette occasion d’une demi-douzaine d’années pour ne pas apparaître plus vieille que son fougueux mari…

Quelques jours plus tard, le général part pour l’armée d’Italie dont il a reçu le commandement en bonne partie grâce à l’entregent de son épouse. Insatiable, cette dernière le trompe néanmoins pendant ses équipées en Italie puis en Égypte avec un capitaine de hussards, un certain Hippolyte Charles.

Quand elle apprend que son illustre époux est revenu d’Égypte et a débarqué à Golfe-Juan, elle part à sa rencontre pour se faire pardonner. Mais elle se trompe de route. C’est ainsi que le général arrive à l’hôtel de sa femme, rue Chanteraine, pour s’apercevoir qu’elle n’est pas là ! Sa colère redouble d’intensité. Habilement, la femme adultère confie à ses deux enfants Eugène et Hortense le soin de plaider sa cause et son pardon. Ils y réussissent fort bien.

Joséphine de Beauharnais (23 juin 1763 - 29 mai 1814), 1801, par François Gérard (musée de l'Ermitage)

Impératrice pour la vie

Dès lors, Joséphine revient à de meilleurs sentiments tandis que l’étoile de son mari se hisse au firmament de la gloire. Pleinement solidaire de Napoléon, elle se va mettre à son service dans toutes les épreuves qui réclament du doigté, de bonnes relations et de la diplomatie, à commencer par le coup d’État de Brumaire.

Son fils Eugène devient un très honorable collaborateur du Premier Consul comme vice-roi d’Italie puis comme général. Il épousera une princesse bavaroise. Sa fille Hortense se sacrifie à l’intérêt du clan en épousant Louis, frère cadet de Napoléon et futur roi de Hollande, par ailleurs un incapable et un mauvais mari qu’elle n’aura de cesse de tromper.

Le Corse Napoléon et la créole Joséphine triomphent ensemble lors du sacre à Notre-Dame. Joséphine a surmonté l’hostilité que lui voue la famille Bonaparte. Son mariage civil a été renforcé par une cérémonie religieuse, la nuit précédant le sacre, devant le cardinal Joseph Fesch, oncle de l’empereur. Comble d’habileté, la nouvelle impératrice obtiendra aussi du peintre David que le célèbre tableau du sacre représente son couronnement et non celui de Napoléon 1er.

Mais incapable de donner à Napoléon l’héritier dont il a besoin, elle doit se résoudre au divorce pour raison d’État le 16 décembre 1809. Elle conserve le titre d’Impératrice des Français et une riche dotation incluant le château de la Malmaison. Elle y mène une vie active et épanouie, en mère et grand-mère attentionnée, au milieu de ses collections de fleurs et d’animaux. Napoléon, qui lui a gardé toute son affection, lui rend de fréquentes visites. C’est là, à la Malmaison, qu’elle meurt d’une fluxion de poitrine le 29 mai 1814, à 51 ans, peu après la chute de l’Empire, ayant pris froid en faisant visiter son domaine au tsar Alexandre 1er.

L'impératrice Joséphine reçoit le tsar Alexandre 1er à la Malmaison (Hector Viger, 1864, musée de la Malmaison)
Joséphine à la Malmaison

La Malmaison aujourd'hui (photo : Fabienne Vignolle, Herodote.net)Joséphine a acheté sous le Directoire acheté cette grande maison située en bordure du bois de Cucufa, à l’ouest de Paris, et dont le nom («mauvaise maison») rappelle que des brigands de grand chemin l’ont habitée dans une époque plus ancienne.

Désireuse de prendre une revanche sur le passé, elle la fait rénover avec le concours des architectes Percier et Fontaine et l’aménage luxueusement grâce à la bienveillante compréhension de son mari, y dépensant pas moins de dix millions de francs en une dizaine d’années.

La Malmaison est meublée dans le goût Empire avec des meubles qui rappellent l’Égyte pharaonique. Dès le Consulat, la Malmaison devient l’un des sièges du gouvernement. Napoléon y aménage un bureau de travail à l’allure d’une tente militaire. Il y retrouve Joséphine chaque semaine et y donne de grandes fêtes.

La Malmaison aujourd'hui (photo : Fabienne Vignolle, Herodote.net)

Dans le parc, qui compte alors plus de 700 hectares, Joséphine crée après son divorce une ménagerie pleine d’animaux exotiques et des serres chauffés où s’épanouit sa passion pour la botanique, les fleurs rares et les roses en particulier.

sources :

hérodote.net

André Larané

Fabienne Manière

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19 mai 1802

Bonaparte fonde la Légion d’Honneur

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Le 19 mai 1802 (29 floréal An X), Napoléon Bonaparte établit par une loi consulaire un Ordre national de la Légion d’Honneur.

Le Premier Consul veut de la sorte récompenser les mérites des citoyens et établir une émulation civique chez les notables, à une époque où la société française peine à sortir de la corruption et de l’immoralité post-révolutionnaires.

Première distribution de la Légion d'Honneur aux Invalides le 14 juillet 1804 (Jean-Baptiste Debret,, 1812 châteaux de Versailles et Trianon)
 
 
Une tradition monarchique

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Il existait sous l’Ancien Régime un ordre royal de Saint-Louis réservé aux militaires. Bonaparte, quant à lui, veut un ordre national qui honore les civils aussi bien que les militaires.

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Le 8 mai 1802, à un membre du Conseil d’État qui l’interpelle sur le bien-fondé d’une décoration qui viole les principes révolutionnaires d’égalité et invoque l’exemple des Romains, le Premier Consul rétorque : «On nous parle toujours des Romains ! Il est assez singulier que, pour refuser les distinctions, on cite l’exemple du peuple chez lequel elles étaient le plus marquées. Est-ce là connaître l’histoire ? Les Romains avaient des patriciens, des chevaliers, des citoyens et des esclaves. Ils avaient pour chaque chose des costumes divers, des moeurs différentes. Ils décernaient en récompenses toutes sortes de distinctions, des noms qui rappelaient des services, des couronnes murales, le triomphe !… Je défie qu’on me montre une république ancienne et moderne dans laquelle il n’y ait pas eu de distinctions. On appelle cela des hochets ; eh bien, c’est avec des hochets qu’on mène les hommes. L’on convient qu’il nous faut des institutions ; si l’on ne trouve pas celle-là bonne, qu’on en propose donc d’autres ! Je ne prétends pas qu’elle doive sauver la République ou l’État, mais elle y jouera son rôle».

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Au moins la nouvelle distinction honorifique ne coûte-t-elle rien ou presque à l’État, à la différence des fiefs et des pensions dont l’ancienne monarchie usait pour récompenser ses dévoués serviteurs…

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Militaire d’abord

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Première distribution de la Légion d'Honneur aux Invalides le 14 juillet 1804 (Jean-Baptiste Debret, châteaux de Versailles et Trianon)

Dès son origine, la Légion d’Honneur recueille un vif succès dans l’opinion, raffermissant le prestige du Premier Consul. Le 2 août 1802, un plébiscite vaut à celui-ci le 

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Consulat à vie.

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Mais les notables ne manifestent pas le même enthousiasme. Le Tribunat accepte la Légion d’Honneur avec 56 voix seulement contre 36 et le Corps législatif avec 166 voix contre 110. Confronté à leurs réticences, Bonaparte va devoir différer de plus d’un an la constitution de l’Ordre.

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Il comprend d’abord quatre, puis cinq classes de légionnaires : les grades de chevalierofficier etcommandeur et les dignités degrand officier et grand-croix(anciennement grand Aigle).

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Napoleon Bonaparte Coloured by uploader

Napoleon Bonaparte  (Photo credit: Wikipedia)

Il est présidé par le Premier Consul, qui lui donne pour devise«Honneur et Patrie», et dirigé par un Grand Chancelier et un Grand Trésorier. Les premiers nommés à ces charges, le 14 août 1803, sont le comte de Lacépède, un naturaliste (civil) et le général Dejean (militaire).

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Devenu empereur, Napoléon associe à la dignité de légionnaire ou chevalier une médaille.

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La première distribution des insignes a lieu le 14 juillet 1804 (fête républicaine !) dans la chapelle Saint-Louis des Invalides  (haut lieu des gloires militaires). Une  peinture , exécutée en 1812, montre l’Empereur épinglant lui-même la médaille sur la poitrine d’un vétéran manchot.

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La deuxième a lieu à Boulogne, devant 100.000 soldats, le 16 août 1804. Elle honore les héros des premières  victoires de la Révolution. Parmi les impétrants, André Estienne, le petit tambour d’Arcole, aura qui plus est l’honneur de voir son nom gravé sur l’Arc de Triomphe.

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Visite de la reine Hortense au château d'Écouen, maison d'éducation des jeunes filles de la Légion d'Honneur

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Un succès qui ne se dément pas

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Notons que 48.000 personnes vont être élevées à la dignité de légionnaire sous le Consulat et l’Empire… dont seulement 1400 civils !

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L’un de ceux-ci est le contremaître Hubert Goffin. Le 28 février 1812, il travaille dans la mine de Beaujon, près de Liège, avec son équipe et son propre fils, Matthieu, quand survient un effondrement des parois. Après cinq jours de lutte, il réussit à extraire ses compagnons  de la mine. Cet acte d’héroïsme lui vaut d’être le premier ouvrier à recevoir la Légion d’Honneur (Liège et la Belgique font alors partie de l’Empire français).

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Le poète allemand Goethe  reçoit avec fierté la Légion d’honneur par décret du 12 octobre 1808 de Napoléon, «empereur des Français, roi d’Italie et protecteur de la Confédération du Rhin». Il continuera de la porter après que les Français auront été chassés d’Allemagne.

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À la chute de Napoléon, le roi Louis XVIII maintiendra la Légion d’Honneur, substituant simplement l’effigie d’Henri IV à celle de l’Empereur sur les médailles.

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Le 23 février 1825, les jeunes poètes Victor Hugo et Alphonse de Lamartine reçoivent la décoration. Sous le Second Empire, elle sera remise à sept femmes, dont le peintre Rosa Bonheur et plusieurs religieuses.

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En 2011, la Légion d’Honneur comptait environ 91.500 titulaires après un maximum de 320.000 en 1968. Cet effectif comprend 75 % de chevaliers, 20 % d’officiers et 5 % de commandeurs. Les militaires représentent 60 % du total et les hommes 80%. Les légionnaires peuvent adhérer à la Société des membres de la Légion d’honneur, association loi 1901, qui compte 57.000 adhérents

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Le collier et le musée de la Légion d’Honneur

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Le collier du grand-maître de la Légion d’Honneur

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Le collier du grand-maître de la Légion d’Honneur, destiné au Président de la République en exercice, comporte 17 maillons, un par mandat présidentiel, avec le nom du président gravé au revers du maillon correspondant. À l’avers figure l’une ou l’autre des activités de référence des légionnaire. L’actuel collier remonte à 1951. Il porte la devise de l’ordre : Honneur et Patrie.

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Le collier est présenté au président sur un coussin le jour de son entrée en fonction. Il est ensuite ramené dans sa vitrine du musée de la Légion d’Honneur, dans le joli hôtel de Salm (1782), au bord de la Seine et en face du musée d’Orsay.

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Un endroit accueillant, qui vaut la visite et s’adresse aux enfants comme aux adultes. Il est gratuit et l’on n’a pas à y faire la queue comme au musée d’Orsay voisin. On peut y suivre l’histoire de la Légion d’Honneur comme de la plupart des ordres français et étrangers.

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Napoleon distributing the Légion d'honneur at ...

Napoleon distributing the Légion d’honneur at the Boulogne camps, in August 1804. (Photo credit: Wikipedia)

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Pensons aux filles

Par le décret de Schönbrunn du 15 décembre 1805, après la bataille d’Austerlitz, Napoléon 1er confère à l’Ordre une mission d’entraide en fondant  trois maisons d’éducation pour les filles des légionnaires, à Écouen, Saint-Denis et aux Loges (près de Saint-Cloud).

Par cette mesure, il pallie au manque crucial de structures éducatives pour l’instruction des jeunes Françaises, après la tourmente révolutionnaire et la fermeture des écoles paroissiales et des couvents.

Au nombre d’un millier aujourd’hui, les pensionnaires se partagent entre les Loges et Saint-Denis. Toutes internes, elles portent un uniforme sur lequel elles arborent une ceinture, héritage de l’Empire, qui permet de distinguer leur niveau scolaire.

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Patrick

sources :

== Hérodote.net

== Wikipédia

Histoire de l’Institut de France

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 Histoire de l’Institut de France 

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L’Institut de France est une institution de l’État, composée de cinq académies à la longue histoire. Pour le monde entier, il s’identifie avec la Coupole sous laquelle se tiennent les cérémonies solennelles des cinq académies, celles pour lesquelles les académiciens revêtent le costume de drap bleu foncé, brodé de ces rameaux d’olivier vert et jaune, qui lui valent son nom d’habit vert. L’épée de cour, par laquelle Napoléon remplaça la canne, est souvent une création originale, ornée des symboles qu’a choisis chaque académicien. Les amis du nouvel élu la lui offrent au cours d’une cérémonie qui précède la réception officielle.

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La naissance des Académies et la création de l’Institut de France

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Les académies forment un « parlement de savants », riche de son histoire, mais aussi de son rôle actuel. C’est l’essor des salons et des cénacles littéraires sous le règne de Louis XIII qui donne en 1635 à Richelieu l’idée de créer l’Académie française, dont il se déclare protecteur et à laquelle il confie le soin de veiller sur la langue française et d’en rédiger le dictionnaire. Ce Dictionnaire, toujours tenu à jour, a déjà connu huit éditions. D’une commission de l’Académie constituée pour rédiger les Inscriptions des médailles et des bâtiments royaux, Colbert fait en 1663 l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Elle est vouée à l’histoire, à l’archéologie et à la philologie, aussi bien pour l’Antiquité classique et le Moyen Âge occidental que pour les civilisations orientales. Une Académie des sciences s’imposait. Elle voit le jour en 1666. Lavoisier y fait établir en 1785 deux sections, une pour les sciences exactes et une pour les sciences de la nature. Cela explique qu’elle ait encore aujourd’hui deux secrétaires perpétuels. L’Académie des beaux-arts est née de la réunion de l’Académie de peinture et de sculpture créée par Mazarin lui-même en 1648, de l’Académie de musique créée en 1669 et de l’Académie d’architecture, créée en 1671. Elle comprend des artistes, des écrivains, des mécènes. Elle s’est élargie en 1985 par une section formée pour les arts du cinéma et de l’audiovisuel.

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.Napoléon Bonaparte siégeant en habit d'académicien. Aquarelle d'Edouard Detaille.

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Les académies de l’Ancien Régime ont été dissoutes, comme les autres institutions royales, en 1793. Mais le besoin demeurait d’une assemblée d’écrivains, de savants et d’artistes et la Convention, en son avant-dernière séance, le 25 octobre 1795, créait l’Institut de France. Il était formé de trois classes, puis en 1803 de quatre classes. Celle des sciences morales et politiques se vit supprimée par Bonaparte, qui était membre de l’Institut en sa section de mécanique mais reprochait à ceux qu’il appelait les « idéologues » leur hostilité de principe au régime. Elle est reconstituée en 1832 à l’initiative de Guizot. Désormais, il y a bien cinq Académies. Car, dès 1816, les classes de l’Institut ont repris leur nom d’autrefois : elles sont de nouveau des académies. Demeure l’Institut, qui les regroupe mais respecte leur indépendance. Les anciennes académies siégeaient au Louvre. Celui-ci étant devenu le grand musée que l’on sait, Napoléon décida de donner à l’Institut un nouveau siège, particulièrement prestigieux. Le 20 mai 1805, les membres de l’Institut franchissaient la Seine et s’installaient au Collège des Quatre-Nations.

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Le Collège des Quatre-Nations

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Comme tout homme d’État, Mazarin voulait laisser des traces de son passage. Proviseur du collège de Sorbonne, Richelieu avait fait édifier la superbe chapelle où s’élève encore aujourd’hui son tombeau. Trois jours avant sa mort, en mars 1661, Mazarin fondait un collège nouveau, destiné à assurer l’éducation gratuite de soixante jeunes gens originaires de quatre provinces qu’avait réunies à la France les traités de Wesphalie en 1648 et le traité des Pyrénées en 1659. C’étaient l’Artois, l’Alsace, une petite partie de la Savoie, le Roussillon et la Cerdagne. On appela cette nouvelle institution le Collège des Quatre-Nations.

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.Le cénotaphe de Mazarin. Sculpture de marbre blanc d'Antoine Coysevox (1640-1720)

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Le cardinal léguait quatre millions de livres pour financer la construction et une rente de soixante-cinq mille livres par an pour le fonctionnement, avant tout pour les bourses des étudiants. Son tombeau devait être placé dans la chapelle. Ce sera seulement son mausolée, le corps n’y ayant jamais été déposé. L’homme de confiance de Mazarin, Colbert, désigna l’architecte : Louis Le Vau, déjà architecte des agrandissements du Louvre. Il sera le principal architecte de Versailles. Le site choisi était prestigieux : sur l’emplacement de la porte de Nesles, face au Louvre. Le bâtiment sera une véritable scénographie urbaine : deux pavillons carrés encadrant la chapelle et sa coupole, le tout réuni en une vaste courbe. À la mort de Le Vau en 1670, François d’Orbay lui succède. C’est lui qui conçoit cette coupole haute de 44 mètres, une coupole circulaire à l’extérieur et en ellipse à l’intérieur. Le décor en est fait des médaillons des douze apôtres, des initiales de saint Louis  et d’une citation du prophète Ezéchiel  : « il siégera sous son ombre au milieu des nations ». Trois sculpteurs, Coysevox, Tuby et le Hongre collaborent pour élever le mausolée. Le Collège accueille ses premiers élèves en 1688. Il sera prospère jusqu’à sa fermeture en 1791. Il avait reçu les quarante mille ouvrages réunis par le cardinal dans son hôtel de la rue Vivienne, celui-là même qui allait accueillir la Bibliothèque royale et où se trouve encore aujourd’hui une notable partie de la Bibliothèque nationale de France. Ces livres forment la base de la bibliothèque Mazarine, ouverte au public dès ses débuts et aujourd’hui riche d’un demi-million de manuscrits et d’imprimés.

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Patrick

sources :

== Institut de France 

== le net 

 

HABIT DU PREMIER CONSUL

 

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BONAPARTE PREMIER CONSUL

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Sur le cadre d’origine, un cartouche porte l’inscription : « Donné par le Premier Consul au Second Consul ». Ce portrait, exécuté l’année même de la fondation de la Légion d’honneur, fut offert à Cambacérès. Bonaparte porte l’habit de velours rouge de Premier consul. Il désigne des parchemins sur lesquels on lit : « Bataille de Marengo – Traité de… Plaisance, Loeben, Campo-Formio…18 Brumaire, Concordat ».

 

 

Auteur : GROS Antoine-Jean (Baron) (1771-1835)

Date : 1802

Technique : huile sur toile

Dimensions : H. 2,05 m; L. 1,27 m

Lieu : Paris, Musée national de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie

Sujets : Bonaparte (Premier Consul), Consulat, Propagande

Descripteurs : Gros, portrait en pied, Marengo, Plaisance, Loeben, Campo-Formio, 18 Brumaire, Concordat

 

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HABIT DU PREMIER CONSUL

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De retour en France, vainqueur après la bataille de Marengo le 14 juin 1800, Bonaparte fit étape les 28 et 29 juin à Lyon. À cette occasion, la municipalité de la ville lui offrit cet habit de Premier consul, en velours de soie uni rouge corail, brodé, or et argent, de motifs de feuilles d’olivier ; habit dit « à la française », à un seul rang de boutons, sans revers, fermé sur la poitrine mais s’évasant sur les cuisses, aux longues basques, comme on pouvait en porter à la Cour de France sous le règne de Louis XVI. Seul le col droit est typiquement à la mode du Consulat et le restera sous l’Empire.

Il s’agissait donc, avec son gilet et sa culotte, d’une tenue de cérémonies, destinées aux grandes occasions, contrairement à l’habit quotidien, croisé, à col rabattu, et aux broderies moins riches, comme on le peut le voir représenté sur le portrait du Premier Consul par Antoine-Jean Gros et que, du reste, Bonaparte délaissa après Marengo.

Le Premier Consul porta spécialement cet habit le dimanche de Pâques 18 avril 1802 (28 germinal an X), à la messe célébrée à Notre-Dame de Paris pour la signature du Concordat et au grand dîner qui s’ensuivit, aux Tuileries.

Las Cases l’évoque dans le Mémorial de Sainte-Hélène, au 10 janvier 1816 :
« L’Empereur s’est fait ouvrir les armoires, elles n’ont présenté que son linge et ses habits ; le tout était fort peu considérable, et pourtant il s’étonnait encore d’être si riche.
On y voyait son habit de Premier consul, en velours rouge, brodé soie et or ; il lui avait été présenté par la ville de Lyon ; circonstance qui faisait sans doute qu’il se trouvait ici, son valet de chambre sachant qu’il l’affectionnait beaucoup, parce qu’il lui venait, disait-il, de sa chère ville de Lyon. »

Finalement, Napoléon l’offrit à la fille du Grand Maréchal Bertrand, Hortense, future madame Thayer, pour qu’elle en fasse une robe ! Fort heureusement, elle s’en abstint et en fit plus tard don au prince Victor Napoléon à qui il fut acheté en 1979. Il est aujourd’hui conservé au château de Malmaison.

Cet habit fait partie de la collection de costumes du musée nationale des châteaux de Malmaison et Bois Préaux. Une collection désormais à admirer sous toutes les coutures avec la nouvelle application gratuite pour tablettes numériques développée pour Malmaison.

Date : 
1800 

Technique : 
Velours de soie uni rouge corail, brodé au passé or et argent 

Dimensions : 
H. 110 cm 

Lieu de conservation : 
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau 

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AUTRE HABIT DU PREMIER CONSUL

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Cet habit à la française en velours de soie rouge brodé fut offert à Bonaparte par la municipalité de Lyon lors de son premier voyage dans cette ville, les 28 et 29 juin 1800, après Marengo. Il le porta notamment lors du Te Deum célébré à Notre-Dame de Paris à l’occasion de la signature du Concordat (28 germinal an X – 18 avril 1802).

 

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Date : 1800

Technique : velours, soie, argent

Dimensions : H. 1,100 m

Lieu : Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau

Descripteurs : vêtement, broderies, velours, soie

Crédits : Fondation Napoléon, M.P. Moinet

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patrick

sources 

napoleon.org