Parlez-vous français ?

 

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Parlez-vous français ?

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L’Université au Moyen-ÂgeLa logique – la Réthorique.
Manuscrit francien 574

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Le thème du déclin de la langue française est souvent balayé d’un revers de main par nos responsables politiques et culturels. Ces derniers font valoir que les discours sur la décadence sont le lot quotidien dans l’hexagone et qu’il faut savoir prendre du recul face à des affirmations un peu péremptoires. Dans l’absolu, je ne saurais leur donner tort. Pourtant, en nous y intéressant d’un peu plus près, il est un paradoxe apparent très intéressant concernant la santé de la langue française dans le monde. D’un côté, nous avons les déclarations officielles des décideurs politiques, culturels et économiques qui visent à nous rassurer : la langue de Molière ne recule pas, elle n’a jamais cédé un pouce face à d’autres idiomes et il n’y a rien à craindre à ce sujet. D’un autre côté, la réalité des chiffres et des tendances offre un tableau nettement plus pessimiste, pour ne pas dire alarmiste. Peut-on encore accorder du crédit aux habituels arguments irréfutables concernant l’expansion radieuse du français dans le monde ?

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Les trois livres de Tules 1547

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« Au nom de l’exception culturelle française, notre langue et notre culture sont valorisées et défendues au plus haut niveau. » Ah, cette fameuse manie de l’exception culturelle !… Certes, certaines nations (pays scandinaves, monde germanophone, etc.) semblent avoir abandonné la partie de manière plus ou moins visible. Pourtant, nous ne sommes pas les seuls à avoir conscience de l’importance de notre langue et de notre culture, tant s’en faut ! Et surtout, cela fait bien longtemps qu’au niveau linguistique, nous avons lâché prise. Il ne s’agit pas d’être pessimiste : cet abandon est entièrement voulu et, avec une véritable volonté politique, nous pourrions reprendre la main en quelques décennies. Pourtant, plus le temps passe, moins nos dirigeants politiques semblent s’intéresser à la Francophonie et au sort de la langue et de la culture française dans le monde. Le mandat de Nicolas Sarkozy a été à cet égard particulièrement désastreux, même s’il ne peut être l’unique responsable du déclin du français dans le monde. Participer aux sommets de la Francophonie ne suffit plus, d’autant plus que même l’immense majorité des citoyens français ne saurait citer la date et le lieu du dernier congrès général de l’organisation (c’était à Montreux, en Suisse, en 2010). Aucune médiatisation, aucune proposition politique concrète, pas de plan ambitieux et public, rien qui permette de promouvoir l’organisme et ses objectifs à court et long terme. Comment se fait-il que les différentes réunions de l’Hispanité ou des sommets de la Communauté des Pays de Langue portugaise bénéficient d’une meilleure visibilité ? Peut-être parce que des moyens réels sont investis en ce sens ?

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L’une des pages de l’ordonnance
de Villers-Cotterêts
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« Les chiffres parlent pour nous : plus de 700 millions de francophones et 85 millions d’étudiants dans le monde ! » La plupart des données dans les médias sont généralement surévaluées. Il est impossible, lorsque l’on veut évaluer la population de langue française sur la planète, de se contenter d’additionner les chiffres officiels de chaque pays membre de la Francophonie. Pourquoi ? D’abord parce que le français n’y est pas officiel partout et que tous les Albanais (ils sont près de 3 millions) ou tous les Cambodgiens (ils sont un peu moins de 15 millions) ne pratiquent pas la langue de Molière. Ensuite parce que, même dans les pays où le français est langue officielle, une part non négligeable de la population ne le pratique pas. C’est notamment le cas dans une grande partie des pays africains. La République démocratique du Congo, par exemple, pourrait virtuellement être le plus grand pays francophone au monde (elle est peuplée de plus de 71 millions d’habitants). Mais, dans les faits, les Congolais ne sont que 3 millions à maîtriser réellement le français, contre 36 millions à utiliser le lingala comme lingua franca. Si l’Afrique est bien, démographiquement et économiquement, le plus grand « réservoir » pour la langue de Molière, rien n’est gagné en la matière. Pour rester réalistes, nous pourrions estimer la population francophone totale (locuteurs maternels et locuteurs secondaires) à 200 millions de personnes dans le monde, peut-être un peu plus. C’est une bonne base, mais notre place relative (neuvième langue la plus parlée dans le monde) montre à quel point nous avons chuté depuis la fin du xixe siècle ou même depuis 1950.

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Classe au XXème siècle  Reconstitution

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« Plus de 70 pays parlent le français, l’une des seules langues à être parlées sur les cinq continents ! » La Francophonie est en train de devenir une petite copie de l’Organisation des Nations unies. Cela peut sembler bien… si ce n’est que bon nombre des nations qui la composent ne font rien pour valoriser et diffuser le français, malgré l’argent reçu à cette fin. Le nombre de francophones au Vietnam et au Laos est devenu insignifiant ; il est en chute libre ou en voie de disparition au Liban, en Égypte, en Arménie, en Roumanie ou en Bulgarie ; il n’a jamais été réellement élevé et ne tend pas à le devenir au Cap-Vert, en Guinée équatoriale, en Slovaquie, en Pologne, en Hongrie, en Lituanie ou en Macédoine. Aucun de ces pays n’obtient des résultats probants dans la défense et l’illustration de notre langue, pour ne pas dire que la plupart d’entre eux s’en moque éperdument aujourd’hui. Alors pourquoi dépenser de l’argent et les maintenir dans la Francophonie ?

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Agence intergouvernementale
de la Francophonie

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La présence du français s’est réduite un peu partout, et il ne faut pas se cacher derrière l’argument des cinq continents : que peuvent peser moins de 20 millions de locuteurs natifs ou secondaires sur plus de 900 millions en Amérique ; environ 25 millions sur plus de 4 milliards en Asie ; ou un peu plus de 250 000 sur plus de 30 millions en Océanie ? Nos deux seuls véritables socles sont l’Afrique et l’Europe mais, partout, nous perdons du terrain dans l’apprentissage. Le chiffre de 85 millions d’apprenants, cité plus haut, est largement fantaisiste : nous sommes peut-être plus proches de 10 millions en tablant large, ce qui fait encore du français la troisième langue la plus apprise au monde, derrière l’anglais et l’espagnol. Sur le continent américain, les États fédérés canadiens non francophones ont relégué l’apprentissage du français au second plan derrière l’espagnol, de même que les États-Unis d’Amérique. Au Brésil, nous avons perdu la partie en faveur de l’espagnol et, dans les autres pays latino-américains, en faveur du portugais, le tout dans le cadre du Mercosur. Même en Chine ou au Japon, lorsque l’anglais et l’espagnol sont passés, il reste peu de place pour une autre langue occidentale. Quant à l’Europe orientale, elle vogue entre l’anglais et l’allemand, avec la pénétration récente et rapide de la langue de Cervantès.

Pourtant, rien n’est totalement perdu et il s’agit d’être réaliste, pas pessimiste. Le français n’aura pas à affronter un déclin démographique et culturel aussi massif que celui de l’allemand ou du japonais dans les décennies à venir. Deux actions-force sont à mener :

–         Réorganiser notre action culturelle et linguistique à l’étranger. Nous dépensions presque 900 millions d’euros en 2007 pour notre projection culturelle à l’étranger, soit 12,6% de notre budget total. C’est à la fois trop et trop peu. Trop, parce qu’avec des sommes nettement plus modestes, certains pays ont de meilleurs résultats que nous (200 millions d’euros suffisent au Royaume-Uni, 90 millions à l’Espagne). Et l’expansion « naturelle » de leur langue n’explique pas tout. Trop peu parce qu’il y a encore dix à douze ans, nous consacrions 20,5% de notre budget à cette tâche. J’ai conscience que la crise est passée par là, que le temps est l’austérité aveugle. Mais de deux choses l’une : soit nous assumons notre « mini » ONU impuissante avec un budget conséquent, soit nous coupons dans le vif pour coller au plus près de la réalité et nous pourrons alors dépenser moins d’argent pour plus de résultats. Il en va de même pour nos 144 Alliances françaises dans le monde : le plus grand réseau du monde mais des résultats moindres qu’un peu plus de 70 Instituts Cervantès. Un peu de ménage à faire ?

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Favoriser l’enseignement systématique, notamment par des moyens financiers réels, du français en Afrique et, dans le même temps, aider au développement du continent. C’est à ce prix que notre « réservoir » linguistique sera effectif mais aussi que nous pourrons renforcer la présence commerciale (le français n’est encore que la sixième langue d’échanges au monde, la quatrième si on ne compte que les langues d’origine européenne) ou dans les nouvelles technologies (la langue de Molière est la huitième langue la plus représentée sur la toile, mais notre potentiel de croissance y est important). Ce n’est plus sur notre passé de langue diplomatique que se joue la concurrence, désormais, mais bien dans ces deux domaines : développement et informatique.

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Nicolas Klein

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Patrick

sources :

 

http://www.academie-francaise.fr/

http://www.tlfq.ulaval.ca/

http://www.espacefrancais.com/home.php

http://veille-education.org/

http://www.languefrancaise.net

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_langue_fran%C3%A7aise

 

 

Publicités

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La mer à l’encre, trois siècles de cartes marines

au musée de l’ancienne abbaye de Landévennec (29)

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Le Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec, sur la presqu’île de Crozon dans le Finistère (29), propose jusqu’au 30 septembre 2012 une exposition sur les cartes et planisphères, du Moyen Âge au siècle des Lumières. Belle occasion de découvrir l’histoire de la cartographie maritime, de la représentation fantasmagorique du monde (avec la présence de monstres, par exemple) jusqu’aux atlas nautiques du XVIIIe siècle.

Jusqu’au XVIIe siècle, la cartographie, peu précise, était surtout un outil de pouvoir, politique et économique. Les grands explorateurs dressent leurs propres cartes (des portulans) d’après leurs observations mais elles conservent de nombreuses erreurs ! Quelques instruments basiques de navigation, tels que des boussoles, des astrolabes, etc., permettent toutefois la navigation le long des côtes et en haute mer dès le XVe siècle.

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carte marine bretagne issus du Neptune françois morbihan belle ile en mer

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C’est sous le règne de Louis XIV que paraît en 1693 le Neptune françois, premier atlas officiel français, lancé sous l’égide de Colbert (mort en 1683) qui n’en vit jamais la concrétisation. Composé de 29 cartes représentant les côtes européennes, il constitue une étape fondamentale de la cartographie marine. Ce n’est cependant qu’au milieu du XVIIIe siècle qu’il connut son heure de gloire et fut le plus diffusé.

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Baie de douarnenez en 1764 - carte marine realisee par Jacques Nicolas Bellin
Baie de Douarnenez – 1764
Jacques-Nicolas Bellin

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Chères, peu maniables et souvent erronées, les cartes restent peu utilisées avant le XIXe siècle, époque de l’apparition de levés côtiers méthodiques, établis en France par Charles-François Beautemps-Beaupré

L’exposition, organisée par la Corderie Royale-Centre International de la Mer à Rochefort (17), en collaboration avec le Service historique de la Défense au musée de l’ancienne abbaye de Landévennec (29), s’articule autour de trois temps forts : présentation de la production cartographique des ports normands du XVIe siècle (Dieppe, Honfleur, Rouen); une partie consacrée aux 29 cartes des côtes européennes du Neptune François puis le visiteur est embarqué sur le pont d’un navire pour suivre un débat entre la théorie et la pratique : un cartographe du XVIIIe siècle plongé dans ses calculs et un capitaine confronté lui aux obstacles bien réels de la navigation.

affiche de l'exposition la mer à l'encre au Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec

Musée de l’ancienne abbaye
29560 Landévennec
Tarif Individuel : 5 €

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Les Journées nationales de l’archéologie du 22 au 24 juin 2012
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Du 22 au 24 juin prochain, le ministère de la Culture et de la Communication organise les troisièmes Journées nationales de l’Archéologie sur plus de 350 sites partout en France.

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Pendant ces trois jours, l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) coordonnera tous les acteurs du monde de l’archéologie (musées, sites archéologiques, monuments historiques) pour présenter au grand public les différents sites, les chantiers de fouilles et les collections des musées.

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Des professionnels, archéologues et chercheurs, évoqueront leurs travaux et l’état de actuel de la connaissance dans le domaine, à l’occasion des nombreuses portes ouvertes organisées lors de l’événement. Expositions et projections de films seront également accessibles gratuitement au plus grand nombre.

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patrick

sources :

info-histoire.com

2 mai 73 Chute de Massada

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2 mai 73

Chute de Massada
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Le 2 mai 73, la forteresse de Massada tombe aux mains des légionnaires. C’en est fini de la première guerre juive contre la domination de Rome.
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L’ultime résistance

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Construite au IIe siècle avant JC, au temps des Maccabées (ou Asmonéens), la forteresse de Massada surplombe de 400 mètres les rives sauvages de la mer Morte. C’est le dernier îlot de résistance juive à l’occupation romaine.
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Des membres de la secte extrémiste des zélotes s’y réfugient après avoir fait régner la terreur dans le pays. Armés d’un poignard, ils avaient coutume d’assassiner leurs compatriotes suspectés de collaboration avec l’occupant ! On les avait surnommés pour cette raison «sicaires», du latin sica, qui signifie poignard.
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Au nombre d’un millier, avec leurs femmes et leurs enfants, sous la conduite d’un chef nommé Eleazar ben Jair, les Zélotes résistent pendant trois ans à plus de 15.000 légionnaires. Ceux-ci n’arrivent à accéder aux murailles qu’en aménageant une rampe artificielle depuis le pied du rocher.
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Deutsch: Israel, Masada, Byzantinische Kirche ...

Ruines de l'église byzantine de Massada, en Israël. (Photo credit: Wikipedia)

Le seul récit que l’on ait de ce siège nous vient de l’historien juif Flavius Josèphe, qui assiste le général romain. Quand les assiégeants pénètrent dans la forteresse, ils doivent affronter l’incendie allumé par les Zélotes avant de découvrir les cadavres de ceux-ci. D’après l’historien, qui n’a pas lui-même vu l’intérieur de la forteresse, dix des assiégés auraient tué les autres avant de se suicider eux-mêmes. Tous seraient morts à l’exception de deux femmes et cinq enfants. Voici un extrait de son récit (traduction de René Harmand, Paris, 1911) :
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«… Ensemble, ils embrassèrent, étreignirent leurs femmes, serrèrent dans leurs bras leurs enfants, s’attachant avec des larmes à ces derniers baisers ; ensemble, comme si des bras étrangers les eussent assistés dans cette oeuvre, ils exécutèrent leurs résolution, et la pensée des maux que ces malheureux devaient souffrir, s’ils tombaient aux mains des ennemis, était pour les meurtriers, dans cette nécessité de donner la mort, une consolation. Enfin, nul ne se trouva inférieur à un si grand dessein ; tous percèrent les êtres les plus chéris. Malheureuses victimes du sort, pour qui le meurtre de leurs femmes et de leurs enfants, exécuté de leur main, paraissait le plus léger de leurs maux !
Aussi, ne pouvant plus supporter l’angoisse dont ces actes une fois accomplis les accablait, et croyant que ce serait faire injure aux victimes de leur survivre même un court instant, ils entassèrent promptement au même endroit tous leurs biens et y mirent le feu ; puis ils tirèrent au sort dix d’entre eux pour être les meurtriers de tous ; chacun s’étendit auprès de sa femme et de ses enfants qui gisaient à terre, les entourant de ses bras, et tous offrirent leur gorge toute prête à ceux qui accomplissaient ce sinistre office. Quand ceux-ci eurent tué sans faiblesse tous les autres, ils s’appliquèrent les uns aux autres la même loi du sort : l’un d’eux, ainsi désigné, devait tuer ses neuf compagnons et se tuer lui-même après tous ; de cette manière, ils étaient assurés qu’il y aurait égalité pour tous dans la façon de porter le coup et de le recevoir. Enfin, les neuf Juifs souffrirent la mort et le dernier survivant, après avoir contemplé autour de lui la multitude des cadavres étendus, craignant qu’au milieu de ce vaste carnage il ne restât quelqu’un pour réclamer le secours de sa main et ayant reconnu que tous avaient péri, mit le feu au palais, s’enfonça d’un bras vigoureux son épée tout entière dans le corps, et tomba près de ceux de sa famille…»
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Deuxième guerre juive

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En Judée même, le sentiment national n’est pas mort avec la prise de Massada.
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Deux générations plus tard, l’empereur Hadrien est lui-même effrayé par la vigueur du particularisme juif. Il décide de le combattre par une campagne d’hellénisation : la circoncision est prohibée, Jérusalem rebaptisée «Colonia Ælia Capitolina» et un temple dédié à Jupiter Capitolinus est édifié sur les ruines du précédent. La Judée elle-même perd son nom. Elle est intégrée à la province de Palestine, ainsi nommée en souvenir des anciens habitants du littoral, les Philistins.

mosaic in massada עברית: פסיפס שהתגלה במצדה, O...

mosaic in massada (Photo credit: Wikipedia)

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Mais un jeune exalté du nom de Bar Kochba («Fils de l’étoile») prend la tête d’une nouvelle révolte et s’empare de Jérusalem. Il malmène la légion égyptienne XXII Deiotariana chargée de faire régner l’ordre.
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Hadrien se rend sur les lieux et appelle la Xe légion bretonne, sous le commandement du général Gaius Julius Severus, pour mater la rébellion. La campagne militaire va durer trois ans, de 133 à 135, et entraîner la mort de plusieurs centaines de milliers de Juifs. À son terme, la Judée sera durablement ruinée et les Juifs auront, qui plus est, l’interdiction de se réinstaller dans la ville de Colonia Ælia Capitolina, l’ancienne Jérusalem.

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De Massada à Varsovie, le mythe à l’épreuve
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Le souvenir de Massada a ressurgi avec brutalité en avril-mai 1943, lorsque les derniers juifs du ghetto de Varsovie se sont soulevés contre les SS allemands dans une tentative héroïque et désespérée. Ce fut pratiquement, contre les nazis, le seul acte de résistance armée au génocide des Juifs.
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Le mythe de Massada a toutefois été mis à l’épreuve par les fouilles menées de 1963 à1965 par le général et archéologue Ygael Yadin, ainsi que le rappelle Le monde de la Bible (n°180, novembre-décembre 2007).
Si la rampe de terre construite par les Romains est avérée, de même que l’incendie des installations, rien ne vient démontrer la réalité du suicide collectif. Celui-ci relèverait sans doute d’une exagération épique propre à l’historien.

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fin de la première guerre juive
contre la domination de Rome
8 septembre 70
Destruction du Temple
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Jérusalem, capitale de l’ancien royaume de Judée, est mise à sac par l’armée romaine le 8 septembre de l’an 70 (*), après un siège atroce de deux ans.
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Un roi cruel
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Profitant des divisions entre les juifs, le général romain Pompée a conquis la Samarie et la Judée en 63 avant J-C. Un protégé des Romains, Hérode, en profite pour liquider la dynastie des Asmonéens et devenir roi de Judée (ou pays des Juifs) en l’an 37 avant JC.
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De cet homme célèbre pour sa cruauté et son absence de scrupules, l’empereur romain Auguste aurait dit : «Mieux vaut être le porc d’Hérode que son fils»… Hérode a en effet lui-même tué certains de ses enfants mais, pratiquant la religion juive, il ne lui est jamais arrivé de consommer du porc (notons le jeu de mots sur fils [uios en grec, la langue d’usage d’Auguste] et porc !
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C’est à la fin du règne d’Hérode le Grand que naît Jésus-Christ à Bethléem, au sud de Jérusalem.
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À la veille de sa mort, en l’an 4 avant JC, le roi de Judée partage son royaume entre trois de ses fils. Mais sa dynastie s’arrête là. En l’an 6 de notre ère, l’empereur Auguste transforme la Judée en une province romaine gouvernée par un simple procurateur.

Les Arbres de Judée de la Cathédrale

Les Arbres de Judée de la Cathédrale (Photo credit: Mary.Do)

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Première guerre juive
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Décontenancés par les croyances monothéistes des habitants, les Romains laissent ceux-ci libres de s’organiser comme ils l’entendent sous l’autorité de leur Tribunal religieux, le Sanhédrin. Mais les Juifs ne manquent pas de se quereller et de se diviser sur la conduite à tenir vis-à-vis de l’occupant.
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Les grands prêtres et le parti des Pharisiens s’accommodent de l’occupation étrangère tandis que dans les milieux populaires, la secte des Zélotes appelle à la résistance et veut hâter la réalisation des promesses divines.
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Les Zélotes déclenchent une violente révolte en août 66. Ils massacrent les grands prêtres et s’emparent de Jérusalem. Mais les Romains, sous la direction du général Vespasien, mènent la reconquête avec détermination.
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Vespasien étant devenu empereur, c’est à son fils Titus qu’il revient d’achever le siège de Jérusalem. Il ne s’agit pas d’une mince affaire car la population de la ville s’élève déjà à cette époque à environ 80.000 habitants. Les habitants sont déportés comme esclaves cependant que le Temple, haut lieu de la religion juive, est complètement détruit (à l’exception d »une partie de l’esplanade et d’un pan du mur d’enceinte, le Mur Ouest, futur «Mur des Lamentations»).
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Le vainqueur, Titus, rentre à Rome où il reçoit un magnifique triomphe. Un arc est bâti en souvenir de ce triomphe à l’entrée des forums romains.


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Ses bas-reliefs relatent les exploits des Romains en Judée et notamment le pillage des trésors du Temple, en particulier un fameux chandelier sacré à sept branches, la Ménorah (ce chandelier disparaît en 455 suite au pillage de Rome par les Vandales de Genséric).
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La destruction de Jérusalem et du Temple ne met cependant pas fin à la première guerre juive… Au-dessus de la Mer Morte, la forteresse de Massada continue de résister sous la direction d’un chef zélote, Éleazar…

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au temps des Maccabées
Nabuchodonosor s’empare
de Jérusalem
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Le 16 mars de l’an 597 avant JC, Jérusalem tombe aux mains de Nabuchodonosor. Le puissant roi de Babylone reçoit la soumission du royaume de Juda.

Ce royaume était l’ultime survivance du royaume d’Israël fondé quatre siècles plus tôt par Saül, David et Salomon. Sa ruine entraîne l’exil à Babylone d’une bonne partie de sa population. L’exil, paradoxalement, va fortifier l’attachement des juifs à leur Dieu et à la loi de Moïse. À lui remonte le monothéisme rigoureux des juifs et tout ce qui fait la singularité de leur culture.

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La vengeance de Nabuchodonosor

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– Premier siège de Jérusalem : le roi Nabuchodonosor II s’empare de Jérusalem dès son avènement sur le trône de Babylone, en 605 avant JC. Il déporte un certain nombre d’habitants dans sa capitale. C’est la première déportation.

JUDAEA, Bar Kochba Revolt. 132-135 CE. AR Sela...

JUDAEA, Bar Kochba Revolt. 132-135 CE. AR Sela – Tetradrachm (28mm, 14.07 g, 11h). Undated issue (year 3 - 134/5 CE). Temple facade, the Ark of the Covenant within; star above / Lulav with etrog. Mildenberg 85.12 (O127/R44´); Meshorer 233; Hendin 711. Near EF, toned, light deposits. (Photo credit: Wikipedia)

– 2e siège de Jérusalem : le roi de Juda, Joachim, ne supporte pas le protectorat babylonien et complote avec les Égyptiens. Nabuchodonosor revient en force à Jérusalem huit ans plus tard, en 597. Sitôt la ville entre ses mains, il procède à une deuxième déportation, toutefois limitée à la famille du roi de Juda Yoyakîn et à son entourage (officiers de la cour, dignitaires, eunuques). À Babylone, le roi déchu est logé au palais royal.

– 3e siège de Jérusalem : Nabuchodonosor place sur le trône Sédécias, le fils d’un ancien roi de Juda. Mais celui-ci, à son tour, ne tarde pas à intriguer contre son maître et forme même une coalition avec les Égyptiens et les habitants de Tyr. On est en 586 avant JC. Nabuchodonosor prend Jérusalem pour la troisième fois. La répression ne se fait pas attendre. Le roi Sédécias, qui a tenté de s’enfuir par une brèche de la muraille, est capturé près de Jéricho, aveuglé et jeté au cachot en Babylonie cependant que ses fils sont mis à mort.

Lors de cette troisième occupation, le prestigieux Temple de Salomon est détruit de même que l’Arche d’Alliance qui contenait les Tables de la Loi sur lesquelles étaient gravés les Dix Commandements (voir le film de Steven Spielberg : Indiana Jones et l’Arche perdue ;-). Toute la population juive de Jérusalem est chassée du pays. C’est la troisième déportation.

Une bonne partie des proscrits sont emmenés en Mésopotamie. D’autres s’établissent autour de la Méditerranée et font souche jusqu’en Afrique du nord, formant la première diaspora.

Avec la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, c’en est fini de l’indépendance d’Israël pour… 2500 ans, jusqu’à la résurrection de l’État hébreu et de la langue du même nom au XXe siècle de notre ère (si l’on met à part l’autonomie du royaume de Judée sous les Asmonéens ou Maccabées, de 175 avant JC à la conquête romaine).

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L’exil de Babylone

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Les prophètes hébreux de l’époque, tels Jérémie et Ézéchiel, voient dans l’exil de Babylone la sanction méritée par le peuple hébreu pour avoir désobéi à Dieu.

À Babylone, cependant, les Juifs gagnent en prospérité et la religion israélite s’affermit.

Au bout de cinquante ans, Cyrus 1er, le Grand Roi des Perses, conquiert la Babylonie et une partie de la diaspora choisit de retourner en Judée tout en demeurant sous la tutelle des Perses.

Les Juifs de retour de Babylone reconstruisent le Temple dès 516 avant JC. À l’image de leurs cousins de Samarie, ils adoptent la langue akkadienne (ou araméenne) comme langue d’usage. Leur langue ancestrale, l’hébreu, reste employée pour la liturgie.

Vers 440 avant JC, en présence du gouverneur Néhémie, le sacrificateur Esdras lit solennellement les livres de la Loi de Moïse, «prescrite par l’Éternel à Israël». De ce jour, ces cinq premiers livres de la Bible, ou Pentateuque(du grec penta, cinq, et teukhos, livre) deviennent la loi de l’État.

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Les Juifs rejettent les Grecs

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Un siècle plus tard, l’empire perse s’effondre sous les coups que lui porte le Macédonien Alexandre le Grand. «Alexandre avait régné douze ans quand il mourut. Ses officiers nobles prirent le pouvoir chacun dans son fief», ainsi que le rappelle le premier livre des Maccabées, dans la Bible. «Tous ceignirent le diadème après sa mort et leurs fils après eux durant de longues années.»

La Palestine passe comme l’Égypte sous la tutelle des Lagides, descendants de Lagos, général d’Alexandre, puis en 198 avant JC sous la tutelle des Séleucides de Syrie, descendants de Séleucos.

Sous le règne de ces souverains hellénistiques de langue grecque, les prêtres du temple de Jérusalem codifient les rites religieux dans l’un des futurs livres de la Bible, le Lévitique. Des scribes laïcs complètent par ailleurs les récits des origines du peuple juif dans le livre dit le Deutéronome.

Les écrits bibliques prennent leur forme définitive et sont traduits en grec par les «Septante» (72 Sages) à Alexandrie (entre 301 et 150 avant JC).

La tradition juive garde cependant un mauvais souvenir du roi Antiochus Epiphane qui détourne beaucoup de Juifs de leurs coutumes. De jeunes Juifs «branchés» osent même bâtir à Jérusalem un gymnase (I Maccabées, 1, 14), autrement dit un lieu où l’on pratique des exercices sportifs en étant nus ! C’est un défi à la pudeur coutumière des habitants.

À la suite d’un soulèvement populaire, les Maccabées (ou Asmonéens) restaurent l’autonomie du pays sous un régime théocratique (175-134). Ils rétablissent les rites religieux juifs dans leur pureté.

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campagne d’hellénisation
hellénisme
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Depuis le XIXe siècle, les historiens appellent hellénisme la culture de langue grecque qui s’est développée dans l’ensemble du Moyen-Orient après les conquêtes d’Alexandre le Grand (333-323 avant JC). Le mot vient de Hellène, nom que se donnent les Grecs.

Les historiens différencient de la sorte cette culture de la culture grecque classique, qui s’est épanouie du IXe au IVe siècles avant JC sur les terres proprement grecques, autour de la mer Égée, en Sicile et au sud de la péninsule italienne (la Grande Grèce).

Avec Alexandre le Grand, les Grecs ont conquis l’empire perse. Ils ont de la sorte diffusé la culture d’Homère et Platon dans l’ensemble du Moyen-Orient, du Nil à l’Indus (le Pakistan actuel). La langue grecque est devenue la langue de communication habituelle en Orient jusqu’à la chute de Constantinople… en 1453 après JC, avant d’être supplantée par l’arabe.

Héritière de la culture grecque de l’époque classique (Ve siècle avant JC), la culture hellénistique a gagné en extension géographique ce qu’elle a perdu en créativité.

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patrick

sources
hérodote.net

Brèves diverses

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Un prêtre victime de la Révolution en Normandie.

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La mémoire française de la Révolution est souvent l’objet de controverses (pas seulement historiques, loin de là…) et les débats autour du génocide vendéen, relancés par la publication du dernier ouvrage de Reynald Sécher, nous le rappellent quotidiennement ! Pourtant, la Révolution n’a pas été un long fleuve tranquille et a charrié dans son lit de nombreux cadavres, de la Corse à la Bretagne, en passant évidemment par Lyon, Avignon ou encore Savenay : si les manuels d’histoire accordent plus d’importance aux grands principes valorisés par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qu’à leur effective application (pourtant fort… nuancée !), les populations enracinées restent sensibles aux figures locales qui ont traversé la période, en y laissant parfois leur vie et quelques archives pas toujours accessibles, ou les redécouvrent, dans ce grand mouvement informel de recherche de « la mémoire des siens ».

Ainsi, dimanche 29 avril, la béatification de Pierre-Adrien Toulorge sera-t-elle suivie par 2.000 à 2.500 personnes à Coutances, dans la Manche… Le journal La Croix, dans son édition du 27 avril, raconte son histoire, si révélatrice et exemplaire au regard de la période agitée de la Terreur et des enjeux de sa mémoire souvent contrariée : « Pierre-Adrien Toulorge ou l’histoire d’un paradoxe : il y a quelques mois encore, dans la Manche, bien peu connaissaient la figure de ce prêtre guillotiné en 1793, en pleine Terreur. (…) Comme ses contemporains, il est profondément déstabilisé par la Révolution. Il cherchera d’ailleurs d’abord à fuir son destin sur l’île de Jersey. Pris de remords, il rentre sur le continent, où il prend le maquis et célèbre les sacrements clandestinement avant d’être arrêté. Lors de son procès, il cherche à tromper ses juges, avant de revenir sur sa déposition, réalisant qu’on ne peut sauver sa vie sur un mensonge.

« (…) Marc Beuve, président de l’association des Amis du P. Toulorge, se dit frappé par « la vérité et l’authenticité » du personnage. « Je ne sais pas si j’aurai eu son courage, confesse-t-il. L’accusation n’avait aucune preuve de son exil. Il faut être gonflé pour se laisser conduire à l’échafaud alors qu’un mensonge suffirait à vous sauver la peau. »

Bien sûr, la béatification est d’abord religieuse, mais cela n’empêche pas de réfléchir au contexte du martyre de ce prémontré guillotiné pour le simple fait d’avoir émigré à Jersey : la Terreur, qui est la période la plus triste et violente de cette Première République qui se voulait « libératrice » et, bien sûr, éternelle, a usé et abusé de la guillotine pour s’imposer et imposer sa conception du bien et celle de « l’homme nouveau » qu’elle entendait promouvoir, envers et contre tout, parfois contre (presque) tous !
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Mongazon 2

Prêtre caché par une bergère

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Certains me rétorqueront que toutes les grandes mutations se font dans une certaine tension qui peut s’avérer homicide, que cela soit la conquête des terres d’Amérique par les conquistadores ou les révolutions industrielles qui entraînèrent la mort de millions d’ouvriers et de mineurs (d’ailleurs au double sens du terme !) pour permettre l’industrialisation des sociétés contemporaines : une tension nécessaire pour accéder à un autre stade de développement humain, dit-on… Mais tension n’est pas toujours intention, me semble-t-il ! Or, dans le cas de la Terreur, l’intention de détruire des hommes mais aussi des communautés entières est, non seulement avérée, mais revendiquée, assumée, expliquée : « la fin justifie les moyens »… Il est une notion de « pureté » dans la logique de la Terreur (qui n’est qu’un moment de la Première République, et qui ne peut être confondue avec l’intégralité de ce régime auquel Napoléon donne un autre sens et un autre aboutissement que ceux avancés par ses premiers promoteurs…), une logique que l’on retrouve, sans doute, dans les paroles de La Marseillaise pourtant écrites avant même l’établissement de la République : « Qu’un sang impur abreuve nos sillons… ». Mais, contrairement à certains contre-révolutionnaires, je ne pense pas que Rouget de Lisle avouait par là-même une intention d’extermination ni même d’épuration humaine… Son chant est d’abord, on l’oublie un peu, un chant destiné à rassurer, à motiver les troupes françaises mais aussi à apeurer les soldats ennemis : les mots utilisés le sont plus de façon théâtrale qu’avec l’intention de mener une extermination froide d’ennemis vaincus ou prisonniers…

Or, la Terreur, elle, n’a pas cette excuse : ce sont bien des hommes vaincus, qu’elle sort de ses geôles pour les juger avec le couperet possible (c’est le cas de le dire !) en jugement dernier. Ce sont des hommes qui, dans le cas de ce prêtre, ne sont pas des combattants mais des opposants ou, pire (car l’intention prêtée à ceux que jugent les tribunaux révolutionnaires est parfois plus importante que les faits eux-mêmes…), des « suspects ».

Durant la Grande Terreur, la simple suspicion suffisait à envoyer à la guillotine ceux que la République accusait d’être des ennemis « par principe »… Pierre-Adrien Toulorge, accusé d’avoir simplement émigré, était coupable, selon le tribunal révolutionnaire, de beaucoup plus que cela : d’être « naturellement » un mauvais citoyen, un ennemi de la République, un « impur » qui devait être retranché de la nouvelle humanité révolutionnaire en étant définitivement tranché…

Aujourd’hui, la mémoire normande comme celle de l’Eglise lui rendent toute sa place dans la communauté, religieuse comme française, et sans chercher à juger ceux qui l’ont condamné : c’est mieux ainsi ! L’histoire ne doit pas être un « champ des vengeurs » après l’avoir été « des martyrs » : mais elle doit permettre de comprendre ce qui a entraîné tant d’horreurs et d’éviter, autant que faire se peut, qu’elles se reproduisent.

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Un peintre itinérant du XVe siècle : Antoine de Lonhy
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Jeudi 3 mai, le musée de Cluny consacrera sa conférence mensuelle au tableau récemment acquis d’Antoine de Lonhy, représentant saint Vincent-Ferrier prêchant, réalisé entre vers 1470-1480.
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Artiste itinérant, Antoine de Lonhy est originaire de Bourgogne. Il demeure d’abord à Châlon-sur-Saone où il est sollicité par le chancelier Nicolas Rolin et par son entourage. Vers 1450, il part pour Toulouse où il s’installe pendant une dizaine d’années. Son activité est ensuite documentée à Barcelone où il réalise ponctuellement plusieurs commandes, mais sa résidence principale est alors dans le duché de Savoie à Avigliana.
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Retable de la Mère de Dieu,
vers 1461-1462, ©MNAC Barcelone

Ses oeuvres ont d’abord été regroupées sous différents noms de conventions avant de lui être attribuées : le maître de la Trinité de Turin était un peintre de chevalet alors que le « maître des Heures de Saluces » était un enlumineur. L’activité documentée d’Antoine Lonhy attestait quant à elle son savoir faire de peintre verrier, de peintre de retable, de cartonnier et d’enlumineur. Son identification par François Avril a dès lors, réuni un corpus disséminé en Bourgogne (enluminures), à Toulouse (peinture murale et enluminures), Barcelone (vitraux et retable) et à Turin (retable, peintures murales, enluminures). Si certaines de ses oeuvres sont aujourd’hui perdues, comme le décor vitré réalisé pour le château de Nicolas Rolin à Authumes, il n’en reste pas moins un corpus abondant, notamment d’enluminures.
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Trinité souffante – Antoine de Lonhy,
vers 1470-1480, Museo Civico, Turin

Ce panneau de l’artiste, le seul actuellement conservé en France, aurait pour pendant un saint Dominique conservé à Turin. Pour qui a-t-il été réalisé? Le sujet – un prédicateur espagnol – indiquerait peut être une exécution lors de son passage en Espagne? La réponse jeudi avec Sophie Lagabrielle, conservateur en chef au Musée de Cluny.
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Saint Dominique, vers 1470-1480,

Galerie Sabauda, Turin
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Dis-moi qui t’informe je te dirai pour qui tu votes

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Quels électeurs pour quelles chaînes de radio et de télévision ? Quels journaux lisent les partisans de Mélenchon ou de Bayrou ? Une étude fait le point la question et démontre la couleur politique des médias.

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Publiée par le magazine Marianne, l’étude fait ressortir de nettes tendances :

1. Les médias tous public confondu
Ils attirent les électeurs de toutes sortes mais se raréfient, comme si la tendance était à l’engagement politique. Parmi les radios, seules RMC (49 % d’auditeurs de droite, 9 % du centre et 42 % de gauche), France Bleu (50 % d’auditeurs de droite, 9 % du centre et 41 % de gauche) et Europe 1 (49 %, 11 % et 38 %) attirent un public équilibré. Pour ce qui est de la presse écrite, la presse quotidienne régionale, la plus implantée, et les quotidiens gratuits peuvent également se targuer d’un public politiquement équilibré.

 

2. Les médias à fort public de droite
Ce sont aussi les électeurs les plus âgés. Côté télévision, TF1 rassemble 67 % de téléspectateurs de droite et le JT de M6, 49 %. NRJ se détache tout particulièrement parmi les électeurs de Marine Le Pen (33 % d’auditeurs), ce qui n’a bien sûr rien à voir avec l’orientation politique de cette station, qui tient à rester le plus neutre possible.

 

3. Les médias à fort public de gauche
Côté télévisions, le JT de France 2 capte 51 % d’électeurs de gauche, tout comme le « 19-20 » de France 3 (51 %, mais ce ne sont pas les mêmes) et le « Grand journal » de Canal + (59 %). Mais il ne s’agit pas des mêmes publics : France 2, tout comme Canal +, est regardée par un auditoire plutôt urbain, tandis que France 3 polarise la France périurbaine.

France Inter (72 %) et, dans une moindre mesure, France Info (49 %) séduisent les auditeurs de gauche, notamment la génération des soixante-huitards. A noter que Libération, très polarisé à gauche, possède un lectorat bien plus aisé que celui du Monde et du Figaro.

Enfin, concernant la presse hebdomadaire…
Paris Match penche nettement du côté droit : 65 % de ses lecteurs ont voté Sarkozy, Le Pen ou Dupont-Aignan (dont 20 % pour la candidate FN). Le Figaro Magazine (78 % de lecteurs de droite et du FN) et Valeurs actuelles (87 %) sont encore plus, et c’est logique, ancrés à droite.

Enfin, Marianne (74 % d’électeurs de gauche) dépasse le Nouvel Observateur (71 %) sur sa gauche, tandis que Le Point parvient tout de même à attirer 27 % d’électeurs de gauche.
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patrick