Éphéméride du 12 mai

 

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Saint du jour

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— SAINT ACHILLE de LARISSA
Martyr
(+ c. 304) 
Militaire de la garde impériale, mort martyr vers 304 avec saint Nérée, chrétiens, pour avoir refusé de prêter le serment religieux à César. 

Ils sont ensevelis à la catacombe Domitille, à Rome où une basilique leur est dédiée, via Ardeatina.

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–Saint Pancrace
Martyr
(IVème siècle)

On célèbre le 12 mai la fête de saint Pancrace, jeune martyr chrétien des premiers siècles. Originaire de Phrygie, saint Pancrace était encore un tout jeune orphelin lorsqu’il vint à Rome en compagnie de son oncle. Converti au christianisme par le pape Corneille, le jeune garçon fut rapidement dénoncé comme chrétien. Sur l’ordre de l’empereur Dioclétien, saint Pancrace fut décapité en 304 ; il avait alors quatorze ans.
Son culte devint très vite populaire ; saint Pancrace incarnait l’innocence et la pureté de l’enfant qu’il était lorsqu’il fut martyrisé. En Corse, saint Pancrace, dit Brancaziu, a toujours été honoré avec une très grande dévotion ; de nombreuses paroisses se placèrent sous sa protection, et on lui consacra beaucoup de chapelles et oratoires champêtres. Tous les ans, i Bastiacci (les Bastiais) se rendent fidèlement à l’oratoire de Monserrato qu’ils gagnent à pied, en gravissant les marches de la Scala Santa (l’Escalier Saint). Aujourd’hui encore, mais surtout jadis, les pèlerins qui font pénitence montent la Scala Santa sur les genoux. Arrivé à l’oratoire dont le reliquaire contient des restes des martyrs Pancrace, Nérée, Achille et Domitille, on célèbre l’office du jour en l’honneur de san Brancaziu, qui partage avec la Vierge et les saints cités le patronage de l’édifice.
Autrefois, la fête de San Brancaziu donnait lieu à un fort beau spectacle dans la ville d’Aiacciu : tous les 12 mai et les deux jours consécutifs, le cours Grandval était transformé en champ de courses ; le spectacle se tenait l’après-midi. Les cavaliers devaient courir sans selle, sur des chevaux empanachés de rubans colorés.


En Corse, mais aussi dans beaucoup de régions françaises, saint Pancrace était l’un des protecteurs des animaux domestiques. C’est dans ce cadre que se déroulaient les courses d’Aiacciu évoquées ci-dessus, c’est aussi pour cela que dans le Boziu mais aussi dans bien d’autres pievi, on procède à la bénédiction des troupeaux de brebis. La fête de San Brancaziu se situe dans une période généralement consacrée à la tonte des troupeaux. On a souvent fait correspondre ces deux événements dans le calendrier.
Saint protecteur des troupeaux, San Brancaziu est aussi un saint guérisseur. On l’invoquait souvent jadis pour soulager les rhumatisants. Le jour de sa fête, on se rendait en pèlerinage aux différents oratoires qui lui sont consacrés, pieds nus, un cierge à la main, pour obtenir la guérison des rhumatismes. On ne compte pas les bienfaits que saint Pancrace a la réputation de répandre sur les fidèles qui l’invoquent.
San Brancaziu fut enfin le grand saint patron des bandits corses. L’origine de ce patronage tient peut-être à ce rapport avec la mort que le saint entretient avec les vivants… Mais on sait aussi que, selon la tradition, saint Pancrace était jadis invoqué contre le parjure. Grégoire de Tours raconte comment tout faux témoin qui s’approchait de ses reliques sentait sa main se dessécher avant de tomber raide mort. Quelles que fussent les raisons qui poussèrent les bandits corses à se placer sous la protection du saint, ceux-ci vouaient un culte fervent à saint Pancrace.
À ce sujet, un épisode de la vie de Pietro Cyrneo est édifiant : né au milieu du XVème siècle, Pietro Felce, dit Pietro Cyrneo, à Felce, partit faire ses études en Italie. Lorsqu’il revint dans son village natal, une famille puissante et rivale lui fit subir toutes sortes de vexations. Il voulut entrer en vendetta et, sans expérience, s’en alla consulter le bandit d’honneur nommé Galvano. C’était en plein octave de Saint-Pancrace, et Galvano lui conseilla de respecter la trêve que tout bandit observait en l’honneur du saint patron. Ils restèrent ensemble et profitèrent de cette trêve pour réfléchir et mettre au point le plan de la vengeance. Au terme de ce temps, Galvano s’apprêtait à passer aux actes avec son ami quand celui-ci, probablement touché par la grâce de saint Pancrace, décida de renoncer à ses funestes projets et de rentrer dans les ordres. C’est à ce Pietro Cyrneo que l’on doit le fameux ouvrage intitulé De rebus Corsicis.
Contenant une partie importante du corps de saint Pancrace, l’église romane située au pied de Castellare-di-Casinca fit l’objet d’un pèlerinage fort important. On y ajouta une foire aux chevaux très réputée à laquelle vinrent se joindre tous les joueurs et les bandits d’honneur des environs. Les bandits d’honneur ont disparu mais la foire existe toujours.
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autres saints du jour
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–SAINT ÉPIPHANE
Évêque de Salamine
(310-403)

Saint Épiphane a été surnommé le Jérôme de l’Orient, à cause de sa vie austère et de son amour passionné pour les Saintes Écritures. Il naquit de parents pauvres, dans un petit village de la Palestine.

Ce n’est qu’au bout d’un certain nombre d’années qu’il connut la religion chrétienne et reçut le baptême. On rapporte qu’au moment où il approchait des fonts baptismaux, sa chaussure lui tomba des pieds ; il ne la reprit point, et tout le reste de sa vie il marcha pieds nus.

Épiphane avait été adopté dans son enfance par un riche juif qui, en mourant, lui avait laissé sa fortune ; il renonça à tout pour se faire solitaire à l’école de saint Hilarion, et il se montra digne d’un tel maître.

Formé à la vie religieuse, il revint dans sa patrie, y fonda un monastère et tenta de faire de la Palestine une autre Thébaïde ; là, Épiphane s’ensevelit trente années dans l’étude, la prière, la mortification et le jeûne. Cependant sa réputation de sainteté et de science s’était répandue au loin ; les évêques de Palestine songèrent à lui conférer l’épiscopat. À cette nouvelle, Épiphane s’embarque et va trouver Hilarion dans son désert ; mais, après quelques mois, le vieux solitaire lui dit : « Mon fils, allez à Salamine, votre place est là. » Le siège épiscopal de cette ville était vacant ; Épiphane, à l’improviste, y est porté en triomphe.

Le nouvel évêque conserva son habit de moine, et n’abandonna jamais les habitudes austères de la vie religieuse. Sa charité était sans limite, au point qu’un de ses diacres l’accusa de dissiper les biens ecclésiastiques. Épiphane ayant un jour invité son clergé à dîner, un corbeau vint croasser près d’eux ; et le diacre, faisant une mauvaise plaisanterie, promit à l’évêque de lui donner tout son bien, s’il lui expliquait le langage de cet oiseau : « Le corbeau, dit Épiphane, vient de dire que vous ne serez plus diacre » Le diacre tomba, demi-mort de peur ; il expira le lendemain, et tout son bien revint à l’Église.

Épiphane fut un ami de saint Jérôme ; il fut aussi ami de saint Basile ; cependant, il fut longtemps prévenu contre saint Jean Chrysostome. Il était venu à Constantinople sans vouloir communiquer avec lui ; mais il eut tant de chagrin d’avoir été trompé, qu’il se hâta de retourner à Salamine, en écrivant à Chrysostome : « Athlète du Christ, souffrez et triomphez. » Épiphane mourut sur mer pendant son retour.
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–BIENHEUREUSE IMELDA LAMBERTINI
Vierge
1321-1333)

Sainte Imelda descendait de la noble famille des Lambertini. Née à Bologne en 1321, elle avait reçu au baptême le nom de Madeleine. Dès le berceau elle manifesta une intelligence précoce qui s’ouvrait naturellement aux lumières de la foi. On ne constata jamais en elle de difficulté à obéir, ni de ces caprices qui rendent pénible l’éducation des enfants. Au premier signe, Madeleine quittait le jeu le plus animé pour se mettre au travail. Elle s’était aménagé un petit oratoire qu’elle ornait de ses mains. Tout son bonheur consistait à s’y retirer pour prier.
La splendeur de la maison paternelle pesait à cette âme qui comprenait déjà le néant des choses créées. Suivant un usage très ancien dans l’Église, on recevait parfois les enfants dans les monastères. Ils étaient revêtus de l’habit religieux, mais cela n’engageait en rien leur avenir et ces enfants n’étaient assujettis qu’à une partie de la Règle. À l’âge de dix ans, la petite Madeleine pria ses parents avec tant d’instance de lui octroyer cette grâce, qu’ils finirent par se rendre à ses désirs et l’emmenèrent chez les Dominicaines de Valdiprétra, près de Bologne. La jeune enfant prit l’habit avec joie et échangea son nom pour celui d’Imelda, qui signifie : donnée au monde comme du miel, sans doute à cause de sa douceur et de son extrême amabilité.
Novice, elle voulut observer la Règle tout entière bien qu’elle n’y fût pas obligée. Sa constance au service de Dieu ne se démentit pas un instant, aucune austérité ne l’effrayait, et elle s’appliquait en tout à ressembler à Jésus crucifié.

La sainte enfant passait des heures en adoration devant Jésus-Hostie, sans ressentir plus de lassitude que les anges devant Dieu. Durant le Saint Sacrifice de la messe, elle versait d’abondantes larmes, surtout lorsque les religieuses quittaient leurs stalles pour aller communier. Dans l’ingénuité de son amour, elle disait parfois : « Je vous en prie, expliquez-moi comment on peut recevoir Jésus dans son cœur sans mourir de joie. » Les religieuses étaient grandement édifiées de sa particulière dévotion envers le Saint Sacrement. C’était l’usage du pays de ne donner la première communion aux enfants qu’à l’âge de quatorze ans. Sainte Imelda, consumée par l’ardeur de ses désirs, suppliait d’être enfin admise à la sainte Table mais on ne croyait pas devoir faire exception pour la petite novice. Le jour de l’Ascension 1533, Imelda atteignit ses onze ans. De nouveau, elle conjura son confesseur de lui permettre de recevoir la sainte communion, mais ce dernier resta inflexible.
L’enfant s’en alla à la chapelle en pleurant, afin d’y entendre la messe. Le Seigneur Jésus, si faible contre l’amour, ne put résister davantage aux vœux de cette âme angélique. Au moment de la communion, une hostie s’échappa du ciboire, s’éleva dans les airs, franchit la grille du chœur et vint s’arrêter au-dessus de la tête de sainte Imelda. Aussitôt que les religieuses aperçurent l’hostie, elles avertirent le prêtre du prodige. Lorsque le ministre de Dieu s’approcha avec la patène, l’hostie immobile vint s’y poser. Ne doutant plus de la volonté du Seigneur, le prêtre tremblant communia Imelda qui semblait un ange plutôt qu’une créature mortelle.
Les religieuses, saisies d’un étonnement inexprimable, restèrent longtemps à regarder cette enfant toute irradiée d’une joie surnaturelle, prosternée en adoration. Ressentant finalement une vague inquiétude, elles appelèrent Imelda, la prièrent de se relever, puis lui en donnèrent l’ordre. L’enfant toujours si prompte à obéir paraissait ne pas même les entendre. En allant la relever, les sœurs s’aperçurent avec stupéfaction qu’Imelda était morte : morte de joie et d’amour à l’heure de sa première communion.
Cette petite sainte italienne a été surnommée : la fleur de l’Eucharistie. Elle est la patronne des premiers communiants.
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— Catherine de Cardone († 1577)

— Denys († 1633)
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— Dominique de la Calzada, Prêtre († 1109)

— Gemma († 1429)

— Hygin

— Jean le Valaque († 1662)

— Jeanne de Portugal, Vierge dominicaine († 1490)

Modoald († 640)

— Mondry (6e s.)

— Philippe d’Argirion (5e s.)

— Rictrude († 1012)

— Théodore de Cythère († 922)

 

 

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Evénements

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12 mai 1495 : Entrée triomphale de Charles VIII à Naples
Le 12 mai 1495, Charles VIII fait une entrée triomphale à Naples à la tête d’une armée de 40.000 hommes

Revendiquant l’héritage du « bon roi René », le roi de France a chassé sans difficulté de Naples les troupes du roi Ferdinand d’Aragon. Mais il doit bientôt faire face aux Italiens unis dans la Ligue de Venise.

Il revient précipitamment en France mais se montre prêt à retenter l’aventure. C’est le début des longues guerres d’Italie.
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12 mai 1588 : Journée des Barricades
Le 12 mai 1588, le peuple catholique de Paris se soulève contre son souverain légitime, Henri III, et le chasse de la capitale…
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12 mai 1776 : Le renvoi de Turgot
Le 12 mai 1776, le roi Louis XVI renvoie son ministre réformateur, Anne Turgot, sous la pression de la Cour et des privilégiés.

À son entrée au gouvernement, deux ans plus tôt, cet économiste brillant et généreux a découvert la situation catastrophique des finances publiques.

Pour éviter la banqueroute, il taille dans les dépenses de la Maison du roi et engage des réformes audacieuses pour faire rentrer les impôts et libérer l’économie des entraves administratives…
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12 mai 1881 : Traité du Bardo


Le 12 mai 1881, le gouvernement français et le souverain de Tunisie (aussi appelé bey de Tunis) signent un traité au palais de Kassar Saïd, près du Bardo, dans la banlieue de Tunis…
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12 mai 1926 : Pilsudski prend le pouvoir à Varsovie
Le 12 mai 1926, à Varsovie, le maréchal Joszef Pilsudski (59 ans) renverse la démocratie, trop instable à son goût, et établit son pouvoir personnel jusqu’à sa mort, neuf ans plus tard, le 12 mai 1935…
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12 mai 1935 : La Pologne sur la mauvaise pente
Après la mort du vieux maréchal Pilsudski, le12 mai 1935, la Pologne s’oriente dans une voie franchement nationaliste et même antisémite avec un slogan favori : « Pas de place pour les Juifs en Pologne » ! Précisons que le pays compte alors 3,2 millions de juifs sur 32 millions d’habitants. Ils sont d’autant plus haïs qu’ils vivent pour la plupart en ville et sont nombreux dans le commerce et les fonctions d’encadrement.

Les Endeks, militants nationaux-démocrates de l’Endecja, installent au pouvoir des colonels issus de leurs rangs. Cette « République des colonels » est dirigée de mai 1936 à l’invasion allemande (septembre 1939) par le général Felician Slawoj Skladkowski. Son souci primordial n’est pas de contrer les menaces extérieures mais de pressurer les juifs de l’intérieur ! Ces derniers sont accablés de taxes et chassés de diverses professions au nom d’une politique « politique d’aryanisation » dont les nazis allemands, on le constate, n’ont pas l’exclusivité. Le pouvoir polonais encourage également le boycottage des commerces juifs et les pogroms. Celui du 9 mars 1936, dans la petite ville de Przytyk, suscite une vive émotion et débouche sur une grève générale de protestation le 17 mars suivant.

Les affaires étrangères restent le domaine réservé du colonel Beck, lequel persiste à dédaigner l’alliance de la France tout en flirtant jusqu’à l’issue fatale avec ses puissants voisins, l’Allemagne et l’URSS.
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12 mai 1937 : George VI remplace Édouard VIII sur le trône
Le 12 mai 1937, le monde a l’oreille tournée vers l’abbaye de Westminster. Chacun oublie un instant les menaces qui pèsent sur l’Europe, la guerre qui s’étend en Chine et en Espagne, la répression qui s’abat sur l’URSS et les gesticulations d’un fou furieux de l’autre côté du Rhin.

Dans l’abbaye se déroule en effet le couronnement du nouveau roi de Grande-Bretagne et d’Irlande (le Royaume-Uni), par ailleurs Empereur des Indes, George VI. Pour la première fois, la cérémonie est radiodiffusée.

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Naissances célèbres

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Henri Lacordaire
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12 mai 1802 à Recey-sur-Ource (Côte d’Or) – 20 novembre 1861 à Sorèze (Tarn)
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Religieux dominicain, avocat de formation puis prêtre, Henri Lacordaire tente de concilier le christianisme et le libéralisme politique. Avec le prêtre breton Félicité de Lamennais, il fonde en 1830 le journal L’Avenir mais celui-ci est condamné par le pape deux ans plus tard et Lacordaire fait amende honorable. Il inaugure en 1835 des Conférences à Notre-Dame de Paris, qui ont un vif retentissement chez les jeunes gens de l’école romantique.
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On lui doit cette forte formule : «Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit» (52e conférence de Notre-Dame).

Élu député de gauche à l’Assemblée constituante en 1848 comme son ancien ami Lamennais, il démissionne après la brutale répression des émeutes ouvrières de mai et juin 1848.

 

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patrick

avec l’aimable concours de hérodote.net

sources :

hérodote.net

wikipédia

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Brèves diverses

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Un prêtre victime de la Révolution en Normandie.

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La mémoire française de la Révolution est souvent l’objet de controverses (pas seulement historiques, loin de là…) et les débats autour du génocide vendéen, relancés par la publication du dernier ouvrage de Reynald Sécher, nous le rappellent quotidiennement ! Pourtant, la Révolution n’a pas été un long fleuve tranquille et a charrié dans son lit de nombreux cadavres, de la Corse à la Bretagne, en passant évidemment par Lyon, Avignon ou encore Savenay : si les manuels d’histoire accordent plus d’importance aux grands principes valorisés par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qu’à leur effective application (pourtant fort… nuancée !), les populations enracinées restent sensibles aux figures locales qui ont traversé la période, en y laissant parfois leur vie et quelques archives pas toujours accessibles, ou les redécouvrent, dans ce grand mouvement informel de recherche de « la mémoire des siens ».

Ainsi, dimanche 29 avril, la béatification de Pierre-Adrien Toulorge sera-t-elle suivie par 2.000 à 2.500 personnes à Coutances, dans la Manche… Le journal La Croix, dans son édition du 27 avril, raconte son histoire, si révélatrice et exemplaire au regard de la période agitée de la Terreur et des enjeux de sa mémoire souvent contrariée : « Pierre-Adrien Toulorge ou l’histoire d’un paradoxe : il y a quelques mois encore, dans la Manche, bien peu connaissaient la figure de ce prêtre guillotiné en 1793, en pleine Terreur. (…) Comme ses contemporains, il est profondément déstabilisé par la Révolution. Il cherchera d’ailleurs d’abord à fuir son destin sur l’île de Jersey. Pris de remords, il rentre sur le continent, où il prend le maquis et célèbre les sacrements clandestinement avant d’être arrêté. Lors de son procès, il cherche à tromper ses juges, avant de revenir sur sa déposition, réalisant qu’on ne peut sauver sa vie sur un mensonge.

« (…) Marc Beuve, président de l’association des Amis du P. Toulorge, se dit frappé par « la vérité et l’authenticité » du personnage. « Je ne sais pas si j’aurai eu son courage, confesse-t-il. L’accusation n’avait aucune preuve de son exil. Il faut être gonflé pour se laisser conduire à l’échafaud alors qu’un mensonge suffirait à vous sauver la peau. »

Bien sûr, la béatification est d’abord religieuse, mais cela n’empêche pas de réfléchir au contexte du martyre de ce prémontré guillotiné pour le simple fait d’avoir émigré à Jersey : la Terreur, qui est la période la plus triste et violente de cette Première République qui se voulait « libératrice » et, bien sûr, éternelle, a usé et abusé de la guillotine pour s’imposer et imposer sa conception du bien et celle de « l’homme nouveau » qu’elle entendait promouvoir, envers et contre tout, parfois contre (presque) tous !
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Mongazon 2

Prêtre caché par une bergère

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Certains me rétorqueront que toutes les grandes mutations se font dans une certaine tension qui peut s’avérer homicide, que cela soit la conquête des terres d’Amérique par les conquistadores ou les révolutions industrielles qui entraînèrent la mort de millions d’ouvriers et de mineurs (d’ailleurs au double sens du terme !) pour permettre l’industrialisation des sociétés contemporaines : une tension nécessaire pour accéder à un autre stade de développement humain, dit-on… Mais tension n’est pas toujours intention, me semble-t-il ! Or, dans le cas de la Terreur, l’intention de détruire des hommes mais aussi des communautés entières est, non seulement avérée, mais revendiquée, assumée, expliquée : « la fin justifie les moyens »… Il est une notion de « pureté » dans la logique de la Terreur (qui n’est qu’un moment de la Première République, et qui ne peut être confondue avec l’intégralité de ce régime auquel Napoléon donne un autre sens et un autre aboutissement que ceux avancés par ses premiers promoteurs…), une logique que l’on retrouve, sans doute, dans les paroles de La Marseillaise pourtant écrites avant même l’établissement de la République : « Qu’un sang impur abreuve nos sillons… ». Mais, contrairement à certains contre-révolutionnaires, je ne pense pas que Rouget de Lisle avouait par là-même une intention d’extermination ni même d’épuration humaine… Son chant est d’abord, on l’oublie un peu, un chant destiné à rassurer, à motiver les troupes françaises mais aussi à apeurer les soldats ennemis : les mots utilisés le sont plus de façon théâtrale qu’avec l’intention de mener une extermination froide d’ennemis vaincus ou prisonniers…

Or, la Terreur, elle, n’a pas cette excuse : ce sont bien des hommes vaincus, qu’elle sort de ses geôles pour les juger avec le couperet possible (c’est le cas de le dire !) en jugement dernier. Ce sont des hommes qui, dans le cas de ce prêtre, ne sont pas des combattants mais des opposants ou, pire (car l’intention prêtée à ceux que jugent les tribunaux révolutionnaires est parfois plus importante que les faits eux-mêmes…), des « suspects ».

Durant la Grande Terreur, la simple suspicion suffisait à envoyer à la guillotine ceux que la République accusait d’être des ennemis « par principe »… Pierre-Adrien Toulorge, accusé d’avoir simplement émigré, était coupable, selon le tribunal révolutionnaire, de beaucoup plus que cela : d’être « naturellement » un mauvais citoyen, un ennemi de la République, un « impur » qui devait être retranché de la nouvelle humanité révolutionnaire en étant définitivement tranché…

Aujourd’hui, la mémoire normande comme celle de l’Eglise lui rendent toute sa place dans la communauté, religieuse comme française, et sans chercher à juger ceux qui l’ont condamné : c’est mieux ainsi ! L’histoire ne doit pas être un « champ des vengeurs » après l’avoir été « des martyrs » : mais elle doit permettre de comprendre ce qui a entraîné tant d’horreurs et d’éviter, autant que faire se peut, qu’elles se reproduisent.

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Un peintre itinérant du XVe siècle : Antoine de Lonhy
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Jeudi 3 mai, le musée de Cluny consacrera sa conférence mensuelle au tableau récemment acquis d’Antoine de Lonhy, représentant saint Vincent-Ferrier prêchant, réalisé entre vers 1470-1480.
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Artiste itinérant, Antoine de Lonhy est originaire de Bourgogne. Il demeure d’abord à Châlon-sur-Saone où il est sollicité par le chancelier Nicolas Rolin et par son entourage. Vers 1450, il part pour Toulouse où il s’installe pendant une dizaine d’années. Son activité est ensuite documentée à Barcelone où il réalise ponctuellement plusieurs commandes, mais sa résidence principale est alors dans le duché de Savoie à Avigliana.
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Retable de la Mère de Dieu,
vers 1461-1462, ©MNAC Barcelone

Ses oeuvres ont d’abord été regroupées sous différents noms de conventions avant de lui être attribuées : le maître de la Trinité de Turin était un peintre de chevalet alors que le « maître des Heures de Saluces » était un enlumineur. L’activité documentée d’Antoine Lonhy attestait quant à elle son savoir faire de peintre verrier, de peintre de retable, de cartonnier et d’enlumineur. Son identification par François Avril a dès lors, réuni un corpus disséminé en Bourgogne (enluminures), à Toulouse (peinture murale et enluminures), Barcelone (vitraux et retable) et à Turin (retable, peintures murales, enluminures). Si certaines de ses oeuvres sont aujourd’hui perdues, comme le décor vitré réalisé pour le château de Nicolas Rolin à Authumes, il n’en reste pas moins un corpus abondant, notamment d’enluminures.
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Trinité souffante – Antoine de Lonhy,
vers 1470-1480, Museo Civico, Turin

Ce panneau de l’artiste, le seul actuellement conservé en France, aurait pour pendant un saint Dominique conservé à Turin. Pour qui a-t-il été réalisé? Le sujet – un prédicateur espagnol – indiquerait peut être une exécution lors de son passage en Espagne? La réponse jeudi avec Sophie Lagabrielle, conservateur en chef au Musée de Cluny.
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Saint Dominique, vers 1470-1480,

Galerie Sabauda, Turin
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Dis-moi qui t’informe je te dirai pour qui tu votes

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Quels électeurs pour quelles chaînes de radio et de télévision ? Quels journaux lisent les partisans de Mélenchon ou de Bayrou ? Une étude fait le point la question et démontre la couleur politique des médias.

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Publiée par le magazine Marianne, l’étude fait ressortir de nettes tendances :

1. Les médias tous public confondu
Ils attirent les électeurs de toutes sortes mais se raréfient, comme si la tendance était à l’engagement politique. Parmi les radios, seules RMC (49 % d’auditeurs de droite, 9 % du centre et 42 % de gauche), France Bleu (50 % d’auditeurs de droite, 9 % du centre et 41 % de gauche) et Europe 1 (49 %, 11 % et 38 %) attirent un public équilibré. Pour ce qui est de la presse écrite, la presse quotidienne régionale, la plus implantée, et les quotidiens gratuits peuvent également se targuer d’un public politiquement équilibré.

 

2. Les médias à fort public de droite
Ce sont aussi les électeurs les plus âgés. Côté télévision, TF1 rassemble 67 % de téléspectateurs de droite et le JT de M6, 49 %. NRJ se détache tout particulièrement parmi les électeurs de Marine Le Pen (33 % d’auditeurs), ce qui n’a bien sûr rien à voir avec l’orientation politique de cette station, qui tient à rester le plus neutre possible.

 

3. Les médias à fort public de gauche
Côté télévisions, le JT de France 2 capte 51 % d’électeurs de gauche, tout comme le « 19-20 » de France 3 (51 %, mais ce ne sont pas les mêmes) et le « Grand journal » de Canal + (59 %). Mais il ne s’agit pas des mêmes publics : France 2, tout comme Canal +, est regardée par un auditoire plutôt urbain, tandis que France 3 polarise la France périurbaine.

France Inter (72 %) et, dans une moindre mesure, France Info (49 %) séduisent les auditeurs de gauche, notamment la génération des soixante-huitards. A noter que Libération, très polarisé à gauche, possède un lectorat bien plus aisé que celui du Monde et du Figaro.

Enfin, concernant la presse hebdomadaire…
Paris Match penche nettement du côté droit : 65 % de ses lecteurs ont voté Sarkozy, Le Pen ou Dupont-Aignan (dont 20 % pour la candidate FN). Le Figaro Magazine (78 % de lecteurs de droite et du FN) et Valeurs actuelles (87 %) sont encore plus, et c’est logique, ancrés à droite.

Enfin, Marianne (74 % d’électeurs de gauche) dépasse le Nouvel Observateur (71 %) sur sa gauche, tandis que Le Point parvient tout de même à attirer 27 % d’électeurs de gauche.
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patrick

Éphéméride du 24 avril

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Le Dicton du Jour

Avril a trente jours. Si trente et un il avait, Personne ne s’en plaindrait

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Saints du jour

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–Saint Fidèle de Sigmaringen Capucin (+ 1622) Confesseur. Marc Roy est né à Sigmaringen en Souabe (Allemagne). Il étudia d’abord la philosophie et le droit et commença à Colmar une brillante carrière d’avocat. Il l’abandonne à 34 ans pour entrer chez les Capucins de Fribourg-en-Brisgau, se dépouillant de tous ses biens et prenant le nom de Fidèle. En ce temps-là, la réforme protestante s’étendait dans les pays germaniques. Fidèle se lança dans la controverse, par le ministère de la prédication. Sa parole et son exemple gagnèrent de nombreuses conversions. Même les protestants convaincus étaient séduits par ses paroles et l’appelaient « l’ange de la paix ». Pendant dix ans, il parcourut ainsi l’Allemagne du Sud, l’Autriche et la Suisse. Soucieux de la vie spirituelle des fidèles, il rédigea des « Exercices spirituels » selon l’esprit franciscain. Il fut finalement victime de son zèle apostolique. Au cours d’une mission dans le canton des Grisons en Suisse, il fut mis à mort par un petit groupe de protestants fanatiques. Saint-Fidèle donne la force d’échapper à des agresseurs.  

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autres Saints du jour

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–Saint Anthime Evêque et martyr à Nicomédie (+ 303) Eusèbe de Césarée, l’historien de cette époque, nous apprend qu’un incendie avait ravagé le palais impérial de Nicomédie. La cause n’en était sans doute qu’une chandelle mal éteinte ou l’étincelle d’une cuisine. Mais ce fut l’occasion d’accuser les chrétiens et l’empereur décida une persécution violente. Ils furent très nombreux à être arrêtés dans un massacre épouvantable. Tous ceux qui n’avaient eu le temps de s’enfuir, furent brûlés vifs. Quelques-uns jetés à la mer. Saint Anthime n’était pas connu des soldats qui poursuivaient les chrétiens. Comme ils arrivaient à la ferme où il se cachait, il les reçut, les invita en leur disant: « Vous ne connaissez pas l’évêque Anthime? moi je le connais, je vous le livrerai tout à l’heure. » Il leur offrit un repas comme pour fêter un heureux événement, puis il dévoila son identité. Il eut la tête tranchée.

 

Palais de Dioclétien à Nicomédie

–Saint Benoît Menni Fondateur des Sœurs Hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus (+ 1914) Le Père Benoît Menni naît le 11 mars 1841 à Milan. En 1858, lors de la bataille de Magenta, il aide au transport de grands blessés dirigés sur l’hôpital des Frères de Saint Jean de Dieu. C’est là que se dessine sa vocation hospitalière. Sa forte personnalité est bien vite reconnue par ses supérieurs qui le désignent pour l’Espagne où, avec les encouragements de Pie IX, il restaure l’Ordre auquel il appartient. Séduit par l’amour miséricordieux de Dieu, il consacre sa vie aux plus pauvres et, en 1881, il donne à l’Eglise une nouvelle famille religieuse : la Congrégation des Sœurs Hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus. Dieu n’épargne pas son fidèle serviteur : les épreuves de toutes sortes l’accompagnent jusqu’à sa mort survenue à Dinan (France), le 24 avril 1914. Sa béatification a été célébrée à Rome par le pape Jean-Paul II le 23 juin 1985, et sa canonisation le 21 novembre 1999.

Sainte Beuve (+ 673) Vierge. Elle fut abbesse de Saint Pierre de Reims, et c’est là qu’elle traça « glorieusement son chemin vers l’éternité ». Son incomparable vertu la fit vénérer de son vivant.

–Saint Duc (+ 1564) Martyr. Jeune chrétien de Mytilène, il était tailleur à Constantinople et travaillait surtout pour des Turcs fortunés. La femme de l’un d’entre eux s’éprit du jeune Duc, le poursuivant jusque dans son atelier. Devant ses refus, elle l’accusa au tribunal et comme Duc refusait d’apostasier, il fut condamné à un cruel supplice. Il fut dépecé vivant, en même temps qu’on lui retirait sa peau. On le laissa expirer ainsi dans les fers.   –Saint Dye (+ 531) Premier ermite dans la région de Blois, sur les bords de la Loire. Ascète studieux et missionnaire, il reçut la visite des pauvres et des puissants. Clovis vint lui demander conseil et son fils Childebert s’agenouilla devant le saint ermite dont la mémoire est conservée dans la localité de Saint Dyé sur Loire-41500.

 

L’EGLISE DE SAINT DYE

–Saint Egbert Moine à Iona (+ 729) Confesseur. Il était moine et s’efforça de mettre les Celtes en accord avec l’Eglise romaine sur la question de la date de Pâques : faut-il célébrer le jour anniversaire ? ou au dimanche qui correspond au rythme lunaire ? Une question qui fut discutée en Orient comme en Occident et dont la réponse n’est pas encore donnée entre beaucoup d’Eglises en Orient. Saint Egbert eut surtout le souci de l’évangélisation et envoya du monastère d’Iona en Ecosse saint Willibrord qui évangélisa la Frise et qui est l’un des fondateurs de l’Eglise qui le vénère à Luxembourg.

Abbaye de l’île d’Iona

–Sainte Elisabeth (5ème s.) Orpheline à douze ans, elle hérita de la fortune et des possessions de ses parents. Elle libéra ses esclaves, distribua sa fortune aux pauvres et entra au couvent de « la Petit-Cilline » à Constantinople qui était dirigé par sa tante paternelle. Elle mena une vie ascétique très zélée et fut choisie comme supérieure par sa communauté. Elle connut des extases mystiques qui la firent vénérer dès son vivant.

–Saints Eusèbe, Néon, Léonce, Longin et leurs compagnons martyrs à Nicomédie (+ 303) Eusèbe, Néon, Léonce, Longin, Christophe, Dimitrios, Danabos, Donat, Therin, Nestabe et Nikée qui, après avoir été cruellement tourmentés, périrent par le glaive, durant la persécution de Dioclétien à Nicomédie. Ils auraient été convertis en voyant le martyre de Saint Georges, leur légende est complémentaire de celle de celui-ci. –Saint Grégoire (4ème s.) Confesseur et évêque d’Elvire en Espagne, dont les écrits révèlent un prédicateur plein d’originalité et de vie, fidèlement attaché à la foi du Concile de Nicée. Elvire en français ou Iliberris en latin est le nom que portait la ville de Grenade (Espagne) avant la conquête islamique. –Saint Iorest (+ 1657) et saint Sava Brancovici, archevêque d’Alba-Julia en Transylvanie et chefs de l’Eglise roumaine qui eurent tous deux à souffrir pour la défense de l’Eglise romaine. Saint Elie Orest n’occupa son siège épiscopal que trois années. Arrêtés par des calvinistes, il fut tiré de sa prison pour être exposé, nu, devant sa cathedrale aux yeux de la foule. Puis il fut flagellé jusqu’au sang. Des fidèles payèrent une lourde rançon pour le libérer et il finit ses jours au monastère de Putna en Moldavie où il avait été moine dans sa jeunesse. Saint Sava, son successeur, fut aussi arrêté, mis en prison, et, chaque vendredi, il fut lui aussi flagellé et torturé dans l’espérance de le faire apostasier. Libéré sur les instances d’un voïvode, il mourut peu après.

La tour de la cathédrale d’Alba-Julia

–Saint Joseph (+ 1711) Evêque de Maramures en Roumanie, il fut un pasteur infatigable pour la défense de l’orthodoxie devant les calvinistes. En cette époque de division, il fut accusé d’une manière diffamatoire, jeté en prison et interdit d’exercer sa charge épiscopale après avoir été relâché. –Saintes Marie de Cléophas et Salomé (1er s.) À Jérusalem, commémoraison des saintes femmes Marie de Cléophas et Salomé, qui, avec Marie-Madeleine, vinrent de grand matin au tombeau du Seigneur, pour embaumer son corps, et entendirent les premières l’annonce de sa résurrection. (martyrologe romain – 24 avril) Marie, femme de Cléophas (ou Clophas), proche parente de la Vierge Marie, près de laquelle elle se trouvait au pied de la Croix de Jésus. Elle est témoin de la Résurrection. Elle serait la mère de l’apôtre Saint Jude et des deux premiers évêques de Jérusalem: l’apôtre Saint Jacques le Mineur et Saint Siméon martyr. Elle accompagna le Christ jusqu’au calvaire, se rendit au tombeau le matin de Pâques, puis revint annoncer aux apôtres incrédules la Résurrection du Seigneur. « …près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la soeur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. » (Jean 19, 25) Dans l’église Notre Dame la Grande de Poitiers, on peut admirer le groupe en bois polychrome, adossé au premier pilier du collatéral nord, dit la Sainte Parenté (XVIème siècle), sainte Anne, la Vierge, Marie Cléophas, Marie Salomé, l’Enfant Jésus, les fils des deux Marie Cleophas et Salomé. A Nevers, dans la cathédrale Saint Cyr et Sainte Julitte, mise au tombeau en pierre polychrome, datant de la fin du XVe siècle, les personnages sont représentés grandeur nature: La Vierge, saint Jean, Marie-Salomé et Marie-Cléophas, portant chacune un pot à parfums, Marie-Madeleine, Nicodème et Joseph d’Arimathie. –Bienheureuse Marie-Elisabeth Hesselblad (+ 1957) Religieuse suédoise, elle fut une des pionnières de l’oecuménisme et fonda l’ordre du Très Saint Sauveur appelé aussi de Sainte Brigitte. Elle s’était dévouée pour les malades et c’est auprès d’eux qu’elle découvrit le sens de la croix au coeur de toute vie humaine, révélation ultime de l’amour du Père. Elle s’engagea pour la cause de l’Unité des chrétiens par la prière et le témoignage. Le pape Jean Paul II le souligna lors de sa béatification durant le jubilé 2000.   –Sainte Marie-Euphrasie Pelletier Fondatrice de l’Institut du Bon-Pasteur (+ 1868) Née à Noirmoutiers, elle entra, à dix-neuf ans, dans l’Ordre de Notre-Dame de Charité, fondé par saint Jean Eudes deux siècles plus tôt, congrégation dans laquelle les filles repenties peuvent mener la vie religieuse contemplative. Plus tard et dans le même esprit, elle fonda à Angers la Congrégation du Bon Pasteur. Elle meurt à Angers le 24 avril 1868. Béatifiée en 1933, canonisée en 1940. Autre biographie: Sainte Marie-Euphrasie Pelletier était la fille d’un médecin bienfaisant; elle naquit le 31 juillet 1796 dans la petite île de Noir-moutiers, sur la côte de Vendée. Pendant qu’elle était au pensionnat à Tours, elle connut le « Couvent du Refuge » où de jeunes femmes, qui n’avaient pas su diriger leur vie et étaient sorties du droit chemin, étaient reconquises pour Jésus-Christ, le Bon Pasteur, par des religieuses vêtues de blanc. Elle entra dans cette maison et en fut la supérieure à 29 ans. Elle était si accoutumée à voir toutes choses dans la lumière de Dieu, et elle avait aussi une telle intuition de l’oeuvre de Dieu dans les âmes, qu’elle eut le courage, surmontant la résistance bien compréhensible de sa maison, de réunir en communauté religieuse à l’intérieur du couvent ces filles et ces femmes du Refuge, auxquelles beaucoup avait été pardonné et qui ne cherchaient plus maintenant qu’à aimer Dieu. Ces pénitentes ou Madeleines vivent selon la règle des Carmélites sous la direction d’une des religieuses. En 1829, l’évêque d’Angers demanda au couvent de Tours des religieuses pour une maison d’éducation destinée à des jeunes filles moralement égarées. La jeune supérieure accepta la fondation et y fut bientôt envoyée elle-même pour surmonter les difficultés qui n’étaient pas petites au début. Elle avait dit un jour: « Dieu m’a donné une double tâche: développer l’oeuvre des repenties et éveiller des vocations religieuses ». Vers elle accoururent des troupes de jeunes filles. Mère Marie-Euphrasie débutait alors la réalisation de ce que le Seigneur lui avait montré un jour dans la prière au moyen de l’image d’une ruche d’où s’envolent de nombreux essaims. L’oeuvre appelée à prendre une si extraordinaire expansion ne devait pas se faire sans la souffrance mais la force de la supporter lui fut donnée par la grâce de Celui qui, au commencement de ces épreuves, lui avait dit: « Attends, tais-toi, prie, souffre et espère. » Ces mots devinrent sa devise. « Notre institut, disait-elle, ne doit connaître que la voie de l’amour. » Cet amour lui gagna les coeurs des « enfants » et des « mères », qu’elle réunit en si grandes troupes pour le bien des âmes qu’il dut être fondé des Provinces avec leurs propres maisons-mères et leurs propres noviciats. A sa mort, l’association comptait 2,760 membres, 962 Madeleines, 14,755 élèves et enfants, réparties en 110 maisons et en 16 provinces religieuses. L’intrépide fondatrice mourut du cancer le 24 avril 1868. Mère Marie-Euphrasie Pelletier a été canonisée le jour de l’Ascension 1940 par sa Sainteté Pie XII. W. Schamoni, Le Vrai Visage des Saints, Desclée de Brouwer, p. 281-282 –Saint Mellitus Evêque de Cantorbéry (+ 624) Moine de Rome que le pape saint Grégoire le Grand envoya en Angleterre. Il fut sans doute le premier évêque de Londres et fonda le monastère de Westminster. Dans cette époque encore troublée par la lutte entre le christianisme naissant chez les Anglo-saxons et le paganisme, saint Mellit dut se réfugier durant quelque temps en France. Il revint en Angleterre et fut alors évêque de Cantorbery.

Cathédrale de Cantorbéry La tour

centrale et le transept sud vers 1821

Autre biographie: Abbé du monastère Saint-André, il est envoyé en Angleterre par Saint-Grégoire le Grand. Au bout de trois ans, il est nommé évêque des Saxons de l’est. Il réussit à convertir le roi Sabert (Sigebert) mais lorsqu’il décède, ses trois fils païens chassent Mellitus qui revient en Gaule. Quelque temps après, il peut de nouveau se rendre en Angleterre, où il succède à Saint-Laurent comme archevêque de Cantorbery (+ 624)

–Saint Nicolas de Magnèsie Martyr (+ 1795) Il avait vingt-deux ans et s’apprêtait au mariage quand il partit en ville, à Magnésie, pour les autorisations nécessaires. Il portait des chaussures turques et le fez. Comme il lui fut demandé s’il était musulman, il le nia mais, parce qu’il était vêtu comme un musulman, il fut accusé d’apostasie et fut condamné à mort. Flagellé sur tout le corps, il fut jeté à demi-mort dans la prison où il mourut en action de grâces pour aller jouir des noces éternelles. –Saint Robert de la Chaise-Dieu Fondateur de l’abbaye de la Chaise-Dieu (+ 1067) –Saint Wilfrid Archevêque d’York (+ 709) Depuis les invasions anglo-saxonnes, l’Eglise était divisée comme le pays. D’un côté les Bretons ou celtes de vieille chrétienté qui refusaient l’envahisseur. De l’autre les Angles et les Saxons. L’Eglise celte refusait l’archevêque anglais de Cantorbery et vivait pratiquement autonome. L’Eglise anglo-saxonne fondée par saint Augustin, cent ans auparavant, était soumise au siège romain. Ce fut grâce à saint Wilfrid et à quelques autres que ces chrétientés fusionnèrent au VIIème siècle et que l’unité religieuse régna dans le pays. Mais la vie de Wilfrid fut très mouvementée. Moine de Lindisfarn, le jeune garçon poursuivit ses études à Cantorbery. Un saint moine, Benoît Biscop, le prit alors comme accompagnateur pour aller à Rome. Et ce voyage fut, pour saint Wilfrid, le début de toute une série. Lorsque les voyageurs passèrent par Lyon, l’évêque de ce diocèse, Delphin, le retint auprès de lui une année entière. A Rome, il se familiarisa avec la pratique de la liturgie et, en rentrant en Angleterre, il se fit l’apôtre de la liturgie romaine. Il fonda le monastère de Ripon en Angleterre. Devenu évêque d’York, il fit entrer au couvent la femme du roi Egfrid qui ne le lui pardonna pas et l’empêcha de rester dans son diocèse. Saint Wilfrid connut ainsi l’emprisonnement puis, par deux fois, l’exil dont il profita pour évangéliser le Sussex, la Hollande et même l’Austrasie où il faillit devenir évêque de Strasbourg. Il put enfin retourner dans son pays et y passer à peu près tranquillement les quatre dernières années de sa vie. Un historien anglais écrit de lui: « Il a fait tant de bien qu’on lui pardonne aisément ses imperfections et ses foucades. » Pendant quarante-cinq ans d’épiscopat, il travailla avec ardeur, et non sans peine. Contraint plusieurs fois de céder à d’autres son siège d’York, il se retira soit parmi les moines de Ripon, dont il avait été abbé, soit parmi ceux de Hexham, une de ses fondations. Il mourut à Oundle, une autre de ses fondations, et fut inhumé à Ripon. (24 avril au martyrologe romain)

 

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LES TREIZE MARTYRS JUIFS DE TROYES (1288)

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En 1288, les juifs de Troyes, en Champagne, sont accusés d’homicide rituel. Durant la pâque juive, en effet, un cadavre avait été introduit dans la maison d’Isaac Châtelain, de la noblesse juive, pour faire retomber sur lui la faute d’un homicide commis par d’autres. Les franciscains et les dominicains, chargés de l’enquête, en viennent à mettre sous ce chef d’accusation la communauté juive de la ville ; un massacre s’annonce. Pour sauver la communauté tout entière de la catastrophe qui menace, treize juifs, presque tous de la famille de Châtelain, se sacrifient en s’accusant d’un délit qu’ils n’ont jamais commis. Ils seront brûlés sur le bûcher le jour même. L’accusation d’homicide rituel (on accusait les juifs de célébrer de la Pâque par un sacrifice humain), une des révoltes les plus absurdes et infamantes contre les fils d’Israël, avait commencé à provoquer des massacres en France à partir de 1771. C’est à cette date qu’à Blois fut mise à exécution la première condamnation au bûcher, qui a frappé toute la communauté juive de la ville. Lecture Sur la place est amené rabbi Isaac Châtelain Qui pour Dieu laissa toute rente et maison. Il va vers son Seigneur, il était riche de biens, Bon auteur de grands et petits commentaires du Talmud. Deux frères sont brûlés, l’aîné et le benjamin ; Le plus petit est atterré par le feu qui le dévore : « Aaron, je suis tout en flammes ! »et l’aîné de l’apaiser en lui expliquant : « Tu vas au paradis : je t’en garantis » (Lamentation juive en français médiéval).

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MARTYRS DU GENOCIDE ARMENIEN (1915-1918)

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La nuit du 23 au 24 avril 1915 sont arrêtés en masse à Constantinople des hommes politiques, des ecclésiastiques, des journalistes, des avocats et des gens de lettres arméniens, sous le prétexte qu’une rébellion, préméditée par tous les Arméniens résidant en Turquie, va se produire. C’est le début de ce qui sera le second génocide de l’histoire, quant aux nombres, après celui perpétré par le régime nazi contre les juifs. Déportations massives et traitements inhumains porteront 1’500’000 Arméniens, entre 1915 et 1918, à la disparition sur le chemin de l’exil et dans les sables de la Syrie. Tous ceux qui réussissent à fuir se rassembleront dans les camps de réfugiés du Moyen-Orient ou au-delà des première montagnes du Caucase.

Même s’il n’est pas facile de défaire le nœud complexe de la foi, de l’identité nationale et de l’action politique tournée vers l’indépendance, qui conduisit au génocide de leur peuple, les Arméniens révèrent comme des martyrs leurs frères qui sont morts, durant la première guerre mondiale, persécutés par haine de leur foi et de leur différence. Il est par ailleurs historiquement reconnu que seuls très peu d’entre eux, pour échapper à la furie destructrice des Turcs, se convertirent à l’islam en reniant la foi de leurs pères.

Monument bruxellois13 aux
victimes du génocide arménien

Lecture Ils nous apportèrent à manger, mais personne n’en avait plus envie. Nous étions bouleversés. Chacun racontait ce qu’il avait vécu et partageait ses peurs devant l’avenir. Nous avions cherché tout de même à nous restaurer, quand la pauvre arménienne, déchirée par les remords pour s’être convertie à l’islam, me supplia de bénir la table, de la considérer comme celle d’un chrétien. Alors tous éclatèrent en sanglots ; tous pleurèrent : hommes, femmes, enfants. Nous terminons le Notre Père en gémissant. Depuis longtemps désormais nous avions oublié le rire : c’étaient les années de la lutte et des larmes. (Grigoris Balakian, Le Golgotha arménien).

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Naissances célèbres

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–Vincent de Paul Naissances : Saint Vincent de Paul 24 avril 1581 à Pouy – 27 septembre 1660 à Paris Ce prêtre charismatique est né en 1581 dans une famille pauvre du village de Pouy (ou Paul), près de Dax, dans les Landes. Ordonné prêtre en 1600, il est ensuite capturé par des pirates et devient esclave à Tunis… S’étant échappé, il entre au service de la reine Margot, à la cour d’Henri IV. Son destin bascule en 1617. Il se met au service des humbles, devient curé de campagne, est nommé aumônier général des galères et fonde différentes confréries charitables… –1845 Carl Spitteler, prix Nobel de littérature en 1919. Naissances : Carl Spitteler –1849 Joseph Gallieni, militaire, gouverneur général de Madagascar où dépose la nouvelle reine, Ranavalona III, Ministre de la guerre en 1915, Maréchal (à titre posthume). Naissances : Joseph Gallieni –Philippe Pétain 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais, France) – 23 juillet 1951 à Port-Joinville (île d’Yeu, France) Le futur vainqueur de Verdun est issu d’une famille de paysans honnêtes et pieux. Officier républicain, indifférent à la religion, il s’attire des inimitiés à l’École de Guerre en raison de son opposition aux théories alors en vogue, qui prônent l’offensive à outrance. Pendant la Grande Guerre, sa nomination en février 1916 à la tête de la 2e armée avec mission de défendre Verdun lui ouvre les portes de la célébrité. En novembre 1918, il éclate en sanglots quand le généralissime Foch lui interdit de poursuivre l’offensive jusqu’à Berlin. Le 8 décembre 1918, il n’en reçoit pas moins son bâton de maréchal. En juillet 1940, la France ayant été envahie par l’armée allemande, le Maréchal, doté des pleins pouvoirs par la Chambre des députés, met sa popularité au service de la collaboration avec l’occupant. Il croit ce faisant servir les intérêts de la France. Ses compromissions lui valent d’être condamné à mort après la Libération. De Gaulle, chef du gouvernement provisoire, le grâcie en considération de son grand âge et il va finir ses jours en prison.

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décès célèbres

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–1960 Max von Laue, prix Nobel de physique en 1914. –1964 Gerhard Domagk, biochimiste, prix Nobel de physiologie et médecine en 1939 pour ses travaux sur la chimiothérapie par les sulfamides et pour la découverte de l’action de la sulfachrysoïdine. –1967 Vladimir Mikhaïlovitch Komarov, cosmonaute.

Décès : Vladimir Mikhaïlovitch Komarov

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événements

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— 0858 Election du pape saint Nicolas Ier le Grand. Evènements : Nicolas Ier le Grand –24 avril 1558 : Mariage de Marie Stuart et François de Valois Marie Stuart épouse le Dauphin François, héritier du trône de France, le 24 avril 1558, à Notre-Dame-de-France. Les époux ont l’un et l’autre 15 ans. Ils ont été élevés ensemble à la cour de France. La jeune reine d’Écosse, fille de Marie de Guise et du roi Jacques V, signe un acte secret par lequel elle promet de céder à la France ses droits sur l’Écosse… et l’Angleterre si elle venait à mourir sans enfant ! –1617 A l’instigation de son favori Albert de Luynes (qui fut d’abord page de Henri IV), Louis XIII fait abattre Concino Concini, marquis d’Ancre et maréchal, dans la cour du Louvre, à coups de pistolet, par le baron de Vitry, capitaine des gardes. Concini était l’amant notoire de la reine mère. Sa femme, Léonora Galigaï, accusée de judaïsme, de magie, de sortilèges et d’avoir ensorcelé la reine mère sera condamnée comme sor­cière, décapi­tée et brûlée le 8 juillet. Evènements : Louis XIII de France Evènements : Concino Concini –1662 Arrêt du Conseil, qui donne la liberté à toutes les personnes détenues dans les prisons de Normandie pour cause de magie et de sortilège. –1800 Fondation de la bibliothèque du congrès des Etats Unis d’Amérique. C’est la plus grande du monde avec ses 20 millions de volumes rangés sur 563 kilomètres de rayons dans deux batiments totalisant 14 hectares. –24 avril 1884 : L’Allemagne annexe le Sud-Ouest africain Le 24 avril 1884, le chancelier Otto von Bismarck proclame la souveraineté de l’Empire allemand sur le Lüderitz-land ou Sud-Ouest africain (l’actuelle Namibie). De ce jour date la naissance de l’empire colonial allemand. Il disparaîtra en 1918 suite à la défaite de l’Allemagne au terme de la Première Guerre mondiale. –1900 La course automobile de vitesse du tour de l’Angleterre est limitée à 20 km/h ! –1913 Inauguration à Manhattan, USA du plus haut gratte-ciel du monde de l’époque, le Woolworth Building (241 mètres). –1915 Les Turcs arrêtent et assassinent 600 notables arméniens d’Istambul dans ce que de nombreux pays, sauf la Turquie, reconnaissent comme le début du génocide arménien. Les arrestations, déportations et exécutions dans le reste du pays se déroulent dans les jours et les mois qui suivent, particulièrement en Anatolie où à peu près toute la population arménienne disparait. –24 avril 1916 : « Pâques sanglantes » à Dublin Le lundi de Pâques du 24 avril 1916, à Dublin, un groupe d’Irlandais du Sinn Fein et de l’IRB se soulève contre le colonisateur britannique, à l’initiative de Sir Roger Casement et James Connolly. Ils forment ce que l’on appellera un peu plus tard l’Irish Republican Army (IRA)… Parmi eux, Sean Mac Bride, qui deviendra Premier ministre de la République d’Irlande avant de fonder Amnesty International et d’obtenir pour cela le Prix Nobel de la Paix !

Drapeau

Drapeau

L’insurrection annonce l’indépendance de l’Irlande du sud, cinq ans plus tard. Eamon de Valera, rescapé de l’insurrection, deviendra le premier président de la nouvelle République… –1938 En Tchécoslovaquie, un congrès des Allemands des Sudètes réclame la création d’un État national sudète. –1950 La Cisjordanie et la Transjordanie deviennent le Royaume de Jordanie. –1951 La France autorise la corrida dans les régions où « une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».

Corrida aux arènes d’Arles.

–1955 Fin de la Conférence des pays non-alignés à Bandoeng, Indonésie. Du 17 au 24 avril 1955, lors de la Conférence afro-asiatique à Bandung, 29 pays africains et asiatiques condamnent le colonialisme sous toutes ses formes. Cette conférence, initiée notamment par le Premier ministre indien Nehru, est à l’origine du Mouvement des non-alignés qui sera fondé en 1961. –1975 Premières élections au Portugal depuis un demi siècle. Drapeau du Portugal –1981 IBM lance le PC, Personnal Computer. –1989 Herbert Von Karajan démissionne de son poste de directeur musical de l’orchestre philharmonique de Berlin. –1992 Quatorze ans, il a fallu quatorze ans avant que la compagnie responsable de l’Amoco Cadiz soit condamnée à payer 1 milliard de franc à l’état français et 230 millions au 90 communes touchées par la marée noire. Heureusement que ces communes n’ont pas attendues d’avoir l’argent pour nettoyer les plages. Merci à tous les avocats du pétrolier pour avoir fait durer le suspense et pour avoir retardé le verdict.

The Amoco Cadiz off the coast of Brittany, France on March 16, 1978.jpeg L’Amoco Cadiz échoué en train de couler

L’histoire servira lors du naufrage de l’Erika le 12 décembre 1999. En effet les maires des communes apprenant le naufrage feront établir par huissier un constat de propreté des plages avant l’arrivée de la pollution. –1997 Les quatre profanateurs du cimetière juif de Carpentras en 1990 sont condamnés à des peines de prison ferme allant de deux ans à 20 mois à de prison ferme par le tribunal correctionnel de Marseille.

Entrée du cimetière juif de
Carpentras (proche de l’Aqueduc
du Canal de Carpentras)

–1998 L’Assemblée nationale adopte à l’unanimité une loi qui interdit la fabrication, la vente, le stockage et l’utilisation des mines anti-personnelles.  

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Saint Vincent de Paul (1581 – 1660)«Monsieur Vincent», un saint à la Cour

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Vincent de Paul meurt en odeur de sainteté à Paris le 27 septembre 1660, à 80 ans, au terme d’une vie prodigieuse toute orientée vers la charité et l’Évangile. Saint Vincent de Paul Ce prêtre charismatique est né en 1581 dans une famille pauvre du village de Pouy (ou Paul), près de Dax, dans les Landes. Le village s’appelle aujourd’hui Saint-Vincent-de-Paul et l’on y peut visiter l’humble chaumière familiale. Après de bonnes études de théologie à Toulouse, il est ordonné prêtre en 1600. Ses débuts sont obscurs. Lors d’un voyage en Méditerranée, il est capturé par les pirates barbaresques et emmené en captivité à Tunis. Il est vendu comme esclave à un alchimiste qui le traite plutôt bien avant qu’il ne s’échappe en 1607 et gagne Rome.

Une vie au service des humbles ——===ooOoo===——

Avec une recommandation du Saint-Siège, il entre à la cour du roi Henri IV et devient l’aumônier de la reine Margot, autrement dit son «distributeur d’aumônes» (le mot aumônier n’a plus aujourd’hui la même signification). Il suit avec ferveur les prêches du cardinal Pierre de Bérulle et devient l’ami de François de Sales. L’épouse du prince Philippe Emmanuel de Gondi, général des galères, qui appartient à l’une des plus riches familles de France, lui demande plus tard d’éduquer ses enfants. En 1617, au chevet d’un mourant, le destin du prêtre bascule. Vincent découvre les vertus de la confession qu’il va dès lors s’appliquer à populariser. Il prend surtout conscience de la grande misère du peuple et du recul de la foi chrétienne dans les campagnes autant qu’à la cour, sous l’effet de la pensée rationaliste et «libertine». C’est l’époque où le philosophe René Descartes place la raison au-dessus de tout et, à son corps défendant, conduit les esprits cultivés à remettre en cause les fondements de la foi. Vincent se fait nommer curé de Châtillon-les-Dombes, une pauvre paroisse en voie de déchristianisation située au nord-est de Lyon. Pour soulager l’immense misère paysanne, il fonde sa première confrérie de la Charité avec le concours des riches dames de la contrée.

Oeuvres de charité ——===ooOoo===——

Deux ans plus tard, Vincent poursuit son apostolat sur les terres du comte de Gondi. Il est en même temps nommé aumônier général des galères. Tout cela sans renoncer à ses fonctions à la cour, qui lui permettent de recueillir des fonds pour ses oeuvres mais lui valent aussi de se faire de nombreux ennemis. Grâce à un don de Madame de Gondi, «Monsieur Vincent»(c’est ainsi que chacun le désigne eu égard à son infinie douceur et à sa bonhomie) crée la Société des Prêtres de la Mission en vue de la réévangélisation des campagnes. Ses membres sont connus sous le nom de lazaristes du fait que leur siège est un prieuré de Saint-Lazare. L’infatigable prêtre fonde plusieurs confréries charitables, notamment les Filles de la Charité ou «Soeurs de Saint Vincent-de-Paul». Cette institution au service des enfants trouvés, des malades et de tous les malheureux, connaîtra un essor considérable sous l’impulsion de Louise de Marillac. Vincent de Paul distribue de la soupe aux enfants des rues, collecte des fonds pour la Lorraine endeuillée par la guerre, réconforte les galériens… Il assiste aussi le roi Louis XIII sur son lit de mort. Nommé président du Conseil de conscience par la régente Anne d’Autriche, il se tient soigneusement à l’écart des troubles de la Fronde mais gère sans ménagement les affaires ecclésiastiques. C’est ainsi qu’il déplace les évêques déméritants et consacre toute son énergie à améliorer la formation du clergé. Par son exemple et son charisme, saint Vincent de Paul participe au renouveau de la foi catholique en France au XVIIe siècle aux côtés de François de Sales et de Mère Angélique de Port-Royal. Le prêtre a été canonisé sans difficulté en 1737. Sa dépouille repose dans la chapelle des lazaristes, au coeur de la capitale française.

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.24 avril 1617 Assassinat de Concini

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Dans les années qui suivent l’assassinat du roi Henri IV, la France connaît l’agitation propre à toutes les régences. Celle de la reine Marie de Médicis s’avère plus périlleuse qu’aucune autre. La reine écarte les anciens ministres de son époux, dont le sage Sully, et s’entoure d’intrigants et de parvenus, dont le plus connu est Concino Concini, alias «Conchine» (prononciation à la française de Concini). Cet Italien a épousé la soeur de lait de Marie de Médicis, Leonora Dori, dite la Galigaï.

Vengeance de roi

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La régente lui a remis le gouvernement du royaume et l’a fait marquis d’Ancre et même maréchal et amiral sans qu’il n’ait jamais combattu ni commandé de navire. Au grand mécontentement de la cour, ce clan pille sans vergogne le Trésor cependant que Marie de Médicis s’adonne sans limite à sa passion des bijoux et de l’astrologie. Le favori commet aussi l’erreur de rudoyer le jeune Louis XIII. Le 24 avril 1617, celui-ci le fait assassiner avec le concours de son ami Albert de Luynes. « Merci, grand merci à vous ! À cette heure, je suis roi ! s’exclame le souverain (17 ans) à l’adresse des assassins. Dans la foulée, il fait brûler la Galigaï sous l’accusation de sorcellerie. La ville d’Ancre, en Picardie, est rebaptisée Albert en l’honneur du nouveau favori (la rivière qui la traverse a conservé le nom d’Ancre). Par ce «coup de majesté», Louis XIII affirme son autorité. Mais il a aussi la mauvaise idée d’écarter Armand du Plessis de Richelieu, conseiller efficace de sa mère, au profit de l’inepte duc de Luynes. Il se ravisera sept ans plus tard…

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 24 avril 1915 Le génocide arménien

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Le samedi 24 avril 1915, à Constantinople , capitale de l’empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C’est le début d’un génocide, le premier du XXe siècle. Il va faire environ 1,2 million de victimes dans la population arménienne de l’empire turc. Sur les horreurs de ces massacres.                                                    La République turque et le génocide

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La République turque, qui a succédé en 1923 à l’empire ottoman, ne nie pas la réalité des massacres mais en conteste la responsabilité et surtout rejette le qualificatif de     génocide. Les Turcs les plus accommodants attribuent la responsabilité des massacres à un régime disparu, le sultanat, ou aux aléas de la guerre. Le gouvernement d’Istamboul, allié de l’Allemagne contre la Russie, la France et l’Angleterre, pouvait craindre une alliance entre les Russes et les Arméniens de l’intérieur, chrétiens comme eux. Ils font aussi valoir que ces massacres n’étaient pas motivés par une idéologie raciale. Ils ne visaient pas à l’extermination systématique du peuple arménien. Ainsi, les Arméniens de Jérusalem et de Syrie, alors possessions ottomanes, n’ont pas été affectés par les massacres. Beaucoup de jeunes filles ont aussi pu sauver leur vie en se convertissant à l’islam et en épousant un Turc, une «chance» dont n’ont pas bénéficié les Juives victimes des nazis… Pour les mêmes raisons, certains historiens occidentaux contestent également le qualificatif de génocide.

Un empire composite

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Aux premiers siècles de son existence, l’empire ottoman comptait une majorité de chrétiens (Slaves, Grecs, Arméniens, Caucasiens, Assyriens….). Ils jouaient un grand rôle dans le commerce et l’administration, et leur influence s’étendait au Sérail, le palais du sultan. Ces «protégés» (dhimmis en arabe coranique) n’en étaient pas moins soumis à de lourds impôts et avaient l’interdiction de porter les armes. Les premiers sultans, souvent nés d’une mère chrétienne, témoignaient d’une relative bienveillance à l’égard des Grecs orthodoxes et des Arméniens monophysites. Ces derniers étaient surtout établis dans l’ancien royaume d’Arménie, au pied du Caucase, premier royaume de l’Histoire à s’être rallié au christianisme ! Ils étaient majoritaires aussi en Cilicie, une province du sud de l’Asie mineure que l’on appelait parfois «Petite Arménie». On en retrouvait à Istamboul ainsi que dans les villes libanaises et à Jérusalem. L’empire ottoman comptait environ 2 millions d’Arméniens à la fin du XIXe siècle sur une population totale de 36 millions d’habitants.

Ébauche de génocide

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Après une tentative de modernisation par le haut, dans la période du Tanzimat, entre 1839 et 1876, l’empire ottoman entre dans une décadence accélérée. Le sultan Abdul-Hamid II attise sans vergogne les haines religieuses pour consolider son pouvoir (les derniers tsars de Russie font de même dans leur empire). Entre 1894 et 1896, comme les Arméniens réclament des réformes et une modernisation des institutions, le sultan en fait massacrer 200.000 à 250.000 avec le concours diligent des montagnards kurdes. À Constantinople même, la violence se déchaîne contre les Arméniens du grand bazar, tués à coups de gourdin. Un million d’Arméniens sont dépouillés de leurs biens et quelques milliers convertis de force. Des centaines d’églises sont brûlées ou transformées en mosquées… Rien qu’en juin 1896, dans la région de Van, au coeur de l’Arménie historique, pas moins de 350 villages sont rayés de la carte. Ces massacres planifiés ont déjà un avant-goût de génocide. L’Américain George Hepworth enquêtant sur les lieux deux ans après les faits, écrit : «Pendant mes déplacements en Arménie, j’ai été de jour en jour plus profondément convaincu que l’avenir des Arméniens est excessivement sombre. Il se peut que la main des Turcs soit retenue dans la crainte de l’Europe mais je suis sûr que leur objectif est l’extermination et qu’ils poursuivront cet objectif jusqu’au bout si l’occasion s’en présente. Ils sont déjà tout près de l’avoir atteint» (*). Les Occidentaux se contentent de plates protestations. Il est vrai que le «Sultan rouge» fait le maximum pour dissimuler son forfait et même paie la presse européenne pour qu’elle fasse silence sur les massacres. Abdul-Hamid II joue par ailleurs la carte de chef spirituel de tous les musulmans en sa qualité de calife. Il fait construire le chemin de fer du Hedjaz pour faciliter les pèlerinages à La Mecque. Il se rapproche aussi de l’Allemagne de Guillaume II. Mais ces initiatives lui valent d’être déposé en 1909 par le mouvement des «Jeunes-Turcs». À l’origine du sentiment national turc, ces derniers lui reprochent de livrer l’empire aux appétits étrangers et de montrer trop de complaisance pour les Arabes.

Les «Jeunes-Turcs» veulent se démarquer des «Vieux-Turcs» qui, au début du XIXe siècle, s’opposèrent à la modernisation de l’empire. Ils installent au pouvoir un Comité Union et Progrès (CUP, en turc Ittihad) dirigé par Enver pacha (27 ans), sous l’égide d’un nouveau sultan, Mohamed V. Ils donnent au pays une Constitution… ainsi qu’une devise empruntée à la France: «Liberté, Égalité, Fraternité». Ils laissent espérer un sort meilleur aux minorités de l’empire, sur des bases laïques. Mais leur idéologie emprunte au nationalisme le plus étroit. Confrontés à un lent démembrement de l’empire multinational et à sa transformation en puissance asiatique (l’empire ne possède plus en Europe que la région de Constantinople), ils se font les champions du «touranisme». Cette idéologie prône l’union de tous les peuples de langue turque ou assimilée, de la mer Égée aux confins de la Chine (Anatolie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, etc) (*). Dès leur prise de pouvoir en 1909, les Jeunes-Turcs, soucieux de créer une nation turque racialement homogène, multiplient les exactions contre les Arméniens d’Asie mineure. On compte ainsi 20.000 à 30.000 morts à Adana le 1er avril 1909… Ils lancent des campagnes de boycott des commerces tenus par des Grecs, des Juifs ou des Arméniens, en s’appuyant sur le ressentiment et la haine des musulmans turcs refoulés des Balkans. Ils réécrivent l’Histoire en occultant la période ottomane, trop peu turque à leur goût, et en rattachant la race turque aux Mongols de Gengis Khan, aux Huns d’Attila, voire aux Hittites de la haute Antiquité. Ce nationalisme outrancier ne les empêche pas de perdre les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913.

La Turquie dans la guerre de 1914-1918

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Le 8 février 1914, la Russie impose au gouvernement turc une commission internationale destinée à veiller aux bonnes relations entre les populations ottomanes. Les Jeunes-Turcs ravalent leur humiliation mais lorsque la Grande Guerre éclate, en août de la même année, ils poussent le sultan Mahomet V à entrer dans le conflit, aux côtés des Puissances centrales (Allemagne et Autriche), contre la Russie et les Occidentaux.

Le sultan déclare la guerre le 1er novembre 1914. Les Turcs tentent de soulever en leur faveur les Arméniens de Russie. Mal leur en prend… Bien qu’en nombre supérieur, ils sont défaits par les Russes à Sarikamish le 29 décembre 1914. L’empire ottoman est envahi. L’armée turque perd 100.000 hommes. Elle bat en retraite et, exaspérée, multiplie les violences à l’égard des Arméniens dans les territoires qu’elle traverse. Les Russes, à leur tour, retournent en leur faveur les Arméniens de Turquie. Le 7 avril 1915, la ville de Van, à l’est de la Turquie, se soulève et proclame un gouvernement arménien autonome. Dans le même temps, à l’initiative du Lord britannique de l’Amirauté, un certain Winston Churchill, les Français et les Britanniques préparent un débarquement dans le détroit des Dardanelles pour se saisir de Constantinople.

Le génocide

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Les Jeunes-Turcs profitent de l’occasion pour accomplir leur dessein d’éliminer la totalité des Arméniens de l’Asie mineure, une région qu’ils considèrent comme le foyer national exclusif du peuple turc. Ils procèdent avec méthode et brutalité. L’un de leurs chefs, le ministre de l’Intérieur Talaat Pacha, ordonne l’assassinat des élites arméniennes de la capitale puis des Arméniens de l’armée, bien que ces derniers aient fait la preuve de leur loyauté (on a ainsi compté moins de désertions chez les soldats arméniens que chez leurs homologues turcs). C’est ensuite le tour des nombreuses populations arméniennes des sept provinces orientales (les Arméniens des provinces arabophones du Liban et de Jérusalem ne seront jamais inquiétés). Voici le texte d’un télégramme transmis par le ministre à la direction des Jeunes-Turcs de la préfecture d’Alep : «Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l’âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n’ont pas leur place ici». Le gouvernement destitue les fonctionnaires locaux qui font preuve de tiédeur, ainsi que le rapporte l’historien britannique Arnold Toynbee, qui enquêta sur place. Dans un premier temps, les agents du gouvernement rassemblent les hommes de moins de 20 ans et de plus de 45 ans et les éloignent de leur région natale pour leur faire accomplir des travaux épuisants. Beaucoup d’hommes sont aussi tués sur place. La «Loi provisoire de déportation» du 27 mai 1915 fixe le cadre réglementaire de la déportation des survivants ainsi que de la spoliation des victimes. Dans les villages qui ont été quelques semaines plus tôt privés de leurs notables et de leurs jeunes gens, militaires et gendarmes ont toute facilité à réunir les femmes et les enfants. Ces malheureux sont réunis en longs convois et déportés vers le sud, vers Alep, une ville de la Syrie ottomane. Les marches se déroulent sous le soleil de l’été, dans des conditions épouvantables, sans vivres et sans eau, sous la menace constante des montagnards kurdes, trop heureux de pouvoir librement exterminer leurs voisins et rivaux. Elles débouchent en général sur une mort rapide. Survivent toutefois beaucoup de jeunes femmes ou d’adolescentes (parmi les plus jolies) ; celles-là sont enlevées par les Turcs ou les Kurdes pour être vendues comme esclaves ou converties de force à l’islam et mariées à des familiers (en ce début du XXIe siècle, beaucoup de Turcs sont troublés de découvrir qu’ils descendent ainsi d’une jeune chrétienne d’Arménie arrachée à sa famille et à sa culture). En septembre, après les habitants des provinces orientales, vient le tour d’autres Arméniens de l’empire. Ceux-là sont convoyés vers Alep dans des wagons à bestiaux puis transférés dans des camps de concentration en zone désertique où ils ne tardent pas à succomber à leur tour, loin des regards indiscrets. Au total disparaissent pendant l’été 1915 les deux tiers de la population arménienne sous souveraineté ottomane.

 
 

Les Européens et le génocide

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En Occident, les informations sur le génocide émeuvent l’opinion mais le sultan se justifie en arguant de la nécessité de déplacer les populations pour des raisons militaires ! Le gouvernement allemand, allié de la Turquie, censure les informations sur le génocide. L’Allemagne entretient en Turquie, pendant le conflit, une mission militaire très importante (jusqu’à 12.000 hommes). Et après la guerre, c’est en Allemagne que se réfugient les responsables du génocide, y compris Talaat Pacha. Ce dernier est assassiné à Berlin le 16 mars 1921 par un jeune Arménien, Soghomon Tehlirian. Mais l’assassin sera acquitté par la justice allemande, preuve si besoin est d’une réelle démocratisation de la vie allemande sous le régime républicain issu de Weimar ! Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 entre les Alliés et le nouveau gouvernement de l’empire ottoman prévoit la mise en jugement des responsables du génocide. Mais le sursaut nationaliste du général Moustafa Kémal bouscule ces bonnes résolutions. D’abord favorable à ce que soient punis les responsables de la défaite et du génocide, Moustafa Kémal se ravise car il a besoin de ressouder la nation turque face aux Grecs et aux Occidentaux qui menacent sa souveraineté. Il décrète une amnistie générale, le 31 mars 1923. La même année, le général parachève la «turcisation» de la Turquie en expulsant les Grecs qui y vivaient depuis la haute Antiquité. Istamboul, ville aux deux-tiers chrétienne en 1914, devient dès lors exclusivement turque et musulmane. Les nazis tireront les leçons du premier génocide de l’Histoire et de cette occasion perdue de juger les coupables… «Qui se souvient encore de l’extermination des Arméniens ?» aurait lancé Hitler en 1939, à la veille de massacrer les handicapés de son pays (l’extermination des Juifs viendra deux ans plus tard). À la vérité, c’est seulement dans les années 1980 que l’opinion publique occidentale a retrouvé le souvenir de ce génocide, à l’investigation de l’Église arménienne et des jeunes militants de la troisième génération, dont certains n’ont pas hésité à recourir à des attentats contre les intérêts turcs. Les historiens multiplient depuis lors les enquêtes et les témoignages sur ce génocide, le premier du siècle. Le cinéaste français d’origine arménienne Henri Verneuil a évoqué dans un film émouvant, Mayrig, en 1991, l’histoire de sa famille qui a vécu ce drame dans sa chair. On trouvera par ailleurs dans Le siècle des génocides (Bernard Bruneteau, Armand Colin, 2004) une très claire et très complète enquête sur ce génocide (et les autres), avec sources et références à l’appui.

La France et le génocide arménien

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De nombreux Arméniens rescapés des massacres de 1915 ont débarqué à Marseille et se sont établis en France. Leurs descendants sont aujourd’hui 300.000 à 500.000. Dans le dessein de gagner leur vote à l’élection présidentielle de 2002, la droite et la gauche parlementaires ont voté à l’unanimité une loi réduite à un article : «La République française reconnaît le génocide arménien». Il en est résulté une crise avec la Turquie, déjà agacée par l’opposition de la France à son entrée dans l’Union européenne. En 2006, peu avant l’élection présidentielle suivante, le parti socialiste a fait de la surenchère en tentant de pénaliser la «négation» du génocide. Il y a échoué et son texte a été prestement enterré par le nouveau président, soucieux de restaurer de bonnes relations avec la Turquie. Mais à l’avant-veille de l’élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy lui-même a relancé le projet pour retrouver la faveur des électeurs d’origine arménienne. C’est ainsi que le 22 décembre 2011, une députée UMP a déposé une proposition de loi qui punit d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende la négation, voire la «minimisation», d’un génocide reconnu par la République française. Les Turcs ont immédiatement menacé les entreprises françaises de mesures de rétorsion et l’affaire pourrait coûter très cher à la France, déjà victime d’une récession économique. Elle pourrait être contre-productive en Turquie même, où les citoyens de toutes obédiences se sentent peu ou prou atteints dans leur honneur par cette immixtion étrangère. Cette nouvelle loi mémorielle, plus de vingt ans après la loi Gayssot (1990), témoigne des incohérences entourant la liberté d’expression, alors que, par ailleurs, des artistes et des libéraux réclament la liberté de moquer sans limite toutes les religions. Elle illustre aussi la tentation des dirigeants politiques de détourner l’attention des citoyens de leurs échecs économiques, sociaux et diplomatiques.

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patrick ave l’aimable concours de hérodote.net ( dont André Larané…) sources hérodote.net wikipédia    

Éphémérides du 23 avril

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Le Dicton du Jour

Pluie de Saint Georges
Coupe aux cerises la gorge.

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Saints du jour

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–Saint Georges, Saint martyr (+ 303)



Au 4ème siècle, tous les sujets de l’empereur Dioclétien sont instamment invités à offrir des sacrifices aux dieux de l’empire. Cet ordre est tout spécialement appliqué aux militaires, car il est le signe de leur fidélité aux ordres impériaux.
A Lydda, en Palestine, un officier, originaire de Cappadoce, refuse. Il est exécuté pour refus d’obéissance. La popularité de son culte sera telle que la piété populaire ne pourra se contenter des maigres données de l’histoire.
On le fait couper en morceaux, jeter dans un puits, avaler du plomb fondu, brûler dans un taureau de bronze chauffé à blanc, donner en nourriture à des oiseaux de proie.
Chaque fois, saint Georges ressuscite et en profite pour multiplier les miracles.
A ces fiorutures morbides, s’ajoute au 11ème siècle, la légende de la lutte victorieuse de saint Georges contre un dragon malveillant qui symbolise le démon. Ce dont on est sûr, c’est qu’au 4ème siècle, l’empereur Constantin lui fait édifier une église à Constantinople. Cent ans après, on en compte une quarantaine en Egypte. On les voit s’élever en Gaule, à Ravenne, en Germanie.
En France, 81 localités se sont placées sous sa protection et portent son nom. On ne compte pas avec précision le millier d’églises dont il est le titulaire. Il est le patron céleste de l’Angleterre et de l’Ethiopie.
On a voulu nier son existence. L’absence de précisions ne font pas disparaître la mémoire de ce martyr de Palestine.
Saint-Georges est le patron des archers, des armuriers, des bouchers, des cavaliers, des soldats, des scouts, des travailleurs agricoles, et de plusieurs villes, régions et pays (l’Angleterre, notamment). Il est invoqué pour avoir le courage de supporter stoïquement des insultes et pour écarter les risques d’être atteint d’une maladie de peau. Enfin, il soulage les personnes victimes d’une chute.

Lecture
–Saint Georges dont nous faisons mémoire aujourd’hui passa d’une forme de milice à une autre, changeant sa charge terrestre de tribun contre son entrée dans l’armée du Christ. Comme un soldat bien discipliné, il se débarrassa en tout premier du poids de ses biens de la terre, en donnant tout aux pauvres. Une fois libre et sans encombres, il endossa la cuirasse de la foi, et put ainsi se jeter au cœur de la bataille comme un vaillant soldat du Christ. Nous pouvons tous en tirer une grande leçon :il n’est pas possible de bien combattre et avec courage le bon combat de la foi si on vit dans la panique de perdre les biens de ce monde
(Pierre Damien, Sermon 13 ).

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autres Saints du jour

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–Saint Adalbert de Prague Evêque de Prague, martyr (+ 997)


Evêque de Prague. Après des études à Magdebourg, ce fils d’un magnat de Bohème revint dans son pays où il fut choisi pour devenir évêque de Prague. Il vécut cette charge pastorale avec beaucoup d’abnégation d’autant que le clergé lui-même, par sa conduite, neutralisait les efforts de réforme du saint évêque. Il se retira quelque temps pour devenir moine au Mont-Cassin, et quand il revint à Prague, il fut très mal reçu par ses fidèles. Il se dirigea alors vers Gdansk puis vers le nord de la Pologne pour évangéliser ces régions encore païennes. Et c’est au cours de cette mission qu’il fut arrêté par des païens, avec ses deux compagnons. Chargés de fer, ils moururent percés d’un coup de lance. Leurs reliques sont désormais à Gniezno.


Autre biographie:
Fils d’un couple princier de la Bohème, il reçoit à la naissance le prénom de Vojtech, qu’il changera quelques années plus tard pour choisir celui de son mentor, le saint archevêque Adalbert de Magdebourg. Après avoir été nommé évêque de Prague en 983, il tente d’évangéliser les peuples de la Hongrie et de la Bohème, mais sans succès. Il décide alors d’abandonner sa charge et se rend à Rome, où il devient moine bénédictin (en 990). Renvoyé dans son diocèse par le Pape Jean XV, il fonde le monastère de Brevnov, mais se retrouve à nouveau aux prises avec des problèmes politiques. Il retourne donc brièvement à Rome (en 995), puis rentre à nouveau dans son pays pour tenter cette fois d’évangéliser les peuples de la Poméranie. Mais là encore, le succès n’est pas au rendez-vous et la mission se termine tragiquement : arrêté avec ses compagnons par les Prussiens, il sont assassinés non loin de Gdansk. Malgré les difficultés qu’il rencontre tout au long de sa vie, Saint-Adalbert acquiert tout de même une grande renommée et devient l’ami de l’empereur Otton III (956-997) Saint-Adalbert est invoqué par les mamans qui éprouvent de la difficulté à endormir leur enfant nouveau-né.

–BIENHEUREUX ALEXANDRE SAULI (+ 1592)
Confesseur. Originaire de Milan en Lombardie, il entra chez les Barnabites et s’y consacra sans réserve au service de Dieu. Saint Charles Borromée, évêque de Milan, se réjouit de son influence. Alexandre fut élu supérieur général de sa congrégation à trente-deux ans, mais Dieu l’appelait à d’autres ministères. Il fut sacré par saint Charles Borromée pour devenir évêque d’Aléria dans l’île de Corse où il se trouvadans la pauvreté, sans église ni maison. Il rendit confiance aux prêtres, établit un séminaire, restaura les églises abandonnées. A l’intention de son clergé, il écrivit un livre intitulé « Entretiens » dont saint François de Sales fit l’éloge. La ville de Gênes aurait voulu qu’il en devint évêque, il refusa. Il ne quitta son île que sur ordre du Pape Grégoire XIV qui lui confia le diocèse de Pavie.

 
–Saint Euloge Evêque d’Edesse en Syrie (+ 387)
Evêque d’Edesse en Syrie, il fut victime de la décision des autorités impériales qui ordonnait de remplacer la hiérarchie catholique par des pasteurs soutenant l’hérésie arienne. Il mourut, dit-on, un Vendredi Saint.

 
–Saints Félix, Fortunat et Achillée martyrs (+ 212)
Saint FBIENHEUREUX ALEXANDRE SAULIelix, saint Fortunat et saint Achillée, martyrs et fondateurs de l’Eglise de Valence en Gaule. Ils y avaient été envoyés par saint Irénée de Lyon et leurs exploits apostoliques entraînèrent leur arrestation, puis leur martyre.
Les actes qui nous les décrivent sont surtout le fruit de la ferveur populaire.
Saint-Félix écarte les risques de mourir d’asphyxie.

 
–Saint Georges de Ptolémaïs Martyr (+ 1752)
Les Eglises d’Orient unissent à la fête de saint Georges, le Grand Martyr, la mémoire de saint Georges de Ptolémaïs, martyr originaire de Chypre. Il était au service d’un ambassadeur occidental à Saint Jean d’Acre (Ptolémaïs). Il avait coutume de faire les courses chez une paysanne turque qui avait une fille avec qui il aimait converser. Les voisines, furieuses d’avoir perdu cette clientèle, accusèrent saint Georges, devant le juge, d’avoir promis d’embrasser l’Islam et d’épouser la fille. Ce que notre saint nia devant le tribunal. Rien ne le fit fléchir et il reçut la sentence de mort avec sérénité. Les Turcs qui l’entouraient le criblèrent de balles, puis s’amusèrent à percer son corps inanimé à coups de glaives.

 
–Saint Gérard de Toul Evêque (+ 994)
St-Gérard (Gérald) de Toul Fils d’une noble famille de Cologne, en Allemagne, il est placé à l’école de la cathédrale pour y être instruit. Lorsque sa mère décède, victime de la foudre, il décide d’entrer en religion. Quelques années plus tard, sa réputation de piété se rend jusqu’à l’archevêque Bruno de Cologne, qui le consacre évêque de Toul. Il encourage le développement intellectuel et spirituel de son diocèse en y attirant des moines irlandais, écossais et grecs. Il s’occupe fait rebâtir la cathédrale et fonde de nombreux monastères dans son diocèse. Il se dévoue aussi pour soulager les populations accablées par la famine de 982 et par l’épidémie de peste qui s’en est suivie.

 

–Bienheureux Gilles Un des six premiers compagnons de saint François d’Assise (+ 1262)
Confesseur. A l’âge de vingt ans, frère Egide ou Gilles d’Assise, quitte ses boeufs pour suivre le Poverello dont il est la quatrième recrue. Il voyagea d’abord beaucoup. Il se rendit à Tunis où les Maures le renvoyèrent en Italie au lieu de lui donner la couronne du martyre qu’il désirait. Nous le trouvons sur les routes de la Terre Sainte, pèlerin gagnant son pain comme journalier dans les fermes ou comme fossoyeur dans les cimetières. Les trente dernières années de sa vie se passèrent dans les ermitages franciscains des environs de Pérouse où le pape Grégoire IX et des cardinaux venaient prendre conseil de lui. Les « fioretti » de saint François ont recueilli de lui une centaine de propos toujours pleins de profondeur et souvent pleins d’humour, raillant les dissertations cérébrales des théologiens comme des « secrétions sans importance. » Saint Bonaventure, le grand théologien, qui l’avait connu disait de lui : »Cet illétré pratiqua la vertu à un degré sublime et mérita d’être élevé aux sommets de la contemplation. Je l’ai vu ravi en extase. Il semblait mener ici-bas une vie angélique plutôt qu’humaine. »

 
–Bienheureuse Hélène Valentini (+ 1458)
Hélène Valentini d’Udine, elle devint tertiaire augustine (OESA, ordre des ermites de saint Augustin) à la mort de son mari après avoir été une épouse modèle pendant 25 ans. Elle était réputée pour sa charité et ses austérités personnelles. Culte confirmé en 1848 par Pie IX.


–Saint Ibar (Vé.s)
Iberius ou Ivor. Missionnaire en Irlande, contemporain des saints Kiaran, Ailbe, Déclan, etc… à l’époque de saint Patrick, ou un peu plus tôt, comme certains auteurs le pensent.
Saint Ibar prêchait principalement dans le Leinster et dans le Meath.
(10 000 saints éd:Brépols)

Autre biographie:
Missionnaire en Irlande appelé aussi Iberius ou Ivor.
Avec les saints Kieran, Ailbe, Declan et d’autres, il évangélisa les régions de Leinster et de Meath. Il était peut-être arrivé en Irlande avant saint Patrick quoique celui-ci soit considéré comme le premier évangélisateur de l’Irlande. Il fonda le monastère Beggery sur l’île de Beg Eire (‘petite Irlande’), actuellement dans le comté de Wexford.
Certaines sources disent qu’il a été ordonné évêque à Rome d’autres que c’est saint Patrick qui l’ordonna. Il partageait son temps entre sa mission apostolique avec son neveu saint Abban (ou Abbain) dans le pays et la contemplation dans son monastère où il mourut vers l’an 500 et où se trouvaient ses reliques jusqu’à sa destruction…

 

–Saint Lazare le Bulgare (+ 1802)
Martyr. Il était un pauvre berger dans la région de Pergame en Asie Mineure. Une femme turque l’accusa d’avoir tenté de l’outrager. Il fut mis en prison et soumis à la torture pour le contraindre à adhérer à la religion musulmane. Ses gardes s’enivrèrent et s’amusèrent de lui : ils lui brûlèrent les membres et la langue avec des fers rougis, lui serrèrent les tempes avec des osselets et lui posèrent une couronne incandescente sur la tête. Ainsi brisé, il fut pendu recevant la couronne du martyr.

 

–Bienheureuse Marie-Gabrielle Sagheddu (+ 1939)
Originaire de la Sardaigne, elle entra comme religieuse au monastère de Grottaferrata, près de Rome, à l’âge de 21 ans. Influencée par les écrits du P. Couturier, l’apôtre de l’Unité, elle offrit sa vie pour l’oecuménisme. Atteinte de douloureuses maladies, elle offrit sa vie à cette intention à l’âge de 25 ans. Jean Paul II a célébrée sa béatification le 25 janvier 1983, au terme de la Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens.
–Saint Marole Évêque de Milan (+ 423)
D’origine syrienne, il succède à Vénère sur le siège épiscopal de Milan, Lombardie, en 408. Il était ami du pape saint Innocent Ier.
–Sainte Pusinne moniale (5ème s.)
Elle et ses soeurs reçurent le voile des mains de saint Alpin, évêque de Châlons-sur-Marne. Elles vécurent dans la maison paternelle où elles avaient créé un petit monastère. A la mort de son père, Pusinne quitta sa famille pour se retirer dans un ermitage à Bansion, à côté de Corbie près d’Amiens.
–Bienheureuse Thérèse-Marie de la Croix fondatrice de la Congrégation des Carmélites de Sainte-Thérèse (+ 1910)
Née à Campo Bisenzio en Toscane, Teresa Manetti fonde à Florence la Congrégation des Carmélites de Sainte-Thérèse, carmélites contemplatives ayant une action apostolique: prière, adoration, éducation de la jeunesse. Elle prend le nom de religieuse de Thérèse-Marie de la Croix.
Béatifiée le 19 octobre 1986 à Florence (Italie) par Jean-Paul II

 

 

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Naissances célèbres

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–William Turner
23 avril 1775 à Londres (Angleterre) – 19 décembre 1851 à Londres (Angleterre)
William Turner manifeste très tôt des prédispositions pour la peinture. Après des débuts classiques, l’artiste évolue vers un art proprement révolutionnaire qui met en valeur la lumière et l’eau. Il aime plus que tout saisir les couleurs changeantes de la Tamise…
Bien après sa mort, sa peinture va inspirer à Claude Monet une nouvelle façon de peindre qui débouchera sur l’impressionnisme.

–Alphonse Bertillon
23 avril 1853 à Paris – 13 février 1914 à Paris
Alphonse Bertillon a fondé l’anthropométrie, un système de classement des photos sur la base de onze caractères fondamentaux, le «bertillonnage». Il a aussi et surtout imaginé d’enquêter sur les empreintes digitales…

Description de cette image, également commentée ci-après

Alphonse Bertillon, autoportrait, 1900

–1858 Max Plank, prix Nobel de physique en 1918.

Naissances : Max Planck

–1867 Johannes Fibiger, physiologiste, prix Nobel de physiologie et de médecine en 1924 pour ses travaux contre le cancer.
–1897 Lester Bowles Pearson, prix Nobel de la Paix en 1957.

Naissances : Lester Bowles Pearson

–1902 Halldór Laxness, prix Nobel de litterature en 1955.

 

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décès célèbres

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–Miguel de Cervantès
18 juin 1547 à Alcalá de Henares (Castille, Espagne) – 23 avril 1616 à Madrid (Castille, Espagne)
Miguel de Cervantès participe à la bataille navale de Lépante contre les Ottomans (1571) et y perd la main gauche («pour la gloire de la droite», dira-t-il plus tard), ce qui lui vaut d’être parfois qualifié de «manchot de Lépante» ! Capturé par les Barbaresques, il séjourne pendant cinq ans à Alger comme esclave.

C’est après ces tribulations et quelques autres qu’à l’âge canonique de 57 ans, il publie la première partie de Don Quichotte ! Le roman recueille un immense succès, y compris à l’étranger car la langue castillane jouit d’un grand prestige dans toutes les cours européennes peu ou prou liées à la dynastie des Habsbourg.

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait imaginaire de Cervantes

Notons que Cervantès, l’écrivain blasé et moqueur, est contemporain du peintre d’origine crétoise Domenikos Theokopoulos (1541-1614). Surnommé El Greco (Le Grec) dans son pays d’adoption, celui-ci exprime mieux qu’aucun autre l’âme mystique religieuse de l’Espagne, au temps de la Reconquista (la croisade contre les Maures d’Espagne qui s’achève avec leur expulsion de Grenade) et de la Contre-Réforme catholique.

 

–23 avril 1616 : Shakespeare et Cervantès au paradis des poètes
Le même jour, le 23 avril 1616, meurent William Shakespeare et Miguel de Cervantès.
Ne croyons pas pour autant qu’ils sont morts le même jour ! L’Angleterre, réticente aux innovations du continent, vivait encore avec le calendrier julien tandis que l’Espagne avait de longue date adopté le grégorien. De sorte que Cervantès a devancé Shakespeare de onze jours au paradis…

Naissances et Décès: William Shakespeare

–23 avril 1833 : Frédéric Ozanam fonde la Conférence de Charité
Le 23 avril 1833, Frédéric Ozanam, 20 ans, étudiant en droit à la Sorbonne, fonde avec cinq amis, près de l’église Saint-Sulpice, à Paris, la première Conférence de Charité pour venir en aide aux pauvres, victimes collatérales de la révolution industrielle. C’est le début de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, association spirituelle à vocation caritative, qui regroupe aujourd’hui 700.000 hommes et femmes dans 141 pays. Frédéric Ozanam a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 22 août 1997.
–23 avril 1848 : Élections à l’Assemblée constituante
Le 23 avril 1848 ont lieu les élections des députés à l’Assemblée constituante de la IIe République. À cette occasion, les Français votent pour la première fois au suffrage universel : c’est la mort du suffrage censitaire (du mot cens qui désignait le montant minimal d’impôt à partir duquel un homme adulte avait le droit de voter). Avec le suffrage universel, le droit de vote n’est plus soumis à des conditions de revenu… mais seulement de sexe ou de statut (les femmes en sont encore privées, ainsi que les militaires, pour des motifs de neutralité). Le suffrage universel amène à l’Assemblée une majorité conservatrice, les paysans ayant massivement voté pour les notables locaux. Cette modération apaise les réticences de la bourgeoisie à l’égard du suffrage universel.
–23 avril 1896 : Edison fait son cinéma
Le 23 avril 1896, quatre mois après la première séance publique des frères Lumière, le génial inventeur américain Thomas Edison donne une première représentation de cinéma aux États-Unis avec le projecteur Vitascope au Music-hall Koster and Bial’s de New York…

Description de cette image, également commentée ci-après

Thomas Edison en 1914

–1951 Charles G. Dawes, prix Nobel de la Paix en 1925.

–1958 Knut Lundmark, astronome.

–1998 Marie-Louise Terrasse, dite Catherine Langeais, speakerine célèbre dont la voix demeure associée à « La Séquence du Spectateur ».

 

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événements

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–1904 Les Etats-Unis rachètent à la France la concession du canal de Panama.

–1917 Buster Keaton fait sa première apparition dans un film : « The Butcher Boy ».

Evènements : Buster Keaton

–1919 Promulgation de la loi fixant la durée de la journée de travail à 8 heures, en France

–1920 A Ankara, l’Assemblée nationale turque s’attribue l’exercice des pouvoirs législatif et exécutif et délègue ses pouvoirs à un Conseil des ministres présidé par Mustafa Kemal Atatürk : le premier gouvernement national sera formé le 3 mai

Evènements : Mustafa Kemal Atatürk

–1961 Charles de Gaulle condamne le « quarteron des généraux en retraite » et s’attribue les pleins pouvoirs en vertu de l’art. 16 de la Constitution

Evènements : Charles de Gaulle

–1975 Le président américain Gerald Ford déclare que la guerre du Vietnam est terminée, tandis que le gouvernement de Saïgon démissionne et que la panique s’empare de la capitale du Sud.

–1984 Robert Gallo annonce la découverte d’un nouveau virus, proche de celui du Sida (dont la première publication date du 20 Mai 1983). Après une polémique féroce, il sera démontré que les deux virus sont identiques.

–1990 Admission au sein de l’ONU de Namibie

Drapeau de Namibie
–1995 Le candidat socialiste Lionel Jospin crée la surprise en arrivant en tête du premier tour de l’élection présidentielle avec 23,3% des voix, devant Jacques Chirac 20,8% et Edouard Balladur 18,5%.

–1998 Marc Dutroux, pédophile présumé inculpé pour la séquestration et le meurtre de jeunes filles, s’échappe du Palais de justice de Neufchâteau en Belgique puis est repris par les forces de l’ordre quatre heures plus tard.

–1999 L’OTAN attaque le siège de la télévision serbe de Belgrade et tue une dizaine de personnes.

–2000 Dans l’île Sipadan, Malaisie, des hommes armés débarquent dans un hôtel et font des otages parmis les 21 personnes de 7 nationalités différentes (trois Allemands, deux Français et une Franco-Libanaise, deux Finlandais, deux Sud-Africains, neuf Malaisiens et deux Philippins), dont 10 touristes qui n’avaient rien trouvé de plus amusant que d’aller passer des vacances dans un pays ou règne une guerre civile ! Bonjour les cons !

La marine malaisienne protège

les touristes contre les attaques

terroristes potentielles

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23 avril 1616Shakespeare et

Cervantès au paradis des poètes

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William Shakespeare et Miguel de Cervantès sont morts le 23 avril 1616 (ou peut-être le 22, les chroniques étant imprécises à ce propos).

Ne croyons pas pour autant qu’ils sont morts le même jour ! L’Angleterre, réticente aux innovations du continent, vivait encore avec le calendrier julien tandis que l’Espagne avait de longue date adopté le grégorien. De sorte que Cervantès a devancé Shakespeare de onze jours au paradis : -)

Ces deux géants de la littérature lèguent à l’humanité des personnages plus vrais que nature. Ils ont nom Don Quichotte et Hamlet, Sancho Pança et Othello, Rossinante et Falstaff, Dulcinée et Juliette…

Un auteur universel


William Shakespeare naît à Stratford-upon-Avon dans la famille d’un riche commerçant. D’après la tradition, il est baptisé le 26 avril 1564 dans l’Église de la Sainte Trinité. C’est dans la même ville qu’il finit sa vie entouré d’honneurs avant d’y être inhumé à l’âge de 52 ans. C’est encore à Stratford qu’il se marie à 18 ans avec une jeune femme illettrée de 8 ans son aînée, Ann Hathaway. Le couple aura trois enfants.

William Shakespeare

Cinq ans plus tard, William part à Londres où il peut écrire sous la protection du comte de Southampton auquel il dédie son premier recueil de poèmes, Vénus et Adonis.

La troupe de Shakespeare se produit d’abord dans le nouveau théâtre du Globe, sur la rive droite de la Tamise, puis, après 1608, dans la salle des Black Friars.

Le poète et dramaturge anglais se montre excellent connaisseur de la nature aussi bien que des hommes (il cite pas moins de 108 plantes dans Roméo et Juliette). Il fréquente les tavernes avec la même aisance que les châteaux. Ses succès théâtraux et ses qualités d’investisseur lui permettent de jouir à Stratford-upon-Avon d’un coquet patrimoine.

William Shakespeare

Shakespeare est le plus fécond de tous les artistes qui s’épanouirent à Londres, à la fin du XVIe siècle, sous le règne brillant et agité d’Elizabeth 1ère. Christopher Marlowe, qui aurait pu rivaliser avec lui, fut prématurément tué dans une taverne.

Shakespeare n’en demeure pas moins très mystérieux. On ne connaît qu’un mot écrit de sa main. C’est son nom. Cette précieuse relique est conservée au British Museum. On a longtemps aussi imaginé ses traits d’après le portrait dit de Chandos (en haut à gauche), hélas réalisé après sa mort.

En mars 2009, le professeur Stanley Wells a authentifié le portrait dit Cobbe comme étant celui du poète. Ce tableau réalisé en 1609, de son vivant, serait donc plus près de la réalité que le précédent. Tant mieux car il nous révèle un homme du monde, tout à fait séduisant, à mille lieues du poète exalté et sombre que donne à imaginer la lecture de ses oeuvres.

Le film Shakespeare in Love (1998) tire parti des obscurités de la biographie de Shakespeare pour en tirer une piquante intrigue et, par la même occasion, dresser le portrait de cette époque pleine de bruit et de fureur.

Soldat de fortune


Né en 1547 à Alcalá de Henares, en Castille, Miguel de Cervantès est aussi représentatif de l’Espagne de Philippe II que Shakespeare de l’Angleterre élizabéthaine… Mais il est vraisemblable qu’il ignorait tout de son contemporain.

Fils d’un chirurgien couvert de dettes et d’une juive convertie, il se révèle un aventurier à l’image de son héros et des conquistadors qui conquirent l’Amérique et firent la gloire de l’Espagne. Après des études en Castille et en Andalousie, il est engagé à 22 ans par le cardinal Acquaviva, légat pontifical. Il l’accompagne à Rome puis rejoint la Sainte Ligue pour participer à la bataille de Lépante contre les Ottomans. Il perd dans la bataille la main gauche («pour la gloire de la droite», dira-t-il plus tard), ce qui lui vaudra d’être parfois qualifié : «Manchot de Lépante» !

Mais ses ennuis ne font que commencer. Il est plus tard capturé par les Barbaresques et emmené comme esclave à Alger. Il y reste pendant 5 ans. Le 19 septembre 1580, son maître Hassan Pacha s’apprête à prendre la mer pour Constantinople lorsque son captif est racheté in extremis par les pères Trinitaires pour 500 écus.

Cervantès se marie et s’établit à Séville où il est nommé commissaire aux approvisionnements des galères du roi Philippe II qui prépare la Grande Armada en vue d’envahir l’Angleterre. Ses aventures nourrissent ses premiers ouvrages. Il fait jouer plusieurs pièces aujourd’hui perdues et publie Galatée (1585). Mais il n’est pas au bout de ses peines. Jalousies et affaires douteuses lui valent plusieurs emprisonnements.

Cervantès

Cervantès attend l’âge canonique de 57 ans pour publier la première partie de Don Quichotte ! C’est seulement alors que s’affirme sa maîtrise de l’écriture.

Mis en vente à 1200 exemplaires dans les boutiques de Madrid le 16 janvier 1605, le roman recueille immédiatement un immense succès. Son succès à l’étranger bénéficie du très grand prestige dont jouit alors la langue castillane dans toutes les cours européennes peu ou prou liées à la dynastie des Habsbourg.

La deuxième partie de Don Quichotte est publiée en 1625, après la mort de l’écrivain, et la popularité de son héros ne se dément pas. Tous les Espagnols connaissent au moins la première phrase du roman : «En un lugar de la Mancha cuyo nombre no quiero acordarme…». –

Les deux visages de l’Espagne


Notons que Cervantès, l’écrivain blasé et moqueur, est contemporain du peintre d’origine crétoise Domenikos Theotokopoulos (1541-1614). Surnommé El Greco (Le Grec) dans son pays d’adoption, celui-ci exprime mieux qu’aucun autre l’âme mystique religieuse de l’Espagne, qui a mené la Reconquista (la croisade contre les Maures de Grenade) et se lance avec la même ardeur dans la Contre-Réforme catholique.

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23 avril 1671, Vatel

au purgatoire des maîtres d’hôtel

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Dans la nuit du 23 au 24 avril 1671, le Grand Condé perd son maître d’hôtel dans des conditions tragiques qui ont été portées à la postérité par deux lettres de la marquise de Sévigné à sa fille, Madame de Grignan.

Du service de Fouquet à celui de Condé
François Vatel est un fils de laboureur né vers 1625. Il s’est illustré comme maître d’hôtel à Vaux-le-Vicomte, auprès de Nicolas Fouquet.

Description de cette image, également commentée ci-après

François Vatel 

Après la disgrâce de son mécène et un exil prudent à l’étranger, il est entré au service de Louis II de Bourbon, prince de Condé, comme «contrôleur général de la Bouche de Monsieur le Prince».

Après plusieurs années de patience, le héros de Rocroi a la satisfaction de recevoir le roi Louis XIV et la Cour dans son superbe château de Chantilly, au nord de Paris.

Cette réception doit marquer son complet retour en grâce et le pardon du roi après sa participation à la Fronde nobiliaire.

Une réception de la plus haute importance
Pris de court par l’annonce de la visite royale, quinze jours à peine avant la date fatidique, Vatel doit nourrir pendant trois jours, du jeudi soir au samedi, 600 courtisans et un total de plusieurs milliers de personnes, domestiques compris.

Le jeudi soir, les invités d’honneur occupent pas moins de 25 tables dans le château magnifiquement illuminé. Le souper est suivi d’un spectacle de deux heures avec un feu d’artifice à peine terni par les nuages. Mais le contrôleur général se désole de ce que quelques rôtis ont manqué à certaines tables. Toute la nuit, il court de çà, de là, à l’affût du moindre désordre.

Au petit matin, le retard de la «marée» qui amène les poissons et les coquillages de Boulogne met le comble à son désespoir. Il gagne sa chambre et se transperce à trois reprises avec son épée. La marée arrive sur ces entrefaites et l’on fait la macabre découverte de son cadavre tandis qu’on le cherche pour en prendre possession.

Le Roi-Soleil, informé par Monsieur le Prince, se montre affligé par un sens de l’honneur aussi aigu mais la fête n’en continue pas moins jusqu’à son terme.

Célébrité posthume
Référence obligée en matière de grande cuisine, Vatel n’a pourtant qu’une recette à son actif : la crème Chantilly, qu’il aurait inventée à Vaux-le-Vicomte, chez Fouquet, mais baptisée du nom du château de son dernier bienfaiteur.

Il est devenu une légende en raison de son suicide et de la publicité qu’en a faite la marquise de Sévigné :

marquise de Sévigné

«À quatre heures, Vatel va partout, il trouve tout endormi. Il rencontre un petit pourvoyeur qui lui apportait seulement deux charges de marée; il lui demanda : « Est-ce là tout ?  » Il lui dit : « Oui, Monsieur. » Il ne savait pas que Vatel avait envoyé à tous les ports de mer. Il attend quelque temps; les autres pourvoyeurs ne viennent point ; sa tête s’échauffait. Il croit qu’il n’y aura pas de marée ; il trouve Gourville, et lui dit : « Monsieur, je ne survivrai pas à cet affront-ci ; j’ai de l’honneur et de la réputation à perdre. » Gourville se moqua de lui ; Vatel monte à sa chambre, met son épée contre la porte, et se la passe au travers du coeur, mais ce ne fut qu’au troisième coup, car il s’en donna deux qui n’étaient pas mortels : il tombe mort. La marée cependant arrive de tous côtés ; on cherche Vatel pour la distribuer, on va à sa chambre; on heurte, on enfonce la porte ; on le trouve noyé dans son sang ; on court à M. le Prince, qui fut au désespoir. M. le Duc pleura; c’était sur Vatel que roulait tout son voyage de Bourgogne. M. le Prince le dit au Roi fort tristement : on dit que c’était à force d’avoir de l’honneur à sa manière ; on le loua fort, on loua et on blâma son courage…»

Mademoiselle de Montpensier rapportera plus tard ce drame à sa manière dans ses Mémoires : «Un maître d’hôtel, qui avait paru et qui était en réputation d’être un homme très sage, se tua parce que M. le Prince s’était fâché d’un service qui n’était pas arrivé à temps pour le souper du roi.» (cité par Dominique Michel).

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Bertillon inventeur de la police scientifique

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Le 24 octobre 1902, Alphonse Bertillon démontre pour la première fois à ses compatriotes l’utilité des empreintes digitales en criminologie.

Description de cette image, également commentée ci-après

Alphonse Bertillon,

autoportrait, 1900.

Précurseur malgré lui


Chef du service de l’identité judiciaire à la préfecture de police de Paris où il est entré en 1879, à 26 ans, comme simple commis, Alphonse Bertillon a fondé l’anthropométrie, un système de classement des photos sur la base de onze caractères fondamentaux (taille du crâne, des membres…).

Grâce à la «signalisation» systématique des criminels et délinquants, l’inventeur aboutit à quelques succès dans l’identification des récidivistes et lui vaut une immense popularité. L’opinion publique en vient même à le comparer à Pasteur. Son classement anthropométrique est parfois encore appelé «bertillonnage» en son honneur.

Mais le système anthropométrique demeure aléatoire. Il est bientôt concurrencé par la comparaison des empreintes digitales, une technique mise au point aux Indes britanniques et adoptée par Scotland Yard en 1901, à l’initiative du commissaire Edward Henry.

Alphonse Bertillon est d’abord tenté de nier l’intérêt de cette technique concurrente, anglaise qui plus est. Mais, sollicité après un meurtre qui a eu lieu chez un dentiste parisien, il met en évidence les similitudes entre les empreintes digitales recueillies sur place et celles d’un obscur repris de justice auquel il a eu affaire quelques mois plus tôt.

Ce premier coup d’éclat de la police scientifique consacre la gloire de Bertillon… et la supériorité du fichier d’empreintes digitales.

 

  • Types criminels
    Planche parue dansIdentification anthropométrique (1893)

  • Relevé du signalement anthropométrique
    Planche parue dansIdentification anthropométrique (1893)

  • Francis Galton
    Photographies anthropométriques prises par Bertillon lors de la visite du psychologue britannique dans son laboratoire en 1893.

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patrick

ave l’aimable concours de hérodote.net

( dont André Larané…)

sources

hérodote.net

wikipédia

Succès des journées européennes des métiers d’art

Succès des journées européennes des métiers d’art


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Plus d’1.4 million de personnes sont allées à la rencontre des artisans d’art en France lors les Journées des Métiers d’Art 2012. Journées qui ont également pris leur envol européen, avec les premières éditions espagnole, italienne, lettone et suisse.
Coordonnée par l’Institut National des Métiers d’Art (INMA), les prochianes Journées Européennes des Métiers d’Art 2013 auront lieu les 5, 6 et 7 avril 2013, et s’élargiront à L’Irlande et au portugal qui y particperont pour la première fois.

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Un succès en France

Français : Chapelle de l'École Nationale Supér...

Français : Chapelle de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris, France. (Photo credit: Wikipedia)

Lancées à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris par l’exposition Mémoires d’avenir, les Journées Européennes des Métiers d’Art 2012, placée sous le thème de la transmission, ont contribué à faire évoluer les regards sur ces métiers exigeants et créatifs et à préciser leurs implications directes dans le monde d’aujourd’hui. Visites d’ateliers, de manufactures, démonstrations, colloques, manifestations, expositions, parcours pédagogiques, pendant trois jours, toute une corporation de métiers a présenté son art et dévoilé au public les coulisses de ses savoir-faire, comme les perspectives d’avenir d’un patrimoine commun.

En France, plus de 1.400.000 personnes sont allées à la rencontre des 4.170 professionnels qui se sont investis de leur rôle de passeurs et de transmetteurs d’histoires pour mieux faire comprendre, à tous, les créations et les innovations technologiques des Métiers d’art du XXIe siècle. Les défis posés par la matière, l’évolution des us et des coutumes, les performances techniques, la qualité des pièces, la rareté des savoir-faire, la précision des évolutions, mais aussi, les différentes possibilités de formation, de reconversion ou bien encore les qualités requises pour exercer ces métiers de passionnés ; dans toutes les langues, ces questions ont souvent été évoquées, par un public, presque aussi curieux que reconnaissant, venu en masse.

Une première européenne prometteuse

Pour inaugurer leur première participation aux JEMA, placées sous le haut patronage du Président de la République, les Italiens se sont déplacés en nombre au Musée du Palazzo Morando à Milan pour Capi d’Opera : excellence des Métiers d’art de la Lombardie, une exposition de prestige proposée par l’architecte et designer Udo de la Pietra. En Toscane, de nombreux ateliers ont également ouvert à cette occasion. Un important congrès des Cavalieri del Lavoro (Chevaliers du Travail) a conclu l’édition italienne.

En Lettonie, une centaine d’ateliers répartis sur l’ensemble des régions ont participé à l’événement Meet your craftsman!. 106 manifestations, ouvertures d’ateliers et regroupements de professionnels ont eu lieu dans les différentes régions espagnoles et principalement en Andalousie, en Castille, aux Canaries, en Galice, dans la région de Murcia, dans les Asturies, au Pays Basque et bien sûr dans les ateliers madrilènes. Les Suisses se sont, quand à eux, pressés dans les coulisses du Grand Théâtre de Genève où les différents corps de métiers qui le compose étaient présentés. La Belgique, pour sa première édition montrait, à Paris, le travail d’un célèbre maître verrier liégeois.

Ce succès public européen réaffirme l’émergence, à différents niveaux, d’une prise de conscience nouvelle en faveur des Métiers d’art et de leurs productions. L’Irlande et le Portugal s’annoncent déjà pour l’édition 2013 des Journées Européennes des Métiers d’Art. Coordonnées par l’Institut National des Métiers d’Art, elles auront lieu les 5, 6 et 7 avril prochains.

Manifestations clés en régions

3.694 ateliers – 4.170 professionnels – 327 manifestations – 111 centres de formation – 30 Maîtres d’art et élèves Maîtres d’art – 149 entreprises du patrimoine vivant (EPV) – 76 meilleurs ouvriers de France (MOF) – 30 Villes et Métiers d’Art – 2.300 ateliers / démonstrations – 700 ateliers découverte.

Moyenne de fréquentation pour les manifestations : 3700 visiteurs Moyenne de fréquentation en atelier : 50 visiteurs

Démonstrations collectives de savoir-faire

En proposant dans un même lieu, de découvrir le travail de plusieurs professionnels, les démonstrations collectives favorisent le dynamisme et mettent en avant toute la diversité des Métiers d’art de la région.

Le Couvent des Minimes à Perpignan, en Languedoc- Roussillon a ainsi regroupé plus de soixante artisans présentant les savoir-faire emblématiques du territoire.

La Bretagne a, elle aussi, choisi un lieu d’exception, le Prieuré de Locmaria à Quimper pour réunir ses professionnels autour du public venu nombreux, regarder et s’initier aux savoir-faire.

En Midi-Pyrénées, pour la manifestation phare de la région, l’Abbaye Saint-Pierre de Moissac a accueilli 8.500 visiteurs.

Ils étaient également nombreux à s’être déplacés au Château de Pierrefonds, en Picardie pour aller à la rencontre des artisans de talent présents dans son enceinte.

D’autres châteaux, comme celui de Canon (VMF), en Basse-Normandie, ou celui de La Roche aux Fées dans les Pays de La Loire ont également proposé au public des démonstrations collectives.

Le Salon de la création à Rilhac-Rancon en Haute-Vienne ou Moustiers-Sainte-Marie, Plus Beaux Villages de France dans les Alpes-de-Haute-provence, n’étaient pas en reste avec plusieurs manifestations mettant les savoir-faire à l’honneur.

Moustiers-Sainte-Marie village seen from Above...

Vue en contre-plongée de Moustiers-Sainte-Marie (Alpes-de-Haute-Provence, France. (Photo credit: Wikipedia)

Événements inédits

Les ateliers de la Garde Républicaine, à Paris, ont exceptionnellement ouvert leurs portes au public.

Pour sa première participation, le Centre National du Costume de Scène à Moulins, dans l’Allier, a choisi de réunir le public autour d’une table ronde Expériences croisées : art, textile, métiers d’art, en présence de Maîtres d’Art et d’artistes.

Au Château d’Aulteribe, dans le Puy-de-Dôme, la rencontre avait lieu autour des élèves.

L’Alsace, fière de ses Entreprises du Patrimoine Vivant, a attiré 12.000 visiteurs à Ribeauvillé pour le 1er salon qui leur était consacré. Alsace et Lorraine ont, par ailleurs, organisé une manifestation inter-régionale Étoiles terrestres mettant en relation le Musée Lalique, le Centre verrier de Meisenthal et le Musée du Cristal Saint-Louis.

En Languedoc-Roussillon, c’est toute la commune de Saint-Quentin-la-Poterie (Ville et Métiers d’Art) qui a porté haut les couleurs des Métiers d’art à travers différentes manifestations autour de la céramique : expositions, démonstrations, ouvertures d’ateliers, initiations jeune public.

En Charente-Maritime, l’événement La Rochelle ne manque pas d’ère,a su attirer de nombreux visiteurs.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, une manifestation d’envergure consacrée à la restauration avec la présentation des différents corps de métiers ayant participé à la restauration de la Commanderie du Bois Saint Jean.

Bien d’autres sites patrimoniaux ont accueilli des artisans pour les JEMA, comme en Aquitaine, au Cloître de la Cathédrale de Bayonne ou au Prieuré des Bénédictins à La Réole.

Français : École Nationale Supérieure des Beau...

Français : École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Amphithéâtre d'honneur (Photo credit: Wikipedia)

Circuits de visite

Les circuits thématiques à travers une région, un département, une ville permettent de guider les visiteurs. Ils apportent sens et cohérence et un parcours pré-défini au public.

Ainsi, la Haute-Normandie a imaginé à Rouen un circuit dans la ville aux 100 horloges, tandis que les Francs-Comtois partaient Sur les traces des chercheurs d’Art… d’ici, Saint-Claude, et d’ailleurs, dans les ateliers d’Ornans.

Dans l’Aube, Le Rallye des Métiers d’art, tout comme La route des Métiers d’Art en Périgord, ont permis au public de découvrir d’une façon ludique et souvent familiale, les savoir-faire hérités du passé.

Les Réunionnais ont, quant à eux, dressé la carte « métiers d’art » de l’île en mettant à contribution cinq centres de formations, plus de cinquante artisans et trois haut-lieux Métiers d’art, dont la formidable Maison de la Broderie.

En Bourgogne, ce sont les lieux du patrimoine qui étaient à l’honneur avec la Balade artisanale à Flavigny- sur-Ozerain, Plus Beau village de France.

Ateliers d’initiation

Donner au public l’occasion d’expérimenter la matière et les techniques dans des ateliers pratiques est une manière personnalisée et interactive de faire découvrir le savoir-faire et le travail des professionnels des Métiers d’art.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, des ateliers ont été proposés dans les locaux du village des Métiers d’art de Desvres. Alors qu’à Villedieu-les-Poêles, dans la Manche, une rencontre autour des Métiers d’art était programmée.

Dans l’Ain, le salon des savoir-faire du territoire du Pays de Bugey a rassemblé des milliers d’amateurs.

Expositions de prestige

À Paris, une formidable exposition Mémoires d’avenir était installée dans le cadre prestigieux de l’École nationale supérieure des beaux-arts, tandis qu’une série d’événements Maîtres d’Arts et objets exceptionnels étaient présentés, et le sont toujours jusqu’à la fin du mois, aux Galeries Lafayettes. De la même manière, la FNAC de la Défense s’est également associée aux JEMA en présentant de nombreux travaux autour de l’art de la calligraphie.

L’exposition de costumes d’époque au Château de Maisons-Lafitte (CMN) a rassemblé des centaines de curieux et de passionnés.

En région Centre, les expositions Touraine Métiers d’art, à l’Hôtel Goüin et Les Métiers d’art à Gargilesse, Plus Beaux Villages de France ont, comme La Découverte des Métiers d’art au Prieuré de la Charrière, à Châteauneuf-de-Galaure dans la Drôme émerveillés grands et petits.

Plusieurs centaines de personnes se sont rendues au musée national du Château de Compiègne en Picardie, comme à celui de l’imprimerie à Lyon, dans le Rhône.

Les expositions Regart à Avignon et la présentation des Métiers d’art au Palais Lascaris à Nice ont également remportées tous les suffrages.

 

 

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patrick

sources
patrimoine.pelerin