23 mai 1430 Jeanne d’Arc est capturée à Compiègne et jugée et brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431

23 mai 1430

Jeanne d’Arc est capturée à Compiègne

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Le 23 mai 1430, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons en tentant de secourir avec sa troupe les habitants de Compiègne, au nord de Paris.

Les Anglais vont alors se la faire livrer, en vue de la faire condamner… par un tribunal ecclésiastique. Ils espèrent de la sorte mettre au jour sa nature de sorcière et dévaluer le sacre de leur ennemi Charles VII

Jeanne d'Arc faite prisonnière à Compiègne (Jules Eugène Lenepveu, 1886, Panthéon, Paris)
Vaines impatiences

En délivrant Orléans et faisant sacrer le roi Charles VII à Reims, Jeanne d’Arc a accompli la mission que lui ont confiée, selon ses dires, des voix célestes. D’ailleurs, après le sacre, elle admet ne plus entendre ses voix…

Mais emportée par son succès et la faveur des foules, elle veut en finir au plus vite avec les Anglais. Elle part avec Charles VII à la reconquête du Bassin Parisien. L’armée royale entre sans coup férir à Soissons, Château-Thierry, Provins, Crépy-en-Valois et les villes de l’Oise.

Encouragé par Jeanne, le «beau duc» Jean d’Alençon, gendre de Charles VII et chef de l’armée royale, mène celle-ci à Saint-Denis, aux portes de Paris. Mais les Français de la capitale, satisfaits de leur sort, n’ont nul désir de revoir la redoutable faction des Armagnacs qui entoure le roi.

Quant à l’entourage du roi, conduit par sa belle-mère Yolande d’Aragon, il préfère négocier une trêve avec le cousin ennemi de Bourgogne, le  «Grand-Duc d’Occident»Philippe le Bon. Par la trêve, conclue le 28 août, ils promettent au duc de recouvrer les villes perdues de l’Oise.

De leur côté, Jeanne et d’Alençon ne se résignent pas et lancent une attaque sur la capitale le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge ! Beaucoup s’indignent que la Pucelle engage le combat ce jour-là. Elle-même est blessée d’une flèche à la cuisse et l’assaut tourne court.

À nouveau tenté par le repli, Charles VII  ramène l’armée à Gien, sur la Loire, et la licencie le 21 septembre 1429. Dans le même temps, il commence à tenir l’héroïne à l’écart tout en lui faisant miroiter les délices de la vie de cour. En témoignage de reconnaissance, il l’anoblit ainsi que sa famille le 24 décembre 1429 (son nom, Darc, devient dès lors d’Arc). Il confie la prévôté de Vaucouleurs à son frère Pierre, qui a combattu à ses côtés, et dispense cette châtellenie de l’impôt.

Comme Jeanne ne se laisse pas adoucir par les faveurs, il lui confie le soin de combattre un brigand mais celui-ci lui inflige un échec humiliant à la Charité-sur-Loire où il s’est réfugié.

À la cour, le grand chambellan La Trémoille et l’archevêque de Reims Regnault de Chartres, chancelier de France, qui privilégient la négociation avec les Bourguignons, manigancent sa perte. Ils suscitent une prophétesse rivale, Catherine de La Rochelle, que Jeanne rencontre et renvoie en lui conseillant d’aller «faire son ménage et soigner ses enfants».

De l’échec au drame

De leur côté, les Anglais sont très affaiblis et quelque peu démoralisés par leurs échecs successifs depuis la levée du siège d’Orléans. Leur régent, le duc de Bedford, se voit contraint d’appeler à l’aide le cardinal de Winchester, son oncle, qui a déjà mis sous sa coupe l’Angleterre et son régent, le duc de Gloucester. Le cardinal détourne vers la France une armée qu’il avait recrutée pour combattre les hérétiques hussites dans la lointaine Bohème. Lui-même et ses soldats rencontrent à Paris le duc de Bourgogne le 30 septembre 1429.

Leurs alliés bourguignons se sentent pousser des ailes. Fringant étalon, le duc Philippe le Bon célèbre avec Isabelle de Portugal son troisième mariage le 10 janvier 1430 et par la même occasion crée le fameux Ordre de la Toison d’Or. Là-dessus, en avril, à la fin de l’hiver, il décide délibérément de rompre la trêve et se lance à la reconquête de Compiègne, un verrou sur l’Oise, au nord de Paris, qui l’empêche de lier ses possessions à celles des Anglais.

Le 15 avril 1430,  il entame le siège de la ville avec son lieutenant Jean II de Luxembourg-Ligny, comte de Guise. Les habitants appellent Jeanne à l’aide. Celle-ci lève avec ses propres deniers une troupe de 400 mercenaires et se précipite à leur secours sans en référer au roi. Elle entre dans la ville à la faveur de la nuit. Mais le lendemain, le 23 mai 1430, en tentant une sortie, elle est encerclée par les Bourguignons et capturée par un archer picard qui la livre à son seigneur Jean de Luxembourg.

Jeanne n’a pas l’espoir que le seigneur bourguignon demande une rançon au roi Charles VII en échange de sa libération car elle-même, quelque temps plus tôt, a refusé de libérer contre rançon un routier bourguignon, Franquet d’Arras, et l’a au contraire livré à la justice royale pour qu’il soit exécuté en vertu de ses crimes innombrables.

La Pucelle est donc dans un premier temps enfermée au château de Beaulieu-en-Vermandois, d’où elle tente de s’échapper. Le mois suivant, elle est transférée au château de Beaurevoir, au nord de la Picardie. Elle tente une deuxième fois de s’évader en se laissant descendre le long d’une corde confectionnée avec ses draps. Mais la corde rompt et elle fait une chute douloureuse.

Très vite, son geôlier est harcelé par Henri Beaufort, cardinal de Winchester, qui, à Londres, a repris en main les affaires du Continent. Celui-ci veut à tout prix que la captive soit jugée et condamnée pour sorcellerie et hérésie afin de couper court à sa popularité et ruiner le crédit de Charles VII… Que vaudrait en effet un sacre acquis grâce à une sorcière ?

L’Anglais multiplie les pressions, entame le blocus des ports flamands et finalement rachète Jeanne pour dix mille livres tournois, soit un montant équivalent à une rançon royale ! La prisonnière est conduite à Arras, puis au Crotoy, à Dieppe et enfin à Rouen où elle doit être jugée. Son procès va pouvoir commencer…

Ingratitude

Le roi Charles VII, peu conscient de l’enjeu, n’esquisse aucun geste en sa faveur. Son grand chambellan Georges de la Trémoille, retors et corrompu, hostile à la Pucelle, le dissuade de la racheter.

Toutefois, sous le choc, les troupes royales semblent se réveiller de leur torpeur. Le 25 octobre 1430, Xaintrailles et La Hire obligent Jean de Luxembourg à lever le siège de Compiègne. Le duc de Bourgogne détourne son attention vers le Brabant. C’en est fini de la menace d’une jonction des domaines anglais et bourguignons. Les troupes de Charles VII ont repris l’initiative. Jeanne captive a gagné.

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30 mai 1431

Jeanne d’Arc est brûlée vive à Rouen

Le 30 mai 1431, Jeanne d’Arc est brûlée vive à Rouen, sur la place du Vieux-Marché, après un procès inique. Elle est victime de ce que les Anglais voulaient à tout prix la convaincre d’hérésie (et accessoirement de sorcellerie) pour abaisser ainsi le roi Charles VII qu’elle avait diligemment servi.

Son procès, dont on a conservé et publié les minutes, témoignent d’une personnalité d’exception, avec un esprit acéré et une conscience pure.

Jeanne d'Arc au bûcher, miniature(Les Vigiles de Charles VII, manuscrit réalisé par Martial d'Auvergne en 1477-1483, BNF)
La Pucelle jugée par l’Église

Capturée au siège de Compiègne, le 23 mai 1430, Jeanne d’Arc est vendue par les Bourguignons aux Anglais, lesquels n’ont qu’une hâte : la faire condamner par un tribunal ecclésiastique afin de déconsidérer le roi Charles VII et rendre le moral à leurs troupes. Celles-ci, il est vrai, ne se montrent plus guère offensives depuis le siège d’Orléans.

Après un passage à la forteresse du Crotoy, au bord de la Manche, Jeanne arrive à Rouen la veille de Noël 1430. Elle est enfermée au château du Bouvreuil, la forteresse de la ville, qui accueille ordinairement des prisonniers hommes. Pour l’occasion, une tour lui est réservée. Elle est placée sous la garde du gouverneur de la ville, Richard de Beauchamp, comte de Warwick.

Pas moins de quatre ou cinq rustres veillent sur elle nuit et jour. Ont-ils pu tenter de la violer? La chose est peu probable car les gardes, superstitieux, devaient être rebutés à l’idée de toucher une prétendue sorcière.

Le tribunal d’Église qui doit la juger est présidé par Pierre Cauchon, l’évêque de Beauvais, dont dépend Compiègne, le lieu de sa capture.  Cauchon est un théologien respecté de l’Université de Paris, d’environ 60 ans. Il est entré au service du duc de Bourgogne, ce qui lui a valu l’évêché de Beauvais. Désireux de se faire bien voir des Anglais, il arrange le procès en hérésie et pour cela s’adjoint le concours du frère dominicain Jean Le Maître, vicaire de l’inquisiteur en France.

Jeanne devant ses juges (lettrine d'un manuscrit du XVe siècle, BNF)Le procès s’ouvre le 9 février 1431 avec les deux juges et quelques dizaines d’assesseurs. Il est fréquemment suspendu et à plusieurs reprises, le très puissant cardinal de Winchester vient remplacer Cauchon à la tête du tribunal.

Ces ecclésiastiques admettent difficilement que Dieu ait pu s’adresser par-dessus leurs têtes à une fille du peuple. Ils dépêchent des enquêteurs à Domrémy mais les témoignages des habitants sont si favorables à l’accusée qu’ils doivent détruire leur rapport. Ils reprochent à Jeanne d’avoir revêtu des habits d’homme (sic), en contradiction avec un précepte du Deutéronome, d’avoir essayé de se suicider à Beaurevoir (il s’agissait en fait d’une tentative d’évasion) et bien sûr d’avoir eu de fausses visions.

Interrogée par Jean Beaupère, l’un des juges, sur son état de grâce, elle répond : «Si je n’y suis, Dieu m’y mette, si j’y suis, Dieu m’y tienne !»

Les actes du procès témoignent de l’extraordinaire force de caractère de l’inculpée.Ainsi à propos de l’assassinat de Jean sans Peur : «Croyez-vous que votre roi a bien fait de tuer ou faire tuer monseigneur de Bourgogne ? — Ce fut grand dommage pour le royaume de France. Mais quelque chose qu’il y eût entre eux, Dieu m’a envoyée au secours du roi de France.»

Incapable de faire fléchir la jeune fille et pressé d’en finir par le cardinal de Winchester, qui se dispose à quitter Rouen, l’évêque Cauchon précipite la procédure. Il soumet à Jeanne un réquisitoire de douze articles qu’elle récuse en bloc. Il décide alors de lui faire peur.

Le 24 mai 1431 au soir, Jeanne est traînée au cimetière de l’abbatiale de Saint-Ouen où a été préparé un bûcher. Sur une estrade se tient le cardinal de Winchester. Le bourreau est prêt à l’ouvrage. On la menace de torture et on lui montre les instruments. Puis l’évêque Cauchon list l’acte d’accusation par lequel il la livre au bras séculier afin qu’elle soit brûlée (l’Église s’interdit de procéder elle-même à une exécution). Mais il lui fait savoir aussi que, si elle se rétracte et renonce à ses habits d’homme, elle sera confiée à l’Église et échappera à la mort.

Le prédicateur Guillaume Evrard a la maladresse de s’en prendre au roi : «Ton roi est hérétique et schismatique ! — J’ose bien vous dire et vous jurer sur ma vie que c’est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, ceui qui aime le mieux la foi et l’Église. Il n’est pas tel que vous le dites», bondit la malheureuse.

Jeanne, épuisée, signe un document par lequel elle accepte de se soumettre à l’Église et de reprendre ses habits de femme. La sentence de mort est commuée en un emprisonnement à vie.

Le procès de Jeanne d'Arc, miniature du XVe siècle, BNF
Le bûcher

Jeanne d’Arc revient dans sa cellule au grand mécontentement des Anglais qui auraient voulu une exécution rapide. Les soldats menacent même de s’en prendre aux juges et à l’évêque… Mais quelques jours plus tard, s’étant fait dérober ses vêtements et craignant à juste titre pour sa vertu, elle reprend des habits d’homme, ce qui lui vaut d’être cette fois condamnée au bûcher comme relapse (se dit de quelqu’un qui retombe dans l’hérésie).

Vêtue d’une robe soufrée destinée à la faire brûler plus vite et coiffée d’une mitre sur laquelle sont écrits des mots infâmants, la jeune fille est conduite sur le lieu de son supplice. Détail sordide : le bûcher étant trop élevé, le bourreau Geoffroy Thérage se trouve dans l’impossibilité d’étrangler sa victime avant que les flammes ne l’atteignent, ce qui vaut à Jeanne de périr vive dans de grandes souffrances.

Comme Winchester souhaite un ultime aveu, l’évêque Cauchon s’approche des flammes mais c’est pour s’entendre dire : «Évêque, je meurs par vous ! ». Et dans un dernier défi, elle murmure: «Que j’aie bien fait, que j’aie mal fait, mon Roi n’y est pour rien !…» Un des juges, pris de remords, confiera : «Je voudrais que mon âme fût où je crois qu’est l’âme de cette fille ! »

Après le supplice, le bourreau se voit chargé de jeter les cendres dans la Seine afin d’éviter qu’elles ne deviennent objet de ferveur.

En dépit de cette fin tragique, qui apparaît dans l’instant comme un échec, la détermination de Jeanne d’Arc, soutenue par sa foi, a changé le cours de l’Histoire. Sa foi et sa fougue ont sauvé la dynastie des Valois. Fallait-il voir en elle une sainte catholique ? C’est une autre affaire.

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sources hérodote.net

André Larané

écrites de l’époque ..

Le procès de Jeanne d’Arc

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/jeanne/

Le procès de Jeanne d’Arc

http://www.clerus.org/clerus/dati/2001-10/23-13/JeanneArc.html

Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc : raconté et traduit, …

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k551683

Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc : raconté et traduit, …

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/jeanne/

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1895_num_56_1_462831

http://www.stejeannedarc.net/rehabilitation/enquete_1450.php

La victoire de Villars à Denain, le 24 juillet 1712

La victoire de Villars à Denain, le 24 juillet 1712

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« Monsieur le maréchal, vous nous avez sauvés tous »
Louis XIV

 

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Le 24 juillet 1712, le maréchal de Villars remporte à Denain une victoire inespérée sur les Impériaux et les Hollandais commandés par le prince Eugène. La guerre de Succession d’Espagne met Paris en danger mais, trompant l’ennemi par une manœuvre habile, Villars sauve « in extremis » la France de l’invasion et permet à Louis XIV d’obtenir la paix dans des conditions honorables, qu’il n’aurait pu espérer quelques années plus tôt. Yves-Marie Bercé, de l’Académie des inscriptions et belles- lettres, évoque le miracle de « l’Heureux Villars » et sa place dans notre « roman national » sur Canal Académie .
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Portrait of Louis XIV

Portrait of Louis XIV (Photo credit: Wikipedia)

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Au début du XVIIIe siècle, la mort, sans héritier direct, de Charles II, le dernier Habsbourg d’Espagne, pose une question dynastique qui va enflammer l’Europe.  

Louis XIV- au nom de feue la reine de France, Marie Thérèse d’Autriche , accepte pour son petit-fils, Philippe d’Anjou, la succession espagnole. 

La guerre de Succession d’Espagne (1701-1714) prend, en France en 1709, l’aspect d’une guerre de défense nationale contre l’ensemble des puissances européennes. 

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<i>La Bataille de Denain</i>, huile sur toile de Jean Alaux (1849)

La Bataille de Denain, huile sur toile
de Jean Alaux (1849)
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Revers militaires et mécomptes diplomatiques des Franco-Espagnols

Yves-Marie Bercé précise : « la dernière guerre du long règne de Louis XIV-  se trouve à front renversé. 

Pour la première fois depuis deux siècles les Français et les Espagnols se trouvent réunis dans une alliance dynastique.
Les Britanniques, les Impériaux, les Hollandais contestent l’héritage de Philippe d’Anjou devenu Philippe V d’Espagne.

La force, la capacité militaire du royaume de France est mise à rude épreuve. Certes, la France est la puissance la plus considérable de l’Europe. Avec plus de vingt millions d’habitants, elle est de loin le pays le plus densément peuplé, le plus riche, le plus centralisé, le plus fermement dirigé et précocement administré, en face de puissances disparates. 
Mais, très vite, à partir de 1704 les Français accumulent les revers sur plusieurs fronts. 
À Höchstädt (13 août 1704), les deux plus grands généraux de l’alliance ennemie -le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie- infligent une défaite désastreuse aux Franco-Bavarois. 
1706 -« annus horribilis » pour Louis XIV- est l’année la plus catastrophique pour les armes françaises. 

En 1709, cependant, la bataille indécise de Malplaquet vient prouver que la France n’est pas encore militairement abattue. À l’issue de cette sanglante journée, l’offensive ennemie sur Paris est stoppée et les coalisés se résignent désormais, jusqu’en 1712, à une guerre de position. 

Louis XIV- essaie de renouer des négociations mais les exigences des puissances coalisées sont à ce point élevées que, réduit à une position désespérée, il lance une sorte d’appel à la nation française pour expliquer que la poursuite de la guerre est inévitable. On lui imposerait de faire la guerre à son petit-fils d’Espagne : à cette demande humiliante, le roi avait répondu : « puisqu’il faut faire la guerre, j’aime mieux la faire à mes ennemis qu’à mes enfants. » »

L’assaut à la baïonnette du camp retranché de Denain le 24 juillet 1712

Après avoir présenté d’une part les personnalités d’exception que sont le maréchal-duc de Villars et le prince Eugène et, d’autre part, la terrible inquiétude de Louis XIV-   qui, ayant conscience de l’imminence d’une invasion jusqu’à Paris, envisage de transférer la Cour et le gouvernement à Chambord, Yves-Marie Bercé évoque le miraculeux armistice franco-anglais, puis la ruse de Villars et de son maréchal de camp Montesquiou qui sauve la France. 

Les troupes françaises, après une nuit de marche forcée de 25 à 30 kilomètres, attaquent Denain alors que le prince Eugène les attend à Landrecies. L’effet de surprise est total et décisif.

Villars, dans les jours suivants, exploite son avantage et reprend, petit à petit, les citadelles françaises perdues depuis trois ans. Les négociations commencées à Utrecht depuis le début de 1712 s’accélèrent.

Les traités d’Utrecht et de Rastatt 

Après l’Angleterre, à son tour, la Hollande, au lendemain de Denain, se résigne à traiter.

Seul l’empereur Charles VI s’obstine à ne pas vouloir reconnaître Philippe V et décide de continuer la guerre. 

Marshal Villars leads the French charge at the...

Marshal Villars leads the French charge at the Battle of Denain. Oil on canvas, 1839. (Photo credit: Wikipedia)

Enfin, deux succès militaires de Villars, la prise de Landau, en août, et celle de Fribourg, en octobre, amènent l’empereur à traiter avec la France. Un compromis honorable permet de signer les traités d’Utrecht (1713) et de Rastatt (1714). 
La guerre de Succession d’Espagne, qui a déchiré l’Europe pendant plus de dix ans et a été pour la France une terrible épreuve, est finie. Philippe V est reconnu comme légitime successeur de Charles II d’Espagne. Il renonce officiellement à ses droits de succession au trône de France.

Yves-Marie Bercé expose, alors, les clauses politiques, territoriales et commerciales des traités ainsi que la postérité dans les Écoles de guerre du XVIIIe siècle, et dans notre roman national, de la victoire de Denain, cette belle tactique originale menée avec un immense courage par, entre autres, les grenadiers de Villars.

En 1912, lors de la commémoration du deuxième centenaire, à la veille d’une nouvelle invasion des gens d’Outre-Rhin, on évoquait ce « sursaut d’énergie de l’âme française : un des beaux réveils de notre race ». 

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Patrick

sources :

— http://www.canalacademie.com/

Rafle du Vél d’Hiv : les sept erreurs de François Hollande

je voudrais vous faire partager ce texte paru sur le blog de
l’auteur du texte (( http://vichyetlashoah.blog.lemonde.fr/ ))  
et sur un site d’histoire , (( http://www.herodote.net )) 
 
 
 
 
je vous mets le texte intégral, ainsi pas de controverse inutile,
j’ai l’autorisation de A. Larané de copier son site, étant
lourdement handicapé des membres supérieurs notamment,
et passant 95% de ma vie allongé ….
 
 

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Patrick 
 
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Rafle du Vél d’Hiv : les sept erreurs de François Hollande
 
Dans son discours du dimanche 22 juillet 2012, en commémoration de la 
rafle du Vél d’Hiv (16 juillet 1942), le président de la République française
manifesté avec générosité sa volonté de réconcilier les Français autour de
leur Histoire.
 
Son discours contient néanmoins sept erreurs d’appréciation qu’a relevées
l’historien franco-israélien Alain Michel. Elles montrent que l’Histoire est
plus complexe qu’on ne voudrait le croire. Les voici dans l’ordre d’apparition :
[voir aussi : Le discours de François Hollande  et   le blog d’Alain Michel]
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1 – François Hollande : Une directive claire avait été donnée par l’administration 

de Vichy : «Les enfants ne doivent pas partir dans les mêmes convois que les parents».

 

 

Alain Michel, historien franco-israélienAM : La manière dont le président présente les faits (la séparation des enfants de leurs 

parents dans les camps du Loiret avant la déportation) est doublement erronée.

Tout d’abord il ne s’agit pas d’une directive du gouvernement collaborationniste 

de Vichy. L’organisation de la déportation se déroule dans un dialogue et 

une coopération entre l’administration policière de la «zone occupée»et les autorités 

allemandes, plus précisément les représentants d’Eichmann à Paris. Il n’y a aucune i

ntervention de Vichy sur cette question.

De plus la décision de déporter les enfants vient des Allemands et la séparation 

des parents et des enfants découle de leur besoin de faire partir les convois alors 

qu’ils n’ont pas encore l’autorisation de Berlin d’envoyer les enfants. Pour résumer, 

la police de la «zone occupée» applique des directives allemandes.

 

2 – François Hollande : Je tiens à rappeler les mots que le Grand rabbin de France 

Jacob Kaplan adressa au maréchal Pétain en octobre 1940, après la promulgation 

de l’odieux statut des Juifs : « Victimes, écrivait-il, de mesures qui nous atteignent 

dans notre dignité d’hommes et dans notre honneur de Français, nous exprimons 

notre foi profonde en l’esprit de justice de la France éternelle… »

 

 

AM : Précisons que Jacob Kaplan n’était pas Grand rabbin de France en 1942, il ne 

le deviendra qu’en 1954.

Mais surtout, sa déclaration d’attachement patriotique n’a rien à voir avec la rafle de 

1942. D’une part du fait que la Solution finale n’existe pas encore en 1940 et ce 

qui préoccupe alors Jacob Kaplan est l’antisémitisme français ; d’autre part, 

parce que, sous la pression du gouvernement de Vichy, aucun adulte français 

(ou d’origine algérienne) n’a été arrêté lors de la rafle de juillet 1942, alors que 

Jacob Kaplan, dans sa déclaration d’amour à la France, s’exprime au nom des 

Juifs français et d’eux seuls.


3 – François Hollande : La vérité, c’est que la police française, sur la base des 

listes qu’elle avait elle-même établies, s’est chargée d’arrêter les milliers 

d’innocents pris au piège le 16 juillet 1942. C’est que la gendarmerie française 

les a escortés jusqu’aux camps d’internement. La vérité, c’est que pas un soldat 

allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l’ensemble de l’opération. 

La vérité, c’est que ce crime fut commis en France, par la France.

 

 

AM : Il y a une confusion dans le fait que la police française de la «zone 

occupée»a établi des listes en octobre 1940 sur demande allemande et non 

arrêter des Juifs. La Gestapo sait bien avant la rafle qu’elle peut compter sur 

la police de la zone nord, qui lui obéit du fait de l’application de la convention 

de la Haye et de la convention d’armistice. Plus de 8.000 Juifs ont déjà été 

arrêtés en 1941 dans la région parisienne et les Allemands se sont toujours 

servis de la police française pour ces rafles.

Pour résumer, le président de la République aurait pu dire : «La vérité, c’est de 

sa propre initiative comme la phrase semble le suggérer.

Effectivement, les soldats allemands ne seront jamais mobilisés en France 

pour que ce crime fut commis en France par les nazis avec la complicité de la 

police et de l’administration française».

 

4- François Hollande L’honneur fut sauvé par les Justes, et au-delà par tous ceux 

qui surent s’élever contre la barbarie, par ces héros anonymes qui, ici, cachèrent 

un voisin ; qui, là, en aidèrent un autre ; qui risquèrent leurs vies pour que soient 

épargnées celles des innocents. Par tous ces Français qui ont permis que survivent 

les trois quarts des Juifs de France.

 

AM : Cette affirmation est incomplète dans la mesure où ce ne sont pas seulement

les Justes et les héros anonymes qui ont sauvé les trois quarts des Juifs de France,

mais aussi l’action et les choix politiques du gouvernement de Vichy qui, en tentant 

de protéger les Juifs français (et en abandonnant à leur sort les Juifs d’origine 

étrangère), a considérablement ralenti la machine de destruction allemande (voir les 

historiens Léon Poliakov et Raul Hilberg).


5- François Hollande : L’honneur de la France était incarné par le général de 

Gaulle qui s’était dressé le 18 juin 1940 pour continuer le combat.

 

 

AM : Il ne convient pas, dans une cérémonie consacrée à la persécution des Juifs, 

de citer le général de Gaulle qui n’a rien dit et rien fait pendant la Seconde 

Guerre mondiale pour encourager les Français à sauver les Juifs. Il eut mieux 

valu citer des hommes d’Église comme le cardinal Saliège.


6 – François Hollande : L’honneur de la France était défendu par la Résistance, 

cette armée des ombres qui ne se résigna pas à la honte et à la défaite.

 

AM : De même, la Résistance en tant qu’organisme n’a rien fait et rien dit pour 

sauver les Juifs ou encourager à les sauver, à l’exception de Témoignage chrétienet 

des mouvements de résistance juifs (communistes et communautaires). Certes 

des résistants, en tant qu’individus, ont sauvé des Juifs, mais jamais sur instruction 

de leurs mouvements.


7– François Hollande : L’enjeu est de lutter sans relâche contre toutes les formes 

de falsification de l’Histoire. Non seulement contre l’outrage du négationnisme, mais 

aussi contre la tentation du relativisme.

 

 

AM : Le président de la République met sur le même plan le «négationnisme», qui 

consiste à nier l’évidence (la réalité de la Shoah) et se présente comme une 

anti-histoire, et les approches d’historiens qui remettent en cause certaines 

interprétations idéologiques, en relativisant ce qui s’est passé en France par 

rapport à ce qui s’est passé ailleurs en Europe. Cette confusion entre«négationnisme» 

et «relativisme» est sans doute excessive et, qui sait? pourrait contrarier la recherche 

historique.

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Alain Michel, auteur de : Vichy et la Shoah, enquête sur le paradoxe français

Patrick

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sources 

http://www.herodote.net

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saint du jour
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— SAINT BERNARDIN de SIENNE
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Franciscain
(1380-1444)

Le principal caractère de la vie de ce grand Saint, c’est son amour extraordinaire pour la très Sainte Vierge. Né le 8 septembre 1380, jour de la Nativité de Marie, Bernardin fut privé, tout jeune, de ses nobles et pieux parents ; mais il trouva dans une de ses tantes une véritable mère. Voyant un jour cette femme refuser de donner à un pauvre, il lui dit : « Pour l’amour de Dieu, donnez à ce pauvre ; autrement je ne prendrai rien aujourd’hui. »

Sa pureté était si grande, que le moindre mot inconvenant l’affligeait profondément : « Silence, disaient les étudiants quand ils le voyaient apparaître au milieu de leurs conversations trop libres, silence, voici Bernardin ! »

À dix-sept ans, il entra dans une confrérie de garde-malades, et soigna pendant quatre ans, dans un hôpital, avec un dévouement et une douceur rares, toutes les infirmités humaines. Se traitant lui-même avec la dernière dureté, il ne songeait qu’aux besoins des autres ; il parut surtout héroïque dans une peste affreuse, où il s’imposa mille fatigues et brava mille fois la mort.

L’inspiration du Ciel le conduisit alors chez les Franciscains, qui le lancèrent bientôt dans la prédication. Grâce à la bonté de sa Mère céleste, sa voix, faible et presque éteinte, devint inopinément claire et sonore ; Bernardin fut un apôtre aussi brillant par son éloquence que par sa science, et opéra en Italie de merveilleux fruits de salut.

Faisant un jour l’éloge de la Sainte Vierge, il lui appliqua cette parole de l’Apocalypse : « Un grand signe est apparu au Ciel. » Au même instant, une étoile brillante parut au-dessus de sa tête. Une autre fois, parlant en italien, il fut parfaitement compris par des auditeurs grecs qui ne connaissaient que leur langue maternelle.

Un jour, un pauvre lépreux lui demanda l’aumône ; Bernardin, qui ne portait jamais d’argent, lui donna ses souliers ; mais à peine le malheureux les eut-il chaussés, qu’il se senti soulagé et vit disparaître toute trace de lèpre.

Bernardin, allant prêcher, devait traverser une rivière et ne pouvait obtenir le passage de la part d’un batelier cupide auquel il n’avait rien à donner. Confiant en Dieu il étendit son manteau sur les eaux, et, montant sur ce frêle esquif, passa la rivière.

C’est à Bernardin de Sienne que remonte la dévotion au saint Nom de Jésus : il ne pouvait prononcer ce nom sans éprouver des transports extraordinaires. Il a été aussi un des apôtres les plus zélés du culte de saint Joseph.

 

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autres saints du jour
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— Amalbert (7e s.)
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— Archange Tadini († 1912)
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— Astère († 272)
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— Baudille, Martyr à Nimes (3e s.)
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— Colombe de Rieti († 1501)
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— Dovmont († 1299)
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— Ethelbert († 793)
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— Étienne († 1697)
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— Germain de Constantinople, Patriarche de Constantinople († 733)
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— Lydie (1er s.)
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— Nicétas et Jean († 11e s.)
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— Outrille de Bourges, Évêque († 624)
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— Protais Chong († 1839)
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— Thallelaios (3e s.)
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— Yves de Chartres, Évêque († 1116)
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Naissances

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Honoré de Balzac
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20 mai 1799 à Tours – 18 août 1850 à Paris
Le romancier Honoré de Balzac a peint dans la Comédie humaine les travers de la bourgeoisie française sous le règne de Louis-Philippe 1er.

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Décès

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Christophe Colomb
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vers 1451 à Gênes (Italie) – 20 mai 1506 à Valladolid (Espagne)
Christophe Colomb, navigateur génois, compétent mais trop imaginatif, veut gagner l’Asie des épices, la Chine et les Indes, en navigant vers l’ouest, à travers la «mer Océane» (l’océan Atlantique). Il estime le voyage à une quinzaine de jours seulement à partir des îles Canaries.

Son projet paraît fou à la plupart des experts de son temps qui savent comme lt ronde mais évaluent avec plus de justesse sa circonférence et sont convaincus que les marins mourront d’épuisement bien avant d’atteindre leur but !…

Après avoir essuyé plusieurs échecs, Christophe Colomb plaide sa cause auprès de la reine Isabelle de Castille. La souveraine, toute à la joie d’avoir abattu le dernier royaume musulman d’Espagne, accepte de l’aider sans trop y croire.

Le marin quitte l’avant-port de Séville à la tête de trois petits navires (des caraques ou caravelles). Le 12 octobre 1492, après trois mois de navigation hasardeuse, il pose le pied sur une île inconnue peuplée de gens à la peau cuivrée.

Sans en avoir conscience, Christophe Colomb vient d’offrir ce jour-là aux Européens un Nouveau Monde ; il sera baptisé quinze ans plus tard Amérique, d’après le prénom d’un autre explorateur. Christophe Colomb appelle ses habitants Indiens car il reste convaincu d’avoir atteint les Indes !

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Gilbert de La Fayette
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6 septembre 1757 à Chavagnac (Auvergne, France) – 20 mai 1834 à Paris
Le marquis Gilbert Motier de La Fayette (on écrit aussi Lafayette), «héros des deux Mondes», demeure après plus de deux siècles le principal trait d’union entre la France et les États-Unis.

Mais son rôle historique ne se résume pas à ses années de jeunesse passées à combattre aux côtés des «Insurgents» américains. Il a aussi joué un rôle moteur dans les débuts de la Révolution française et à nouveau dans la révolution des Trois Glorieuses qui vit le remplacement de Charles X par Louis-Philippe 1er à la tête de la France.

 Lafayette, par Jules Boilly (musée de Versailles)

 

 

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Evénements

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20 mai 325 : Le concile de Nicée condamne l’arianisme
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Le 20 mai 325, l’empereur romain Constantin 1er réunit à Nicée le premier concile oecuménique de l’Histoire en vue de condamner la doctrine d’Arius, l’arianisme, et, plus important que tout, maintenir l’unité de la jeune Église…

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Les chrétiens divisés
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Comme le christianisme commence à s’enraciner dans les villes romaines (tout en restant très minoritaire), l’empereur ne veut pas que des querelles théologiques divisent les fidèles et affaiblissent la cohésion de son empire.

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Or, vers 320, un prêtre d’Alexandrie nommé Arius s’est mis à prêcher une doctrine hétérodoxe. Il professe que Jésus-Christ et le Saint Esprit sont subordonnés à leur créateur, Dieu le Père. Selon lui, Jésus serait né homme et ne serait véritablement devenu Fils de Dieu qu’au jour de sa résurrection.

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Arius met ainsi en cause l’un des fondements de la religion chrétienne, le dogme de la «Sainte Trinité», à savoir un Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Selon ses contradicteurs, sa doctrine ouvre la voie à un polythéisme de fait, avec plusieurs divinités de rang variable. Elle enlève aussi beaucoup de signification à l’incarnation, à la mort et à la résurrection de Jésus, dès lors que celui-ci n’est pas pleinement Dieu.

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L’évêque d’Alexandrie, Athanase, s’élève contre Arius en rappelant que le Fils est l’égal du Père et partage avec lui et le Saint Esprit l’essence divine. Arius est excommunié par l’évêque, c’est-à-dire exclu de l’Église. Il poursuit néanmoins sa prédication avec un certain succès.

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Dans son palais de Nicomédie (aujourd’hui Izmit, au sud de la mer de Marmara), l’empereur Constantin 1er craint un schisme au sein de la nouvelle religion dominante qui mettrait à mal l’unité de l’empire. Pour l’éviter, il convoque un concile (d’un mot grec qui signifie réunion) à Nicée. La ville est située sur la façade orientale du Bosphore, à 50 kilomètres de Bursa et non loin de la résidence impériale. Elle s’appelle aujourd’hui Iznik.

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L’empereur met la poste impériale à la disposition des chefs élus de toutes les communautés chrétiennes, les évêques.

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Affermissement du dogme
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C’est ainsi qu’à partir du 20 mai 325, à Nicée, se trouvent réunis pour la première fois des évêques de toute la chrétienté. Ils sont plus de 220 (la tradition retient le chiffre symbolique de 318). Parmi eux, une grande majorité d’évêques du Proche-Orient et d’Égypte…

On note seulement cinq évêques latins et plusieurs absents de marque dont l’évêque de Rome (auquel sera plus tard réservé l’appellation de pape), qui s’est fait représenter par deux légats.

Constantin 1er préside en personne à l’ouverture officielle du concile (bien que n’étant pas baptisé). Sous la conduite d’un évêque espagnol, Osius de Cordoue, l’assemblée va donner lieu à des affrontements de très haute tenue philosophique.

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Les partisans d’Arius, au nombre de 22 seulement, considèrent qu’il ne peut y avoir d’équivalence entre Dieu le Père et son Fils Jésus-Christ. Celui-ci apparaît à leurs yeux comme un relais existant de toute origine entre Dieu et l’humanité. C’est une explication philosophique assez rationnelle de l’Évangile. Elle plaît aux théologiens de culture grecque.

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Les extrémistes du bord opposé, Marcel d’Ancyre, Eusthate d’Antioche, Alexandre d’Alexandrie et le diacre Athanase, qui allait devenir patriarche d’Égypte, exigent une ferme condamnation des thèses d’Arius. Quelques Orientaux groupés autour d’Eusèbe de Césarée tentent de faire valoir un compromis en atténuant les formules des arianistes.

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Finalement, la majorité des évêques et son porte-parole Marcel d’Ancyre réprouvent les thèses d’Arius. Ils s’entendent sur une nouvelle formulation dite théorie de la «consubstantiation» qui signifie que le Fils est consubstantiel au Père (en grec homoousios, c’est-à-dire «ayant la même essence»). Cette formulation s’exprime dans une nouvelle mouture du Credo («Je crois»), appelée depuis lors «Symbole de Nicée».

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L’empereur Constantin prend acte de la défaite des arianistes. Il ordonne l’exil d’Arius ainsi que de la poignée d’évêques qui, au concile, sont restés fidèles à sa thèse. Parmi eux se trouve Eusèbe de Nicomédie.

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En intervenant dans les querelles théologiques et en ouvrant en personne le concile de Nicée, l’empereur inaugure le «césaropapisme». Ce mot traduit une forme d’allégeance des autorités religieuses à l’empereur.

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Résurgence et mort de l’arianisme
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Le concile de Nicée se conclut dans l’euphorie. L’unité du dogme semble préservée. En fait, on va s’apercevoir rapidement que l’arianisme est resté vigoureux.

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Constantin lui-même fait revenir Arius de son exil dix ans après le concile et se fait baptiser par l’évêque arien Eusèbe de Nicomédie sur son lit de mort, en 337. Ses successeurs Constance et Valens se rallient à la doctrine d’Arius de même que la plupart des Barbares implantés dans l’empire romain.

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C’est seulement en 380, au concile de Constantinople, que l’empereur Théodose établit le catholicisme comme religion d’État. Au siècle suivant, au concile de Chalcédoine, les évêques renouvellent la condamnation de l’arianisme et y ajoutent une condamnation des doctrines opposées de Nestorius et du monophysisme égyptien.

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Tandis que l’arianisme résistait de la sorte en Orient et séduisait les tribus barbares implantées un peu partout, la doctrine catholique de Nicée triomphait pour sa part dans les populations romanisées de l’Occident romain, grâce à la prédication vigoureuse de Hilaire de Poitiers.

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Les Francs de Clovis seront les seuls Barbares qui auront le bon goût d’ignorer Arius. Tardivement christianisés, ils passeront directement du paganisme au catholicisme avec le baptême de leur chef à Reims. Plus proches de leurs sujets gallo-romains grâce à cette conversion, ils acquerront de la sorte un avantage politique sur les autres Barbares d’Occident.

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Évêques, prêtres et clergé
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Le concile de Nicée de 325 ne s’en tient pas à des débats sur le dogme religieux. Il jette aussi les bases d’une organisation centralisée de l’Église fondée sur une stricte hiérarchie du clergé.
Auparavant, durant les trois premiers siècles de son existence, l’Église n’avait pas de clergé institutionnel ni d’organisation centralisée. Dans les villes, chaque communauté se donnait un évêque (du mot grec episkopos qui signifie surveillant). Si l’élu était marié, il conservait sa femme mais vivait avec elle «comme avec une soeur».

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A mesure qu’une communauté s’élargissait, l’évêque désignait des personnes pour le seconder auprès des fidèles les plus éloignés. Il choisissait ces personnes parmi des chrétiens âgés et réputés pour leur capacité à commenter les textes sacrés. Les impétrants étaient désignés par le mot grec presbuteros qui signifie vieillard et donnera en français le mot prêtre.

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En s’élargissant aux campagnes environnantes, les communautés placées sous l’autorité d’un évêque prenaient le nom de diocèse, du grec dioikésis qui signifie administration. Ces circonscriptions, nées en Égypte, recoupaient les anciennes subdivisions administratives romaines.

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Le Credo
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La liturgie catholique conserve le souvenir des luttes entre théologiens au concile de Nicée. Les fidèles ont accès indifféremment à deux Credo («Je crois»), qui sont les résumés de leur foi.

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– Le premier, le plus ancien, est appelé Symbole des Apôtres. Il laisse planer une équivoque sur la nature du Fils de Dieu :

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Je crois en Dieu, le Père tout-puissant
créateur du ciel et de la terre
Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur
qui a été conçu du Saint Esprit,
est né de la Vierge Marie, (…).
– Le second, appelé Symbole de Nicée, est plus explicite. Il souligne à l’envi la nature consubstantielle du Père et du Fils :
Je crois en un seul Dieu,(…)
Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ,
le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu,(…)
Engendré, non pas créé, de même nature que le Père ; (…).

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Depuis le concile de Constantinople de 381, le Credo confirme la place du Saint-Esprit dans la Sainte Trinité, aux côtés du Père et du Fils. Dans sa version catholique il précise qu’il «procède du Père et du Fils» et non «du Père par le Fils». Cet ajout, le Filioque, peu apprécié des évêques d’Orient, figurera bien plus tard parmi les griefs qui entraîneront le schisme entre les Église de Rome et de Constantinople !

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20 mai 1498 : Vasco de Gama aborde à Calicut
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Le 20 mai 1498, Vasco de Gama aborde à Calicut, en Inde. À 29 ans, le navigateur portugais devient le premier Européen à rallier l’Inde par la mer, en contournant l’Afrique. C’est l’aboutissement du prodigieux rêve entretenu par les Portugais depuis près d’un siècle…

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Sur la route des épices
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Vasco de Gama quitte Lisbonne et l’embouchure du Tage le 8 juillet 1497, avec trois lourdes nefs et une caravelle, ainsi que 160 hommes d’équipage.

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Il fait escale sur l’île de Sainte-Hélène, au milieu de l’Atlantique sud, puis contourne le cap de Bonne Espérance découvert dix ans plus tôt par son compatriote Bartolomeu Dias et fait relâche le jour de Noël dans un havre qu’il baptise Natal (Noël en portugais). C’est aujourd’hui le port de Durban, capitale de la province sud-africaine du Natal.

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Remontant le long de la côte afrcaine, la flotte atteint successivement les ports de Mozambique, Mogadiscio et Kilwa où des commerçants arabes venus du nord commercent avec les Africains de l’intérieur.

.Les grandes découvertes

Plus au nord encore, à Malinde, il sympathise avec le sultan local qui lui confie un pilote italien, venu là par l’Égypte et l’empire ottoman. Avec son aide, le navigateur coupe au large vers la péninsule indienne et la côte de Malabar.

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C’est ainsi qu’il atteint Calicut (aujourd’hui Kozhikode), un port prospère du Dekkan indien. Le capitaine envoie à terre un émissaire et celui-ci a la surprise d’être abordé dans un mélange d’espagnol et d’italien par un marchand tunisien. À son interlocuteur, il déclare tout de go être venu chercher «des chrétiens et des épices».

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Le marchand met en relations Vasco de Gama avec le seigneur local, le zamorin (ou samorin) Samutiri Manavikraman.

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Après que deux émissaires eussent annoncé son arrivée, le navigateur est reçu avec tous les honneurs réservés à un grand ambassadeur.

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Le zamorin refuse toutefois au Portugais de laisser une petite troupe dans sa ville. Il lui refuse aussi tout traitement de faveur en matière de taxes par rapport aux commerçants musulmans avec lesquels il est déjà en relations.

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Ces derniers, pas rassurés pour autant, convainquent le zamorin que les Portugais se disposent à piller la ville. Vasco de Gama est aussitôt arrêté puis, au bout de quelques heures, autorisé à rembarquer et partir. Il lève l’ancre le 27 août 1498.

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Vers la conquête des Indes

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Malgré ce demi-échec, il est accueilli en grande pompe à Lisbonne, deux ans plus tard et le roi se montre déterminé à poursuivre l’aventure.

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– 1500 : Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil
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Manuel le Fortuné monte sans attendre une nouvelle expédition avec douze navires sous le commandement de Pedro Alvares Cabral (33 ans).

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Celui-ci s’écarte plus que de raison de sa route et découvre une terre inconnue dont, tant qu’à faire, il prend possession au nom de son roi. Ce sera le Brésil… Là-dessus, il poursuit sa route sur les traces de Vasco de Gama, non sans perdre plusieurs navires dans les tempêtes. Il arrive à Calicut où ses relations avec le souverain et les marchands arabes se dégradent très vite. Une cinquantaine de Portugais sont tués.

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Cabral exerce une répression terrible et fait bombarder la ville. Puis il descend la côte avec les navires qui lui restent et atteint un port vassal du zamorin, Cochin. Il aide leurs gouvernants à s’émanciper de la tutelle de Calicut puis prend le chemin du retour. Il atteint Lisbonne le 25 juillet 1501.

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Sept navires sur treize et les deux-tiers des hommes manquent à l’appel mais les navires restants ont des épices plein les cales.

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– 1502 : Vasco de Gama fonde l’empire portugais des Indes
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Le roi se voit encouragé à monter une nouvelle expédition, encore plus importante.

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C’est ainsi qu’en février 1502, Vasco de Gama retourne aux Indes à la tête de 21 navires. Il porte cette fois le titre aussi nouveau que prestigieux d’Amiral des Indes. C’est qu’il ne s’agit plus seulement d’exploration mais de conquête.

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Vasco de Gama fonde des comptoirs sur les côtes africaines et malgache, soumet les royaumes du littoral et sème la terreur à l’occasion, ne craignant pas de brûler par exemple un navire égyptien et son équipage.

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De retour à Calicut , il bombarde le port en représailles des massacres exercés plus tôt contre l’équipage de Cabral. Puis il y installe de force une garnison sous le commandement de Vincente Sodré et, pour plus de sûreté, renforce son alliance avec le roi voisin de Cochin.

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Sa mission accomplie, il rentre à Lisbonne en décembre 1503.

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– 1510 : Afonso de Albuquerque conquiert Goa :
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Vasco de Gama sera ensuite relayé par Afonso de Albuquerque, qui achèvera la conquête du Dekkan, ce qui lui vaudra d’être fait duc de Goa.

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Beaucoup plus tard, en 1524, le roi Jean III sortira Vasco de Gama de sa retraite et le nommera vice-roi des Indes. L’explorateur mourra à Cochin quatre mois plus tard.

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Faute d’armateurs et de commerçants en nombre suffisant, et victime de la concurrence impitoyable des Hollandais, la présence portugaise aux Indes va se réduire à la fin du XVIe siècle à quelques modestes implantations côtières, essentiellement le port de Goa.

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20 mai 1506 : Christophe Colomb s’éteint à Valladolid
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Le 20 mai 1506, Christophe Colomb meurt à Valladolid, en Espagne, richissime mais dans une grande solitude. Après avoir caressé des rêves immenses, le navigateur gênois va sombrer dans l’oubli jusqu’au XIXe siècle…

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La Cour délaisse l’Amiral
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Le 7 Novembre 1504, Colomb a 53 ans. Il rentre en Espagne de son quatrième et dernier voyage et accoste à San Lucar de Barrameda.

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La reine Isabelle la Catholique, qui a favorisé Colomb depuis le début de l’aventure, meurt à la fin novembre 1504, moins d’un mois après le retour de l’Amiral de la mer Océane. Colomb est très affecté par la disparition de la souveraine. De son côté, le roi Ferdinand, qui est alors en guerre, se désintéresse de l’aventurier .

.Le célèbre texte de Waldseemüller (avec America dans la marge, au milieu)

Colomb est aigri et frustré par la perte d’une partie des privilèges qu’il avait obtenus au commencement de l’aventure. Malade et affaibli, il se retire à Séville, dans une maison qu’il a louée dans la paroisse de… Santa Maria. Il y vit seul, quasiment oublié par ses contemporains, abandonné par la plupart de ses compagnons d’aventure qui se sont enrichis grâce à lui.

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L’Amiral est seul… mais fabuleusement riche. Les droits issus de ses découvertes sont énormes et les revenus supplémentaires qu’il réclame le sont tout autant ! A Saint-Domingue, son homme de confiance, Carvajal, veille sur ses possessions et en encaisse les revenus. Ses domestiques et lui ne manquent de rien. Durant au moins deux générations, les héritiers de Colomb vivront dans l’opulence.

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L’un des fils de Colomb, Diego, qui a vingt-quatre ans, est à la cour. Ancien page, puis garde de la reine, enfin garde du roi, il est devenu un courtisan habile. C’est lui qui représente son père à la cour. En 1508, il épousera Maria Alvarez de Toledo y Rojas (Roxas), fille de Fernando Alvarez de Toledo, nièce du duc d’Albe, l’un des Grands d’Espagne. Son père, l’Amiral, n’aura pas eu le bonheur d’assister à ce mariage prestigieux.

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Mort riche et abandonné!
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En mai 1505, Christophe Colomb fait le voyage de Séville à Ségovie à dos de mulet. Un voyage de 500 kilomètres pour rencontrer le Roi. Son fils a réussi à obtenir pour lui une audience. Malgré ses revendications, il n’obtient toujours pas du roi l’exécution des promesses qui lui ont été faites. Il conserve le titre d’Amiral de la mer Océane mais il ne s’agit que d’un titre honorifique qui ne le met pas à égalité avec le Grand Amiral de Castille.

.Maison où mourut Christophe Colomb (gravuedu XIXe siècle d'après photographie)

A la fin d’avril 1506, la santé de l’Amiral décline. Sa goutte et l’arthrite le font souffrir. Colomb est alors transporté de Ségovie à Valladolid.

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Seuls sont présents à son chevet ses deux fils Diego et Fernando et ses frères Bartolomeo et Diego, ainsi que des moines franciscains du couvent voisin.

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Christophe Colomb, Amiral de la Mer Océane, vice-roi des Indes, meurt le jour de l’Ascension en murmurant : «In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum» (En tes mains Seigneur, je remets mon esprit).

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Les obsèques sont célébrées dans la cathédrale de Valladolid, Santa Maria Antigua (Sainte Marie l’Ancienne). Colomb est ensuite inhumé par les franciscains au couvent de l’Observance, à Valladolid. Aucune personne de la cour n’assiste à la cérémonie.

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L’historiographe officiel de la cour, Pierre Martyr d’Anghierra, ne mentionne même pas la mort de Colomb. Celle-ci n’est pas non plus enregistrée dans le registre officiel de la ville – laCronicon de Valladolid – où sont consignés les événements locaux !

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Colomb, qui a donné à l’Espagne les plus grands territoires qui soient, est mort oublié parce qu’on n’avait plus besoin de lui ! Quatorze jours plus tard, le 2 juin 1506, le roi Ferdinand, qui n’eut jamais d’excessive sympathie à l’égard du navigateur génois, fait néanmoins restituer à Diego l’or, les bijoux et toutes les richesses et objets ayant appartenu à son père.

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Quelques mois après la mort de Colomb, on s’aperçut que les «Indiens» et les pauvres colifichets ramenés par Colomb n’avaient rien à voir avec l’Asie des épices mais qu’ils étaient le cadeau de réception d’un Nouveau Monde ! Le roi fit alors ériger un monument à la gloire de l’Amiral avec l’inscription : «Por Castilla y por Leon Nuevo Mundo hallo Colon» (Pour la Castille et le Leon, Colomb trouva un Nouveau Monde).

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Pérégrinations d’un cercueil
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– Quelques années après la mort de Christophe Colomb, en 1513, ses restes sont transférés du couvent des franciscains de Valladolid à Séville à la demande de sa belle-fille, Marie de Tolède, nièce du roi.

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À l’issue d’une cérémonie dans la cathédrale de Séville, la dépouille de l’Amiral est déposée à la Cartuja de Santa Maria de las Cuevas, le couvent des Chartreux de Sainte Marie des Grottes, sur la rive droite du Guadalquivir, en face de Séville.

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Dans son ouvrage Vie et voyages de Christophe Colomb, publié à Paris en 1862, Roselly de Lorgues indique que le cercueil est déposé dans la chapelle du Christ que venait de faire construire le frère Diego de Lugan. Il précise aussi que l’Amiral avait été inhumé dans son cercueil avec les fers dont il avait été entravé lors du retour de son troisième voyage et qui ne l’avaient plus quitté depuis lors.

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En 1526, la dépouille de son fils Diego le rejoint à la Chartreuse.

– En 1536, l’Amiral traverse l’océan Atlantique sans quitter son cercueil et gagne Saint-Domingue en vertu de sa dernière volonté qui était de reposer dans cette île. Le cercueil est enfin déposé dans la cathédrale nouvellement construite, à droite du maître autel.

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On commence à reconnaître à don Cristobal Colon(Christophe Colomb) le mérite d’avoir offert un continent à l’Espagne et permis à ce pays de devenir le plus puissant du monde pendant une brève période. L’empereur Charles Quint ne disait-il pas que le soleil ne se couchait jamais sur son empire ?

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Christophe Colomb..

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Un très long oubli
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Ensuite, l’Amiral de la mer Océane sombre dans l’oubli au point que personne ne se souvient plus avec certitude de l’endroit où il est inhumé ! Ce n’est qu’à l’orée du XIXe siècle qu’il retrouve la faveur des historiens et du public.

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Le 22 juillet 1795, le traité de Bâle donne à la France l’île de Saint-Domingue en compensation de territoires pyrénéens. Les Espagnols sont obligés d’évacuer l’île. L’amiral Don Gabriel de Aristagabal organise, avec les Français, le transfert des restes supposés être ceux de Colomb vers la Havane, dans l’île de Cuba, encore colonie espagnole.

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C’est ainsi que le 20 décembre 1795, au cours d’une cérémonie officielle, les restes de Colomb sont transférés depuis le navire français La Découverte sur le vaisseau espagnol San Lorenzo afin d’y être transportés à La Havane. Au cours de cette cérémonie, 290 ans après sa mort, Christophe Colomb reçoit pour la première fois les honneurs officiels de la Marine de son pays, l’Espagne, associés aux honneurs rendus par la Marine française à un grand marin.

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En 1899, après la guerre hispano-américaine, lors de l’indépendance de Cuba, nouveau transfert ! Les restes présumés de Colomb reviennent à Séville.

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En 1902, un monument est dédié à Colomb dans la cathédrale de Séville où, derrière le choeur, repose déjà son fils, Hernando… Mais si l’on est certain de l’authenticité des restes d’Hernando, il n’en va pas de même de ceux de son père, conservés dans un petit coffre. Et la république de Saint-Domingue continue de revendiquer avec fierté l’honneur d’abriter les seuls véritables restes de l’illustre navigateur, en un lieu dit le phare de Colomb !

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Une énigme policière
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Pour lever le doute sur l’identité réelle des restes conservés à Séville, une exhumation partielle a eu lieu en juin 2003. Des tests d’ADN ont été effectués sur les ossements et comparés avec ceux de son fils Hernando. Ils pourraient être aussi comparés avec les restes de certains autres membres de la famille Colomb qui ont été parfaitement identifiés.

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L’exhumation a été pratiquée par des spécialistes de l’université de Grenade en présence de deux descendants de Christophe Colomb, Jaime Colon de Carvajal et son épouse Anunciada.
Les scientifiques ont soulevé une draperie qui couvrait le tombeau de Christophe Colomb et cachait une porte en forme d’écu. Derrière se trouvait un coffret portant l’inscription :«Voici les os de Christophe Colomb, premier amiral du Nouveau monde». Ensuite, ils ont extrait les restes de son fils, Hernando Colomb. Les ossements du père et du fils, ainsi que ceux du frère du célèbre navigateur, Diego Colomb, exhumés en septembre 2002 à Santiponce, près de Séville, ont été transportés pour analyse à l’université de Grenade.

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L’enquête doit comporter des études anthropologiques, dentaires et radiologiques à résonance magnétique (IRM), selon José Antonio Lorente, directeur du Laboratoire d’identification génétique de l’Université de Grenade, qui coordonne les recherches et est entouré d’experts des Universités de Saint-Jacques de Compostelle, de Rome, de Leipzig (Allemagne) et de Barcelone.

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L’étude se propose de «déterminer si les restes qui sont dans la cathédrale de Séville appartiennent réellement à Christophe Colomb. Depuis des années plusieurs endroits du monde prétendent posséder les reste du navigateur; selon M. Lorente, le but de cette étude est, entre-autres, de vérifier si les restes qui se trouvent à Saint-Domingue appartiennent également à Christophe Colomb ou à une autre personne».

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Les recherches porteront notamment sur l’étude du chromosome « Y » puisque ce chromosome se transmet de père en fils et que l’identité d’Hernando Colomb a pu être authentifiée. La République dominicaine affirme que les restes authentiques du navigateur se trouvent toujours en territoire dominicain, au Phare de Colomb. L’Espagne affirme qu’ils sont à Séville.

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Et si le corps de Christophe Colomb n’avait jamais quitté le couvent de Valladolid ? Plusieurs auteurs l’ont envisagé. Cette hypothèse a été développée entre autres par Gianni Granzotto dans son ouvrage Christophe Colomb… Le navigateur avait été inhumé (avec ses chaînes) dans la crypte du couvent des Franciscains de Valladolid. Ce couvent n’existe plus. Au-dessus de sa tombe initiale se trouve aujourd’hui une auberge. Il est difficile d’aller vérifier s’il s’y trouve encore quelque chose.

 

 

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20 mai 1802 : Bonaparte légalise l’esclavage
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Le 20 mai 1802, le Premier Consul Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage dans les colonies qui restent à la France…

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Une première abolition très limitée
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L’esclavage a été en théorie aboli huit ans plus tôt par le décret de Pluviôse. En réalité, cette mesure sans précédent votée par les députés de la Convention n’a pris effet qu’en Guadeloupe et à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti).

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– La Martinique, occupée par les Anglais, n’en a pas profité et les planteurs ont pu conserver leurs esclaves grâce à la bienveillance des occupants.

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– Dans l’océan Indien, les colons de l’île de la Réunion et de l’île de France (aujourd’hui l’île Maurice) ont réussi à s’opposer à l’application du décret.

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– Quant à la grande île de Saint-Domingue, elle a attendu le départ des Anglais, chassés par Toussaint Louverture en octobre 1798, pour appliquer le décret et abolir l’esclavage. Encore les anciens esclaves n’ont-ils troqué leur statut que pour celui de travailleurs forcés…

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Le Premier Consul, pragmatique, aurait sans doute souhaité s’en tenir au statu quo. Mais il est pris de court par la restitution à la France de l’île esclavagiste de la Martinique à la paix d’Amiens (25 mars 1802) et plus encore par les velléités indépendantistes de Saint-Domingue.

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Les colonies en ébullition
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À Saint-Domingue, Toussaint Louverture ne veut pas en rester à sa victoire sur les Anglais.

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Le 8 juillet 1801, le leader noir chasse les Espagnols de la partie orientale de l’île et se nomme Gouverneur général à vie de l’île réunifiée.

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Il mène une politique indépendante et signe des contrats de commerce avec les États-Unis et la Grande-Bretagne.

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C’est plus que n’en peut supporter Napoléon Bonaparte. Dès 1799, celui-ci caresse le désir de reconstituer un empire colonial aux Amériques «conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789».

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Profitant du répit offert par la paix signée à Lunéville avec l’Autriche, il décide de rétablir à Haïti la souveraineté française.

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Le 14 décembre 1801, une flotte de 36 navires appareille de Brest avec 23.000 hommes sous le commandement du général Leclerc pour reprendre Saint-Domingue. L’expédition est plus importante que celle que Bonaparte conduisit en Égypte trois ans plus tôt… Son échec sera encore plus dramatique !

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Le 2 mai 1802, une autre flotte de 11 navires débarque 3500 hommes en Guadeloupe sous le commandement du général Antoine Richepance. Elle a pour mission de restaurer l’ordre dans l’île où un conseil animé par des officiers de couleur a pris le pouvoir.

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Un décret mal inspiré
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Dans ce contexte, le Premier Consul est encouragé à abolir le décret de Pluviôse par Cambacérès, avocat des planteurs, et sa propre femme, Joséphine de Beauharnais, issue d’une riche famille créole de la Martinique, les Tascher de la Pagerie ; l’un et l’autre mettent en avant les difficultés des milieux d’affaires coloniaux depuis l’abolition de 1794.

Il signe enfin le décret par lequel il légalise à nouveau l’esclavage dans les colonies oùil perdure.

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L’esclavage revient à priver les hommes de couleur de leur citoyenneté et les travailleurs des plantations de leur salaire ; les maîtres ont le droit de punir leurs esclaves sans passer par la justice civile.

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Par-delà son caractère immoral, le décret du 30 floréal va avoir pour la France un résultat désastreux en poussant à la révolte les anciens esclaves de Saint-Domingue et en précipitant la perte de l’île.

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Mais le Premier Consul ne s’en tient pas à la légalisation de l’esclavage. Animé par un sentiment «raciste» qui le distingue de la plupart de ses contemporains, encore pétris de l’esprit des Lumières, il prend plusieurs mesures qui renouent avec le préjugé de couleur des décennies précédentes et l’aggravent nettement…

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Naissance du préjugé de couleur
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Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les souverains européens toléraient l’esclavage aux colonies mais n’assimilaient pas les esclaves aux Noirs. Ils ne tenaient pas ceux-ci pour une race inférieure vouée à l’esclavage comme l’atteste la présence d’un certain nombre d’Africains dotés de fonctions élevées à la cour de Versailles et dans d’autres cours européennes, y compris Saint-Pétersbourg, avec l’aïeul africain du poète Pouchkine.

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Au milieu du siècle, deux mentalités se développent et s’opposent, parfois au sein des mêmes personnes :

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– L’une est inspirée par la raison et l’humanité, en conformité avec l’«esprit des Lumières» et la doctrine chrétienne. Elle porte les élites pensantes à dénoncer l’esclavage et les préjugés à l’égard des autres races. Elle est illustrée par les fort beaux textes de Voltaire et Montesquieu sur ce thème et mieux encore par la mobilisation contre la traite de Wilberforce en Angleterre et Grégoire en France.

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– L’autre est née du fantasme d’invasion lié à l’arrivée d’Africains de plus en plus nombreux dans les colonies mais aussi en métropole, comme serviteurs ou enfants des colons de passage (à l’exemple d’Alexandre Dumas père) ou «petits nègres» offerts aux dames de la bonne société (image ci-contre).

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On commence à se prémunir contre cette menace en érigeant des barrières réglementaires, intellectuelles et morales. C’est la naissance du «préjugé de couleur».

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Voltaire, qui n’en est pas à une contradiction près, formule quelques sentences formellement «racistes» au sens moderne du mot, c’est-à-dire établissant une hiérarchie entre ce qu’il est convenu d’appeler les «races» humaines. Quant à Montesquieu, s’il est à l’abri de semblables inepties, il ne rechigne pas plus que Voltaire à investir dans le commerce triangulaire.

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Plusieurs ordonnances, sous le règne de Louis XVI, dénoncent les unions mixtes et légifèrent contre l’immigration noire en métropole, en fait limitée à quelques centaines d’individus, au motif que «terre de France ne porte pas esclave». Le 9 août 1777 est créé un système de «dépôt» dans les ports pour les esclaves qui accompagnent leur maître.

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Après la Révolution, le Premier Consul reprend cette tradition tardive. «Je suis pour les blancs, parce que je suis blanc. Je n’ai pas d’autre raison, et celle-la est la bonne,» aurait-il déclaré au Conseil d’État en 1802. Il exclut de l’armée des officiers «de couleur», parmi lesquels le père d’Alexandre Dumas.

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Bonaparte supprime aussi d’un trait de plume l’Institution nationale des Colonies, créée 5 ans plus tôt à l’instigation de l’abbé Grégoire pour promouvoir les enfants des colonies quelle que soit leur couleur de peau. Les 22 élèves noirs de l’institution, qui étaient appelés à devenir officiers, sont affectés comme simples tambours dans autant de régiments.

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Le décret du 30 floréal An X (20 mai 1802)
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AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS, BONAPARTE, premier Consul, PROCLAME loi de la République le décret suivant, rendu par le Corps législatif le 30 floréal an X, conformément à la proposition faite par le Gouvernement le 27 dudit mois, communiquée au Tribunat le même jour.

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DÉCRET.

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ART. Ier Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d’Amiens, du 6 germinal an X, l’esclavage sera maintenu conformément aux lois et réglemens antérieurs à 1789.

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II. Il en sera de même dans les autres colonies françaises au-delà du Cap de Bonne-Espérance.

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III. La traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies, auront lieu, conformément aux lois et réglemens existans avant ladite époque de 1789.

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IV. Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux réglemens qui seront faits par le Gouvernement.

 

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20 mai 1949 : Schoelcher et Éboué au Panthéon
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Le 20 mai 1949, sur une initiative du sénateur Gaston Monnerville, métis originaire de Guyane, la République française transfère au Panthéon les cendres de Victor Schoelcher, en reconnaissance de son action en faveur des esclaves, ainsi que du Guyanais de race noire Félix Éboué, gouverneur du Tchad rallié à la France libre de De Gaulle.

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L’un des plus écoutés est Victor Schoelcher,
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riche philanthrope catholique, libéral et républicain. Né en 1804 dans la famille d’un fabricant de porcelaine, il accomplit un long voyage de 18 mois au Mexique à l’instigation de son père qui veut lui enlever ses idées républicaines. De passage aux Antilles, le jeune homme découvre l’esclavage

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Beaucoup plus tard, en 1840, il accomplit un nouveau périple dans les colonies à esclaves de la France. C’est pour y noter une situation proprement explosive. Il milite dès lors pour une abolition concertée avec les planteurs.

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– Cyrille Bissette :
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Parmi les abolitionnistes les plus radicaux figure un négociant métis de Fort-de-France (Martinique), Cyrille Bissettte, né en 1795. Sa mère est une demie-soeur de Joséphine de Beauharnais. Ce «libre de couleur» plaide dans son île pour une abolition immédiate. Cela lui vaut d’être marqué au fer rouge et envoyé au bagne de Brest. Le jugement est cassé et il peut continuer de défendre sa cause en métropole.

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Félix Éboué (1884-1944)

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26 décembre 1884 à Cayenne, Guyane(France) – 17 mai 1944 à Le Caire(Égypte)
Petit-fils d’esclave, Félix Éboué devient administrateur colonial. Il est nommé gouverneur de la Guadeloupe par le gouvernement du Front populaire. C’est le premier Noir dans cette fonction.

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En 1938, il se voit proposer le gouvernement du Tchad par le ministre des Colonies Georges Mandel.

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Arrive la guerre. Le 16 juillet 1940, comme tous les gouverneurs coloniaux, Félix Éboué reçoit de Londres un télégramme du général de Gaulle lui demandant de rompre avec le gouvernement de Vichy et de rallier la France Libre. Il est le seul à annoncer son ralliement le 26 août 1940. Grâce à lui, le Tchad devient la première terre française «libre».

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Félix Éboué contribue de la sorte à légitimer l’entreprise gaullienne en dépit des réticences de ses propres subordonnés et des officiers présents au Tchad. En dépit aussi de ce que ses fils sont prisonniers en Allemagne et sa fille en France, au pensionnat des demoiselles de la Légion d’Honneur, à la merci du gouvernement de Vichy.

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Les autres colonies de l’Afrique Équatoriale Française (AEF) ne tardent pas à suivre son exemple, cependant que l’Indochine, occupée par les Japonais, Madagascar et l’Afrique Occidentale Française restent fidèles à Vichy.

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De Gaulle tente le 23 septembre 1940 de débarquer à Dakar, capitale de l’AOF, mais il échoue assez piteusement. Nononstant cet échec, les combattants de la France libre peuvent entamer leur contre-offensive à partir du Tchad cependant que Félix Éboué devient gouverneur général de l’AEF.

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Patrick

Sources :

== Hérodote.net

== le net ……

 

19 mai 1802

Bonaparte fonde la Légion d’Honneur

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Le 19 mai 1802 (29 floréal An X), Napoléon Bonaparte établit par une loi consulaire un Ordre national de la Légion d’Honneur.

Le Premier Consul veut de la sorte récompenser les mérites des citoyens et établir une émulation civique chez les notables, à une époque où la société française peine à sortir de la corruption et de l’immoralité post-révolutionnaires.

Première distribution de la Légion d'Honneur aux Invalides le 14 juillet 1804 (Jean-Baptiste Debret,, 1812 châteaux de Versailles et Trianon)
 
 
Une tradition monarchique

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Il existait sous l’Ancien Régime un ordre royal de Saint-Louis réservé aux militaires. Bonaparte, quant à lui, veut un ordre national qui honore les civils aussi bien que les militaires.

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Le 8 mai 1802, à un membre du Conseil d’État qui l’interpelle sur le bien-fondé d’une décoration qui viole les principes révolutionnaires d’égalité et invoque l’exemple des Romains, le Premier Consul rétorque : «On nous parle toujours des Romains ! Il est assez singulier que, pour refuser les distinctions, on cite l’exemple du peuple chez lequel elles étaient le plus marquées. Est-ce là connaître l’histoire ? Les Romains avaient des patriciens, des chevaliers, des citoyens et des esclaves. Ils avaient pour chaque chose des costumes divers, des moeurs différentes. Ils décernaient en récompenses toutes sortes de distinctions, des noms qui rappelaient des services, des couronnes murales, le triomphe !… Je défie qu’on me montre une république ancienne et moderne dans laquelle il n’y ait pas eu de distinctions. On appelle cela des hochets ; eh bien, c’est avec des hochets qu’on mène les hommes. L’on convient qu’il nous faut des institutions ; si l’on ne trouve pas celle-là bonne, qu’on en propose donc d’autres ! Je ne prétends pas qu’elle doive sauver la République ou l’État, mais elle y jouera son rôle».

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Au moins la nouvelle distinction honorifique ne coûte-t-elle rien ou presque à l’État, à la différence des fiefs et des pensions dont l’ancienne monarchie usait pour récompenser ses dévoués serviteurs…

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Militaire d’abord

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Première distribution de la Légion d'Honneur aux Invalides le 14 juillet 1804 (Jean-Baptiste Debret, châteaux de Versailles et Trianon)

Dès son origine, la Légion d’Honneur recueille un vif succès dans l’opinion, raffermissant le prestige du Premier Consul. Le 2 août 1802, un plébiscite vaut à celui-ci le 

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Consulat à vie.

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Mais les notables ne manifestent pas le même enthousiasme. Le Tribunat accepte la Légion d’Honneur avec 56 voix seulement contre 36 et le Corps législatif avec 166 voix contre 110. Confronté à leurs réticences, Bonaparte va devoir différer de plus d’un an la constitution de l’Ordre.

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Il comprend d’abord quatre, puis cinq classes de légionnaires : les grades de chevalierofficier etcommandeur et les dignités degrand officier et grand-croix(anciennement grand Aigle).

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Napoleon Bonaparte Coloured by uploader

Napoleon Bonaparte  (Photo credit: Wikipedia)

Il est présidé par le Premier Consul, qui lui donne pour devise«Honneur et Patrie», et dirigé par un Grand Chancelier et un Grand Trésorier. Les premiers nommés à ces charges, le 14 août 1803, sont le comte de Lacépède, un naturaliste (civil) et le général Dejean (militaire).

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Devenu empereur, Napoléon associe à la dignité de légionnaire ou chevalier une médaille.

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La première distribution des insignes a lieu le 14 juillet 1804 (fête républicaine !) dans la chapelle Saint-Louis des Invalides  (haut lieu des gloires militaires). Une  peinture , exécutée en 1812, montre l’Empereur épinglant lui-même la médaille sur la poitrine d’un vétéran manchot.

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La deuxième a lieu à Boulogne, devant 100.000 soldats, le 16 août 1804. Elle honore les héros des premières  victoires de la Révolution. Parmi les impétrants, André Estienne, le petit tambour d’Arcole, aura qui plus est l’honneur de voir son nom gravé sur l’Arc de Triomphe.

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Visite de la reine Hortense au château d'Écouen, maison d'éducation des jeunes filles de la Légion d'Honneur

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Un succès qui ne se dément pas

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Notons que 48.000 personnes vont être élevées à la dignité de légionnaire sous le Consulat et l’Empire… dont seulement 1400 civils !

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L’un de ceux-ci est le contremaître Hubert Goffin. Le 28 février 1812, il travaille dans la mine de Beaujon, près de Liège, avec son équipe et son propre fils, Matthieu, quand survient un effondrement des parois. Après cinq jours de lutte, il réussit à extraire ses compagnons  de la mine. Cet acte d’héroïsme lui vaut d’être le premier ouvrier à recevoir la Légion d’Honneur (Liège et la Belgique font alors partie de l’Empire français).

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Le poète allemand Goethe  reçoit avec fierté la Légion d’honneur par décret du 12 octobre 1808 de Napoléon, «empereur des Français, roi d’Italie et protecteur de la Confédération du Rhin». Il continuera de la porter après que les Français auront été chassés d’Allemagne.

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À la chute de Napoléon, le roi Louis XVIII maintiendra la Légion d’Honneur, substituant simplement l’effigie d’Henri IV à celle de l’Empereur sur les médailles.

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Le 23 février 1825, les jeunes poètes Victor Hugo et Alphonse de Lamartine reçoivent la décoration. Sous le Second Empire, elle sera remise à sept femmes, dont le peintre Rosa Bonheur et plusieurs religieuses.

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En 2011, la Légion d’Honneur comptait environ 91.500 titulaires après un maximum de 320.000 en 1968. Cet effectif comprend 75 % de chevaliers, 20 % d’officiers et 5 % de commandeurs. Les militaires représentent 60 % du total et les hommes 80%. Les légionnaires peuvent adhérer à la Société des membres de la Légion d’honneur, association loi 1901, qui compte 57.000 adhérents

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Le collier et le musée de la Légion d’Honneur

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Le collier du grand-maître de la Légion d’Honneur

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Le collier du grand-maître de la Légion d’Honneur, destiné au Président de la République en exercice, comporte 17 maillons, un par mandat présidentiel, avec le nom du président gravé au revers du maillon correspondant. À l’avers figure l’une ou l’autre des activités de référence des légionnaire. L’actuel collier remonte à 1951. Il porte la devise de l’ordre : Honneur et Patrie.

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Le collier est présenté au président sur un coussin le jour de son entrée en fonction. Il est ensuite ramené dans sa vitrine du musée de la Légion d’Honneur, dans le joli hôtel de Salm (1782), au bord de la Seine et en face du musée d’Orsay.

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Un endroit accueillant, qui vaut la visite et s’adresse aux enfants comme aux adultes. Il est gratuit et l’on n’a pas à y faire la queue comme au musée d’Orsay voisin. On peut y suivre l’histoire de la Légion d’Honneur comme de la plupart des ordres français et étrangers.

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Napoleon distributing the Légion d'honneur at ...

Napoleon distributing the Légion d’honneur at the Boulogne camps, in August 1804. (Photo credit: Wikipedia)

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Pensons aux filles

Par le décret de Schönbrunn du 15 décembre 1805, après la bataille d’Austerlitz, Napoléon 1er confère à l’Ordre une mission d’entraide en fondant  trois maisons d’éducation pour les filles des légionnaires, à Écouen, Saint-Denis et aux Loges (près de Saint-Cloud).

Par cette mesure, il pallie au manque crucial de structures éducatives pour l’instruction des jeunes Françaises, après la tourmente révolutionnaire et la fermeture des écoles paroissiales et des couvents.

Au nombre d’un millier aujourd’hui, les pensionnaires se partagent entre les Loges et Saint-Denis. Toutes internes, elles portent un uniforme sur lequel elles arborent une ceinture, héritage de l’Empire, qui permet de distinguer leur niveau scolaire.

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Patrick

sources :

== Hérodote.net

== Wikipédia

Le Roi-Soleil et Dieu

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«  » »Le Roi-Soleil et Dieu » » »

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PRÉSENTATION

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La rencontre et le dialogue singulier entre deux personnalités exceptionnelles : Dieu et Louis XIV. Ou comment la religion et l’Etat font corps et âme dans la personne du Roi : une véritable révélation sur une dimension méconnue et déterminante du règne du Roi-Soleil.

Roi très chrétien, revêtu de l’onction du saint chrême, Louis XIV occupe une place unique dans le domaine religieux, celle de médiateur entre Dieu et les sujets qu’Il lui a confiés. En témoignent les rituels publics auxquels il s’est astreint toute sa vie, de la nomination aux grandes charges ecclésiastiques jusqu’au toucher des écrouelles en passant par la célébration d’offices religieux soigneusement codifiés et mis en musique. Il suscite ainsi une vénération envers sa personne qui fonde l’enthousiasme politique dont il bénéficie. De là une action religieuse très consciente, jusque dans ses aspects les plus contestables, comme la révocation de l’édit de Nantes et la persécution de Port-Royal.
Le roi mène aussi une vie chrétienne marquée par les combats intérieurs. Après avoir beaucoup sacrifiéà la galanterie et versé dans l’adultère, sa conversion progressive lui fait épouser Mme de Maintenon et renoncer au péché. Les ultimes épreuves de sa vie et ses derniers instants révèlent un fidèle pleinement résigné et stoïque, soucieux de laisser à la postérité le souvenir d’une mort héroïque et sainte. Ainsi se découvre, sous le regard de Dieu et de l’Eglise, la double identité du roi, prodige de gloire et pauvre pécheur.

Diplômé de l’Ecole du Louvre et docteur ès lettres, Alexandre Maral est conservateur en chef au château de Versailles. Il est l’auteur de La Chapelle royale de Versailles sous Louis XIV. Cérémonial, liturgie et musique et de Madame de Maintenon. A l’ombre du Roi-Soleil. Il a été commissaire des expositions Louis XIV : l’homme et le roi, en 2008, et Une chapelle pour le roi, en 2010.

Marc FUMAROLI de l’Académie française,
Alexandre MARAL

Parution : avril 2012
ISBN : 978-2-262-03519-8
Pages : 372
Prix : 24€

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Patrick

sources

 http://www.editions-perrin.fr

L’Affaire des placards

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L’Affaire des placards

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Dans la nuit du 18 octobre 1534, des protestants français placardent des proclamations contre la messe en différents lieux du pays et jusque sur la porte de la chambre de François 1er, à Amboise.

Ces placards ou affiches ont été rédigés par Antoine Marcourt, un pasteur de Neuchâtel, en Suisse, adepte de Zwingli, et imprimés dans la même ville.
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Ils s’intitulent : «Articles véritables sur les horribles, grands et insupportables abus de la messe papiste, inventée directement contre la sainte Cène de Notre Seigneur, seul médiateur et sauveur Jésus-Christ».
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Portrait de Martin Luther, d'après Lucas Cranach L'Ancien

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Ils insultent la religion catholique, son clergé et ses rites en des termes si injurieux que même des protestants les désapprouvent. Ainsi dénoncent-ils la messe : «On ne doit pas réitérer le sacrifice du Christ» et le dogme de l’Eucharistie qui affirme la présence réelle du corps du Christ dans l’hostie consacrée : «Il ne peut se faire qu’un homme de vingt ou trente ans soit caché en un morceau de pâte».

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Les germes de la division
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Née en Allemagne une quinzaine d’années plus tôt, la Réforme luthérienne avait lentement pénétré en France. En 1522, un moine français défroqué se marie à Wittenberg, la «Rome» de la nouvelle religion. D’autres ecclésiastiques suivent ses traces et se forment à la doctrine nouvelle qu’ils reviennent enseigner en France.
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Contre ces hérétiques, les théologiens de la Sorbonne et du Parlement renouent avec une vieille recette, également employée contre les sorciers : le bûcher. Le premier à en faire les frais, le 8 août 1523, devant Notre-Dame de Paris, est un ancien moine de Livry-en-Aulnois (aujourd’hui Livry-Gargan), Jean Vallière. À Meaux, à l’est de Paris, Jean Leclerc, un ancien cardeur de laine, est supplicié et meurt en odeur de sainteté le 29 juillet 1525. Mais la plupart des procès en hérésie se terminent de façon plus accommodante.

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Dans la nuit du 1er juin 1528, la mutilation d’une statue de la Vierge (les protestants contestent le culte adressé à la mère du Christ) émeut les Parisiens et le roi.François 1er en personne se met à la tête d’une procession d’expiation. Le temps fait heureusement son oeuvre.

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Une répression brutale
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Le roi de France, relativement indifférent aux questions religieuses, fait preuve d’une certaine ouverture d’esprit, n’hésitant pas à nouer des alliances avec les protestants d’Allemagne et le sultan de Constantinople.
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Mais il prend fort mal l’«affaire des placards» qui porte atteinte à l’institution ecclésiastique et, par voie de conséquence, à la monarchie de droit divin. N’est-il pas lui-même «roi par la grâce de Dieu», seul laïc habilité à communier sous les deux espèces, le pain et le vin, au moment du sacre? L’idée que tous les fidèles de Luther s’autorisent la communion sous les deux espèces contribue à sa colère.
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En représailles, le roi s’engage à réprimer les «mal sentants de la foi». Aux carrefours, on promet 200 écus à quiconque dénoncera les auteurs des placards et les arrestations se multiplient.

Une des premières imprimeries
Une des premières imprimeries.

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Le 13 novembre suivant, un premier hérétique est brûlé. Le 13 janvier 1535, le Parlement de Paris crée une commission spéciale, la «chambre ardente» pour traquer les livres séditieux. Un édit royal prohibe l’imprimerie et ferme les librairies. C’est la première manifestation de censure depuis l’invention de l’imprimerie.
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Enfin, le 21 janvier 1535, une journée d’expiation solennelle se clôt par la mort sur le bûcher de six nouveaux hérétiques protestants. «chambre ardente». Le soir, le roi déclare devant une assemblée de notables : «Si mon bras était infecté de telle pourriture, je le voudrais séparer de mon corps».

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Le juriste Jean Calvin, établi à Nérac, sous la protection de la soeur du roi, Marguerite de Navarre, est compromis à son corps défendant. Il préfère se réfugier à Bâle où il publie L’Institution de la religion chrétienne pour tenter de convaincre le roi du bien-fondé de la Réforme.
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Là-dessus, la colère du roi s’estompe, notamment sous l’influence de sa soeur, proche des cercles protestants. Le 29 juillet 1535, tandis qu’il renforce son alliance avec les princes protestants d’Allemagne contre son rival Charles Quint, il publie l’édit de Coucy qui prononce une amnistie générale.
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Nouveau revirement avec un édit publié à Fontainebleau en 1541, qui prescrit aux seigneurs justiciers de reprendre la chasse aux hérétiques. En 1546, le pasteur de Meaux, qui n’est autre que le frère du martyr Jean Leclerc, est arrêté à l’issue d’une Cène et conduit au bûcher avec treize autres fidèles.
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Parmi les autres victimes de la répression (au total 400 à 500 personnes) figure l’humaniste et imprimeur lyonnais Étienne Dolet, brûlé sur la place Maubert, à Paris, le 3 août 1546, pour cause d’impiété.
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La disparition de François 1er est suivie d’un court répit mais l’intolérance religieuse reprend le dessus après la mort de son successeur Henri II et débouche sur les guerres de religion.

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Vaudois, patarins et autres hérétiques
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Entre le 15 et le 20 avril 1545, François 1er consent au massacre de 3000 Vaudois établis dans la montagne du Luberon (*), au sud de la France. Une vingtaine de villages sont dévastés par la soldatesque du sieur d’Oppède, sur un ordre du parlement d’Aix. 600 survivants sont envoyés aux galères.
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Cette action ternit les dernières années du roi, qui meurt deux ans plus tard avec, dit-on, un très vif regret de cette décision.


Les Vaudois se réclament d’un certain Pierre Valdo qui prêchait à Lyon au XIIe siècle et fut excommunié vers 1182. Comme les Cathares de la région de Toulouse ou encore les Patarins italiens, il dénonçait la décadence morale du haut clergé et revendiquait une église plus proche des vertus évangéliques de charité et de pauvreté. Après le massacre du Luberon, les derniers Vaudois se fondent dans la Réforme protestante.

 

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Patrick

sources :

== hérodote.net

== le net