Des origines à nos jours, Histoire de ou du ….(mon) village !!!

8000 ans avant JC

Sédentarisation et agriculture 

Entre l’an 12.500 et l’an 7.500 avant JC, de petites communautés humaines commencent à se grouper dans des villages permanents. Puis elles développent l’agriculture en complément de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Elles pratiquent ensuite l’élevage et enfin cultivent les arts du feu, notamment la poterie et la métallurgie du bronze.

Les hommes cessent d’être seulement des prédateurs qui puisent leur subsistance dans la nature. Ils deviennent des producteurs qui renouvellent ce qu’ils consomment (graines, gibier) par les semis et l’élevage. Ce changement est observé au Moyen-Orient et presque simultanément en Chine du nord, au Sahara et dans la Cordillère des Andes.

Avant l’agriculture

Avant que ne survienne ce changement, les premiers hommes vivaient dans des abris sous roche et tiraient leur subsistance de la chasse, de la pêche et de la cueillette… Ainsi vivaient par exemple les hommes qui décorèrent les grottes de Lascaux et d’Altamira (16.000 ans avant notre ère).

Nomades et peu nombreux (quelques centaines de milliers en tout et pour tout), ils parcouraient la terre en quête de nourriture. Ils jouissaient sans trop de mal des fruits de la Terre, d’autant qu’après la dernière glaciation, qui remonte à 16.000 ans avant JC, le réchauffement du climat avait favorisé dans les zones tempérées la prolifération du gibier, des céréales (blé et orge) et des légumineuses (pois ou lentilles).

Ces premiers hommes utilisaient des pierres et des os pour se défendre, découper la viande et déterrer les racines. Pour rendre ces outils rudimentaires plus coupants et plus pointus, ils les taillaient avec du silex (une pierre extrêmement dure). Cette lointaine époque est pour cela appelée l’Âge ancien de la pierre taillée, ouPaléolithique (du grec palaios, ancien, et lithos, pierre). Elle a duré 20.000 ans.

Mines à silex

Le silex, roche siliceuse très dure, est présent sous forme de gisements dans certains sols calcaires. Il a été très utilisé par les premiers hommes et même, au temps des pharaons, par les Égyptiens.

Les meilleurs gisements étaient exploités comme des mines de charbon et la précieuse pierre faisait l’objet d’échanges commerciaux. On peut voir une reproduction de mine de silex à Samara, près d’Amiens.

Premiers villages

Tout change vers 12.500 ans av. J.-C.. Le changement est si important que les préhistoriens le qualifient de «révolution néolithique».

Le mot Néolithique a été forgé en 1865 par le banquier et naturaliste sir John Lubbock à partir du grec neos, nouveau, et lithos, pierre. Il signifie l’Âge nouveau de la pierre polie et fait suite au Paléolithique… l’Âge ancien de la pierre taillée.

Le Moyen-Orient se couvre à cette époque-là de graminées (céréales) et l’«on a pu calculer qu’une personne pouvait récolter en deux semaines assez d’engrain sauvage pour nourrir une famille de quatre personnes pendant un an» (*).

Au Proche-Orient, dans la région du Jourdain, certaines communautés profitent de cette nourriture abondante à portée de main pour habiter à plusieurs familles dans un village permanent plutôt que de se déplacer sans cesse et de dormir dans des abris de fortune. Ils choisissent de vivre groupés mais sans rien changer à leur pratique de chasseur-cueilleur. Ces villages marquent le début d’une période charnière appeléeMésolithique (du mot grec mesos qui signifie milieu).

L’archéologue Jean Perrot a mis au jour le site d’un tel village à Mallaha, au nord d’Israël, en 1955. Il s’agit d’un hameau de cinq ou six maisons rondes, semi-enterrées et en dur, construit entre 12.500 et 10.000 avant JC. Des hameaux similaires ont été aussi mis au jour près du Mont Carmel et sur le site de Ouadi en-Natouf d’où l’appellation de Natoufiens donnée par les savants aux représentants de cette lointaine culture.

«Par leur sédentarité, ces groupes accrus s’enracinent en outre dans un milieu stable, où la société des morts, dont témoignent les premiers cimetières mêlés aux habitants, renforce métaphoriquement celle des vivants et peut légitimer en quelque sorte son implantation fixe», écrit Jacques Cauvin (*).

Rencontre du chien et de l’homme

Avec les Natoufiens du Mont Carmel (Israël), qui vécurent 10.000 ans avant JC, nous découvrons le plus ancien ami de l’homme : le chien. C’est le premier exemple de domestication animale… Les hommes du Mésolithique ont attendu trois mille ans avant de domestiquer un nouvel animal : la chèvre.

Au cours du demi-millénaire suivant (10.000 à 9.500 avant JC), dans la même région, les Khiamiens multiplient les représentations de femmes. Il s’agit de figurines en calcaire assimilables à une déesse Mère. Elles cohabitent avec des représentations de taureaux, le taureau étant le symbole de la force virile et indomptable.

Les cultes de la déesse Mère et du taureau se diffusent de concert… de même que la vénération des crânes.

Premiers semis

L’agriculture n’a pas été à proprement parler inventée. Les chasseurs-cueilleurs savaient de toute éternité qu’en lâchant une graine sur le sol, elle donnerait une nouvelle plante. Au début de l’humanité, tirant assez de ressources de la simple cueillette, ils ne se souciaient pas d’exploiter méthodiquement cette observation.

Puis, on l’a vu, les hommes ont commencé à se grouper en petits villages sans cesser de pratiquer la chasse et la cueillette, simplement parce que la vie en communauté leur apportait plus de confort et de sécurité que la vie en solitaire. L’amélioration des conditions de vie a alors favorisé la croissance de la population.

Autour des villages, il est devenu de plus en plus difficile de s’en tenir à la simple cueillette. C’est ainsi que l’on a commencé de favoriser la croissance des plantes autour des maisons. Puis, on s’est astreint à des travaux de binage et d’entretien des parcelles pour en améliorer le rendement.

Les origines de ce changement ne sont pas complètement élucidées mais le préhistorien Jacques Cauvin peut toutefois affirmer que «le passage à l’agriculture n’est pas, à ses débuts, une réponse à un état de pénurie» (*).

Plantes sauvages, plantes cultivées

Le tournant agricole se repère à la modification des caractères génétiques des restes végétaux qu’ont retrouvés et analysés les archéologues.

Les céréales sauvages ont des graines qui, à leur maturité, s’envolent d’elles-mêmes au premier souffle de vent. C’est la condition de leur reproduction. Or, les hommes, quand ils récoltent les graines mûres en vue de leur consommation ou d’un semis volontaire, prennent, par la force des choses, les graines qui sont restées attachées à l’épi du fait d’une mutation génétique rare. C’est ainsi que les céréales mutantes caractérisées par un rachis solide (le rachis désigne la fixation de la graine à l’épi) tendent à se multiplier dans les zones cultivées, au détriment des céréales ordinaires.

C’est à ce phénomène que les archéologues reconnaissent l’existence de pratiques agricoles. Ils ont ainsi repéré les premiers signes d’une domestication des céréales chez les Khiamiens de l’oasis de Damas.

Révolution culturelle

Des deux millénaires qui s’écoulent entre 9500 et 7500 avant JC, il nous reste des vestiges remarquables sur le site de Jéricho, la plus ancienne des villes actuelles, comme sur celui de Mureybet, au bord de l’Euphrate (l’Irak actuel).

Selon les propos de Jacques Cauvin, ces vestiges témoignent d’un véritable choc culturel avec la banalisation de l’agriculture, l’apparition de l’élevage et le développement d’une civilisation urbaine, avec aussi une hiérarchie sociale et une segmentation par profession.

Une nouvelle architecture émerge avec des maisons à plan rectangulaire. La forme ronde est dès lors réservé aux maisons communautaires ou aux sanctuaires (comme aujourd’hui le chevet des églises ou le mirhab des mosquées). Les maisons rectangulaires non enterrées et les premières chèvres domestiquées témoignent de la volonté des hommes de s’affranchir des éléments naturels et de les dominer.

La révolution néolithique se diffuse assez vite du Levant (la région du Jourdain) vers l’Anatolie (la Turquie actuelle). On en trouve les traces à Cayönu et Nevali ainsi qu’à Catal Hüyük. Le site archéologique de Catal Hüyük, près du lac de Konya montre des maisons resserrées, auxquelles on accède par le toit (à cause du climat froid de la région). Ce village aurait été fondé vers 7.500 avant JC. Enfin, entre 7.500 et 6.200 avant JC, c’est l’explosion, le «grand exode» ! Des migrants diffusent l’économie urbaine et agro-pastorale du néolithique au-delà du Moyen-Orient, vers l’Europe comme vers les monts Zagros (Iran).

L’émergence au Néolithique de la sédentarisation et de l’agriculture a partout des conséquences incalculables sur l’organisation sociale. Il faut que chacun se prémunisse contre le risque de se faire dépouiller de ses cultures et de ses provisions. Ainsi naissent la propriété et le droit qui s’y attache.

Vers l’âge des métaux

La révolution néolithique se clôt avec l’apparition de la poterie et des premiers objets métalliques.

– poteries et céramiques :

Moulées à la main (sans tour) et cuites au four, les premières poteries sont fragiles. Elles n’en permettent pas moins des changements culinaires importants en autorisant la prépation de soupes et bouillies.

Notons que la poterie surgit au Japon dès le XIIe millénaire avant JC et dans le Sahara au IXe millénaire, soit bien avant l’invention de l’agriculture !

– Travail des métaux :

Pour travailler la terre, les paysans utilisent des outils de plus en plus spécialisés : houe, faucille… Ces outils sont en bois, en pierre polie, voire en bronze.

Dès 4.500 ans avant JC, les hommes du Levant s’aperçoivent qu’en faisant fondre certaines roches (il s’agit de minerais), ils obtiennent un matériau mou et malléable à chaud qui devient très dur et résistant en refroidissant. Quand il est bien modelé à chaud, ce matériau (le métal) rend plus de services que la pierre taillée ou polie.

Le premier métal qu’apprennent à travailler les hommes est le cuivre, produit à partir de la malachite. Certains préhistoriens appellent Chalcolithique ou Âge du Cuivre la période incertaine qui suivrait immédiatement  l’Âge de la pierre.

Les hommes apprennent également à produire de l’étain à partir de la cassitérite et, en mélangeant le cuivre et l’étain, obtiennent du bronze, un alliage aux vertus intéressantes, qui se prête à la fabrication d’armes et d’outils. C’est ainsi qu’après l’époque néolithique vient l’Âge des métaux.

– Vers des métiers spécialisés :

Les paysans font appel à des artisans spécialisés pour leur fournir les outils et les vêtements dont ils ont besoin. Ces artisans tissent la laine du mouton ainsi que des fibres végétales comme le lin ou le chanvre, pour en faire des vêtements. D’autres fabriquent des poteries en terre cuite pour conserver les céréales et l’huile ainsi que pour cuire les aliments…

Au Moyen-Orient, au bout de quelques milliers d’années, les pluies se faisant plus rares, les populations d’agriculteurs se concentrent dans une région en forme de croissant que nous appelons pour cette raison Croissant fertile.

Le Croissant fertile

  Cette carte montre le Croissant fertile (en vert bien sûr). Dans cette région aujourd’hui en grande partie désertique qui va de l’Égypte à la Mésopotamie (l’Irak actuel) sont nées les villes, l’agriculture et l’écriture !

Dans ce Croissant fertile, de grands fleuves favorisent l’irrigation des champs et compensent la raréfaction des pluies. Ces fleuves sont le Nil, qui traverse l’Égypte, le Jourdain, qui baigne la Palestine et surtout le Tigre et l’Euphrate dont le bassin forme la Mésopotamie (aujourd’hui l’Irak).

L’écriture, apparue presque simultanément en Mésopotamie et en Chine, 3 à 4.000 ans avant notre ère, engendre les premiers États avec un embryon d’administration. L’humanité entre dans l’Histoire…

La Bible et la révolution néolithique

La Bible des Hébreux, ensemble de textes faisant référence à des événements immémoriaux, témoigne, d’après le préhistorien Jacques Cauvin, d’une singulière concordance avec le déroulement de la révolution néolithique.

Ainsi la découverte de la nudité par Adam et Ève serait-elle assimilable à la révélation de la finitude de la vie ; la perte du jardin d’Eden traduit l’éloignement de la divinité (cet éloignement se retrouve dans l’opposition en architecture entre le cercle – temple – et le rectangle – maisons ordinaires -) ; Caïn illustre l’avènement de l’agriculture et Abel, son frère cadet, de l’élevage.

Communautés vouées par définition à l’agriculture, les villages demeurent bien ancrés dans notre imaginaire malgré l’exode rural… et l’exode urbain qui l’a suivi et a vu les salariés des villes, les touristes et les retraités réoccuper les fermes abandonnées.

Remontons le cours de l’Histoire et suivons l’apparition de ces villages.

Occuper le territoire

Pietr Mondrian, L'Église du village, 1898, collection privéeLe village a précédé l’agriculture : il y a près de 12.000 ans, des habitants du Levant renoncent aux inconfortables huttes de chasseurs-cueilleurs pour investir dans des habitations plus solides. Fini le provisoire et l’insalubre !

Les débuts sont humbles, on se contente de cabanes en torchis ou en pierre, parfois à demi-enterrées, élevées à proximité des ressources indispensables à la vie d’un petit groupe : cours d’eau bien sûr, mais aussi zone de chasse.

Au fil des siècles, la vie semi-nomade devient totalement sédentaire et pour éviter d’avoir à se déplacer trop loin pour cueillir ou chasser la nourriture, on développe les semis autour des habitations et l’on domestique les animaux (après le chien, compagnon de chasse, c’est la chèvre, qui donne son lait et sa viande).

Le village prend alors forme tandis que, face à l’accumulation des biens, l’esprit de propriété se développe, faisant de chaque étranger un ennemi potentiel. Ayant compris que l’union fait la force, on se protège en regroupant les habitats. Le village devient non seulement lieu de vie communautaire mais aussi de défense pour la quinzaine de familles qui s’y sont installées. Enfin tranquille ? Pas tout à fait…

Pourquoi faire comme tout le monde ?

Parmi les plus beaux villages, certains doivent leur renommée à leur emplacement quelque peu original. C’est le cas des villages lacustres ou palafittes (de l’italienpalafitta : «pieu fiché»), dont on trouve des exemples à travers le monde entier, en commençant par Venise, construite sur les îlots de la lagune du Lido au moment de l’invasion des Huns.

Comme les nids d’aigle occupés par les villages perchés, ces villages lacustres avaient en effet pour but principal de protéger leurs occupants des attaques en utilisant l’eau comme obstacle naturel. Si les premiers habitats étaient certainement à flanc de colline ou à l’entrée de grottes, d’autres ont directement été creusés à l’intérieur des roches, comme les villages troglodytiques de Cappadoce ou, plus près de nous, des bords de Loire.

L’excentricité peut également venir du désir de célébrer un saint facétieux, qui aurait choisi le lieu le plus inaccessible pour séjourner : pensons à Rocamadour ou encore au Mont Saint-Michel, la «merveille de l’Occident». Citadelles étoilées à la Vauban ou bories en pierres sèches de Provence, les architectes s’en donnent à cœur joie !

Vue du village de Rocamadour, photo : Gérard Grégor

Un peu d’ordre !

Si ces premières «agglomérations» sortent de terre dans l’anarchie, rapidement on se rend compte qu’une certaine organisation devient indispensable. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi ! C’est pourquoi, par exemple en Europe centrale, les maisons en en argile des premiers «paysans du Danube» se trouvent toutes orientées dans le même sens, celui des vents dominants. Au centre, un bâtiment plus important fait office de lieu de réunion tandis qu’un système hiérarchique, visible à la présence de bâtiments plus importants, se met en place.

Mais on n’est jamais trop prudent : à partir du IVe millénaire avant notre ère, on commence à ajouter palissades et fossés qui transforment les villages en camps fortifiés. Les communautés, de plus en plus nombreuses, commencent en effet à se concurrencer et s’observer d’un mauvais œil.

Dans le monde celtique ou gaulois, cette évolution donne naissance au 1er siècle av. J.-C. aux oppida (pluriel d’oppidum), places fortes situées en hauteur, entourées de murs cyclopéens et parfaitement organisées avec les artisans à proximité de la porte principale, puis les demeures des nobles, enfin, au centre, le sanctuaire.

Il ne s’agit plus tout à fait d’un village mais plutôt d’une ville, avec ses fonctions sociales diversifiées. La campagne alentour est émaillée de fermes isolées et de cabanes familiales. Bibracte, capitale des Éduens, en Bourgogne, est un bel exemple d’oppidum.

Villa romaine, mosaïque  du IVe s. ap. J.-C., musée du Bardo, Tunis

De la villa au village

Profitant de la paix romaine, les Gaulois et autres Celtes quittent leur oppidum pour s’installer en plaine. Les campagnes se couvrent alors d’un nouveau type d’habitation, la villa, exploitation agricole plus ou moins importante, soumise à l’autorité d’un propriétaire riche et puissant.

À la fin de l’empire, la villa devient un point d’ancrage pour les paysans pauvres ruinés par une fiscalité écrasante. Ainsi en est-il de Montmaurin, au pied des Pyrénées. Mais les invasions barbares du Ve siècle changent la donne : les habitants commencent à se regrouper derrière les murs construits autour des anciennes villae et, mieux encore, trouvent protection à l’ombre des premiers châteaux forts, constructions rustiques en bois qui servent de refuge à un seigneur et à ses hommes (les châteaux en pierreapparaissent seulement vers l’An Mil).

Les châteaux poussent un peu partout grâce à la montée en puissance de ces seigneurs qui suppléent au IXe siècle à l’incurie des rois carolingiens face aux attaques des Vikings, Sarrazins et autres pillards. Dans les régions montagneuses ou vallonnées, ils sont érigés sur les crêtes et les éperons rocheux ; dans les plaines, sur des mottes artificielles ou «mottes castrales».

Établis à proximité immédiate des châteaux, les premiers villages médiévaux concentrent toute la vie économique du pays du fait de la quasi-disparition des villes antiques. Ils ne bénéficient pas de plan d’urbanisme mais tirent leur harmonie d’une judicieuse adaptation à la topographie et au climat local. Il en va autrement avec les sauvetés et les bastides à vocation militaire beaucoup plus tardavec un aménagement en damier ou en cercle.

Aux alentours de 1300, le maillage rural de la chrétienté occidentale est à peu près achevé, proche de celui que nous connaissons aujourd’hui, avec ses villages serrés autour de leur église paroissiale et de leur cimetière, témoin d’une histoire plus que millénaire.

L’État s’en mêle

Le 14 décembre 1789, en France, les députés de la Révolution décident la fin de toute distinction entre villes et villages : ne restent que des communes au territoire précis, à la population dénombrée et soumise à une administration représentative, désignée par des élections. Les premiers votes se déroulent dès février 1790 et aboutissent à la mise en place de près de 44.000 municipalités, généralement issues des paroisses.

La Fête de village, art populaire avant 1837, Paris, Musée des Civilisations de l'Europe et de la MéditerranéeLa Première République, en 1792, enlève au curé le registre des naissances, mariages et décès et le place sous la responsabilité du maire.

Avec la loi de séparation des Églises et de l’État, en 1905, c’est l’entretien du patrimoine religieux qui incombe désormais aux 36.600 communes qui ne vont par la suite cesser d’élargir leurs compétences, notamment grâce aux lois Deferre de décentralisation de 1982.

Échelons de proximité auxquels sont particulièrement attachés les Français, les communes rurales souffrent cependant de leur petitesse et se lancent dans des structures d’intercommunalité pour suppléer à leurs déficiences. L’avenir dira si cette stratégie est la bonne pour conserver l’âme de nos villages !

Dis-moi quel est ton nom…

Villes et villages portent dans leurs noms les étapes de notre Histoire. Vous habitez Narbonne ou Marseille ? Vous vivez donc sur les traces des Ligures (Narbo), ancêtres des Gaulois, ou des Grecs (Massalia). À moins que vous ne soyez plutôt attaché à d’anciennes terres gauloises, comme Huisseau (de uxellos : «le lieu élevé»), Brèves (de briva : «le pont») ou Argenteuil (de argentoïalos «la clairière de l’argent»).

Du côté gallo-romain, les propriétaires des anciennes villae survivent dans les très nombreux noms en –ac (-acum) du Sud-Ouest, en -ville de Normandie, en –y du Nord ainsi que dans la façon de désigner les hameaux avec la préposition «chez»(de casa : «la maison»).

De son côté, la langue germanique se niche dans les -berg («le mont») de Schneeberg («le mont enneigé») ou Kirchberg («l’église sur le mont»). Plus tard, les temps féodaux nous ont légué toutes les appellations de localités dédiées à un saint, habitude remise en cause à la Révolution : c’est ainsi que la commune de Saint-Esprit, près de Bayonne, fut (provisoirement) rebaptisée du nom plus patriote de Jean-Jacques Rousseau !

C’est également la célébration de la patrie qui valut à Magenta (Indre) et La Crimée (Loiret) de rejoindre nos cartes géographiques. D’autres noms ont une origine plus anecdotique, comme ce Attin la Paix Faîte (Pas-de-Calais) qui, dit-on, célèbre une douce réconciliation entre Napoléon et Marie-Louise… Notons, au moment de la création de villes nouvelles dans les années 1960, la mode du retour à l’Antiquité dont bénéficia par exemple Sophia-Antipolis, appellation plus érudite mais moins malicieuse que certains Mouillepied, Pisse-Grenouille et Trousse-chemise…

Détail de la carte de Cassini, 1815, Institut géographique national, Saint-Mandé

«Mon village, au clocher, aux maisons sages…» (Charles Trenet)

En ce XXIe siècle, les Français cultivent la nostalgie du village, paisible, riche de ses traditions et opposé à la ville moderne, anonyme et au rythme de vie infernal. Il leur rappelle aussi leurs origines paysannes.

Affiche de campagne de François Mitterrand, 1981La ruralité reste donc encore solidement ancrée dans l’inconscient collectif, au point de devenir un des éléments clefs de l’affiche de campagne de François Mitterranden 1981, avec un village nivernais derrière le candidat de «la force tranquille» !

Elle exprime aussi l’attachement aux racines, voire la résistance face à l’envahisseur. Ainsi, tout le monde connaît un célèbre petit village gaulois qui «résiste encore et toujours» aux conquérants romains…

Aujourd’hui, nombre de citadins rêvent de faire partie de ces néo-ruraux qui redonnent vie aux villages. Mais c’est au risque de les transformer en villages-dortoirs ou en villages-musées, rompant ainsi le lien avec une histoire plus que millénaire.

Au moment où les nouvelles technologies permettent d’évoquer l’idée d’un village planétaire, parions que n’est pas prête de disparaître cette nostalgie déjà chantée par Joachim du Bellay au XVIe siècle :
«Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée […] ?»

Vincent Van Gogh, Rue de village à Auvers avec escalier et personnages, 1890, The Saint Louis Art Museum, St. Louis, Missouri, USA

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An Mil

Naissance et grandeur du village médiéval

Les villages sont l’ossature sur laquelle s’est greffée la civilisation européenne, si nombreux que «monté sur l’un des 130.000 clochers de la chrétienté latine, on en voit 5 ou 6 à l’horizon» (Pierre Chaunu).

Martres-Tolosane, village circulaire de la vallée de la Garonne, près de la villa de Chiragan (DR)Une première vague apparaît au terme des Grandes Invasions, quand émerge la société féodale ; une deuxième surgit après l’An Mil, à la faveur des grands défrichements.

Dans une chrétienté occidentale dépourvue de villes depuis l’effondrement du monde antique, ces villages vont engendrer une société nouvelle fondée sur le travail de la terre et le droit coutumier.

Cartulaire de la seigneurie du couvent de Billette, près de Paris, vers 1520-1530 (BNF)

Le village médiéval : une création originale

Avec la fin de la «paix romaine» et les invasions barbares du Ve siècle, les paysans livrés à eux-mêmes se regroupent autour des anciennes villae gallo-romaines (grandes exploitations agricoles) ou, mieux encore, trouvent protection à l’ombre des premiers châteaux forts, constructions rustiques en bois qui servent de refuge à un seigneur et à ses hommes (les châteaux en pierre apparaissent seulement vers l’An Mil).

Ces châteaux poussent un peu partout grâce à la montée en puissance de ces seigneurs qui suppléent au IXe siècle à l’incurie des rois carolingiens face aux attaques des Vikings, Sarrazins et autres pillards. Dans les régions montagneuses ou vallonnées, ils sont érigés sur les crêtes et les éperons rocheux ; dans les plaines, sur des mottes artificielles ou «mottes castrales».

Du fait de la quasi-disparition des villes antiques, toute la vie économique en vient à se concentrer autour de ces châteaux.

– Vilains et serfs :

Les paysans sont généralement appelés «vilains» (du latin villanus, qui désigne un habitant de la campagne et dérive de villa, exploitation gallo-romaine)... Le mot a pris une connotation péjorative dans le langage des citadins et des nobles, de même que le mot «manant» (du latin manererésider), qui désigne tout simplement l’exploitant d’unmanse, autrement dit d’une exploitation familiale, avec sa maison, ses dépendances, ses droits d’usage et ses champs.

Une partie des vilains parvient à conserver sa liberté et la pleine propriétés d’une partie au moins de ses terres. Ces terres libres de tout lien féodal sont dites «alleux» (du latinallodium). En Normandie, on les surnomme aussi «fiefs du soleil» pour signifier qu’elles n’ont d’autre suzerain que le soleil !

Mais la majorité des paysans doivent s’en remettre à la «protection» du seigneur local, en lui abandonnant la propriété nominale de la terre et une partie substantielle de leurs revenus au titre des droits féodaux.

Prélèvements obligatoires

Libres ou pas, les paysans paient à leur seigneur de nombreuses redevances en contrepartie de sa «protection» :
– les banalités pour l’utilisation du four, du moulin et du pressoir et les péages pour le franchissement des ponts ;
– un cens en contrepartie des tenures (les terres concédées par le seigneur) ;
– le champart ou «part des champs», équivalent en général à un dixième des récoltes…

Ils paient aussi un droit de mainmorte pour que leurs fils puissent hériter de leurs tenures et un droit sur les «lods et ventes» (du latin lauslaudis – approbation – ; transactions autour des tenures). Ils sont tenus d’effectuer plusieurs jours de travail par an sur la «réserve», autrement dit les terres exploitée en direct par le seigneur ; c’est la corvée. Ajoutons à cela la dîme due à l’Église, égale au dixième environ des récoltes. Ils peuvent aussi être astreints à une taxe humiliante, le formariage, s’ils veulent épouser une femme étrangère à la seigneurie.

Au total, c’est environ un tiers de leurs revenus que les paysans du Moyen Âge affectent à ce que nous appellerions aujourd’hui les «prélèvements obligatoires».

Le château-fort de Cautrenon, en Auvergne, dessin de Guillaume Revel dans l'Armorial du duc de Bourbon (XV° siècle), BNFEn marge de cette paysannerie plus ou moins libre, une minorité de vilainsvit dans la dépendance complète du seigneur (châtelain, abbaye ou autre). Ils souffrent d’une forme inédite d’esclavage, le «servage» (du latinservusesclave).

Ces serfs ou hommes de corps travaillent sur le domaine du seigneur, la réserve, à moins que celui-ci ne préfère leur louer une terre. Ces serfs sont alors dits «chasés».

Privés de liberté et obligés même d’obtenir le consentement de leur maître pour se marier, les serfs sont attachés à titre héréditaire à la seigneurie. Ils n’ont pas le droit de la quitter. Mais réciproquement, le seigneur ne peut les en chasser ni leur ôter sa protection.

Le servage ainsi que tous les droits et obligations qui s’attachent à la terre sont strictement codifiés en fonction des coutumes locales, composant un écheveau d’une infinie diversité. Par exemple, si un paysan libre obtient de cultiver une tenure «servile», il doit supporter les servitudes qui s’y attachent.

Les serfs et autres vilains vivent dans des conditions précaires, sous la menace permanente des disettes. Néanmoins, ils sont en général beaucoup moins pressurés par le seigneur local que pouvaient l’être leurs aïeux par les métropoles antiques, qu’elles aient nom Athènes, Rome, Carthage, beaucoup moins également que leurs contemporains soumis à l’autorité de Bagdad ou Constantinople.

À la différence des notables de ces métropoles vouées à la consommation et au luxe, les seigneurs partagent le destin de leurs paysans. Leur intérêt est de les protéger et de les soutenir car leur revenu dépend tout entier de leurs récoltes.

Cette solidarité forcée permet l’aménagement rationnel des campagnes : plantations de haies, drainage et assainissement, marnage (ajout de calcaire et argile aux sols), construction de moulins, défrichements etc. Elle est à la source du décollage économique de l’Europe occidentale.

Enluminures du Rustican (ou Livre des profits champêtres et ruraux), de Pietro de Crescenzi, 1305 (musée Condé, Chantilly)
– Ager et saltus :

Les premiers villages médiévaux sont structurés autour de deux lieux majeurs : le château et l’église paroissiale. Ils ne bénéficient pas de plan d’urbanisme, ce qui explique les plans routiers parfois tortueux contre lesquels il nous arrive de maugréer, mais ils tirent leur harmonie d’une judicieuse adaptation à la topographie, au climat local et aux techniques agricoles.

L’espace rural est scindé en deux parties : d’une part l’ager, qui réunit les champs cultivés sur les terres les plus fertiles ; d’autre part le saltus ou «incultum» (forêts et prés communaux).

La partie cultivée est répartie entre les tenures ou manses exploitées par les paysans et la réserve exploitée en direct par les domestiques du seigneur.

La glandée (le mois de novembre dans les Très riches Heures du duc de Berry, miniature du XVe siècle, musée Condé)Pour préserver la fertilité des sols, les villageois organisent l’ager selon les principes de l’assolement biennal ou triennal : l’ager est divisé en deux ou trois «soles» et chaque famille dispose d’une tenure sur chacune d’elles avec obligation de respecter l’ordre des cultures (une année consacrée aux céréales d’hiver, une autre aux céréales de printemps, la dernière au repos – jachère – et à la pâture du bétail).

Le saltus n’est pas moins important pour les villageois. Il fournit du bois de chauffage, des baies… Les paysans y conduisent les porcs afin qu’ils se nourrissent de glands. C’est la glandée. Quant au seigneur, il y pratique la chasse, son loisir favori et son privilège.

La seigneurie de Wismes

Le plan ci-dessous (cartulaire) représente la seigneurie de Wismes, en Picardie, près d’Amiens, au XVe siècle. On distingue l’église et le château au centre ; les tenures ; les bois (masses sombres) ; la réserve seigneuriale à droite du château, le moulin banal (au-dessus de l’église) et même le gibet seigneurial (en bas à gauche).

La seigneurie de Wismes, Picardie, XVe siècle

L’appel de la liberté

Dans les trois siècles qui suivent l’An Mil, au cours du «beau Moyen-Âge», un léger réchauffement climatique améliore les récoltes et favorise la croissance de la population.

Suivant l’exemple donné par Cluny, les moines bénédictins, en quête de solitude, implantent de nouveaux monastères au coeur des forêts encore vierges. Les paysans, assoiffés de terres et de liberté, s’engouffrent dans ces brèches. Ils essartent et mettent en culture les friches, attirés par les exemptions fiscales et les franchises promises par les seigneurs locaux.

Dans les régions méridionales, l’Église encourage l’établissement des déshérités dans les terres en friches, en sanctuarisant des espaces de libertés autour de certaines églises. Il s’ensuit la création de villages appelés «sauvetés», selon un modèle circulaire que l’on rencontre par exemple dans le Languedoc (Bram ou Alan). Dans ces terres se réfugient en particulier des serfs en fuit et désireux de liberté.

La guerre de Cent ans, à la fin du Moyen Âge, donne lieu en Aquitaine, à la création d’un nouveau type de village, la «bastide» à vocation militaire, avec un aménagement en damier, autour de la place d’armes. Là aussi sont accueillis des gens de toutes origines, y compris des serfs en fuite. De la sorte, le servage disparaît presque totalement dès la fin du XIIIe siècle au profit d’une relation de gré à gré entre propriétaires et exploitants.

Aux alentours de 1300, le maillage rural de la chrétienté occidentale est à peu près achevé, proche de celui que nous connaissons aujourd’hui.

À chacun son histoire

Les villages d’Europe occidentale ont des structures qui reflètent leur histoire. On a vu le cas des bastides et des sauvetés. Il y a aussi les villages perchés qui témoignent de la peur des pirates, sur les côtes méditerranéennes.

Les villages regroupés (en allemand, «haufendorf») prédominent  dans les plaines aux sols lourds, où l’assolement triennal impose une discipline collective : chaque famille a des tenures dispersées dans les différentes soles. Lorsque les menaces extérieures l’exigent, les maisons se regroupent à l’intérieur d’une enceinte plus ou moins circulaire, comme à Martres-Tolosane, dans la haute Garonne (photo ci-dessus).

Dans les régions insalubres de landes ou de marécages, on a au contraire un habitat dispersé : chaque famille s’établit au plus près des rares champs fertiles.

Enfin, dans les régions d’essartage tardif, on observe des villages-rues (en allemand, «strassendorf») : les fermes s’alignent le long de la route principale et leur tenure se déroulent d’un seul tenant à l’arrière, perpendiculairement à la route. Ce schéma se retrouve aussi au Québec, défriché selon les mêmes principes qu’en Europe.

Dès le XIe siècle, dans un élan général, les campagnes se hérissent de clochers, qui sont autant de marqueurs de l’enracinement des hommes dans leur territoire : «C’était comme si le monde lui-même se fut secoué et, dépouillant sa vétusté, ait revêtu de toutes parts une blanche robe d’église» (Raoul Glaber). Les églises de cette époque, aux formes robustes caractéristiques de l’art roman, témoignent encore aujourd’hui de la vitalité des campagnes médiévales.

Chaque village forme une communauté de fidèles soudée autour de son curé, de son église et de son cimetière : la paroisse. Le village est à la fois le lieu de la vie économique et de la vie affective, où l’on travaille, paie les impôts, se marie et baptise les enfants.

La messe dominicale, dans l’église, est une occasion de rencontre durant laquelle on s’exprime à grand bruit entre calembours, jeux d’osselets ou encore transactions entre particuliers (ce n’est qu’à partir du concile de Trente que l’église devient un sanctuaire silencieux).

À leur mort, les habitants sont inhumés autour de l’église, voire à l’intérieur, sous le dallage, en ce qui concerne les notables. Le cimetière est un lieu de sociabilité jusqu’au début de l’époque moderne : on s’y réunit pour les fêtes, danser, jouer…

La paroisse est administrée par l’assemblée des chefs de famille, sous l’autorité lointaine du seigneur ou du représentant du roi : le bailli dans les régions septentrionales, le sénéchal dans le Midi. À l’assemblée revient en particulier l’entretien de l’église et de l’enclos paroissial, dans lequel sont rassemblées les tombes des disparus, depuis que les vivants n’ont plus peur des morts.

Bénéficiant d’une exceptionnelle stabilité démographique (l’Europe, des Pyrénées au Danube, est la seule région du monde à n’avoir connu aucune immigration pendant le dernier millénaire), ces villages entretiennent et fortifient leurs traditions.

Transmis de génération en génération, les coutumes et les droits d’usage acquièrent force de loi. Cette jurisprudence fait même obstacle à la volonté du seigneur ou du souverain. Les Anglais l’appellent fort justement «common law» (la loi commune) pour la distinguer de la loi dictée par le sommet. Elle est à l’origine de la plus belle invention qui soit : l’État de droit.

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 mai 2013

Villages en sursis

La France a hérité de son lointain passé un total de 36.000 communes dont une très grande majorité de villages de quelques dizaines à quelques centaines d’habitants.

Cette richesse patrimoniale est devenue une source majeure de coûts et de blocages du fait de la dispersion des moyens et des responsabilités. Le statu quo institutionnel non seulement coûte cher à la nation mais affecte aussi la survie de ce tissu rural…

Avec ses trente six mille communes, la France fait figure d’exception en Europe, les autres grands pays en ayant tout au plus 4.000 à 6.000.

Créées par l’Assemblée nationale constituante, le 14 décembre 1789, les communes sont les héritières des villes et des paroisses rurales d’Ancien Régime. Ce sont à ce titre les plus anciennes circonscriptions françaises (après les départements).

Grandes ou petites, elles ont toutes un conseil municipal et un maire élus au suffrage universel, et un budget propre. Ce budget est alimenté par les impôts locaux et varie dans de grandes proportions selon que les contribuables sont aisés ou non, et plus ou moins pressurés par l’équipe municipale. Il est en partie seulement corrigé par des dotations de l’État.

Témoins d’un maillage territorial hérité du Moyen Âge, les communes rurales conservent envers et contre tout de beaux restes : charme des paysages et vie sociale. La disparition des rituels festifs attachés à l’agriculture et à la religion (rogations, moissons, vendanges…) a été en partie compensée par les fêtes votives, les repas communautaires, les vide-greniers et autres occasions de retrouvailles.

Exode rural

Les communes rurales ont en général atteint un pic de population au milieu du XIXe siècle, vers 1860. Depuis lors, elles ont vu leur population diminuer, d’une part en raison de la dénatalité, ensuite des pertes de la Grande Guerre. Après la Seconde Guerre mondiale, l’exode rural s’est accéléré, alimentant l’expansion industrielle et l’urbanisation du pays.

Depuis les années 1980, on assiste à un mouvement en sens inverse du fait de l’urbanisation de l’espace rural. Fuyant les centre-villes devenus inaccessibles et les banlieues réputées invivables, les familles des classes moyennes s’installent à la périphérie des agglomérations, jusqu’à des distances de cinquante ou soixante kilomètres du centre.

Sur la voie rapide qui mène de Toulouse à Saint-Gaudens (70 kilomètres), dans la vallée de la Garonne, on assiste désormais à un mouvement pendulaire qui n’a rien à envier aux encombrements de la région parisienne : trafic saturé le matin en direction de Toulouse et le soir en sens inverse.

De ce fait, beaucoup de communes rurales voient à nouveau leur population croître, mais en se transformant en «cités-dortoirs» et sans regagner les institutions et les notables qui faisaient d’elles des communautés villageoises.

À l’écart des agglomérations et de ce mouvement de «rurbanisation», la grande majorité des 36.000 communes françaises continuent de voir leur population  décroître. La plupart ne comptent plus que quelques dizaines ou quelques centaines d’habitants à la moyenne d’âge très élevée. Trop petites, elles ne sont plus en mesure de résister à leur déclin. Elles ne peuvent compter que sur des Anglais ou des Parisiens aisés pour acheter et restaurer une fermette à l’abandon.

Ce dépeuplement s’accélère de lui-même. À mesure que diminue la population, le coût relatif des administrations par habitant s’accroît mécaniquement de sorte qu’un(e) ministre finit par conclure à la nécessité de fermer ces administrations (tribunaux, hôpitaux, écoles, collèges, bureaux de poste…).

L’État et ses agents abandonnant les régions rurales, les jeunes médecins libéraux ne voient pas de raison d’agir différemment (ce qui leur vaut d’être stigmatisés par ceux-là mêmes qui ont décidé la fermeture des administrations). Tant pis pour les habitants condamnés à rester sur place et bonne chance aux téméraires qui auraient envie de s’installer !

Nos hommes politiques aiment-ils la France ?

Oublions les paroles. Tenons-nous-en aux actes. À considérer ceux-ci, on peut s’interroger sur l’amour que les hommes politiques français portent au pays profond… Y voient-ils autre chose qu’un réservoir d’électeurs dociles ?

À quoi rêvent-ils tandis que meurent les villages et se délite le tissu rural ? À de grandes métropoles «de taille européenne», à la tête de grandes régions qui rivaliseront avec les Länder d’outre-Rhin ! «Grand Paris»«Grand Montpellier»,«Grand Dijon»… Voilà leur horizon. On pourrait épiloguer sur la dimension pénienne ou sexuelle de ce fantasme de grandeur. Plus sérieusement, on peut s’interroger sur sa pertinence.

Y a-t-il un quelconque lien entre la taille d’une ville et sa prospérité ? Que nenni. Aucune ville allemande ne dépasse en population le tiers de l’agglomération parisienne. Aucune ville suisse ou scandinave ne dépasse la taille de l’agglomération lyonnaise. Toute la prospérité de ces pays repose sur les usines disséminées dans les petites villes et les villages.

À chaque village, son usine. C’est un schéma que l’on rencontre encore dans quelques régions françaises : la Vendée, l’Alsace, le Boulonnais… Mais il est gravement mis à mal par la priorité politique donnée aux métropoles, lesquelles sont des lieux de pouvoir, d’administration et de consommation, avec leurs quartiers résidentiels et leurs cités pour immigrés, mais ont depuis longtemps cessé d’être des lieux de production.

Abandonnant le modèle médiéval à l’origine de notre décollage économique, nous nous orientons vers le modèle prédateur des métropoles de l’Antiquité ou de l’Orient. Il n’est pas sûr que ce soit celui que souhaitent la grande masse des citoyens français.

Villages sous-administrés

Les villages réduits à la taille d’un hameau et seulement habités par des personnes âgées ne retrouveront jamais leur vitalité d’antan.

Dans la Creuse, par exemple, sur 266 communes, on en compte une vingtaine seulement qui dépassent le millier d’habitants et une seule, le chef-lieu Guéret, qui dépasse 10.000 habitants. Avec cela, le département compte 266 maires, au moins autant d’adjoints et quelques milliers de conseillers municipaux.

Malgré leur bonne volonté, les élus sont impuissants à stopper l’agonie de leur village. Retraités de l’agriculture pour la plupart, ils n’ont d’autre choix que de déléguer leurs missions d’intérêt général (collecte des ordures ménagères, entretien de la voirie…) à des syndicats d’économie mixte intercommunaux, dont la gestion leur échappe complètement ainsi qu’à leurs électeurs.

Avec le budget qui leur reste, ils font du saupoudrage sans grande utilité pour la pérennité du village : éclairage public, goudronnage de chemins, subvention aux associations locales, éventuellement, construction d’une salle des fêtes.

Un regroupement s’impose pour sauver ce qui peut l’être du tissu rural, dans la Creuse comme dans les Ardennes ou les Hautes-Alpes.

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les gouvernants ont encouragé les communes à fusionner entre elles en leur offrant pour l’occasion une dotation financière. Quelques téméraires ont surmonté leurs réticences et s’y sont résolus. Mais les réussites demeurent en général très rares et beaucoup de fusions ont même abouti à des «défusions».

On a depuis lors tenté d’associer les communes rurales sous la forme de pays oucommunautés de communes, avec des dirigeants cooptés et non élus, auxquels les électeurs ne peuvent donc demander des comptes.

Cette solution ne remédie ni à la dispersion des budgets communaux, ni à l’absence de perspective à long terme. Elle se traduit par une grande opacité dans la gestion des syndicats d’économie mixte intercommunaux  en charge des missions d’intérêt général (rémunérations…).

Opération chirurgicale

Ces inconvénients pourraient être surmontés avec une formule analogue aux «conseils d’arrondissement» de Paris, Lyon et Marseille.

Il s’agit de regrouper les communes dans des «supercommunes» de taille convenable (au moins 5 à 8.000 habitants), autour de leur chef-lieu de canton ou de leur agglomération-centre, avec un budget commun et un conseil municipal démocratiquement élu.

Suivant le modèle PLM, les électeurs ruraux continuent d’élire leur maire, avec un conseil municipal restreint (en conservant leurs indemnités). Par ailleurs, une partie de ces conseillers est appelée à siéger au conseil municipal de la «supercommune» et à élire son maire.

Principal avantage : un budget unique au niveau de la «supercommune» au lieu de micro-budgets communaux. Relativement consistant, ce budget permet d’envisager non plus du saupoudrage mais des investissements durables, avec un objectif prioritaire : renforcer les services (santé, commerces, transports, administrations) de façon à faciliter la vie de tous les habitants et encourager l’installation de familles et d’entreprises.

Autre avantage : le choix du maire principal se fait sur une base élargie à l’ensemble de la population de la «supercommune», avec toutes les chances de pouvoir élire une personne relativement jeune et formée à la gestion.

Disposant d’une taille critique et d’un budget suffisants, avec un maire apte à diriger des services complexes, la «supercommune» peut aborder de front son avenir.

Ainsi seraient conciliées la permanence des anciennes paroisses, l’efficacité gestionnaire et la démocratie.

Ainsi disparaîtraient surtout ces horreurs technocratiques dont nous avons évoqué plus haut les inconvénients (fonctionnement non démocratique, rémunérations opaques) : payscommunautés de communes… sans compter les Métropoles, nouvel ectoplasme non démocratique inventé pour complaire aux notables des grandes agglomérations.

Appliqué à la Creuse par exemple, le regroupement aboutirait à la création d’une vingtaine de «supercommunes», centrées sur les communes de plus d’un millier d’habitants, ces communes devenant les points de fixation des services futurs et l’âme du renouveau rural.

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Sources

Histoire de la France rurale, sous la direction de Georges Duby et Armand Wallon, éd. du Seuil, 1975.
Histoire des paysans, sous la direction de Jérôme Blum, éd. Berger-Levrault, 1982.
Sophie Bogrow et Hervé Champollion, Villages de France, éd. Aubanel, 2009.
Stéphane Gendron, L’Origine des noms de lieux en France : essai de toponymie, éd. Errance, 2008.
Mureil Rudel, Le Village autrefois, éd. Hoëbeke, 2005.

Les ouvrages clé sur la paysannerie médiévale, bien qu’un peu datés, sont signés des grands historiens Marc Bloch (La Société féodale, Albin Michel, 1939) et Georges Duby (Guerriers et paysans, Gallimard, 1973, L’économie rurale et la vie des campagnes dans l’Occident médiéval, Aubier, 1962).

On peut aussi lire le petit livre d’un autre grand historien, Jacques Heers : Le travail au Moyen Âge, Que sais-je? 1965. Plus récent et plus consistant (617 pages) : Le village sous l’Ancien Régime (Antoine Follain, Fayard, 2008).

Jeanne Laffont, Isabelle Grégor, Joseph Savès,  André Larané et Antoine Vergnault

Hérodote.net

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Nouvelles de Chine …

English: Mao Zedong-Portrait at the Gate of He...

Mao Zedong-Portrait at the Gate of Heavenly Peace(天安门), the entrance to the Forbidden City in Beijing. (Photo credit: Wikipedia)

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30 millions de Chinois vivraient

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aujourdhui dans des grottes.

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Yaodong

Ce chiffre incroyable est le résultat d’une enquête publiée par le Los Angeles Times le 18 mars 2012.

La plupart de ces habitant chinois pas comme les autres ont construit leur habitation dans des flancs de montagnes ou plateaux de loess que l’on trouve particulièrement dans les régions du Nord de la Chine comme le Shaanxi, le Gansu, le Shanxi et le Henan. La plus forte concentration de ces grottes se situerait à Qingyang, à l’est de la province du Gansu.

Ces habitations appelées yaodong en chinois se caractérisent par une structure en voûte de plein ceintre.

Cette forme d’habitation existe depuis la dynastie Han (-206 à 220) et a atteint son apogée au cours des dynasties Ming (1368 à 1644) et Qing (1644 à 1912).

Mao Zedong lui-même a séjourné dans ce genre de grottes dans les années 1930, alors que la Longue Marche prenait fin dans la ville de Yan’an.

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English: Mao's official portrait at Tiananmen ...

English: Mao’s official portrait at Tiananmen gate (Photo credit: Wikipedia)

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Selon un rapport datant de 2007, les personnes habitant les yaodong sont essentiellement des personnes âgées, et celles-ci n’envisagent généralement pas de quitter leur habitation.

« La vie est facile et confortable ici. Jai vécu toute ma la vie dans des grottes et je ne peux pas imaginer ma vie différemment », témoigne une vieille femme de 76 ans.

Aujourd’hui, les Chinois sont de plus en plus nombreux à vouloir expérimenter la vie dans un yaodong. Les propriétaires louent désormais leur grotte pour près de 200 yuans (environ 25 euros) le mois et ceux qui souhaitent vendre peuvent espérer en obtenir près de 300 000 yuans (environ 38 000 euros).

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formation du personnel pour renforcer
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la sécurité dans les avions

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Une employée chargée de la séurité aérienne reçoit une formation à Changchun, capitale de la province du Jilin (nord-est), le 22 mai 2012.

Une employée chargée de la sécurité aérienne reçoit une formation à Changchun, capitale de la province du Jilin (nord-est), le 22 mai 2012

Des employées chargées de la sécurité aérienne reçoivent une formation à Changchun, capitale de la province du Jilin (nord-est), le 22 mai 2012Des employées chargées de la sécurité aérienne reçoivent une formation à Changchun, capitale de la province du Jilin (nord-est), le 22 mai 2012

Des employées chargées de la sécurité aérienne reçoivent une formation à Changchun, capitale de la province du Jilin (nord-est), le 22 mai 2012

Des employées chargées de la sécurité aérienne reçoivent une formation à Changchun, capitale de la province du Jilin (nord-est), le 22 mai 2012

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La Chine découvre 254 entreprises
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produisant des gélules contaminées

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Après un mois d’inspections, l’Administration nationale des produits alimentaires et pharmaceutiques (ANPAP) de Chine a annoncé vendredi que 254 entreprises pharmaceutiques, soit 12,7% des producteurs chinois de gélules pour médicaments, produisaient des gélules contaminées.

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Parmi 11 561 lots de médicaments testés, 5,8% contenaient un niveau excessif de chrome, a précisé l’administration. Cette dernière avait lancé une campagne d’inspections après la révélation par les médias du scandale des gélules contaminées.

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voyage en chine_-39

voyage en chine (Photo credit: jagraph)

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L’ANPAP a ordonné le rappel immédiat et la destruction des médicaments incrimnés.

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Selon un communiqué publié par l’ANPAP, les autorités locales ont enquêté sur 236 producteurs de gélules, demandé à 42 d’entre eux de suspendre leurs opérations, fermé 84 chaînes de production, retiré les permis de production de 7 entreprises et transféré 13 dossiers à la police.

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Chine : Publicis tisse sa toile

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Le géant français de la publicité Publicis se renforce en Chine en reprenant le 14 mai, Longtuo, agence pékinoise de marketing numérique, son 4ème achat local en quatre mois.
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Publicis n’est pas le seul, le Britannique WPP ayant racheté CIC (médias sociaux) et Wisereach (marketing mobile), tout en lançant en octobre 2011 une école de publicité à Shanghai.
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Publicis compte faire de la Chine son 2ème marché d’ici 2015.

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Publicis
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La pub y a crû de 15% en un an, à 54,6 milliards de dollars, dont 25% vont aux groupes mondiaux. Mais depuis octobre 2011, pour enrayer une épidémie d’émissions TV de divertissement, la tutelle SARFT (State Administration of Radio, Film and Television) a réduit ces programmes de 17 à 9 par soir, sur 34 chaînes. Ainsi, l’espace de pub-TV se trouve restreint.
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Ceci accélère un redéploiement de la pub sur internet en Chine, qui y enregistrait déjà une hausse de +26% en 2011. D’autant que le e-commerce explose en ce pays, devant réaliser 94,6 miliards de dollars en 2012 (selon Forrester), et une progression de 92% au cours des trois prochaines années (eMarketer).
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Dans cette perspective, Longtuo, avec ses 200 employés, est un bon achat-comptant parmi sa clientèle des galeries virtuelles majeures telles Taobao et 360buy.com. Longtuo sera intégré à Razorfish, la branche internet de Publicis, sous la direction de J.Y Naouri, Président Chine du groupe.
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Détail étrange : la télévision végète, par excès de censure et manque de créativité. Les crédits se reportent sur internet, « forêt vierge » que l’Etat échoue à discipliner, ce qui entraine son succès en attirant les foules avides d’air frais.

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Chine : ouverture de la Semaine
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des sciences et technologies

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La conseillère d’État Liu Yandong a annoncé samedi l’ouverture de la « Semaine des sciences et technologies » en Chine et a appelé à accélérer les progrès scientifiques et le développement des nouvelles technologies, à populariser les connaissances scientifiques ainsi qu’à créer un environnement pour l’innovation.

Dans son discours prononcé lors de la cérémonie d’ouverture, Mme Liu a évoqué l’amélioration des capacités d’innovation comme le « coeur de la stratégie de développement national » et la « clé de la transformation du mode de croissance économique. »

La réforme doit être approfondie afin d’améliorer les politiques pour l’innovation, et des efforts doivent être déployés pour stimuler l’enthousiasme et la créativité parmi les scientifiques et les techniciens et pour intensifier le partage et la coordination des sources techniques, a-t-elle indiqué.

Les fruits de l’innovation technique doivent bénéficier aux masses afin d’améliorer le développement de l’agriculture, les conditions de vie de la population et la gestion sociale, a ajouté la conseillère d’État.

La « démocratie académique » doit être préconisée, l’exploration encouragée et l’échec toléré pour stimuler la pensée créative, a-t-elle ajouté.

Plus de 1 000 techniciens et membres du personnel d’éducation, étudiants et fonctionnaires ont assisté à la cérémonie d’ouverture. La « Semaine des sciences et technologies » se tient chaque année depuis 2001 et plus de 600 millions de personnes ont participé à ses activités.

La conseillère d'Etat chinoise Liu Yandong (2e à droite) observe une démonstration de connaissances scientifiques à l'issue de la cérémonie d'ouverture de la "Semaine des sciences et technologies" à Beijing, en Chine, le 19 mai 2012La conseillère d’Etat chinoise Liu Yandong (2e à droite) observe une démonstration de connaissances scientifiques à l’issue de la cérémonie d’ouverture de la « Semaine des sciences et technologies » à Beijing, en Chine, le 19 mai 2012

Liu Yandong, conseillère d'Etat chinoise, lors de la cérémonie d'ouverture de la "Semaine des sciences et technologies" à Beijing, en Chine, le 19 mai 2012Liu Yandong, conseillère d’Etat chinoise, lors de la cérémonie d’ouverture de la « Semaine des sciences et technologies » à Beijing, en Chine, le 19 mai 2012

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Patrick

sources

— diverses sur internet …

http://articles.latimes.com/

 
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Parlez-vous français ?

 

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Parlez-vous français ?

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L’Université au Moyen-ÂgeLa logique – la Réthorique.
Manuscrit francien 574

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Le thème du déclin de la langue française est souvent balayé d’un revers de main par nos responsables politiques et culturels. Ces derniers font valoir que les discours sur la décadence sont le lot quotidien dans l’hexagone et qu’il faut savoir prendre du recul face à des affirmations un peu péremptoires. Dans l’absolu, je ne saurais leur donner tort. Pourtant, en nous y intéressant d’un peu plus près, il est un paradoxe apparent très intéressant concernant la santé de la langue française dans le monde. D’un côté, nous avons les déclarations officielles des décideurs politiques, culturels et économiques qui visent à nous rassurer : la langue de Molière ne recule pas, elle n’a jamais cédé un pouce face à d’autres idiomes et il n’y a rien à craindre à ce sujet. D’un autre côté, la réalité des chiffres et des tendances offre un tableau nettement plus pessimiste, pour ne pas dire alarmiste. Peut-on encore accorder du crédit aux habituels arguments irréfutables concernant l’expansion radieuse du français dans le monde ?

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Les trois livres de Tules 1547

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« Au nom de l’exception culturelle française, notre langue et notre culture sont valorisées et défendues au plus haut niveau. » Ah, cette fameuse manie de l’exception culturelle !… Certes, certaines nations (pays scandinaves, monde germanophone, etc.) semblent avoir abandonné la partie de manière plus ou moins visible. Pourtant, nous ne sommes pas les seuls à avoir conscience de l’importance de notre langue et de notre culture, tant s’en faut ! Et surtout, cela fait bien longtemps qu’au niveau linguistique, nous avons lâché prise. Il ne s’agit pas d’être pessimiste : cet abandon est entièrement voulu et, avec une véritable volonté politique, nous pourrions reprendre la main en quelques décennies. Pourtant, plus le temps passe, moins nos dirigeants politiques semblent s’intéresser à la Francophonie et au sort de la langue et de la culture française dans le monde. Le mandat de Nicolas Sarkozy a été à cet égard particulièrement désastreux, même s’il ne peut être l’unique responsable du déclin du français dans le monde. Participer aux sommets de la Francophonie ne suffit plus, d’autant plus que même l’immense majorité des citoyens français ne saurait citer la date et le lieu du dernier congrès général de l’organisation (c’était à Montreux, en Suisse, en 2010). Aucune médiatisation, aucune proposition politique concrète, pas de plan ambitieux et public, rien qui permette de promouvoir l’organisme et ses objectifs à court et long terme. Comment se fait-il que les différentes réunions de l’Hispanité ou des sommets de la Communauté des Pays de Langue portugaise bénéficient d’une meilleure visibilité ? Peut-être parce que des moyens réels sont investis en ce sens ?

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L’une des pages de l’ordonnance
de Villers-Cotterêts
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« Les chiffres parlent pour nous : plus de 700 millions de francophones et 85 millions d’étudiants dans le monde ! » La plupart des données dans les médias sont généralement surévaluées. Il est impossible, lorsque l’on veut évaluer la population de langue française sur la planète, de se contenter d’additionner les chiffres officiels de chaque pays membre de la Francophonie. Pourquoi ? D’abord parce que le français n’y est pas officiel partout et que tous les Albanais (ils sont près de 3 millions) ou tous les Cambodgiens (ils sont un peu moins de 15 millions) ne pratiquent pas la langue de Molière. Ensuite parce que, même dans les pays où le français est langue officielle, une part non négligeable de la population ne le pratique pas. C’est notamment le cas dans une grande partie des pays africains. La République démocratique du Congo, par exemple, pourrait virtuellement être le plus grand pays francophone au monde (elle est peuplée de plus de 71 millions d’habitants). Mais, dans les faits, les Congolais ne sont que 3 millions à maîtriser réellement le français, contre 36 millions à utiliser le lingala comme lingua franca. Si l’Afrique est bien, démographiquement et économiquement, le plus grand « réservoir » pour la langue de Molière, rien n’est gagné en la matière. Pour rester réalistes, nous pourrions estimer la population francophone totale (locuteurs maternels et locuteurs secondaires) à 200 millions de personnes dans le monde, peut-être un peu plus. C’est une bonne base, mais notre place relative (neuvième langue la plus parlée dans le monde) montre à quel point nous avons chuté depuis la fin du xixe siècle ou même depuis 1950.

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Classe au XXème siècle  Reconstitution

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« Plus de 70 pays parlent le français, l’une des seules langues à être parlées sur les cinq continents ! » La Francophonie est en train de devenir une petite copie de l’Organisation des Nations unies. Cela peut sembler bien… si ce n’est que bon nombre des nations qui la composent ne font rien pour valoriser et diffuser le français, malgré l’argent reçu à cette fin. Le nombre de francophones au Vietnam et au Laos est devenu insignifiant ; il est en chute libre ou en voie de disparition au Liban, en Égypte, en Arménie, en Roumanie ou en Bulgarie ; il n’a jamais été réellement élevé et ne tend pas à le devenir au Cap-Vert, en Guinée équatoriale, en Slovaquie, en Pologne, en Hongrie, en Lituanie ou en Macédoine. Aucun de ces pays n’obtient des résultats probants dans la défense et l’illustration de notre langue, pour ne pas dire que la plupart d’entre eux s’en moque éperdument aujourd’hui. Alors pourquoi dépenser de l’argent et les maintenir dans la Francophonie ?

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Agence intergouvernementale
de la Francophonie

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La présence du français s’est réduite un peu partout, et il ne faut pas se cacher derrière l’argument des cinq continents : que peuvent peser moins de 20 millions de locuteurs natifs ou secondaires sur plus de 900 millions en Amérique ; environ 25 millions sur plus de 4 milliards en Asie ; ou un peu plus de 250 000 sur plus de 30 millions en Océanie ? Nos deux seuls véritables socles sont l’Afrique et l’Europe mais, partout, nous perdons du terrain dans l’apprentissage. Le chiffre de 85 millions d’apprenants, cité plus haut, est largement fantaisiste : nous sommes peut-être plus proches de 10 millions en tablant large, ce qui fait encore du français la troisième langue la plus apprise au monde, derrière l’anglais et l’espagnol. Sur le continent américain, les États fédérés canadiens non francophones ont relégué l’apprentissage du français au second plan derrière l’espagnol, de même que les États-Unis d’Amérique. Au Brésil, nous avons perdu la partie en faveur de l’espagnol et, dans les autres pays latino-américains, en faveur du portugais, le tout dans le cadre du Mercosur. Même en Chine ou au Japon, lorsque l’anglais et l’espagnol sont passés, il reste peu de place pour une autre langue occidentale. Quant à l’Europe orientale, elle vogue entre l’anglais et l’allemand, avec la pénétration récente et rapide de la langue de Cervantès.

Pourtant, rien n’est totalement perdu et il s’agit d’être réaliste, pas pessimiste. Le français n’aura pas à affronter un déclin démographique et culturel aussi massif que celui de l’allemand ou du japonais dans les décennies à venir. Deux actions-force sont à mener :

–         Réorganiser notre action culturelle et linguistique à l’étranger. Nous dépensions presque 900 millions d’euros en 2007 pour notre projection culturelle à l’étranger, soit 12,6% de notre budget total. C’est à la fois trop et trop peu. Trop, parce qu’avec des sommes nettement plus modestes, certains pays ont de meilleurs résultats que nous (200 millions d’euros suffisent au Royaume-Uni, 90 millions à l’Espagne). Et l’expansion « naturelle » de leur langue n’explique pas tout. Trop peu parce qu’il y a encore dix à douze ans, nous consacrions 20,5% de notre budget à cette tâche. J’ai conscience que la crise est passée par là, que le temps est l’austérité aveugle. Mais de deux choses l’une : soit nous assumons notre « mini » ONU impuissante avec un budget conséquent, soit nous coupons dans le vif pour coller au plus près de la réalité et nous pourrons alors dépenser moins d’argent pour plus de résultats. Il en va de même pour nos 144 Alliances françaises dans le monde : le plus grand réseau du monde mais des résultats moindres qu’un peu plus de 70 Instituts Cervantès. Un peu de ménage à faire ?

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Favoriser l’enseignement systématique, notamment par des moyens financiers réels, du français en Afrique et, dans le même temps, aider au développement du continent. C’est à ce prix que notre « réservoir » linguistique sera effectif mais aussi que nous pourrons renforcer la présence commerciale (le français n’est encore que la sixième langue d’échanges au monde, la quatrième si on ne compte que les langues d’origine européenne) ou dans les nouvelles technologies (la langue de Molière est la huitième langue la plus représentée sur la toile, mais notre potentiel de croissance y est important). Ce n’est plus sur notre passé de langue diplomatique que se joue la concurrence, désormais, mais bien dans ces deux domaines : développement et informatique.

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Nicolas Klein

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Patrick

sources :

 

http://www.academie-francaise.fr/

http://www.tlfq.ulaval.ca/

http://www.espacefrancais.com/home.php

http://veille-education.org/

http://www.languefrancaise.net

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_langue_fran%C3%A7aise

 

 

Chine : Après des ratés, l’auto redémarre

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Chine : Après des ratés, l’auto redémarre

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Après une chute en 2011 à +2,5%, les ventes de voitures ont redémarré en Chine (+12,5%, avril). C’est beaucoup moins que les hausses record du passé (+32% en 2010), mais la tendance promet tout de même 2 millions de voitures de plus à vendre cette année : tous les constructeurs rêvent d’une part du gâteau. Mais gare ! Sous trois ans, la Chine, n°1 mondial, produira 28 millions, pas sûr que tous trouvent preneurs…

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Les marques locales souffrent, à moins de 30% du marché. C’est que l’étranger, le haut de gamme une fois conquis, occupe le low-cost, et les marchés de l’intérieur. Volkswagen s’installe au Xinjiang, où il montera 50.000 voitures par an dès 2013. Ford s’étoffe à Chongqing et ouvre à Hangzhou. PSA construit sa 3ème chaîne avec Dongfeng à Wuhan (2 modèles low-cost sous une nouvelle marque), et lance Capsa, en JV avec Chang’an, d’ici fin 2014.

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Denza
Daimler DENZA

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Reste la e-voiture, le grand pari de l’Etat qui voyait la Chine vendre 5 millions d’ici 2020, à grand renfort de subventions, faisant l’impasse sur l’étape intermédiaire du moteur hybride. On est loin du compte, avec 8159 ventes en 2011. Aussi le 18 avril, il rectifie le tir avec un nouveau plan « hybride ».

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Ce qui n’empêche, fin avril à Pékin, Daimler et BYD de sortir leur prototype Denza, e-voiture de luxe, en vente en 2013 – moins faite pour le succès commercial que pour se faire la main et une réputation. « Il faut bien commencer quelque part », selon Olivier Boulay, son concepteur.
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Patrick

sources :

== ERIC MEYER, partenaire du Vent de la Chine.

 

 

brèves de Chine

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Les averses de grêle font 29 morts en Chine

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Les averses de grêle ont fait 29 morts en Chine entre le début du mois de mars et le 20 avril, selon les statistiques publiées samedi par le ministère des Affaires civiles.

Les averses de grêle ont touché 270 régions de niveau du district dans vingt-quatre régions et provinces du pays depuis le début du mois dernier, a indiqué le ministère.

Selon le bilan établi vendredi à 14H00, les averses de grêle ont affecté 3,072 millions de personnes et provoqué des pertes économiques directes de 3,38 milliards de yuans (536,7 millions de dollars).

Sur les vingt-neuf victimes, dix ont été signalées dans la province du Jiangxi, sept dans la province du Zhejiang, trois dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, deux dans la province du Hunan, deux dans la province du Guizhou, et une dans chacune des provinces du Hebei, du Fujian, du Guangdong, du Yunnan et dans la région autonome de Mongolie intérieure.

 

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Des milliers de pompiers combattent le feu en Mongolie intérieure

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Des milliers de pompiers combattent plusieurs incendies qui ravagent les forêts et prairies dans la région autonome de Mongolie intérieure, dans le nord de la Chine, a déclaré vendredi le gouvernement local.

Plus de mille pompiers luttent contre les feux de forêt qui se sont déclarés dans la bannière autonome d’Oroqen, n’épargnant aucun effort pour maîtriser les incendies avant dimanche, car des vents forts devraient, selon les prévisions météorologiques, commencer à souffler dans la région.

Mille autres pompiers ont été mobilisés pour combattre un feu qui s’est propagé depuis la Mongolie vers le nord de la Mongolie intérieure. Le feu a franchi la frontière en trois endroits et s’étendait, vendredi à 22H30, sur 20 km à l’intérieur du territoire chinois, selon les images satellites du bureau météorologique régional.

 

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patrick